L’affiche Pirates des Mondes !

Un petit message pour vous dévoiler l’affiche du prochain festival Étrange Grande… ainsi que la couverture du recueil de nouvelles Livr’S dont je vous parlais dans mon article précédent 😉 Cette oeuvre a été réalisée par l’incontournable Xavier Baudlet.

L’anthologie réunira des participantes et des participants de mon atelier d’écriture, aux côtés d’auteurs confirmés. Et cette année, j’y contribue aussi ! Impossible pour moi de laisser passer un tel recueil sans y embarquer quelques pirates…

J’ai très hâte de vous en dire plus…

Published in: on janvier 12, 2026 at 11:33  Laissez un commentaire  

Appel à Textes rémunéré Pirates des Mondes

(Oeuvre réalisée par Xavier Baudlet)

Pirates de l’Île au trésor, hackers du dark web ou corsaires de l’espace…

De Robert Louis Stevenson à The Expanse, les héritiers de Long John Silver se lancent à l’assaut des époques et des imaginaires !

Dans le cadre de l’anthologie Pirates des Mondes, le festival Étrange Grande recherche des nouvelles de 15 000 à 65 000 signes, dans tous les genres (Fantasy, fantastique, SF, historique, thriller…).

Comme chaque année, les textes seront rémunérés par les éditions Livr’S.

Date limite de soumission : 1er avril 2026.

Si vous êtes intéressés, mon mail : js.g arobase mac.com

Yo-ho-ho, et une bouteille de rhum !






RÈGLEMENT DE L’APPEL À TEXTES

Anthologie Pirates des Mondes

Festival Étrange Grande – Éditions Livr’S


1. Organisation

L’appel à textes est organisé par le festival Étrange Grande, en partenariat avec les éditions Livr’S, dans le cadre de la publication annuelle d’un recueil de nouvelles.


2. Objet de l’appel à textes

Le présent appel à textes vise à constituer l’anthologie Pirates des Mondes, consacrée aux figures du pirate à travers les imaginaires, les époques et les genres.

Pirates de l’Île au trésor, hackers du dark web ou corsaires de l’espace…

De Robert Louis Stevenson à The Expanse, les héritiers de Long John Silver se lancent à l’assaut des époques et des imaginaires.

Les nouvelles peuvent relever de tous les genres de l’imaginaire et de la fiction :

fantasy, fantastique, science-fiction, historique, thriller, ou tout croisement pertinent.


3. Conditions de participation

  • L’appel à textes est ouvert à toute personne majeure, sans condition de nationalité.
  • Chaque auteur ou autrice peut proposer un seul texte.
  • Les textes doivent être originaux, inédits et libres de tout engagement éditorial.
  • La langue d’écriture est le français.

4. Caractéristiques des textes

  • Longueur attendue : entre 15 000 et 65 000 signes (espaces compris)
  • Les textes doivent être transmis sous forme de fichier numérique (format .doc ou .docx) à’l’anthologie à l’adresse suivante : js.g@mac.com

5. Calendrier

  • Date limite de soumission : 1er avril 2026
  • La sélection aura lieu au cours du printemps 2026.
  • Les auteurs et autrices sélectionnés seront contactés individuellement.
  • La parution du recueil est prévue dans le cadre du festival.

6. Sélection

Les textes sont lus et sélectionnés par un comité de lecture désigné par le festival et les éditions Livr’S.

La sélection est effectuée en toute indépendance, selon des critères artistiques et éditoriaux.

Les décisions du comité sont souveraines et sans obligation de justification.


7. Publication et tirage

Les textes retenus feront l’objet d’une publication exclusive dans le recueil Pirates des Mondes, édité par les éditions Livr’S.

  • Tirage prévu : 500 exemplaires
  • La publication concerne uniquement ce recueil (format papier).

8. Droits d’auteur et rémunération

  • Les auteurs et autrices conservent l’intégralité de leurs droits moraux sur leurs œuvres.
  • Les auteurs et autrices sélectionnés accordent à l’éditeur une autorisation de publication. La diffusion numérique est prévue.
  • Les textes publiés sont rémunérés, selon les conditions prévues par les éditions Livr’S.
  • Aucune exploitation ultérieure (réédition, adaptation, diffusion numérique) ne pourra avoir lieu sans l’accord explicite de l’auteur/autrice.

9. Acceptation du règlement

La participation à l’appel à textes implique l’acceptation pleine et entière du présent règlement.


10. Contact

Pour toute question relative à l’appel à textes :

📩 js.g arobase mac.com

Published in: on janvier 5, 2026 at 10:34  Comments (5)  

Un rêve se réalise

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup après bien des obstacles, mon rêve commence enfin à se réaliser : j’ai mon billet d’avion pour la route de la Soie ! Je pars en avril en Chine, seul… mais avec un projet bien plus abouti que celui que je vous avais présenté dans cet article.

Pendant des années, j’avais imaginé traverser le désert du Taklamakan pour rejoindre le lac Issyk Kul, au Kirghizistan, que l’on retrouve à la fin de mon roman Le Moine de Samarcande. Je rêvais de m’y immerger totalement : écrire sur le vif, méditer, prendre des photos pour une exposition mêlant images, textes et sons du désert… Un projet passionnant, mais risqué.

