Une date pour l’édition papier des Pirates de l’Escroc-Griffe

Je m’apprêtais à aller au cinéma voir Jupiter Ascending (oui, j’écris « Jupiter Ascending« , car je trouve le titre français « Jupiter : le destin de l’univers » horrible…) lorsque j’ai reçu un mail de Bragelonne : le tome 1 des Pirates de l’Escroc-Griffe sera publié en papier le même jour que pour la version numérique, soit le 18 mars…. et voilà que je commence à être impatient !

À très vite pour ma critique du dernier Wachowski !

Published in: on février 10, 2015 at 4:23  Comments (14)  
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Les Pirates de l’Escroc-Griffe seront publiés chez Bragelonne !


C’est officiel, l’intégralité de ma trilogie va être publiée à partir du mercredi 18 mars ! Comme si cette bonne nouvelle ne suffisait pas, j’ai la chance et l’honneur de rejoindre l’éditeur de mes rêves, Bragelonne… Cette maison d’édition est connue pour avoir fait découvrir en France l’immense David Gemmel, Patrick Rothfuss et tant d’autres auteurs prestigieux : bien avant que Game of thrones ne devienne un phénomène de société, Bragelonne avait traduit en 2008 du George R.R. Martin. Aujourd’hui, on trouve dans son catalogue des géants tels que Stephen King, Arthur C. Clarke, Graham Masterton, Joe Abercrombie, Tim Powers, Raymond E. Feist, Clive Barker, Robert E. Howard, Peter Straub, Robert Jordan, Margaret Weis… Recevoir la confiance d’une si grande maison d’édition est extrêmement émouvant pour moi, d’autant plus que j’ai une histoire particulière avec elle. L’histoire d’une vie, en fait.

Comme bon nombre d’enfants des années 80, j’ai découvert la littérature de l’imaginaire avec les livres dont vous êtes le héros, Bilbo le Hobbit, Jules Verne ou H.G Wells. Le petit écran m’a aussi marqué : le mercredi après-midi, je ne manquais jamais un manga, en particulier les Trois Mousquetaires.

Bon, c’est vrai que les protagonistes étaient des chiens (!), mais sinon l’intrigue était fidèle à Alexandre Dumas, que j’adorais… J’aimais ce mariage entre fantastique, aventures et Histoire, et je me souviens avoir été impressionné par le pirate Rackham le Rouge du Secret de la Licorne. 

Comme je ne savais pas encore lire, ces images étaient une source de frustration, j’avais envie de comprendre le texte qui accompagnait les illustrations, sans parler de tous ces romans de la bibliothèque familiale qui demeuraient inaccessibles. Quand j’ai appris lire, un nouveau monde s’est offert à moi : je me suis mis à dévorer quantité d’ouvrages. C’est durant cette époque que j’ai durablement été marqué par « les livres dont vous êtes le héros ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’en écrivais dans des cahiers (le premier s’appelait le Pays Maudit), et il m’arrivait même, lors des récréations, de raconter des « histoires interactives » devant mes camarades : je leur décrivais une situation, ils effectuaient un choix et j’improvisais la suite de leurs aventures… Je me sentais décalé car je préférais les monstres aux héros et rêvais de vivre des aventures comme dans l‘Île au trésor, la Guerre des Mondes, Vingt mille lieues sous les mers, Bilbo le Hobbit ou la Fameuse Invasion de la Sicile par les ours. Quand l’institutrice m’expliquait que les dragons n’existaient pas, j’éprouvais un mélange de tristesse et d’indignation. Je quittais alors ce monde ennuyeux en rejoignant la folle équipe du baron de Münchhausen sur la Lune. Je me demandais si mes grands-parents avaient vécu leur jeunesse dans un monde en noir et blanc, comme dans les vieux films, et à partir de quel âge on se transformait brutalement en adulte1. Tous les matins, j’essayais de déplacer un verre rempli d’eau par la force de la pensée. Pendant des années, je me lamentais sur la tragique extinction des dinosaures, les animaux les plus intéressants de la Création, et je me promettais de devenir explorateur afin de retrouver un plésiosaure dans le Loch Ness. Je passais des heures à essayer de localiser l’Atlantide sur une carte, et lorsque le chat venait me voir, je tentais durant le reste de l’après-midi de lui apprendre à lire… sans succès.

