Rendez-nous le futur !

2017

Je tiens à m’excuser, mais une fois n’est pas coutume, ce sera un article coup de gueule, et pour cause : on nous a volé le futur ! Quand j’étais un gosse des années 80, il n’était pas question que la technologie évolue de cette manière. Certes, on se doutait que les ordinateurs allaient être connectés à une matrice, on pressentait que l’informatique gagnerait en importance… mais j’imaginais l’avenir autrement. Pour en avoir discuté avec d’autres gens de ma génération, je suis loin d’être un cas isolé. Je me dois donc de parler de ce futur désormais uchronique aux plus jeunes d’entre vous !

Tout avait pourtant si bien commencé. Je me souviens encore de Tron, que j’ai vu au cinéma en 1982 à l’âge de… 5 ans.

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Je me rappelle être sorti de la salle en état de choc. Premier contact avec la réalité virtuelle, et cette idée qu’on pourrait entrer physiquement dans un monde digital… à condition d’être dématerialisé par un laser vous découpant en pixels ! Il y avait ce concept fascinant d’un réseau gigantesque dans lequel on naviguait via des vaisseaux, de vraies intelligences artificielles, des jeux mortels… Un Internet radicalement différent de celui qu’on connait aujourd’hui, un espace de liberté, mais déjà la cible de multinationales sans scrupules*.

Peu importe, on piratait ces firmes malfaisantes en connectant son cerveau directement au cyberspace.

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(Bon, ok, vu comme ça, ça craint un peu) Toujours est-il qu’on pensait le progrès technologique exponentiel, et cela se ressentait avec les sublimes peintures de verre de Blade Runner, qui n’ont rien à envier aux effets spéciaux numériques d’aujourd’hui. Dans mon 2019 à moi (l’année où sont censées se dérouler les événements narrés du film de Ridley Scott), on voyageait en voiture volante.

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On faisait la paix avec un ennemi alien sur Fyrin IV…

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On se rendait en chasseur stellaire sur Dagobah juste pour écouter les enseignements d’un vieux sage… (oui, je sais, Star Wars se situe dans le passé, ne soyez pas comme ça)

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Bien sûr, on évitait de s’approcher de trop près du palais de Jabba…

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On chevauchait des vers de sable sur la planète Dune…

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Sans oublier une balade sportive sur LV4-26.

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Bref, on pouvait facilement naviguer à travers l’espace !  Dans les séries hard SF les plus pessimistes comme Cosmos 1999 (diffusée en France dans les années 80) l’Humanité avait bâti une base permanente sur la Lune.

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Bien sûr, dans ce futur alternatif tout n’était pas rose. Pollution, terrorisme, drones… La SF de l’époque avait déjà tout prévu. Y compris les dérives des Organismes Génétiquement Modifiés.

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Mais même lorsqu’il était cauchemardesque, le futur avait de la gueule, bon sang !

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Et les voyages temporels, ils sont où ?

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Jeunes lecteurs, j’espère que grâce à ce billet vous aurez une meilleure idée de l’année 2017 telle qu’elle aurait dû être. Je l’affirme avec d’autant plus de force qu’à l’heure où j’écris ces lignes, nous vivons une réalité parallèle dans laquelle les Etats-Unis ont élu un président qui menace d’attaquer la Corée du Nord et l’Iran. Si Trump n’est pas la preuve que nous évoluons dans une uchronie dystopique, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

* Si vous ne l’avez pas vue, je vous conseille vivement la suite de Tron intitulée Tron Legacy. La technologie dépeinte dans l’épisode de 1982 continue d’évoluer, au point où le film est une vraie uchronie.

Published in: on février 3, 2017 at 10:47  Comments (16)  

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Pfff, par quoi commencer ? (soupir)

Hum.