Cette fois, j’ai choisi d’être un peu plus « raisonnable » (tout est relatif) et de revenir à l’essence de mon voyage : les grottes de Mogao, la célèbre « bibliothèque d’Alexandrie d’Orient » de mon livre. Là où, depuis des années, mon imagination s’enflamme à la simple évocation des fresques tantriques, des dizaines de milliers de rouleaux encore non traduits et des sculptures monumentales de ce dédale souterrain classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Plutôt que de « courir », je vais prendre le temps. Plusieurs semaines pour explorer ces grottes, pour marcher dans le désert de Gobi qui m’a fasciné enfant : ses fossiles de dinosaures, son climat glacé, et les immenses dunes chantantes de Ming Sha, grandes comme des collines, qui terrifiaient autrefois les pèlerins… J’y visiterai la ville fantôme de Yardang qui a été sculptée par le vent, la mélancolique Porte de Jade, ainsi que des bastions et des tours à moitié ensevelis de la Grande Muraille de Chine… L’occasion pour moi de revenir aux sources de la mystérieuse sagesse dzogchen, dont les racines se perdent dans la nuit des temps.

Cerise sur le gâteau : j’ai obtenu un « oui » de principe d’une galerie qui accueillera mon exposition lors de la sortie du Moine de Samarcande ! Comme je l’ai annoncé plus haut, cette expo mêlera photos, extraits de mon roman et de mon carnet de voyage, avec des enregistrements sonores. Elle portera le nom de Sur les traces de Zhiyan, car je suivrai le périple de ce héros imaginaire… qui me conduira à vivre une aventure bien réelle. Est-ce son voyage initiatique… ou bien le mien ?

Une chose est sûre : ce sera une expérience à la fois artistique et mystique. Et, étonnamment, j’ai découvert que certains éléments de mon récit, nés de mon imagination, existent déjà dans la réalité de Mogao… Comme si ce désert et ses grottes attendaient mes pas depuis toujours.

Published in: on novembre 28, 2025 at 7:19  Comments (4)  

Bibliographie de François Borg

(Aperçu de la table thématique consacrée à François Borg)

Dans cet article, j’ai rendu il y a peu hommage à François Borg, mais j’ai omis de citer ses oeuvres.

La plupart étant auto-éditées, elles sont donc malheureusement très difficiles à trouver, à l’exception de quelques ouvrages conservés à la médiathèque Puzzle de Thionville : le Livre Blanc*, une oeuvre ésotérique, ainsi qu’un essai sur la Confrérie d’Alexandrie qui célèbre le flambeau de la Connaissance. Signalons enfin Déesse des égouts et des étoiles, son poème le plus connu, qui a fait l’objet d’une captation radio disponible sur ce lien Soundcloud. Voici les versions numériques de ses livres.



Si vous êtes dans le coin, n’hésitez pas à passer à la médiathèque Puzzle pour venir admirer la table thématique, des manuscrits originaux seront exposés à partir du samedi 4 octobre.

* Le titre de cette oeuvre vient du fait que les dix premières pages sont vierges

Published in: on octobre 4, 2025 at 12:02  Laissez un commentaire  

N’ayez pas peur des kangourous


Écrire une nouvelle ou un roman, c’est être tôt ou tard confronté au regard de l’Autre, un saut en parachute appréhendé par beaucoup d’autrices et d’auteurs. 

Fort heureusement, il existe une méthode douce appelée bêta-lecture, qui permet de recevoir des retours bienveillants tant sur la forme que le fond.

J’ai découvert la bêta-lecture en 2011, sur un forum d’écriture intitulé Cocyclics, juste après avoir terminé le (premier) jet de mon (premier) roman. À l’époque, je pensais naïvement qu’une publication n’était qu’une affaire de mois… au final, j’ai patienté cinq ans ! 

Bien que terminer un premier jet soit un moment symbolique, et même une étape importante, les affaires sérieuses commencent à partir des premiers retours. Une période cruciale dans la vie d’une autrice ou d’un auteur, que je comparerais un peu à l’adolescence, une période de mutation qui bouscule nos certitudes. Notre corps change et nous fout des complexes… Eh bien, c’est la même chose pour votre manuscrit que vous pensiez bouclé ! Vous avez passé des semaines, mois ou années sur une même histoire, vous la trouviez très belle… et lorsque vous recevez vos premières bêta-lectures, vous avez parfois l’impression qu’on ne parle pas de votre texte, mais de vous… J’ai abordé ce sujet dans mon article bêta-lecture et ego il y a quelques années, notamment lors de ce passage :

C’est l’ego qui nourrit la peur d’être un imposteur, la colère face aux critiques, ainsi que l’attachement excessif vis-à-vis de ses propres écrits, trois poisons étroitement liés.

Si vous avez la flemme de lire ce billet, tout pourrait se résumer à cet accord toltèque :

N’en faites pas une affaire personnelle.

Dans le cas de l’écriture, si une bêta-lecture bienveillante (j’insiste sur ce mot) vous fait souffrir, il peut y avoir une ou plusieurs raisons. Si elles sont nombreuses, vous obtenez un cocktail explosif dans lequel vous vous sentez rejeté et pour cause : quand vous écrivez, vous donnez votre vision du monde. Recevoir un avis négatif peut vous faire croire que votre voix n’est pas valable. C’est d’autant plus douloureux qu’en écrivant, vous exposez votre partie vulnérable, vous êtes « nu ». 