J’ai continué à m’évader durant l’adolescence avec Casus Bellile Seigneur des Anneaux, le cycle du Champion éternel de Michael Moorcock (jeux de rôle oblige), H.P. Lovecraft (ah, L’appel de Cthulhu !), Anne Rice (et le World of Darkness), sans parler de Dune, Dragonlance, Dark Sunla trilogie de l’elfe noir, Akira, la Tour sombre, Warhammer 40.000 ou bien encore la Croisade noire du Jedi fou. J’ai grandi avec ces univers au bord de la Méditerranée, regrettant que la Fantasy ne soit pas plus peuplée d’archipels infestées de pirates. Au cinéma, j’avais été impressionné par le Pirate de Roman Polanski, que j’ai d’ailleurs toujours préféré aux Pirates des Caraïbes de Disney.

 

 

Dans les deux cas, ces aventures maritimes se déroulaient immanquablement sur Terre, et non dans un monde à la Donjon et Dragons, peuplé de monstres. Je canalisais ma frustration en imaginant des pirates dans mes parties de Star Wars, le jeu de rôle, ou des Eldars, les fameux Elfes de l’espace… J’inventais des univers pour mes amis comme le jeu de rôle les Huit Lances de Diamant, inspiré de mon premier livre dont vous êtes le héros, le Pays Maudit.

Plus tard, alors que j’étudiais l’Histoire à l’université, mes amis ont insisté pour que je lise Pierre Bordage, Serge Lehman et Roland C. Wagner. C’est à cette époque que j’ai réalisé qu’il existait une littérature francophone de genre contemporaine, très dynamique. Tiens… En 1999, j’écrivais mon premier roman, une œuvre fantastique inachevée, en partie rédigée lors de fouilles archéologiques non loin de Pétra, mais mon inspiration se perdit dans le sable du désert jordanien. La même année, je subissais de lourdes opérations pour me faire retirer deux tumeurs. Après tous ces événements, positifs comme négatifs, ce n’était pas seulement mon regard sur le monde qui avait changé, mais aussi mon écriture. Je réalisais qu’écrire demandait de la maturité.

Pendant ma convalescence, je me décidais à écrire des nouvelles pour le plaisir. J’avais beaucoup d’autres projets en tête, mais il m’était difficile de retrouver l’enthousiasme de mon premier roman. Essayer d’en écrire un autre me donnait l’impression d’être infidèle.

En 2000, j’étudiais encore à l’université lorsqu’un beau jour, j’aperçus dans les rayons de la Fnac une nouvelle collection de livres aux couvertures flamboyantes. Quel choc ! Qui pouvait bien publier de si beaux ouvrages de fantasy ? La maison d’édition s’appelait Bragelonne, en hommage à l’écrivain de mon enfance, Alexandre Dumas et son célèbre Vicomte de Bragelonne. Moi qui avait été élevé au Folio SF, je redécouvrais l’existence du grand format. Au-delà des illustrations, je me rappelle surtout de cette envie quasi-irrépressible d’acheter ces ouvrages juste en lisant les résumés, alléchants : les Orcs héroïques de Stan Nicholls, Richard Cypher et l’épée de vérité

 

 

J’avais beau adorer cette maison d’édition, si quelqu’un m’avait dit que j’allais un jour, à mon tour, être publié par Bragelonne, j’aurais éclaté de rire ! Je n’avais même pas réussi à terminer l’écriture de mon premier roman…

En 2003, l’adaptation du Retour du Roi par Peter Jackson triompha au cinéma et remporta dans la foulée onze Oscars. Le Seigneur des Anneaux devenait un phénomène de société, au même titre que la Guerre des Étoiles. Savoir que le monde entier se passionnait pour l’Heroïc-Fantasy me rendait heureux, mais j’avais soif d’explorer d’autres rivages sans elfes, nains ou hobbits. Parallèlement, je réalisais que les histoires de pirates se passaient presque toujours sur Terre au XVIIe ou au XVIIIe siècle. Et si mon futur roman se déroulait au royaume des Mers Turquoise, avec ses hommes-iguanes réduits en esclavage ? Et si l’histoire tournait autour du capitaine Bretelle, un pirate qui n’avait jamais réussi un abordage ?

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Ça y est, j’avais enfin un nouveau projet ! Pour m’ôter toute pression, je décidais de ne me donner qu’un seul objectif : terminer l’écriture du livre. Après l’échec de mon premier roman, inachevé, j’avais cruellement conscience que le défi n’était pas simple. Même si mon univers, le Monde-Fleur, était exotique, le récit devait rester une aventure dans l’esprit d’Alexandre Dumas. Je rédigeais donc chaque chapitre à la manière des feuilletons du XIXe siècle, avec les inévitables rebondissements et autres fins à suspens. