Non, la Science-Fiction n’est pas morte !

Langage génétique


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Depuis le triomphe du Seigneur des Anneaux, d’Harry Potter et de Twilight (snif), on nous répète régulièrement que la Science-Fiction est moribonde, aussi bien dans la littérature qu’au cinéma. La télévision ne semble guère prêter une confiance démesurée au genre : le succès de BattleStar Galactica en 2003 n’a pas empêché, par la suite, la disparition de nombreuses séries cultes comme Star Trek: Enterprise, Firefly ou Stargate. L’auteur de hard science Kim Stanley Robinson a même déclaré que le space opera, sous-genre emblématique de la SF, doit mourir ! Alors qu’aujourd’hui le steampunk et la bit-lit ont le vent en poupe, comment expliquer le manque de SF dans le catalogue des éditeurs ? Le succès d’Avatar n’est-il qu’un leurre ?

On n’écrit plus de la SF comme dans les années 60-70

Dune, La Guerre des Étoiles, 2001 : l’Odyssée de l’espace… autant de romans et/ou de films qui ont marqué leur époque, comme dirait Captain Obvious. Mais ne devrait-on pas plutôt écrire que ces oeuvres sont révélatrices d’une période ? Dune a été publié en 1963, 2001 en 1968, tandis que le premier scénario de Star Wars a été écrit en 1973, à un moment où les lecteurs et les spectateurs étaient en manque d’épopées : le western hollywoodien avait quasiment disparu des écrans. Parallèlement, il y avait un réel besoin de spiritualité de l’Occident, de plus en plus attiré par le bouddhisme oriental. Pas étonnant que les œuvres mystiques de Franck Herbert, Arthur C. Clarke et George Lucas aient triomphé à cette époque. Quelques années plus tard, AlienBlade Runner et Mad Max cristallisent le désenchantement de la génération no future, frappée par la crise. Ces chef-d’oeuvres offrent une vision pessimiste de l’avenir, qui s’accentuera dans les années 80 avec Terminatorla MoucheRoboCop, New York 1997, les romans cyberpunks des années 80 de William Gibson ainsi que la Stratégie Ender. À partir des années 90, les auteurs de Science-Fiction rencontrent un paradoxe : bien que la technologie n’ait pas évolué aussi vite que ce qui avait été prédit par les romanciers de l’âge d’or de la SF, notre société est bouleversée par des progrès techniques sans précédent tels que les organismes génétiquement modifiés, Internet, la téléphonie mobile…

Superordinateur Blue Gene participant au programme Blue Brain, visant à modéliser un cerveau synthétique


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Du coup, difficile pour un auteur de se projeter dans un lointain futur alors qu’il ne se passe pas une année sans qu’un nouvel objet change notre quotidien, pour le meilleur, mais aussi pour le pire :  cela explique en partie pourquoi, depuis les années 90, les spectateurs et les lecteurs plébiscitent de plus en plus les dystopies se déroulant dans des futurs proches telles que Bienvenue à Gatacca ou Hunger Games.

Si la technologie est devenue extrêmement complexe, cela signifie-t-il que l’auteur de SF, noyé sous l’information, a du mal à imaginer l’avenir ? Je pense qu’en réalité le problème est pris à l’envers : je sais que c’est facile à dire, mais pour moi un écrivain de Science-Fiction ne devrait jamais se retrouver dans cette position inconfortable.