Cette souffrance peut résonner avec un besoin de reconnaissance, d’où la confusion lorsqu’on apprend que l’histoire qu’on soumet est perfectible… et ce sentiment d’avoir des « défauts », comme si votre texte était une extension de soi. Cette souffrance est décuplée si on a passé plusieurs années sur un récit, et qu’on estime que ce travail n’est pas reconnu à sa juste valeur… sans parler du fait que l’acte d’écrire peut être motivé par un trauma. Imaginons que je souffre de la phobie des kangourous**, au point de consacrer un essai sur cette question, de raconter un moment terrifiant de mon enfance lors d’un voyage en Australie… et qu’un lecteur trouve ce passage hilarant. Forcément, je vais me sentir blessé.

C’est d’autant plus cruel si j’ai quelque chose à prouver (« je vais vous montrer que je peux surmonter mon trauma des kangourous ! »).

L’écrivain anxieux est comme un lac, la moindre pierre jetée dans l’eau provoque des vagues qui agitent toute sa surface. Il croit que la pierre atteint le cœur du lac, alors qu’en réalité elle ne fait que frapper la surface. Mais quand l’auteur s’établit dans une clarté stable, le lac devient limpide et profond. Une pierre jetée à la surface ne change rien à sa nature. Elle génère quelques cercles qui s’éteignent rapidement, puis l’eau redevient claire.

Que faire ?

Il y a dix ans j’ai découvert une voie spirituelle tibétaine, le dzogchen, qui enseigne que pour parvenir à la sérénité… il ne faut rien attendre*. 

Il n’y a rien à désirer quand on possède déjà tout.
Il n’y a rien à transformer
Il n’y a pas de méditation ou de non-méditation

En d’autres termes, tant que nous estimons que nous ne serons heureux que lorsque nous aurons obtenu un nouveau smartphone/travail/logis/voyage aux Bahamas/partenaire/bébé… nous serons insatisfaits, car à partir du moment où nous parvenons à un objectif, un autre vient se substituer au précédent. Nous passons notre vie à repousser la sérénité qui est naturellement en nous, alors que nous possédons déjà tout… mais nous l’ignorons.

L’écriture est comme le dzogchen : un art de vivre, un voyage initiatique, une offrande. En tant qu’auteurs, nous apprenons au fil des ans à nous détacher de nos bébés de papier. Une fois lues ou publiées, nos oeuvres ne nous appartiennent plus vraiment, il y a un lâcher-prise à opérer. Les critiques nous servent à grandir, et si certaines ne sont pas argumentées (« ce roman est nul à chier ! »), il faut, là encore, cultiver le détachement, d’autant plus que ce qui va émouvoir un lecteur va en irriter un autre… L’écriture n’est pas une science exacte.

Comme en amour, il ne faut pas être fusionnel ou dépendant affectif, mais secure, en paix avec soi-même. Ne pas attendre d’être validé, ne pas conditionner son bonheur à une cause extérieure (publication, prix littéraire, argent, reconnaissance de ses parents, du professeur de français qui vous maltraitait…), car de toute manière même le succès ne dure pas.

L’écriture ne doit pas être un désir, mais sa finalité, un plaisir, une danse méditative. Pour parvenir à ce niveau de conscience, une qualité doit être cultivée : la patience, car le temps est de nos jours la vraie richesse, un luxe. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut faire de ce temps une priorité. Si le sujet vous intéresse, j’ai consacré un article à cette problématique.

Dans le cadre du sakado, voici une méthode que j’ai développée pour la bêta-lecture que vous pouvez télécharger. Rien de révolutionnaire, juste des conseils de bon sens pour effectuer une bêta-lecture saine et non toxique.



N’ayez pas peur des kangourous.

* Je présente par avance mes excuses au pratiquant dzogchen qui lira cette vulgarisation grossière. Je sais pertinemment que le dzogchen est bien plus que ça et mériterait un article à part entière, mais mon objectif était moins de parler de dzogchen que d’écriture.

** Enfant, j’ai vraiment eu une mésaventure avec un kangourou lors d’un voyage en Australie. Je voulais lui donner à manger, j’avais des victuailles dans la main, et un sachet dans l’autre. Il  a reniflé la main que je lui tendais, puis a commencé à s’attaquer au sachet, je me suis fait littéralement racketté, j’ai eu peur…

Published in: on octobre 2, 2025 at 8:22  Comments (1)  

Hommage à François Borg

François (à droite) et moi lors de l’ouverture de son atelier, en 2010

Je voudrais rendre hommage à une personne exceptionnelle qui nous a quittés il y a presque dix ans et que je n’ai jamais oubliée : l’écrivain thionvillois François Borg. François n’était pas seulement un auteur, un animateur d’atelier d’écriture ou un mentor : il était aussi un visionnaire, porté par une énergie unique.