Bon. Vous vous souvenez de cet article dans lequel j’expliquais que j’avais passé six mois à bosser sur le synopsis d’un quatrième roman historico-fantastique ? Ceux qui me connaissent le savent, j’ai répété  à maintes reprises que JAMAIS je ne me relancerai dans une trilogie. Trop de souffrance, trop de pression, et surtout trop d’années passées à corriger 1200 pages… Un vrai calvaire.

Il y a une semaine, j’étais tranquillement assis dans le train lorsque soudain je fus frappé par la foudre. Comment avais-je pu passer à côté de CETTE IDÉE ?

Arrivé à la maison, j’écrivais frénétiquement jusqu’au milieu de la nuit les… trois synopsis de ce qui ressemblait fort à… à… hum, disons une… trilogie (on ne ricane pas).

Un spin-off qui se déroule dans (l’immense) univers des pirates de L’Escroc-Griffe, à une autre époque et sur un monde inédit. Une trilogie indépendante de la première série, avec des protagonistes différents.

À mesure que je prenais plaisir à martyriser mon clavier, je ne pouvais m’empêcher de me sentir coupable vis-à-vis de mon projet de livre historico-fantastique. Je me retrouvais dans la peau du quadragénaire-marié-deux enfants qui tombe amoureux d’une petite jeune, bouleversé par des émotions qu’il pensait ne plus jamais ressentir. Une excitation qui m’a donné l’impression de rajeunir de dix ans.

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Au réveil, j’avais le sourire, mais aussi peur des réactions de mes proches. N’était-ce pas un fantasme d’auteur sans lendemain ? Pourtant, mes sentiments étaient toujours là. J’étais amoureux de cette nouvelle trilogie et plus que tout, j’avais envie de repartir explorer cet univers que je connaissais si bien, comme lorsque j’avais la vingtaine. J’éprouvais un tel soulagement que je mettais mon projet historico-fantastique en stand-by.

Depuis, je n’ai pas arrêté d’écrire… et même de beaucoup écrire.

Ce qui est complètement fou, c’est que j’ai créé trois synopsis sommaires en une nuit, alors qu’il m’a fallu six mois pour accoucher péniblement du plan du roman historique fantastique que je préparais. J’espère ne pas avoir perdu toute crédibilité à vos yeux.

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Ma muse fait parfois n’importe quoi

La grande leçon à tirer de cette crise de la quarantaine qui approche mon revirement, c’est qu’il faut écouter son instinct, son cœur, voire ses tripes. Même si je ne renie pas mon autre projet (je vous assure que l’idée est vraiment originale, du moins à mes yeux), je pense que j’ai lancé ce chantier pour de mauvaises raisons. Bêtement, je voulais prouver à mes lecteurs que j’étais capable d’imaginer autre chose que de la fantasy, que je savais inventer des histoires adultes plus sombres. Il y a quelques semaines, j’ai même écrit en cachette une nouvelle de SF orientée hard science. Il faut que j’arrête de me mentir, et assumer ma vraie nature.

Je suis un écrivain de Fantasy young adult dans l’âme et j’adore ça !

Je crois aussi que sans m’en rendre compte, les paroles de Stéphane m’ont rassuré et apaisé, comme si des digues logées dans mon inconscient avaient sauté.

Cela ne veut pas dire que je n’écrirai pas un jour ce roman historique qui me tient à cœur, mais pour l’instant je m’amuse comme un petit fou. Une trilogie, il n’y a que ça de vrai…

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… Même si une trilogie prend pas mal de place dans une vie d’auteur

Voilà, vous pouvez me balancer œufs et tomates.

Bonus : mon article écrit il y a un an, intitulé Pourquoi il ne faut jamais écrire de trilogie (tiens, il y avait également Gandalf dedans).

Published in: on janvier 16, 2017 at 9:58  Comments (29)  

Good year

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Je profite de cet effroyable calembour pour vous présenter mes meilleurs voeux, en vous souhaitant le forfait classique : une bonne santé, un gros coup de bol au Loto et le bonheur d’une famille Kinder.