Ecrire de la SF, c’est s’intéresser à la technologie… toute la technologie

Attention, je ne suis pas en train d’affirmer que la SF d’aujourd’hui appartient uniquement aux technophiles comme Greg Egan, ou à des ingénieurs. D’ailleurs, je ne suis moi-même qu’un littéraire, un scribouillard qui papillonne autour des sciences comme un papillon près d’une lampe. Mais comme je l’écrivais dans cet article, l’Humanité est sur le point de connaître une révolution scientifique. Alors que pendant près de deux mille ans les questions d’ordre cosmologique ont été réservées aux théologiens, les chercheurs sont en train d’exaucer le rêve des penseurs grecs de l’Antiquité : comprendre la nature intime de l’Univers. Les physiciens sont désormais les nouveaux philosophes d’un monde moderne en plein bouleversement. Du coup, un romancier peu porté sur la technologie se retrouve dans la position d’un humaniste de la Renaissance qui ne s’intéresserait pas au développement des arts et des sciences ! Je pense que c’est la même difficulté que rencontrent parfois les scénaristes de mauvais James Bond, vous savez, ceux dans lesquels les gadgets manquent d’originalité. Inversement, les auteurs de la série Star Trek : The Next Generation m’impressionnent, car durant les années 90 ils s’inspiraient en permanence des découvertes scientifiques pour écrire des épisodes mémorables. L’actualité, c’est le terreau de l’imaginaire, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en ce moment elle est fertile. Preuve en est avec l’année 2014, hallucinante à plus d’un titre : dans les mois à venir, la NASA va tenter (entre autre) de détecter les « points X », d’éphémères portails invisibles reliant le champ magnétique du Soleil à celui de la Terre, grâce au programme spatial Magnetospheric Multiscale Mission (M.M.M.).

Un GIF conçu par votre serviteur représentant les champs magnétiques de la Terre et du Soleil en train de se connecter

Un schéma de la NASA


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Tout aussi incroyable, depuis deux ans des scientifiques téléportent de l’information quantique sur près de 150 kilomètres via des photons, posant les bases d’une possible nouvelle forme de communication avec nos satellites spatiaux.

Le monde change… y compris dans notre quotidien. Si Edgar Rice Burroughs était encore de ce monde, il décrirait probablement une Mars très différente de celle que John Carter découvre en 1917. Or les cinéastes et les romanciers ont trop souvent eu tendance à recycler Ridley Scott et Philip K Dick, comme si Blade Runner et Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? constituaient des références indépassables.

Le cyberpunk est mort… vive le biopunk

Ou du moins, il y a une vie après le cyberpunk. Bien que j’adore NeuromancienTron et Matrix, il ne faut pas oublier que ces oeuvres ont été créées, là encore, dans un contexte particulier, celui de l’émergence du numérique. Aujourd’hui, il y a d’autres frontières à explorer, notamment depuis que les briques du vivant sont brevetées par de puissantes multinationales. De la même façon que les hackers de l’open source se sont opposés à l’informatique de Microsoft, on a désormais des biohackers en rupture avec la politique de Monsanto, les dignes enfants (terribles) des cyberpunks des années 80. À San Francisco, ils fabriquent des incubateurs, se réunissent dans des garages pour vérifier la qualité d’un aliment, ou détecter la présence d’OGM dans leur nourriture. Qu’ils soient biologistes ou autodidactes, tous s’amusent à la façon des hackers informatiques : ils extraient de l’ADN de leur salive pour l’étudier et le dupliquer grâce à un thermocycleur à 60 dollars, modifient une bactérie dans un incubateur de fortune ou commandent de l’ADN via Internet pour recevoir la séquence par la Poste ! La totalité du génome humain tient dans un fichier d’1,44 Go, exploitable sur n’importe quel ordinateur, ce qui permet de découvrir si on est prédisposés à certaines maladies, comme dans cet hackerspace de Los Angeles.

On retrouve cette culture du bidouillage à Paris, avec l’association la Paillasse, logée en région parisienne au fond d’une cave sous la végétation.