En 2010, il eut un projet un peu fou : créer un atelier d’écriture qui permettrait, selon ses mots, de produire « le meilleur roman jamais publié, un chef-d’œuvre capable de relancer le virus de la lecture chez le grand public ». Dans son exaltation parfois mégalomane mais toujours généreuse, il réunit des autrices et des auteurs passionnés, et les poussa dans leurs derniers retranchements. Ses ateliers, quotidiens, étaient de véritables laboratoires en effervescence. Sa méthode ne faisait pas l’unanimité — il m’appelait parfois la nuit pour me souffler une idée à corriger dans mon manuscrit —, et ce grand roman dont il rêvait resta une utopie. Mais grâce à lui, plusieurs d’entre nous furent publiés. Sans François, jamais Les Pirates de l’Escroc-Griffe n’auraient trouvé de maison d’édition.

Je n’évoquerai pas en détail les circonstances mystérieuses de sa disparition, en 2016. Je ne sais même pas s’il est encore de ce monde. François était un écorché vif, de ceux qui brûlent trop vite. Il faisait partie de ces flammes qui illuminent tout autour d’elles, puis s’éteignent soudainement. Oui, François, tu as brillé. Tu t’es consumé parce que tu étais d’une nature généreuse, toujours prêt à te donner entièrement.

C’est pour cette raison que, pour les dix ans de la médiathèque Puzzle, nous avons choisi de te rendre hommage. D’octobre 2025 à juin 2026, les participantes et participants de mon atelier d’écriture de Thionville écriront un roman collaboratif, Puzzle Exquis, comme tu l’aurais souhaité. Ainsi, ton rêve d’un chef-d’œuvre collectif continuera de vivre à travers nous.

François, on t’aime.

Published in: on septembre 30, 2025 at 3:43  Comments (2)  

Pour une tantric fantasy

Il y a un an j’écrivais cet article sur le toumo, une discipline tantrique qu’on retrouve dans le Moine de Samarcande, mon futur roman… le livre dont je suis le plus fier ! Son action se déroule en Asie Centrale, au IXe siècle. Il s’agit d’un univers tellement exotique, avec avec des conceptions ésotériques si éloignées de la pensée occidentale qu’on peut parler d’une fantasy d’un genre nouveau : la tantric fantasy.

Dans la foulée, j’ai proposé à Emilie, éditrice chez Livr’S, un projet de recueil de nouvelles qui sortira en même temps que le Moine de Samarcande. Étant donné que des amies autrices et auteurs sont intéressés par cette philosophie source de malentendus, voici à la fois un manifeste et un Appel À Textes…

Né en Inde, le tantrisme est une voie spirituelle très ancienne, mal comprise en Occident. Il ne s’agit pas de céder au désir, mais de le sublimer, de le transformer à travers des techniques ésotériques qui ont influencé des artistes tels que le poète mystique tibétain Milarépa.

En Tantric Fantasy, on ne combat pas les dragons extérieurs à soi, mais ceux tapis dans nos illusions. On ne cherche pas le Graal, mais la Libération, l’union du corps et de l’esprit. Du masculin et du féminin.

La Tantric Fantasy, c’est accéder à l’Éveil en une seule vie à travers un corps de chair et de sang poussé dans ses ultimes retranchements, suivre le yoga tibétain du rêve pour rencontrer des maîtres lors de voyages dans d’autres univers ; s’adonner à l’alchimie taoïste interne visant à atteindre l’immortalité ; consulter l’oracle possédé du Nechung ; guider les consciences perdues dans le monde des morts en leur lisant le Bardo Thödol ; courir en transe pendant des jours à l’aide du Lung-gom-pa, parvenir à l’Éveil via les arts martiaux et l’énergie du chi ; pratiquer torse nu le tantra du toumo en puisant dans le feu interne sur les neiges glacées de l’Himalaya… ou affronter au sabre les démons cachés de la jungle urbaine de Hong-Kong. La Tantric Fantasy est un chemin. Un rite. Une transe. Une libération. Et chaque pas, chaque souffle, chaque combat rapproche de l’Éveil.

Inde, Tibet, Népal, Bouthan, Chine, Corée, Japon, Indonésie, Cambodge, Thaïlande, Birmanie, Mongolie, Malaisie… La Tantric Fantasy est aussi vaste que le continent asiatique lui-même, mais s’étend bien au-delà de ses frontières. À l’occasion de la sortie du Moine de Samarcande, ce genre littéraire prendra forme dans un recueil de nouvelles intitulé Tantric Fantasy : Contes d’Éveil et d’Illusion, publié aux éditions Livr’S. Réunissant Orient et Occident, cet ouvrage donnera voix à la fois aux autrices et auteurs de pays asiatiques et aux écrivains occidentaux qui, par leurs œuvres ou leur parcours de vie, entretiennent un lien sincère et authentique avec cette spiritualité. Les histoires pourront se dérouler dans un passé mythique, ou sous l’Empire Tang, durant l’ère Edo au Japon, de nos jours en France et même dans le futur, qu’il soit cyberpunk, solar punk, post-apocalyptique, peu importe… la véritable aventure est intérieure.

Le Collectif des Fantasques Tantriques 

Le flyer :

CONDITIONS 

Taille minimale : 15.000 signes avec espace
Taille maximale : 65.000 signes avec espace
Date de clôture : 1er avril 2027

PRÉCISION IMPORTANTE : nous ne cherchons pas des textes érotiques, mais en rapport avec des spiritualités comme le vajrayana ! Si le tantrisme est pour vous une pratique sexuelle exotique new age « fun », je vous invite fortement à lire des articles comme celui-ci avant de m’envoyer quoi que ce soit, pitié ! 😅

SOURCES D’INSPIRATION (un grand merci à Anaïs, qui a complété cette liste)

Cette liste est non-exhaustive, car on retrouve le tantrisme dans le bouddhisme, l’hindouisme ainsi que le jaïnisme.