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De mon côté, 2017 va être une période de transition, partagée entre la promo de l’intégrale de la trilogie et le chantier de mon nouveau roman. Ma résolution d’auteur : parler un peu plus d’écriture.  Les plus observateurs d’entre vous constateront que le blog a changé de nom, Les Pirates de l’Escroc-Griffe devenant tout simplement L’Escroc-Griffe.  « Pourquoi ? » demande avec anxiété la foule. Tout simplement parce que même si l’imaginaire restera le dénominateur commun de mes futurs livres, ceux-ci ne se situeront plus dans l’univers des Mers Turquoise. J’espère que ce nouveau voyage en terra incognita vous plaira.

À bientôt les amis !

Published in: on janvier 1, 2017 at 9:20  Comments (19)  

May the Force be with you. Always.

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Published in: on décembre 28, 2016 at 10:27  Comments (6)  
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Ceci n’est pas un blog

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À ma grande honte, je dois vous avouer qu’il y a quelques mois j’ai oublié l’anniversaire… de mon propre blog (j’espère qu’il ne m’en tient pas rigueur). J’en profite donc pour vous livrer un article-bilan et vous souhaiter au passage de belles fêtes de fin d’année.

De mon côté 2016 fut riche, d’abord en tant que papa, mais aussi en tant qu’auteur… Désolé (encore une fois) de ne plus être trop présent sur la blogosphère.

Cela fait maintenant plus de trois semaines que l’intégrale des pirates de L’Escroc-Griffe figure régulièrement dans le top 100 Fantasy-SF FNAC. Coïncidence amusante, le bouquin est souvent classé à côté de Dragonlance, une saga qui a bercé ma jeunesse, je ne pouvais être plus heureux.

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FNAC d’Aix-en-Provence, le 9 décembre

Que vous commentiez mes billets ou pas, je vous remercie de votre fidélité. Créé le 25 septembre 2013, ce blog vieux de trois ans a dépassé les 60.000 visites. Les articles les plus populaires de 2016 sont Pourquoi il ne faut jamais écrire de trilogie, Créer un univers imaginaire, Hygiène de l’écrivain, Les sciences prodigieuses de l’Empire byzantin, manifeste pour un nouveau steampunk et Le dao de l’écriture… Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous aimez quand ça parle d’écriture ! Les billets les plus lus sont également ceux qui évoquent un peu la vraie vie, la matière première dans laquelle un auteur puise pour forger des histoires. J’avoue qu’il m’est de plus en plus difficile de distinguer la réalité de l’écriture, tant l’aventure des Pirates aura bouleversé mon existence. Elle m’aura aussi permis de nouer de belles amitiés, que ce soit dans les salons ou sur ce blog, un espace d’échange privilégié. Plus qu’un blog, c’est un journal de bord qui m’a aidé à ne pas perdre de vue l’essentiel, notamment durant l’année de doute précédant ma première publication. Aujourd’hui, je suis heureux qu’il serve d’autres auteurs dans leurs propres processus de création, pour ne pas dire cheminement intérieur. Si l’histoire de la littérature nous enseigne que des romanciers malheureux ont réussi à accoucher de chefs d’œuvre, je suis bien d’accord avec King sur l’idée qu’un auteur bien dans ses pompes écrit plus facilement… Alors, écriture ou pas, souhaitons-nous plein de bonheur !

À quelques jours des fêtes, je termine cet article tout près d’Edouard, en train de dormir sagement dans son berceau. Le plus beau cadeau que m’ait donné Anne-Lorraine, merci à elle ❤

Bonnes fêtes de fin d’année et prenez soin de vous !

Published in: on décembre 23, 2016 at 10:41  Comments (19)  
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Joe Dever nous a quitté

 

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Ce soir je suis très triste, et je ne pouvais me coucher sans rendre un dernier hommage à Joe Dever.

