Sur les traces de Zhiyan

L’artiste photographe Kenya Leone

Suite à mon article précédent, je vous dévoile aujourd’hui dans son intégralité le projet artistique le plus important de toute ma vie, le Moine de Samarcande.

Un projet de roman hors-norme qui intéresse plusieurs éditeurs puisque, pour que ce livre soit le plus réaliste possible, je monte une expédition en Chine dans le désert du Taklamakan ! L’aventure ne s’arrête pas là car je serai accompagné par le photographe Kenya Leone, dont le travail servira de trait d’union entre mon récit et le voyage à proprement parlé : pour faire simple, un écrivain et un photographe vont vous raconter le désert du Taklamakan à travers une exposition qui aura lieu lors de la publication du Moine de Samarcande. Au menu de cette expérience artistique hybride, des photographies accompagnées d’extraits de mon livre, d’où le nom de l’expo : Sur les traces de Zhiyan.

« Zhiyan » est le héros de mon roman. Il s’agit d’un soldat chinois du IXe siècle qui part sur les routes de la Soie en quête d’un remède pour sauver la fille de l’empereur, malade, une femme dont il est éperdument amoureux. Zhiyan est accompagné d’un maître shaolin, il s’agit d’une épopée romanesque et historique en Asie Centrale aussi bien que d’une oeuvre contemplative à la lisière du fantastique, pour ne pas dire ésotérique… Zhiyan va en effet rencontrer des maîtres bouddhistes qui vont bouleverser ses certitudes.

Le Moine de Samarcande est un récit initiatique dans lequel j’ai mis beaucoup de moi, car je suis passionné par les déserts. À 22 ans j’avais déjà effectué des séjours dans le Sahara, ainsi qu’en Jordanie, lors de fouilles archéologiques sur un temple nabatéen près de Pétra (je suis historien et archéologue de formation).

Comme je l’expliquais dans mon article précédentle Moine de Samarcande est un projet de longue haleine, sur lequel je travaille depuis quatre ans, un projet qui revient de loin à cause de cette grave dépression qui a failli me tuer… Heureusement, j’ai vaincu cette maladie, et je me suis recentré sur les choses importantes comme l’écriture de ce livre, très personnel, ne serait-ce que parce que je suis bouddhiste. C’est pour cette raison que le Moine de Samarcande est, pour certains amis auteurs qui l’ont lu, mon roman le plus abouti. J’ai en effet travaillé dur sur ce bouquin, je l’ai même réécrit !

Suite à mon expérience des déserts, je rêvais depuis des années de me rendre au nord-ouest de la Chine pour m’inspirer de détails qu’on ne peut capter que sur place, travailler l’ambiance… car le Taklamakan est unique au monde !

Mon héros visite les grottes de Mogao, que je surnomme « la bibliothèque d’Alexandrie de l’Orient ». Pour celles et ceux qui ne connaissent pas ces grottes, en 1900 un taoïste a découvert par hasard 50.000 rouleaux, des documents inestimables qui n’avaient pas été consultés pendant près de 1000 ans. On a par exemple mis à jour des soutras dans lesquels sont mentionnés le nom d’un « bouddha d’Occident » appelé Jésus-Christ, et quantité de textes aussi rarissimes qu’inestimables. Cela fait un siècle que les historiens étudient ces rouleaux, toujours en cours de traduction, au Musée Guimet ainsi qu’au British Museum…

Les grottes de Mogao sont ornées de peintures sublimes, dont certaines sont influencées par l’art gréco-bouddhique suite aux conquêtes d’Alexandre le Grand ! Il existait en effet des royaumes grecs en Asie centrale (comme par exemple l’Afghanistan) jusqu’au Ier siècle de notre ère. Toujours dans ces grottes, on peut admirer une statue de Bouddha de 35 mètres de haut et quantité de merveilles uniques en leur genre.

Les grottes de Mogao, ce sont aussi les immenses dunes de Mingsha. On les surnomme « dunes chantantes » car sous l’effet du vent elles émettent une curieuse mélodie qui fascine les personnages de mon roman. Au milieu de ces dunes s’étend le Lac du croissant de lune, un véritable oasis.