Livres 

Les Cent Mille Chants de Milarépa

L’histoire de la rédemption de Milarépa (un yogi qui par vengeance, use de magie noire et tue les habitants d’un village) et sa quête pour atteindre l’Éveil. Adapté au cinéma sous le titre Milarépa, la voie du bonheur.

Le yoga du rêve et du sommeil, de Tenzin Wangyal Rinpoché 

Un yoga authentique que je pratique (j’ai rencontré Rinpoché dans la vraie vie). Ce livre est une mine d’or en ce qui concerne le tantrisme.

Le Bardo Thödol 

Le « livre des morts tibétain ». Célèbre, mais très difficile à lire pour les non-bouddhistes, entre poésie et ésotérisme.

Comprendre le tantrisme

Livre d’André Padoux, membre du CNRS et spécialiste mondial du tantrisme.

Neuf vies : à la recherche du sacré dans l’Inde d’aujourd’hui » de William Dalrymple.

Une histoire vraie évoquant les membres de communautés en lien avec le sacré en Inde, dont une prêtresse hindoue vivant sur un champ crématoire, source d’une énergie tantrique puissante (les sadhus agoris se couvrent le corps de cendres crématoires et mangent parfois de la chair de cadavres lors de rites extrêmes).

Les oeuvres d’Alexandra David-Néel, femme exploratrice du Tibet du début du XXI siècle qui raconte nombre de phénomènes ésotériques, notamment : 

Voyage d’une Parisienne à Lhassa

Un récit digne d’Indiana Jones de la première femme européenne à pénétrer dans Lhassa, à l’époque capitale interdite du Tibet (les étrangers risquaient la peine capitale). Alexandra David-Néel raconte notamment sa pratique du toumo.

Mystiques et magiciens du Tibet

Un livre fascinant dans lequel Alexandra David Néel décrit un Tibet qui n’existe plus : mystiques adeptes du toumo, pratiquants du lung-gom-pa capables de courir plusieurs jours d’affilée en transe sur des distances invraisemblables, retraites dans des cercueils, télépathie…

Initiations lamaïques

Complémentaire de Mystiques et magiciens du Tibet, il s’agit plus d’un récit initiatique vécu de l’intérieur sur le sens profond de tous les rituels exotériques mentionnés plus haut.

La vie surhumaine 

Suite de Mystiques et magiciens du Tibet, la vie surhumaine décrit et analyse les pouvoirs extraordinaires des yogis comme manifestations d’un travail sur la conscience : ces pouvoirs ne sont pas une fin en soi, mais les conséquences secondaires d’une profonde transformation intérieure.  

Magie d’amour et magie noire

Un essai sur la sexualité perçue comme voie initiatique. Adapté au cinéma sous le titre La vallée des fleurs par John Nalin.

Et là vous vous dites « il y a donc bien une connotation sexuelle dans le tantrisme ! » 😅 Oui… mais non. D’une part, ce qu’on appelle « le tantra de l’union » (un Tantra parmi tant d’autres) n’est quasiment plus pratiqué, car seul un être parfaitement accompli peut utiliser le désir sexuel pour atteindre, avec sa partenaire (la dakini) l’Éveil sans sombrer dans l’attachement ou l’égarement. 

Cinéma 

Arundhati

Un film sur les pratiques des sadhus agoris (shivaisme tantrique). Le sinistre Pashupati gagne des pouvoirs par  l’ascèse. L’héroïne, Jejemma, réussit à l’enfermer alors qu’il est devenu un être maléfique puissant, mais elle ne peut pas le détruire complètement et elle se donne donc en sacrifice aux sadhus  qui la tuent de façon très violente et rituelle pour rendre ses restes puissants (la douleur crée l’énergie). Ils brûlent son corps et utilisent ses os, ses cheveux et ses bijoux pour forger une épée qui peut détruire Pashupati, mais seulement deux générations plus tard, quand Jejemma renaîtra sous la forme d’Arundhati, sa descendante (qui doit d’ailleurs plonger l’arme dans son propre sang avant de tuer Pashupati avec).

Doctor Strange 

Le plus tantrique des super-héros Marvel…

Jack Burton dans les griffes du Mandarin 

Un film fantastique plus ésotérique que tantrique, mais culte, des années 80 par John Carpenter, avec Kurt Russel

La trilogie Histoire  de fantômes chinois

Là encore, pour l’ambiance ésotérique.

Ninja 3 : The Domination 

Je sais, c’est un « nanar » des années 80 haut en couleurs : l’histoire d’une prof de fitness possédée par un ninja… mais il n’est pas interdit d’être décalé…

Séries TV

The Walking Dead, épisode 04 saison 06, « Ici n’est pas ici »

Cet épisode parle surtout d’aïkido, mais il est orienté spiritualité, profondément touchant… Il n’y a pas besoin de connaître le reste de la série pour l’apprécier.

Bon… et ensuite ?