Pour les plus jeunes d’entre vous, ce nom ne dira sans doute rien, mais pour ma part c’est un écrivain qui a beaucoup compté. Enfant, l’un des premiers romans que j’ai lus était les Grottes de Kalte, un bouquin de la collection Loup Solitaire. Dans les années 80, les consoles de jeux n’avaient pas la place qu’elles occupaient dans les années 90, et le Web n’existait pas, du coup on s’évadait dans des univers imaginaires avec les fameux livres dont vous êtes le héros. Bien plus tard, les Grottes de Kalte ont largement inspiré les paysages glacés de mon tome 3.

Adieu Joe, et merci de nous avoir fait tant rêver.

Published in: on novembre 30, 2016 at 6:49  Comments (12)  

Le dao de l’écriture

J’avais envie de parler d’écriture suite au visionnage d’un documentaire Arte émouvant : le katana, sabre des samouraïs.

Dans ce film que je vous recommande chaudement, on partage la vie du dernier forgeur de sabres du Japon, et des hommes qui l’accompagnent, de la fonderie au polissage. C’est un témoignage exceptionnel à plus d’un titre car on découvre la somme d’efforts fournie par des artisans qui ont l’amour du travail bien fait… et c’est un euphémisme. Pour concevoir un sabre, les fondeurs doivent pelleter à la main pas moins de 23 tonnes de sable et de charbon de bois, ainsi que 8 tonnes de sable ferrugineux afin d’obtenir un acier qui ne doit pas rouiller : c’est le fameux acier tamahagane, considéré par le maître fondeur comme son « propre enfant ». Ces artisans aux techniques ancestrales vont jusqu’à réciter des mantras et méditer, conférant à ce très long travail (parfois dangereux), un caractère spirituel, pour ne pas dire religieux, qui m’interpelle. Ces hommes sacralisent quelque chose d’essentiel : le temps. Voilà (en partie) pourquoi un vrai sabre japonais est inestimable.

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J’avais déjà écrit un article sur le lien entre le temps et la création artistique. En tant qu’auteur, je me suis toujours considéré comme un simple artisan, au milieu de nombreux (et talentueux) camarades écrivains. Certains d’entre nous deviennent des artistes, c’est le cas notamment de Jean-Philippe Jaworski qui écrit de la Fantasy avec une plume digne d’un romancier du XIXe siècle, mais pour ma part être artisan, c’est déjà beaucoup. Je me sens privilégié car j’ai la possibilité de consacrer plusieurs heures par jour à cette activité, une chance quand on sait combien le temps est nécessaire dans la création littéraire. J’en suis de plus en plus convaincu, la preuve avec cette anecdote.

Vous allez dire que je ne pense qu’avec mon estomac, mais il y a quelques mois, je suis tombé par hasard sur un camion pizza pas loin de chez moi, en Lorraine. Je l’ai testé… et j’ai réalisé que n’avais jamais mangé d’aussi bonne pizza de toute ma vie. Comment était-ce possible, si loin de ma Méditerranée chérie ? J’en ai commandé à nouveau, j’ai étudié les ingrédients, qui étaient vraiment de qualité (le vinaigre balsamique venait d’Italie, comme tous le reste d’ailleurs), jusqu’au moment où j’ai sympathisé avec mon dieu vivant le pizzaïolo, que j’ai félicité.

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« La 7 fromages », la meilleure pizza de l’univers, se mange à Hettange-Grande, en Lorraine.

Devant ma mine intriguée, il m’a spontanément dévoilé son secret… « qui n’en est pas un », a-t-il prévenu en riant. Alors que la plupart des cuisiniers préparent la pâte quelques heures avant de réaliser la pizza (ce qui peut donner des maux d’estomac), lui la laisse reposer plusieurs jours dans d’énormes réfrigérateurs. « Comme souvent, on en revient toujours au temps » m’a-t-il confié avec un grand sourire. Ce pizzaïolo est tellement demandé que son camion ne s’arrête dans ma ville que le dimanche, et il faut commander sa pizza à 17h30 pour être sûr de l’obtenir le soir ! Le fait qu’il prenne son temps est la raison d’être de son artisanat.