Aux portes de ce paysage crépusculaire on exhume parfois dans le désert du Taklamakan des momies tokhariennes appartenant à un mystérieux peuple nomade européen, ainsi que des citées antiques oubliées qui émergent du sable au gré des tempêtes… Perdu entre le désert de Gobi et le Tibet, le Taklamakan est vraiment une autre planète !

Lors des années Covid il était impossible de visiter la Chine, c’était une grande frustration pour moi, mais en janvier, j’ai appris qu’il n’y avait plus besoin de visa pour se rendre là-bas ! « Les astres se sont alignés ». Au départ, j’avais prévu de partir seul, avec les moyens du bord. Puis mon projet a pris de l’envergure puisque mon ami Damien, mon compagnon d’aventures avec qui je voyage depuis plus de vingt ans, a eu un coup de coeur pour le Moine de Samarcande. Avec Damien, nous avons bourlingué plusieurs fois au Japon, en Malaisie, au Brésil, dans les montagnes du Caucase en Géorgie où il nous est arrivé des aventures incroyables, j’en parle dans cet article… 

Je n’aurais pas pu faire tous ces voyages sans Damien car non seulement mon ami travaille dans une compagnie aérienne de renom, mais en plus il est un génie de la logistique. Damien, c’est le gars capable de vous trouver un réseau wifi en Amazonie, j’exagère à peine… et cette année, il m’a annoncé qu’il était partant pour venir avec moi en Chine ! En octobre nous allons visiter à dos de chameaux le désert du Taklamakan avec un guide local.

En février, le projet a pris encore plus d’ampleur car mon ami d’enfance, le photographe Kenya Leone, de son vrai nom Laurent Boulanger, a décidé de se joindre à nous pour prendre des photos de ce qui est devenu une expédition, afin que nous puissions vous proposer à notre retour cette magnifique exposition, Sur les traces de Zhiyan.

Comme son nom d’artiste l’indique, Laurent a une grande une expérience du Kenya, il est revenu d’Afrique avec des photos sublimes que vous pouvez admirer ici. Nous partageons une même sensibilité pour tout ce qui a trait à la Nature, une sensibilité amplifiée par trente ans d’amitié.

Pour cette aventure, Laurent sait exactement quelles sont mes attentes, il est le photographe idéal !

Le sous-titre de l’expo sera « Taklamakan, le pays d’où on ne revient jamais », car c’est l’une des traductions de « Taklamakan », qu’on surnomme « Mer de la mort » à cause de violentes tempêtes de sable qui peuvent atteindre 4000 mètres d’altitude, des températures extrêmes (jusqu’à 52 degrés l’été… et -20 en hiver) sans parler des dunes mouvantes qui peuvent perdre les guides les plus aguéris. Concrètement, il s’agira d’exposer des photos du voyage, accompagnées d’extraits de mon roman et ainsi partager cette formidable aventure humaine avec vous… On a hâte !

Published in: on février 29, 2024 at 12:41  Comments (17)  

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17 commentairesLaisser un commentaire

  1. Avatar de nathaliebagadey

    Mais c’est passionnant, tout ça !! 🤩🔥

    Combien de temps va durer ton voyage ? Tu pars en octobre, c’est ça ?
    Je vais aller de ce pas m’inscrire à la newsletter du projet.

    Bravo ! 👏

    • Avatar de Escrocgriffe

      Merci 🥰🥰🥰 On part deux semaines à partir du 1re octobre 🙂

  2. Avatar de Marguerite chezlaventurierdesreves

    Félicitations pour ce projet, ça promet ! Je vais suivre le ulule de près. Si c’est dans mes moyens j’adorerais un livre dédicacé avec des photos à l’intérieur ou à côté. Bon voyage !

    Et si tu peux m’obtenir des billets moins cher pour le japon ça m’intéresse XD Un jour j’aimerai moi aussi y faire mon pèlerinage, et parcourir le même chemin que mes héros…

    • Avatar de Escrocgriffe

      Merci Marguerite ! ♥️Oui, on a prévu les livres dédicacés ainsi que les collectors 😉 Pour ce qui est du Japon, le pays est devenu hors de prix, mais je compte bien y retourner un jour… et je te filerai mes bons plans 😉 Merci pour ton soutien !