Biohackers de l'association "la Paillasse"

Biohackers de l’association « la Paillasse »


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Cette équipe rassemble des étudiants, des scientifiques ou des bricoleurs. Des idéalistes adeptes de l’open source qui militent pour que les gènes ne soient pas privatisés par les brevets des multinationales, mais aussi de simples curieux qui s’amusent à extraire l’ADN d’une plante. Les cyberpunks ont popularisé le langage informatique, les biohackers manipulent le langage génétique, un curieux assemblage des lettres A, T, G et C. Bien que le droit français leur interdit de modifier le génome d’humains, d’animaux ou de végétaux, ils ont la possibilité de créer des bactéries pour imaginer les inventions de demain : un bio-détecteur qui deviendra rouge en présence de matériaux toxiques, de mines anti-personnels ou de tumeurs cancéreuses, un purificateur d’eau bon marché pour des villageois indiens, du carburant propre…

Des étudiants ont ainsi créé une bactérie qu’on injecte dans la fissure d’un mur : lorsque la paroi se craquelle, on réinjecte du sucre pour la renforcer. Dans un autre domaine, un bio-senseur a été inventé pour détecter l’arsenic dans les puits du Bangladesh. Prix : un dollar ! Une équipe a même élaboré des bactéries capables de sentir les molécules d’une viande avariée et de donner l’alerte via une protéine phosphorescente.

Bien évidemment, dans les pays anglo-saxons, beaucoup plus permissifs que la France, les dérives transhumanistes ne peuvent être exclues : il n’est pas impossible qu’à l’avenir apparaissent des bio-tatouages ou de marqueurs corporels capables d’afficher sur la peau des constantes vitales fluorescentes. Nous vivons à la fois dans un monde passionnant et anxiogène, une source d’inspiration illimitée pour un écrivain comme Greg Egan. À l’heure où j’écris ces lignes, il est possible de construire un pistolet via une imprimante 3D, ou bien les matériaux d’une maison. Mais demain, il est fort probable que nous pourrons imprimer de la drogue des médicaments. Optimiste ou carrément cauchemardesque, la Science-Fiction a encore de beaux jours devant elle… à condition qu’on s’intéresse au monde d’aujourd’hui.

P.S. : pour en savoir plus, je ne saurais trop vous conseiller ce fabuleux documentaire interactif du Monde.fr sur les biohackers, très objectif, un documentaire fascinant qui m’a inspiré dans la rédaction de cet article.

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38 commentairesLaisser un commentaire

  1. Merci beaucoup ! Cet article est très intéressant, pertinent et bien documenté. Ça ouvre également de nombreuses pistes en terme d’inspiration ^^. Je m’empresse de relayer (si ma connexion arrête de tomber…) !!!

    • Merci ! 😀 C’est rigolo, j’étais sur ton blog à l’instant 😉 Effectivement, je pense qu’il est impossible d’être à court d’inspiration en ce moment !

  2. Encore un article très intéressant Capitaine ! 😀
    Je note pour les biohackers, ça m’intéresse aussi d’un point de vue professionnel.

    Sinon, concernant les bio-tatouages, ça m’a fait penser aux nouvelles de Marie-Josée L’HÉRAULT : « Volvox » (Solaris, n°144, 2003) et « Les Tatouages d’humeur » (Solaris, n°161, 2007), très sympas et un chouïa flippantes…

    La SF n’est pas morte : il n’y a qu’à voir les thèmes proposés aux concours Visions du Futur, René Barjavel ou encore Geekopolis.
    Donc une fois de plus : tout à fait d’accord avec toi !

  3. Il faut que je relise ton article plus tranquillement, et plus attentivement. Mais le débat sur la mort de la SF n’est pas nouveau. Dàja justement dans les années 70, il y avait ce débat, entre les auteurs ancienne génération et ceux de la new wave.
    Un Norman Spinrad voulait remplacer les mots Science Fiction par Spéculative Fiction… Mêmes initiales, mais un sens assez différent !

    En effet, quoi de comparable entre un Asimov et un Ballard, un Arthur C Clarke et un Silverberg.
    La littérature de SF est tellement variée, qu’elle ne peut se résumer à la technologie. Il y a peu de technologie dans les romans et nouvelles de Ballard, mais La Forêt de Cristal est bel et bien un roman de SF, L’oreille Interne de Silverberg en est un aussi ! Pourtant, la technologie est absente de ces romans. Tout comme les romans de Théodore Strurgeon pour en citer un autre. Bon, j’avoue, je lis moins de SF actuelle, c’est sans doute dommage.

