Les Nouveaux héros

 

Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai…

Vous allez peut-être vous dire « Encore un film de super-héros ? ». À mon humble avis, rater cette sortie événement serait une grossière erreur et pour cause : pour la première fois, Disney adapte un comics Marvel ! Et pas n’importe lequel : il s’agit de Big Hero 6, l’histoire de super-héros officiant au Japon. À la base, ce projet d’adaptation était loin d’être évident : pour des raisons de droits, il n’était pas possible de reprendre certains des personnages originaux. Disney a donc supprimé le Samouraï d’argent qui apparait dans Wolverine : Le Combat de l’immortel, et pris une décision qui pour moi est absolument géniale : situer l’action dans la (sublime) ville imaginaire de San Fransokyo. Jamais dans le film l’histoire de San Fransokyo n’est abordée, mais on comprend très vite qu’il s’agit d’une ville uchronique, impression confirmée par Scott Watanabe, le directeur artistique : selon lui, le long-métrage se déroule dans un futur alternatif. Après le terrible tremblement de terre de 1906, San Francisco a été reconstruite par les Japonais, très expérimentés dans la gestion des séismes. Passée la surprise des premières images, on est complètement ébahis par la richesse de cet univers : les cerisiers en fleurs, le Golden Gate Bridge à l’architecture shintoïste… Les détails sont hallucinants et donnent presque envie de se balader dans cette ville fictive, synthèse idéale de deux cultures pourtant radicalement opposées. San Fransokyo est si crédible qu’elle est fait d’ores et déjà partie des cités imaginaires les plus marquantes du Septième Art, au même titre que la Los Angeles de Blade Runner et la Dark City d’Alex Proyas.

Bien que les images soient splendides, Les Nouveaux héros bénéficie également de personnages intéressants et d’un scénario assez sombre pour un Disney, puisque le jeune Hiro est confronté au deuil. Un deuil particulièrement douloureux, qu’il affrontera avec un robot aussi maladroit qu’attachant : Baymax.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

J’ai à nouveau eu le sentiment que les scénaristes anticonformistes ont pris le pouvoir chez Disney : parier sur l’intelligence du spectateur, proposer des histoires à plusieurs niveaux de lecture, sans oublier l’émotion. Ce qui explique peut-être pourquoi les Disney sont de moins en moins manichéens : Hiro est hanté par la vengeance, tandis que le super-méchant a ses raisons…

Si vous allez voir Les Nouveaux héros, surtout restez juste après le générique, il y a un beau clin d’œil aux fans de Marvel. Anecdote incroyable, les auteurs du film ont réalisé deux mois avant la sortie qu’ils avaient oublié de tourner cette séquence pourtant incontournable dans tout Marvel qui se respecte !

D’autres avis : Bouddica, Lorhkan, A.C. de Haenne