Gravity

Gravity

Le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock), experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute vétéran Matt Kowalsky (George Clooney) pour une banale sortie dans l’espace. Mais rien ne va se passer comme prévu…

J’ai toujours suivi avec attention la carrière d’Alfonso Cuaron, un cinéaste atypique qui a livré le meilleur Harry Potter de la saga (je parle du prisonnier d’Azkaban) mais surtout les Fils de l’homme. Avec ce réalisateur, le merveilleux n’est qu’un prétexte pour raconter une histoire avec des personnages forts. Inutile de dire que j’attendais avec impatience la sortie de Gravity, impatience qui est montée d’un cran suite aux propos de James Cameron :

J’ai été abasourdi, absolument terrassé par le film. Je pense que c’est la meilleure photo de l’espace jamais vue, le meilleur film sur l’espace jamais réalisé. J’avais très envie de voir Gravity depuis un bon moment. Ce qui est intéressant dans le film, c’est la dimension humaine.

Après avoir découvert le film, on ne peut que donner raison à l’auteur d’Avatar : c’est bien simple, on n’a jamais vu de telles images. Dès les premières secondes, on découvre bouche bée une vision de l’espace et de la Terre ultra-réaliste, si poussée qu’on songe justement au dernier long-métrage de James Cameron. Mais la comparaison s’arrête là tant on rentre dans un univers radicalement différent : Curaon se veut le plus crédible possible, avec une obsession du détail qui frise le documentaire façon Apollo 13, au point où Buzz Aldrin lui-même s’est dit « très impressionné ». La NASA a participé au tournage et ça se sent : dans l’espace, le moindre boulon lancé à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres par heure devient un danger mortel, sans parler du risque de se perdre dans le vide. Rapidement l’angoisse s’installe, une angoisse qui durera jusqu’à la fin du film avec un climax hallucinant digne, dans l’intensité, d’Alien.

Seul petit bémol, l’histoire, aussi basique qu’un survival. Mais le long-métrage est servi par de tels acteurs (Sandra Bullock m’a épaté dans ce qui est tout simplement le meilleur rôle de sa carrière. Qui a dit « c’est facile » ? Pff… vous êtes mesquins) qu’on pardonne largement ce classicisme pour savourer ce jalon de la S.F. : jamais les sublimes effets spéciaux n’étouffent les personnages en totale adéquation avec leur environnement. Ainsi Matt Kowalsky est calme, presque détaché, comme peut l’être un astronaute dans une mission si hors-normes. La scientifique, à priori fragile, est tout l’inverse, ce qui amène un conflit passionnant que n’aurait pas renié Kubrick dans 2001 : raison contre émotion.

Au final, Alfonso Cuaron a placé la barre très haut en matière d’esthétique, Avatar a enfin trouvé son égal au niveau de la 3D. Et nous un ticket pour l’espace…

Published in: on octobre 23, 2013 at 3:02  Comments (11)  
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