    De toute manière, le coté visionnaire et technologique ne peut pas suffire. De toute façon, la technologie va trop vite de nos jours. Et en même temps, je crois bien que beaucoup de choses ont été prévues par les auteurs de SF. Quand je parle de John Brunner sur mon blog, avec par exemple son roman Sur l’onde de Choc, c’est évident que le coté technologique et sa vision de l’informatique n’a pas prévu la micro informatique, n’a pas prévue l’explosion de la mobilité, mais d’un point de vue politique (oui, politique), sociétal, il a vraiment tout prévu ! Et son avenir informatique qui faisait peur quand j’ai lu ce roman à l’époque, son avenir informatique, il est bel et bien là.

    Tiens, j’avais commis il y a au moins 10 ans une page web sur la SF (un peu daté, mais il y a encore des trucs pas démodés) : http://jzorglu.perso.neuf.fr/sciencefiction/pagesf.htm

    Bon, je vais arrêter là, je crois que ça mérite que je fasse un article pour te répondre ! 😉

    Bref, la SF n’est pas morte, elle est présente tous les jours !

    • « La littérature de SF est tellement variée, qu’elle ne peut se résumer à la technologie »

      C’est vrai Sardequin, et en tant que fan de Fantasy, tu prêches un convaincu 😉

      En fait, ce que je voulais exprimer dans cet article, c’est l’idée que nous sommes un peu dans la situation des gens de la Renaissance au moment des Grandes Découvertes. Je pense que nous avons encore du mal à se réaliser ce qui est en train de se produire, et pourtant les biohackers d’aujourd’hui seront les utilisateurs de demain : quand j’étais gosse, et que je programmais dans les années 80 sur un MO5, je me rappelle très bien avoir senti cette effervescence, l’impression qu’avec le micro-ordinateur rien ne serait plus comme avant. Aujourd’hui, je retrouve cette même excitation, l’idée que nous allons encore accomplir des progrès sans précédent.
      Maintenant que l’ère cyberpunk s’est réalisée avec Internet, les prothèse cybernétiques et les drones, avec la génétique accessible à tous on se dirige vers quelque chose d’encore plus fou…

      En tout cas bravo pour ta page Web, je la trouve encore très jolie !

      • Merci pour ton appréciation sur ma page web. Mais, quand même, au point de vue « accessibilité » et navigation, y’a bien mieux à faire. Je crois bien que je vais en profiter pour la réviser sur mon blog
        🙂

        • En plus, la SF est un bon prétexte pour se lancer dans un design « high-tech » 😉

          • Pour le design high-tech, on verra 😀

            • 😀

  4. Merci pour les références Élisa ! Heureux que l’article te plaise, c’est vrai qu’il y a une grande émulation en ce moment dans le domaine de la littérature. J’ai hâte qu’un nouveau David Cronenberg s’en inspire pour réaliser une oeuvre majeure au cinéma 😉

  5. Article intéressant ! On remarque finalement des phénomènes de mode. Il y a quelques années, la romance planétaire était considérée comme has-been, et pourtant, Disney a tenté un orteil dans le bain avec « John Carter », et cette année sort « Jupiter Ascending ». Comme quoi, rien ne meurt, mais tout peu somnoler 😉

    • Merci ! Oui, j’attends avec impatience « Jupiter Ascending », même si je pense que les Wachowski auront du mal à faire mieux que « Cloud Atlas », à mon humble avis 😉 Il y a effectivement des phénomènes de mode, vivement du Greg Egan au cinéma !

  6. excellent article ! Je vote pour la bio-SF !!