  3. Avatar de Marcelle Lucaroni

    Merci Jean-Sébastien ! J’attends avec impatience  » le Moine de Samarcande.  »  » Sur les traces de Zhiyan. » Je vais consulter le ulule régulièrement. Nul doute que l’historien et archéologue de formation que vous êtes sera comblé). En attendant votre départ pour la Chine dans le désert du Taklamakan  avec le photographe Kenya Leone et votre ami Damien, je vous souhaite un voyage de rêve. C’est tellement important d’aller au bout de ses rêves et j’admire votre capacité et ténacité dans ce domaine. C’est avec plaisir que je participerai à votre projet. Amicalement vôtre.

    • Avatar de Escrocgriffe

      Je suis très touché par vos mots, surtout venant de vous, merci infiniment ❤ Ca va être en effet une belle aventure collective et humaine, j’ai hâte !

  4. […] Après avoir lu mon article précédent, une amie autrice m’a téléphoné pour me dire : « tu parles de ton expédition dans ce désert en Chine, mais qu’est-ce que tu cherches vraiment là-bas ? ». Sur le coup, j’ai été surpris par cette question, tant la réponse me paraissait évidente (au hasard, m’imprégner de l’ambiance de ce voyage pour terminer mon roman et revenir avec une exposition photographique d’une des régions les plus méconnues du globe), mais à la réflexion j’ai trouvé que la remarque de mon amie était d’une grande pertinence, car elle renvoie à l’éternelle question de la motivation chez les autrices et les auteurs. Cette question est moins « qu’est-ce que je vais chercher en Chine ? », que « qu’est-ce qui nous pousse, nous artistes, à écrire » ? […]

  5. Avatar de BAbs

    Projet merveilleux, perclus d’étoiles chevelues qui vont dessiner un voyage intérieur✨ Je m’en vais guetter Ulule 👁️‍🗨️

  6. Avatar de Escrocgriffe

    Merci BAbs ! Quelle jolie image pour évoquer le projet… Oui, un beau voyage intérieur dans un désert où, la nuit, les étoiles sont incroyablement belles…

  7. […] des derniers articles, je vous ai beaucoup parlé du Moine de Samarcande, ce nouveau roman que je vais terminer dans le désert du Taklamakan, mais moins de l’aspect […]

  8. […] une spiritualité ésotérique appelée vajrayana. Cette spiritualité se retrouve dans le Moine de Samarcande, (le désert du Taklamakan ayant appartenu à l’Empire du Tibet) et elle est, comme je […]

  9. Avatar de alex

    Magnifique projet !!!!

    Je voulais savoir si, en plus de prises de vue, il était prévu des prises de son ? car tous nos sens sont en éveille lorsque nous voulons nous imprégner d’un lieu.

    Votre ami photographe étant sensible aux bruits, il serait peut-être intéressant pour votre exposition, en plus des photos et des extraits de votre livre, d’y ajouter une bande son afin que l’immersion des visiteurs soit quasi totale (bruits sur place ou transcriptions musicales).

    C’est une simple suggestion/idée ! 😉

    je vous souhaite bon voyage et hâte de voir le résultat final !!! 🙂

  10. Avatar de Escrocgriffe

    Merci Alex ! C’est en cours de réflexion 😉

  11. […] Comme je vous l’avais expliqué, le Loup d’Andrinople possède un lien avec le Moine de Samarcande, mon autre projet en cours de réécriture… Il est temps de vous en dire plus. Comme vous le […]

  12. […] nouvelle éditoriale en 2026… mais cela ne s’arrête pas là : vous vous souvenez de mon projet de voyage dans le désert du Taklamakan pour le Moine de Samarcande ? Eh bien… Je vais y aller pour de bon ! J’ai réussi à régler les problèmes de […]

  13. […] fier ! Son action se déroule en Asie Centrale, au IXe siècle. Il s’agit d’un univers tellement exotique que j’ai l’impression d’avoir écrit un récit relevant de la fantasy, mais une […]

  14. […] C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup après bien des obstacles, mon rêve commence enfin à se réaliser : j’ai mon billet d’avion pour la route de la Soie ! Je pars en avril en Chine, seul… mais avec un projet bien plus abouti que celui que je vous avais présenté dans cet article. […]


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