Au Japon, pays que je connais un peu, il y a un art (un dao, « la Voie » ), et donc un temps, pour tout : l’art de faire du thé (le cha dao, dont la cérémonie peut durer cinq heures), l’art de dégainer un sabre (l’iaido, que l’on peut pratiquer toute une vie), l’art de la main vide (karate-do), l’art de la composition florale (le… kado, ça ne s’invente pas)*. Et si il existait un dao pour écrire ? Un dao de l’écrivain (en japonais 作家道, « sakado« ). Un art qui prendrait son temps ? Comme son nom l’indique, le dao, « la Voie », est un concept philosophique inspiré du tao chinois. Dans les arts cités plus hauts, il y a la notion d’art de vivre, d’harmonie. S’il existe un art de l’écriture, celui-ci ne peut que respecter le temps, c’est à dire suivre le tao, la force fondamentale de l’univers, l’essence même de la réalité. Cet art de l’écriture, un non-agir, serait donc à l’opposé des contraintes éditoriales d’aujourd’hui.

Attention, je ne suis pas en train de vous dire que les auteurs qui publient trois romans par an ne sont pas de vrais artistes. J’admire les amis écrivains capables d’être si productifs, ils font preuve d’organisation, de discipline et d’enthousiasme. Après, qu’ils me corrigent si je me trompe, je pense que ce n’est pas un rythme qu’on peut tenir sur toute une vie, qualitativement parlant. C’est déjà terriblement difficile de livrer un roman en temps et en heure à son éditeur… j’en sais quelque chose. Quand mon tome 1 a été publié, mon tome 3, les Corsaires de l’Ecosphère, n’était qu’un premier jet. Je l’avais écrit avant même de savoir si ma trilogie allait trouver une maison d’édition, pour m’enlever de la pression en cas de publication, mais aussi pour rassurer un futur éditeur sur le sérieux de mon projet. Ce tome 3 n’était donc qu’une ébauche, assumé comme telle. De plus, si mes tomes 1 et 2 étaient chamboulés par des corrections éditoriales, ça ne servait à rien de me concentrer sur ce tome 3… et encore moins si le tome 1 n’était pas publié**.

À la base, il devait sortir en février 2016, jusqu’au moment où des amis bêta-lecteurs, ainsi que ma correctrice, Marie, ont lu une version préliminaire et m’ont dit solennellement « tu peux aller beaucoup plus loin ».

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Je m’étais obstiné à écrire un tome 3 relativement court… et ce format n’était pas possible. Ils avaient raison, j’avais trop de choses à raconter.

J’ai demandé à Bragelonne six mois supplémentaires, qui m’ont été généreusement accordés. Le bouquin a doublé de volume, a gagné en profondeur… et je ne le regrette pas. Un auteur n’est jamais complètement satisfait de son travail, mais en ce qui me concerne , sans ce délais supplémentaire je n’aurai pas pu donner à mes lecteurs une fin convenable. Pour tout vous dire, je me suis fait un peu peur et je me suis juré de ne plus jamais écrire de trilogie et, surtout, de flirter avec une deadline.

Cela ne veut pas dire que je vais consacrer cinq ans à mon prochain roman. D’une part, écrire est de plus en plus facile. D’autre part, mon éditeur a raison, il est clair qu’il n’est jamais bon d’être oublié de ses lecteurs. Cependant, écrire n’est pas seulement mon métier, c’est aussi à mes yeux un « plaisir sacré », mon dao en quelque sorte. Si j’ai la chance d’atteindre un âge avancé, je veux pouvoir être fier de chacun de mes enfants de papier, et non me dire « celui-ci est mauvais, car j’avais une deadline/besoin d’argent/plus la flamme ». Je n’ai pas l’intention d’accoucher d’une centaine d’œuvres.