    • Hahaha ! 😀

  7. Moi aussi j’attends Jupiter Ascending !
    Je rebondis sur la SF surtout orientée space parce que c’est ce que je pense connaître le mieux à mon modeste niveau. Les séries comme Star Trek et ses dérivées, firefly, Babylon V, Firefly, etc sont de bonnes séries, à leur niveau, avec leurs spécificités mais à l’opposé de Battlestar et Caprica qui dans la même veine que sa grande soeur ont amené du sang neuf, les autres ont flirté avec les mêmes ficelles je crois et qu’à un moment donné, même les dérivées n’ont pas fait mieux. Du moins, suffisamment pour rebondir et redresser la barre. Cela ne change rien au fait que les fans restent – je le crois volontiers – fans toute leur vie. J’en fais partie, mon mari aussi. Pour le reste, il y a de très chouettes séries SF que la presse ou les divers médias ne mettent pas assez en avant et qui ont tendance à faire rebondir un peu le marasme dans lequel est supposé se trouver la SF de manière générale (et encore, tout dépend ce qu’on entend par marasme). Pour les néophytes, c’est du langage codé et pour les aficionados, eux, savent que c’est faux et que c’est la faute aux gros opus qui attirent le grand public, hélas !
    En tous les cas, très bon article, comme d’hab ! 😉

    • Merci ! Oui, je crois qu’à un moment donné le « space opera », ou assimilé, a lassé le public…

  8. Tu as raison de dire que la Science Fiction n’est pas le domaine privilégié des scientifiques. J’ai toujours considéré la Science Fiction comme l’étude du devenir de l’humanité. Alors, certes, il faut s’appuyer sur la technologie car elle donne un cap, mais il ne faut pas se contenter de la technologie. D’ailleurs, même Greg Egan ne se contente pas de technologie et c’est d’ailleurs ce qui le rend prodigieux pour moi. Il s’en sert. Il parvient à analyser l’être humain, son comportement, son fondement même, par l’entremise de la technologie. La technologue n’est qu’un outil entre ses mains.

    Quand on lit de la SF, à moins d’un non sens énorme ou d’une impossibilité technique indiscutable, on se moque bien de la réalité technique, de la faisabilité des nouveaux moyens proposés par l’auteur. Ce qui est intéressant est de savoir en quoi ces nouveaux moyens vont modifier le comportement humain.

    Ceci dit, même si la SF n’est pas morte, je ne vois aucune oeuvre actuelle qui transcende le genre… Et ne parlons même pas de la SF à la Edmond Hamilton qui n’existe pratiquement plus. D’ailleurs, je remarque que tu n’as pas mentionné Edmond Hamilton. :p

    • « D’ailleurs, je remarque que tu n’as pas mentionné Edmond Hamilton »

      C’est vrai, et pourtant j’adore les pulps d’Edmond Hamilton, Capitaine Flam, c’est toute mon enfance 🙂 En ce qui concerne un titre qui transcende le genre, mes amis me parlent sans cesse de « l’Etoile de Pandore », de Peter… Hamilton (jolie coïncidence !). Je pense aussi au recueil « Axiomatique » de Greg Egan, que tu dois très certainement connaître…

  9. Article très intéressant, comme d’habitude 🙂
    Je rejoints l’avis de Bénédict (juste au-dessus), la SF doit être l’anticipation d’un devenir possible et/ou probable, aussi bien en termes de technologie que de comportements ou de psychologie humaine.
    Un vaste chantier ou le début d’une fin?

  10. Merci ! C’est clair, bien d’accord ! Pour ma part je suis très optimiste concernant la SF, les années à venir vont être passionnantes…

  11. Merci pour cet article, clair et passionnant !
    Je suis entièrement d’accord avec toi pour toutes les possibilités que les évolutions actuelles de la science offrent aux auteurs de SF. Des lectures comme celles d' »Axiomatique » de Greg Egan, que tu as cité, ou bien de « Rainbow’s End » de Vernor Vinge ou encore de « Maître de la matière » d’Eschbach (même si je n’ai pas dit grand-chose dans mon billet, de peur de gâcher le plaisir de la découverte), pour ne citer qu’elles, m’ont donné un aperçu des voies sur lesquelles les écrivains de SF peuvent se lancer, pour notre plus grand plaisir.

