Silo version intégrale

 

Silo

J’ai enfin terminé de lire Silo. Est-ce que je suis aussi enthousiaste qu’à la fin de ma lecture de l’épisode 1 ?

ATTENTION, JE VAIS RÉVÉLER L’INTRIGUE DE SILO, CET ARTICLE EST DESTINÉ À CEUX QUI ONT LU LE ROMAN.

Après un premier épisode spectaculaire (Hower tue le protagoniste principal, il fallait quand même oser !),  on poursuit l’exploration du silo : les responsables s’en vont chercher un nouveau shérif et traversent les étages d’une société autarcique coupée du reste du monde, et gouvernée par le mystérieux DUT. Un épisode 2 assez long, mais avec deux personnages aussi crépusculaires que touchants (j’ai adoré cette vieille femme qui se livre à un bilan de sa vie : est-ce que son existence a eu un sens ?).  On visite un univers industriel fatigué, qui sent l’huile et la rouille.  Dans la troisième partie, on fait la connaissance de Juliette, le vrai protagoniste principal de l’histoire. Mécanicienne hors pair, elle est désormais le shérif, mais va se retrouver malgré elle prise dans un engrenage vertigineux : pourquoi les morts s’accumulent ? Quelle est la vérité à propos de l’extérieur ? Pourquoi le réseau informatisé est-il si coûteux à utiliser ? Cet épisode est captivant car Juliette est en danger. Du coup, la quatrième partie, bien qu’agréable à lire, manque de tension : le fait de découvrir un autre silo laissé à l’abandon ne m’a pas emballé plus que ça.  La révolution de l’épisode 5 est poignante, car les personnages, très attachants, meurent en pagaille,  mais la fin m’a laissé un léger goût d’inachevé : « tout ça pour ça ? » ai-je pensé. L’épilogue ne fait que confirmer ce qu’on présumait depuis un moment : une humanité répartie dans des silos.

Comme je le craignais, Hugh Howey, a mis la barre très haut avec un début extrêmement prenant que n’aurait pas renié les scénaristes de Lost. Et c’est justement là que le bât blesse : avec une intrigue si mystérieuse, l’auteur se livre à une fuite en avant puisqu’il est obligé de faire avancer son histoire tout en préservant le mystère, ce qui explique certaines longueurs et le fait que les parties se suivent et ne se ressemblent pas. Soyons clair, j’ai aimé ce livre, mais la fin est convenue, moins percutante que l’épisode 1, absolument génial. J’ai le sentiment que Juliette est bien chanceuse de survivre aux multiples épreuves qu’elle traverse, et que l’antagoniste est trop facilement vaincu. Au final je ne regrette pas d’avoir lu Silo, c’est un très bon bouquin, mais à la lumière des premières pages, j’ai l’impression qu’Hugh Howey est passé à deux doigts du chef d’œuvre…

D’autres avis : Doris

Published in: on octobre 17, 2013 at 12:05  Comments (10)  
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Silo (épisode 1)

Silo

 

Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres.
Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.
Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin.
Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

J’ai été intrigué par la belle histoire autour de ce roman : son auteur s’est auto-publié aux Etats-Unis et a vendu « Silo » à 500.000 exemplaires en version numérique, ce qui a conduit Ridley Scott a racheter les droits pour une adaptation à Hollywood ! Alors, phénomène de mode ou coup de génie ? J’ai commencé par télécharger le premier épisode sur mon Kindle touch, que j’ai lu en… une heure. L’intrigue, mystérieuse à souhait, tient ses promesses : qu’est-ce qu’il y a dehors ? C’est la question qu’on ne cesse de se poser au fil de la lecture, très noire. Au delà de cette énigme, je trouve que Hugh Howey fait preuve d’un culot incroyable en ce qui concerne le traitement des personnages (surtout à la fin du premier épisode…). Le style, fluide, va a l’essentiel. Ma seule critique vise un point sur le fond : j’ai du mal à croire qu’au fil des ans tous les condamnés aient accepté de nettoyer ces capteurs, mais l’auteur le justifie dans le texte en mettant en avant la mentalité très routinière des habitants du Silo, une psychologie extrêmement fataliste qui m’a fait penser au Japon. Au final, Hugh Howey place la barre très haut. Trop haut ? Comme toujours avec ce genre d’histoire, j’ai peur que le dénouement soit décevant, mais il m’est impossible de ne pas lire la suite… Quoi qu’il arrive, cet auteur a gagné son pari : « Silo » n’a pas fini de faire parler de lui !

« Silo », Hugh Howey, Editions Actes Sud, format numérique et papier (par épisode ou en intégral), 2.99 euros.

Published in: on octobre 4, 2013 at 1:14  Comments (15)  
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