Concrètement, pendant les deux années à venir, avec Emilie nous aimerions faire découvrir des nouvelles d’autrices et auteurs tibétains et japonais… tout en réunissant des histoires d’écrivains français sincèrement intéressés par cette thématique. Tous les participants seront rémunérés. En dehors des autrices et auteurs asiatiques connus, ces écrivains seront membres de mon atelier d’écriture (gratuit) ou issus de cet appel à textes. Les soumissions seront closes le 1er avril 2027.

Bien que nous cherchions des récits qui font au maximum 65.000 signes avec espace, je vous déconseille de vous lancer dans l’écriture d’un texte aussi long… sauf si le scénario l’exige, bien sûr.

J’espère que ce thème vous inspirera, n’hésitez pas à poser des questions dans les commentaires… ou à me soumettre des noms d’oeuvres artistiques inspirées par le tantrisme, qu’il s’agisse de romans, de films, de séries ou même de jeux vidéos !
Vous pouvez envoyer vos nouvelles à mon adresse mail : js.g aroba ze mac.com

N’hésitez pas à proposer d’autres sources d’inspiration dans les commentaires, je compléterai l’article.

Au plaisir de vous lire !

PS : pour celles et ceux qui sont intéressés par le poète Milarépa, je parle de lui dans cet article

Published in: on septembre 25, 2025 at 9:55  Laissez un commentaire  

Renaissance(s)

J’espère que vous allez bien, en ce qui me concerne, je suis en pleine effervescence créative, mon cerveau est en fusion à force d’écrire !

J’ai enfin envoyé la dernière version (8.1 !) du Loup d’Andrinople en soumission éditoriale le 2 septembre, en espérant que ça sera la bonne, réponse dans les mois à venir. Au lieu de me morfondre à attendre, j’ai achevé la réécriture de la V3 du Moine de Samarcande hier… en 15 jours. Cette réécriture m’a mis dans un tel état de transe qu’il m’est arrivé de travailler de 19h00 à 06h00 du matin, avant de reprendre le boulot, déclamer des extraits aux collèges de travail ainsi qu’à certains usagers ébahis de ma médiathèque… et le pire, c’est qu’ils ont beaucoup aimé !

Si je vous parais si enthousiaste, c’est parce que j’ai franchi un nouveau palier au niveau de l’émotion et de la technique : sur le Moine de Samarcande ma narration est à mi-chemin entre la prose et la poésie. Si le Loup d’Andrinople est avant tout un roman qui parle à la raison, le Moine de Samarcande, lui, s’adresse au coeur : c’est LE roman que je rêvais d’écrire depuis toujours, à la fois contemplatif et épique, l’un de mes projets les plus intimes… et probablement le plus abouti.

Je vais profiter de mon voyage en Chine dans le désert du Taklamakan pour enrichir ce texte avec un maximum de détails sur les tempêtes de sable, courantes en avril, m’imprégner de l’ambiance des grottes de Mogao, cette bibliothèque d’Alexandrie d’Orient à laquelle je rends hommage.

En attendant, j’ai la joie de vous annoncer la création d’un nouvel atelier pas comme les autres, l’atelier d’écriture des Trinitaires… le nom de ma rue ! Les sessions auront lieu à partir du 25 septembre, chaque jeudi, de 20h00 à 21h30, 2 rue des Trinitaires.

Cet atelier est un retour à mes premiers ateliers d’il y a dix ans : pas plus de quatre participants, des séances hebdomadaire, des publications… C’est pour cette raison que le 25 septembre, lors de la première séance d’atelier, un manifeste artiste sera publié en ligne ici-même avec le lancement d’un beau projet collectif qui possédera un lien avec le Moine de Samarcande ! Mais je n’en dis pas plus…

Puisqu’on parle de collectif, je vous signale la sortie du nouveau recueil de nouvelles du festival Etrange Grande (dont je suis l’anthologiste depuis quatre ans) : Créatures de la nuit. Je suis très fier de cette sélection ! Le recueil sera disponible pour la première fois durant le festival Etrange Grande qui aura lieu ce week-end le 20 et 21 septembre et où j’y animerai… un atelier d’écriture, « le laboratoire des créatures de la nuit », (samedi à 13h00), atelier pendant lequel il sera possible d’inventer des monstres… qui seront ensuite illustrés durant l’atelier manga de l’artiste Meo !


Le même jour, je serai également à 16h00 au vernissage de Encrer à l’instant, un recueil de haïkus somptueux que nous avons écrit avec mon atelier d’écriture et illustré à l »encre de Chine par l’artiste Inès Kamoun, disponible gratuitement en tirage limité : seulement 200 exemplaires !


Au plaisir de vous retrouver durant ces événements de la vraie vie 😉

Published in: on septembre 17, 2025 at 8:01  Laissez un commentaire  

Le syndrome du ratel

Un court billet pour vous rassurer sur l’avancée de mes projets… Je sais, vous vous dites « il est bien gentil, mais en dehors de quelques nouvelles, cela fait 9 ans qu’il n’a pas publié de romans, on ne le croit plus, d’ailleurs on ne sait même plus comment il s’appelle »… Je vous arrête tout de suite : mon animal totem est le ratel, l’animal qui ne lâche rien*. Non seulement je n’ai pas chômé, mais l’attente en valait la peine.