  12. Merci Brize pour ces belles idées de lecture, c’est clair que ton article sur Eschbach m’avait intrigué ! Pour ceux qui ne connaissent pas « Maître de la matière » :
    http://surmesbrizees.wordpress.com/2013/10/05/maitre-de-la-matiere-andreas-eschbach/

  13. Hello ! Belles réflexions et j’en rajouterais une autre.
    Parfois, ce sont les imaginations (fertiles, pour certains) des écrivains, qui inspirent les ingénieurs.
    J’en veux pour preuve un auteur comme Heinlein qui, en 1938, avait déjà imaginé les communications interplanétaires, et l’addiction à ce réseau de communication.
    J’ai fait ce doc avec mes élèves, c’est assez intéressant (et court) 😉 : http://www.sciencechannel.com/tv-shows/prophets-of-science-fiction/videos/prophets-of-science-fiction-who-was-robert-heinlein.htm

    • Merci, ça a l’air passionnant ! 😀 Dès que j’ai un peu de temps, je le visionne 😉

  14. Si ce n’est pas déjà fait je te conseille de lire La fille automate. Il y a du biopunk dedans, et pas parce que ça peut aussi se dire la fille aux tomates 😀

    • Ahahaha 😀 Bien vu 😉 Il est bien évidemment dans ma PAL, les articles de la communauté Planète SF sont tellement élogieux !

  15. j’en ai appris des choses en lisant ton billet! plus modestement, j’explique souvent à mes élèves que la SF joue un rôle de miroir pour mieux faire réfléchir à notre société et à ses dérives possibles. Les dystopies ou anti-utopies ont un plus grand succès auprès des jeunes que d’autres sous-genres plus pointus. Un succès qu’on retrouve ensuite adapté sur grand écran, et c’est mon moment favori, quand je leur dis « tiens, ça aussi c’est de la SF, et c’est un livre avant d’être un film, ça vous dit de le lire?.. » 😉

  16. Tes élèves ont bien de la chance d’avoir une passionnée de SF ! 😀 C’est vraiment génial de leur faire comprendre que « lecture » rime avant tout avec « plaisir », bravo ! 😉

    • merci. et au plaisir des prochains billets qui m’apprennent plein de choses!

      • Très heureux de l’apprendre, merci ! 😀

  17. Un article très intéressant. Je pense quant à moi que toute écrivant de la SF ne peut pas manquer d’être influencée par les découvertes technologiques de son temps, consciemment ou pas.
    Dans les livres actuels (qu’ils soient de SF ou pas, d’ailleurs), on trouve de toutes autres technologies que dans les livres de l’époque des Asimov et Herbert.
    Bien sûr, il y a des exceptions, mais je ne suis pas sûr que des auteurs des années 1960 aient imaginé utiliser des lunettes comme des google glass dans leurs livres.
    Je pense que cette influence de la technologie se fait donc naturellement, plus que par un choix délibéré, même si on peut pousser la chose très loin en tant qu’auteur, en choisissant par exemple une technologie précise pour l’emmener jusque dans ses retranchements.

    Mais d’un point de vue tout à fait personnel, je pense qu’en SF, la technologie ne doit pas forcément être l’élément moteur / central du livre. Elle constitue l’un des éléments du décor, à mes yeux, au même niveau que l’univers dans lequel se déroule l’histoire.

    Un décor, c’est important, mais ça ne fait pas l’épaisseur des personnage ou de l’intrigue, n’est-ce pas? C’est une partie de l’intérêt d’un livre, au même titre que le reste.
    Rien de plus, ni rien de moins, à mes yeux.

    Bonne journée, Capitaine et merci pour cet article instructif !

  18. C’est vrai qu’on peut se dire que la technologie ne fait pas une histoire et des personnages.

    Mais en sommes-nous vraiment certains ?