C’est pour toutes ces raisons que l’année 2017 sera dédiée à la rédaction de mon quatrième ouvrage, un roman historique fantastique. Pour savoir si mon intrigue est plausible, j’ai passé de longs mois à effectuer des recherches dans des livres d’histoire, au point où je n’en suis encore qu’au synopsis de travail ! J’ai eu l’impression de reprendre mes études, sans le stress qui va avec. Cela peut paraître long, mais paradoxalement, poser des fondations solides me permettra de gagner du temps lors de l’écriture, car je n’aurai pas à réécrire dix versions du même bouquin… ce qui s’est produit avec ma trilogie. Plus les années passent, plus je réalise que le temps est la ressource la plus précieuse à notre disposition, une ressource irremplaçable. Si un auteur fait preuve de patience et de ténacité, le temps devient son meilleur allié.

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* Si vous voulez en savoir plus sur le sens de cette philosophie, je vous recommande l’excellent blog d’un passionné d’Aïkido, la cartographie des arts martiaux.

** C’est un cauchemar qui m’a longtemps hanté, me dire que j’avais peut-être consacré une dizaine d’années à des suites qui ne verraient jamais le jour… sans parler du tome 1.

Published in: on novembre 4, 2016 at 10:41  Comments (41)  

Les 24 heures de la dédicace

À la lecture de cet article, vous allez peut-être penser « décidément ce type aime tous les festivals », pourtant la 25e Heure du Livre était vraiment un délice, en grande partie grâce aux (délirants) bénévoles de la librairie Doucet que je remercie chaleureusement, des êtres d’exception capables de vous dégotter des rillettes en plein salon*, excusez du peu. Le samedi soir, j’ai découvert la plus extraordinaire des librairies : imaginez une cuisine au milieu des livres, et des plats tous plus succulents les uns que les autres… Un rêve, que dis-je, une utopie. Eh bien Doucet l’a fait.

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C’est dans ce cadre sublime que j’ai discuté avec René Guitton de désert et de Jordanie, mais aussi de philosophie avec le passionnant Thierry Berlanda. Je n’ai rencontré que des écrivains hors-normes, de tous horizons, des personnes absolument géniales : Arnaud Chneiweiss, auteur de techno-thrillers, Sylvain Forge, rôliste à l’imagination débordante passionné par les mangas des années 80 (tu as raison Sylvain, c’était le bon temps, snif), et Cloé Mehdi, une auteure de polars un brin hacktiviste, que je soupçonne de travailler pour la NSA (ce qui explique cette photo étrange).

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De gauche à droite, votre serviteur, Sylvain Forge, Thierry Berlanda et Cloé Medhi

J’ai aperçu Harlyn Geronimo, arrière-petit-fils du célèbre Apache !

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J’ai également eu le plaisir de dédicacer à côté de ma voisine de collection, Méropée Malo.

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Méropée, merci d’avoir supporté Groot pendant tout le salon. Je ne compte plus le nombre de personnes qui m’ont demandé ce qu’il se passait lorsqu’on appuyait sur le bouton jaune « Non ! » suppliait Méropée, tandis qu’avec les bénévoles nous nous trémoussions sur « I want you back ». Méropée, cette vidéo est pour toi, ne me remercie pas.

Un immense merci à la librairie Doucet pour ce moment convivial et, il faut le dire, de franche rigolade, à l’année prochaine ! Et merci à Réjane Durand, fidèle de l’Escroc-Griffe.

* Je suis toujours végétarien, mais revenir du Mans sans rillettes pour la famille, c’est la loose.

Published in: on octobre 10, 2016 at 11:56  Comments (4)  

Aventuriales et truffade

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« Des Imaginales en puissance », c’est ce que je me suis dit lors de cette seconde édition, encore plus dionysiaque que la première, jugez du peu : 120 auteurs (Laurent Genefort, Cassandra O’Donnell, Jeanne-A Debats, Brice Tarvel…), un restaurant excellent (« En attendant Louise », vous n’avez jamais mangé de truffade), des lecteurs au rendez-vous et des créatures bizarres… Inutile de dire que les bénévoles ont accompli un travail colossal.