J’ai terminé ce mois-ci la… septième version du Loup d’Andrinople, la version dont je rêvais. Elle est en cours de relecture par mes bêta-lecteurs qui m’ont torturé poussé dans mes retranchements, je pense raisonnablement pouvoir vous annoncer une bonne nouvelle éditoriale en 2026… mais cela ne s’arrête pas là : vous vous souvenez de mon projet de voyage dans le désert du Taklamakan pour le Moine de Samarcande ? Eh bien… Je vais y aller pour de bon ! J’ai réussi à régler les problèmes de financement et de logistique. La mini-expédition aura lieu au printemps 2026. D’ici là, en parallèle du Loup d’Andrinople, je vais poursuivre la réécriture de la V3 du Moine… qui sera lié au Loup, bien que les deux bouquins soient indépendants. Mon périple dans le Taklamakan servira à peaufiner le Moine, notamment au niveau de l’ambiance des grottes de Mogao, que je vais avoir le privilège de découvrir… et j’en suis très ému.
Merci à la poignée de fidèles de ce blog de continuer à me lire, un véritable acte de foi 🤣 Et merci pour votre soutien, à bientôt !

*Le ratel est un animal capable de métaboliser les poisons de serpent les plus dangereux au monde : s’il est mordu, il va dormir 24h00… et se réveiller de mauvaise humeur. Le ratel attaque les lions et les guépards, est insensible aux piqures des guêpes, vole le bétail de l’Homme, trouve toujours un moyen de s’évader d’un zoo. Enfin il peut neutraliser les ruches des abeilles grâce à une poche annale réversible qui peut dégager une odeur épouvantable.

Vous voilà prévenus.

Published in: on août 12, 2025 at 9:00  Comments (9)  

Ce que m’a appris la bibliothèque d’Alexandrie sur la crise actuelle

La bibliothèque du film « Interstellar »

L’Histoire est-elle un éternel recommencement ? Je me pose cette question alors que je suis en train de finaliser la V2 du Loup d’Andrinople, mon thriller ésotérique qui se déroule dans la bibliothèque d’Alexandrie, bibliothèque qui disposait durant l’Antiquité, bien avant le Web, du premier catalogue universel de la connaissance. Les papyrus étaient en effet annotés par des bibliothécaires-philologues, traduits, afin de revenir le plus possible aux sources originales, mais aussi commentés et réédités, classés… En consultant une liste de documents qui tenait sur cent vingt rouleaux, les lecteurs de la bibliothèque faisaient partie intégrante d’une chaîne du livre qui reliait auteurs, libraires et chercheurs, et permettait des échanges culturels, des discussions passionnantes et l’émergence d’une pensée critique… Un réseau Internet avant l’heure qui se voulait universel : sous l’Empire romain, la bibliothèque-fille du Sérapéum, la dernière annexe de la bibliothèque d’Alexandrie, était consultable par tous, riches hommes libres ou simples esclaves, jusqu’au moment où elle fut victime de multiples conflits politiques et religieux. En 391, le Sérapéum fut anéanti par  l’évêque Théophile d’Alexandrie et ses fanatiques chrétiens, mais son esprit universaliste ne disparut jamais vraiment car d’autres bibliothèques naquirent, tandis que certains philosophes platoniciens émigrèrent en Perse et influencèrent durablement la civilisation islamique, qui conserva la pensée d’Aristote…

Aujourd’hui, le Web, lointain successeur de la bibliothèque d’Alexandrie, est soumis lui aussi à des bouleversements idéologiques sans précédent. Cet espace d’échanges, de savoir et de liberté est menacé dans sa neutralité même, la sacro-sainte trinité Facebook – X – Instagram, incontournable dans les années 2010, est en effet irrémédiablement entachée par les frasques fascistes de ses propriétaires.

De la même façon que la bibliothèque d’Alexandrie n’a jamais plu à des empereurs comme Caracalla, qui la haïssait tellement qu’il supprima les repas gratuits destinés aux bibliothécaires, des puissants tels que Zuckerberg ont toujours été les ennemis déclarés d’un Web libre et non commercial. Les algorithmes de Facebook visent en effet à diviser, cloisonner, classer et catégoriser les personnes, et ainsi nous isoler les uns des autres : preuve en est, il y a quelques jours, j’ai partagé mon article précédent sur Bluesky (puis, par la suite sur Mastodon, j’utilise depuis peu l’application Openvibe pour poster sur ces deux réseaux en même temps afin d’éviter de mettre les oeufs dans le même panier). À ma grande surprise, les statistiques de mon blog ont montré que j’avais davantage été lu par mes 100 followers Bluesky que du temps où j’avais « 1000 » amis sur Facebook… signe que j’avais bien raison de fustiger les algorithmes de Meta. Détail touchant, j’ai aussi remarqué dans ces statistiques que des utilisateurs Facebook ont partagé mon article (et je leur en suis sincèrement reconnaissant). Drôle d’impression de me dire que ce réseau m’est, désormais, inaccessible… mais je ne nourris aucun regret, rester là-bas était devenu pour moi moralement intenable. 

