Le Petit Prince, de Mark Osborne

Une petite fille et sa mère névrosée s’installent dans un nouveau quartier. La fillette révise quotidiennement ses leçons dans le but d’intégrer un établissement prestigieux. Chaque heure de sa journée est planifiée, et son avenir semble tout tracé, jusqu’au jour où elle rencontre un étrange voisin…

Livre le plus vendu après la Bible, Le Petit Prince est également l’une des oeuvres littéraires qui a connu le plus d’adaptations. Autant dire que lorsque je l’ai vue pour la première fois, la bande-annonce du dernier film de Mark « Kung Fu Panda » Osborne m’a déstabilisé : « pourquoi changer une histoire magnifique » ? me suis-je dit à l’époque. Une fois dans la salle, j’avoue n’avoir été guère rassuré par le premier quart d’heure, jusqu’au moment où la fillette rencontre le personnage de l’aviateur. Et là, coup de théâtre : on découvre que le Petit Prince n’est pas une énième adaptation du mythique conte d’Antoine de Saint-Exupéry, mais bien une suite !

À la manière de Steven Spielberg avec Hook, Mark Osborne nous offre une relecture post-moderne de cette belle histoire sur le thème du temps qui passe : que sont devenus l’aviateur et le Petit Prince ? Le défi était hautement casse-gueule, et pourtant Mark Osborne s’en sort admirablement…. à condition d’accepter l’idée que ce film est une suite. Fort heureusement, le récit, inspiré, est servi par des images sublimes, je pense notamment aux séquences en papier mâché et stop motion qui reprennent exactement les dessins à l’aquarelle de Saint-Exupéry.
Qu’aurait pensé l’auteur du Petit Prince de notre XXIe siècle ? C’est la question que Mark Osborne semble se poser. Mondialisation, matérialisme, pollution… Ce qui était déjà dénoncé par Saint-Ex trouve un triste écho dans cette oeuvre aussi poétique que désenchantée, une fable à plusieurs niveaux de lecture surtout destinée aux adultes. Pas étonnant que son écriture ait pris neuf ans…

Cette adaptation n’est pas le film que j’attendais, et c’est tant mieux. En refusant de réaliser un simple remake, Mark Osborne a fait preuve d’un courage inouï. Loin d’être un yes man à la solde des studios, l’auteur de Kung Fu Panda gagne ici ses lettres de noblesse et prouve qu’il est un auteur tout court qui a su insuffler une âme à ce long-métrage français.

Cocorico !

PS : je ne mets pas de bande-annonce car une fois encore, elle en montre trop…

Published in: on août 12, 2015 at 9:56  Comments (7)  
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