    Si nous avions été écrivains en 1914, nous aurions mené des vies bien différentes. Pour effectuer des recherches dans le cadre d’un roman, il nous aurait fallu nous déplacer régulièrement dans une bibliothèque, peut-être sillonner la France pour consulter des archives. En l’absence d’Internet et de forums, nous ne nous serions jamais rencontrés à Epinal aux Imaginales ! Nous aurions connu beaucoup moins de romanciers, c’est certain. Je serais peut-être mort d’une appendicite enfant… Et sans un ordinateur relié à Internet, aurais-je pu terminer mon premier roman ? Sans cet outil, j’aurais peut-être été découragé… Plus on effectue de comparatifs, plus on réalise que nos alter ego de 1914 auraient probablement été des personnes bien différentes de ce que nous sommes aujourd’hui. C’est en cela que je pense que nous sommes des produits de notre société, et par extension, de la technologie de notre époque : comme je l’écrivais dans l’article, si Edgar Rice Burroughs était encore de ce monde, il décrirait probablement une Mars très différente de celle qu’il a imaginé en 1917. Après, bien évidemment, cela ne signifie pas qu’un auteur doive forcément écrire de la hard science (heureusement !). Mais je crois que pour un écrivain, il est important de se tenir informé : j’avais lu que plus d’un éditeur reprochait aux jeunes auteurs de s’inspirer de l’âge d’or de la SF, et donc d’une technologie obsolète faite de pistolets laser. On a eu le même phénomène en littérature et au cinéma avec les polars cyberpunks à la Blade Runner. Après, si on est dans l’optique d’un hommage, bien sûr, c’est différent 😉

    • Clairement, nos vies sont différentes de celles de nos ancêtres, du fait des technologies utilisées. D’ailleurs, comme tu le fais si bien remarquer, je suis très reconnaissant à l’internet qui nous a permis de nous rencontrer, qui a permis à Cocyclics d’exister, etc…

      Mais ce que je voulais dire, ce dont je parlais, c’était de la technologie « dans le roman ». La technologie « utilisée à l’intérieur d’un roman ». Par exemple, le fait que tel personnage d’un roman utilise un téléphone, il y a 30 ans, un téléphone portable il y a 10 ans, un smartphone aujourd’hui. Ca reste un téléphone. Ca ne fait pas l’histoire du livre, c’est juste un medium, qui permet au personnage de converser avec un autre.
      Avant l’invention du téléphone, et bien, l’auteur aurait parlé d’un échange épistolaire, sans doute, ou fait se rencontrer les personnages en chair et en os. Mais cela fait-il un réel changement?
      Le capitaine d’un navire traquant la baleine bleue a tout de même certains points communs avec le même capitaine, traquant des pirates de l’espace, n’est-ce pas?

      Dans les livres, la technologie, à mes yeux, doit servir l’histoire, doit être utilisée par les personnages. Elle caractérise l’univers.

      Elle ne doit pas être l’Histoire, avec un grand H. C’est juste un medium, encore une fois. Je ne sais pas si c’est plus clair, ainsi? 😉

  19. Oui oui c’est clair 😉 Mais ce que je voulais dire, c’est que certains auteurs de hard science ont le raisonnement inverse. Honnêtement, je ne suis pas un fan absolu de cette littérature car certaines histoires, même si elles sont réalistes, ne sont pas évidentes à lire. Mais dans les bouquins comme ceux de Greg Egan, on s’intéresse moins aux personnages et à l’intrigue qu’à des réflexions sur le progrès technique (il faut dire que la technologie décrite par Egan est assez hallucinante). C’est d’ailleurs le principal « défaut » de la hard science 😉

  20. La hard science, c’est souvent plus de la vulgarisation scientifique que du roman de SF, en fin de compte. 🙂

  21. Presque ! 😀

  22. […] "inclassables", notamment de la catégorie "Humeur", qui évoquent le Japon, les biopunks, les tardigrades, les univers vivants, les pulps, les Daleks, les dystopies, la Jordanie, ou […]

  23. […] que ruine de l’âme. L’histoire de ce robot est un véritable conte de fée cyberpunk, l’hommage poignant d’un geek à Ghost in the Shell, Robocop, Pinocchio, Apple […]


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