Je pense que nous vivons un moment incroyable, les prémices de la fin d’un empire. Que les choses soient claires : avec ses trois milliards d’usagers, Facebook ne s’écroulera ni demain, ni même après-demain… et pourtant, ce qui s’est passé durant ce mois de janvier 2025 ressemble fort à un coup de semonce : il y a peu, tous ces réseaux paraissaient jouir d’une santé insolente et semblaient invulnérables. Or la photo de Zuckerberg présent lors du sacre de Trump, les déclarations de ce même Zuckerberg et les saluts nazis de Musk ont instantanément rendu antipathiques Facebook, Instagram et X. 


J’ai songé à l’Empire romain, à cette terrible défaite militaire face aux Goths lors de la bataille d’Andrinople, au cours de laquelle l’empereur Valens trouva la mort. À l’époque, cette humiliation prouva aux citoyens romains que leur empire était faible. Ce qui a été tué lors de la bataille d’Andrinople, c’est moins l’empereur que l’idée qu’on se faisait de la grandeur de Rome. Dans le même ordre d’esprit, voir la photo de ces géants de la Tech réunis de façon aussi servile autour de Trump nous a paradoxalement rappelé que ces milliardaires étaient moins des « puissants » ou des « génies », que de minables hommes d’affaires qui ne considèrent les êtres humains que comme des données monnayables. Des milliardaires, certes,… mais aux pieds d’argile. À défaut de tuer ces idoles, cette photo humiliante où on les voit à la botte de Trump les a considérablement affaiblies aux yeux du monde.

Même si sa portée est pour l’instant uniquement symbolique, l’immense défiance envers les réseaux sociaux traditionnels est une victoire morale qui a poussé des médias comme Le Monde, Libération, Le Nouvel Obs et Télérama, ainsi que certaines institutions de l’administration française, à migrer vers les Mastodon ou Bluesky. Alors que dans des pays dictatoriaux comme la Chine, la Grand Muraille numérique n’en finit plus d’être renforcée, à l’Ouest, grâce au Fediverse, Ie Web commence à se décentraliser, ce qui est une excellente nouvelle. Il s’agit de la fin de ce que j’appelle « la minitelisation » (en référence au vieux terminal Minitel aux fonctions limitées, contrairement à un vrai navigateur) qui a commencé à la fin des années 2000 avec la diffusion foudroyante de Facebook et Twitter, et l’idée insidieuse que se rendre sur les réseaux sociaux revenait à « aller sur Internet ». On a voulu fragmenter le web en services, alors qu’il fut un temps où cet espace, à l’image de la bibliothèque d’Alexandrie, constituait un formidable catalogue qui permettait l’accès illimité à une information gratuite et de qualité, mais aussi à la vidéo via le peer to peer. Le prétendu manque à gagner lié aux piratages des films et des séries, une fumisterie des lobbies, était de toute façon largement amorti par les multiples taxes, notamment sur les disques durs. Il y eut même, en ces temps de piratage, un renouveau de la création artistique avec énormément d’oeuvres originales sur le petit écran (Lost, Dexter, Misfits, Community) tandis que le cinéma était nettement moins gangrené par les remakes, suites et reboots des franchises qu’aujourd’hui. 

Malheureusement, à l’exception notable de Wikipédia, le web s’est cadenassé dans des applications pour smartphones, tandis qu’en 2012 les lobbies du divertissement ont eu la peau de Megaupload.

Les années 2010 ont signé la fin d’une utopie au profit d’une fragmentation de la culture : pour avoir accès à l’information et aux arts, il a fallu multiplier les abonnements payants sur les plateformes vidéo (Netflix, Disney+, Amazon Prime, Apple TV), les médias comme Le Monde ou Libération, les sites de streaming musicaux tels que Spotify… après une période de crise économique et d’austérité. Dans ces conditions, toute une partie de la population mondiale a été privée du droit à l’information et à la culture garantie par les démocraties, une génération d’exclus s’est « éduquée » via des sites généralistes gratuits controversés, ainsi que des réseaux sociaux douteux, ce qui explique en partie la progression de l’ignorance, le ressentiment éprouvé envers les institutions amplifié par l’affaire Snowden, mais aussi la diffusion du djihadisme, du complotisme et du populisme… Pour moi, la fin de cet idéal d’Internet a été un drame absolu, l’équivalent de l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie pour notre génération, une période d’obscurantisme, sans exagération aucune.

Si, à l’époque de l’Antiquité, les multiples destructions de la bibliothèque d’Alexandrie ont pu motiver d’innombrables humanistes à créer leurs propres bibliothèques pour préserver l’idéal d’une culture universelle, la fin de l’utopie d’un Internet libre et non commercial pousse les citoyens que nous sommes à réfléchir au sens de nos actes : le web doit-il être une fin en soi, une source de divertissement visant à nous abêtir en scrollant, ou au contraire un média qui nous tire vers le haut, comme il a pu l’être à ses débuts lorsqu’il fut inventé par des scientifiques du CERN afin de partager des informations passionnantes ? Nous seuls pouvons répondre à cette question. À nous de réenchanter nos existences afin de ne plus être simplement consommateurs, mais citoyens, maillons et acteurs de la Culture et de l’Humanisme…

PS : Un immense merci pour vos nombreuses visites sur ce blog depuis mon départ volontaire de Facebook, vos messages de soutien, ainsi que vos partages sur les réseaux sociaux, autant de gestes qui me vont droit au coeur 😉

Published in: on janvier 28, 2025 at 6:56  Comments (6)