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Ce salon est passé à la vitesse de la lumière, en partie grâce à mes voisines de table, Nadia Coste, Emmanuelle Maisonneuve, Martine Hermant, avec qui j’ai bien rigolé, sans oublier l’incontournable Nathalie Bagadey. Durant tout le vendredi, j’ai parlé écriture avec 6 classes de seconde et de troisième fort sympathiques au lycée Fenelon de Clermont-Ferrand ainsi qu’au collège St Joseph, à Aubière, et j’ai déjeuné avec une enseignante en or, Anne-Marie Santucci. Samedi, après avoir cassé la croute avec Jean-Claude Dunyach et Jeanne A. Debats, j’ai eu le plaisir de participer à une table ronde sur le voyage dans le temps avec Nadia Coste, Yann Quero et Raymond Milési, table ronde pendant laquelle j’ai trollé polémiqué sur la notion même de voyage dans le temps, un comble pour un auteur de l’imaginaire… Dimanche soir, ce fut le point d’orgue de ce salon : les yeux inondés de larmes, j’ai supplié le serveur du restaurant « En attendant Louise » de me servir une dernière fois de la truffade végétarienne (on est chiant ou on ne l’est pas). Je fus exaucé, à la condition de tenir ma langue car je faisais partie des premiers clients, et par la suite personne ne devait savoir qu’il était possible de déroger à la sacro-sainte règle du menu unique. C’est donc avec une grande émotion que j’ai dévoré mon plat, non sans une certaine crainte, hélas fondée : l’ami Sébastien nous a rejoint et, à la vue de mon assiette, s’est exclamé : « y’a de la truffade ? ». « Chuuuuut ! » ont aussitôt répondu mes amies Cindy Van Wilder, Axelle et Florie. Pour acheter leur silence Me sentant coupable, j’ai partagé ma truffade avec Sébastien et Florie, deux bénévoles que je remercie infiniment. Je pense également à Jean-Pierre Fontana, Lilian Ronchaud, Dominique et JP, Luce, Axelle C, sans oublier Thierry Procrastinator et Bénédicte Coudière, ils ont accompli un travail de dingue.

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Vivement 2017, n’est-ce pas Peter Parker ?

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Published in: on septembre 28, 2016 at 12:20  Comments (10)  

Le Livre Est Sur la Place

 Avec un peu de retard, voici mon retour du premier salon national de la rentrée littéraire. J’ai été impressionné par l’organisation de ce festival, on parle quand même de 170.000 visiteurs sur trois jours. Je craignais de me retrouver dans un grosse machinerie sans âme, c’est tout le contraire qui s’est passé : tout le monde était aux petits soins avec nous, les auteur, et cela m’a touché.

J’ai eu la chance de dédicacer aux côtés des incontournables Manon Fargetton et Pierre Pevel, avec qui j’ai passé un excellent moment.

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J’ai également fait la connaissance de la passionnante Jeanne Faivre d’Arcier, qui m’a raconté avec émotion ses voyages de jeunesse en Afghanistan, lorsque les statues de Bâmiyân n’avait pas encore été détruites par les talibans, les marchés d’Alep en Syrie, l’Irak… c’était émouvant.

J’ai rencontré de nouveaux lecteurs, et retrouvé avec plaisir des habitués de l’Escroc-Griffe. D’ailleurs, fait étonnant, j’ai réalisé qu’un certain nombre d’entre eux lisent régulièrement mes articles sans les commenter, je suis très touché par cette fidélité silencieuse !

A très vite aux Aventuriales.

PS : je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous cette photo d’une petite boutique bien flippante située non loin du festival, on tient le début d’un Stephen King…

 

 

Published in: on septembre 20, 2016 at 11:52  Comments (4)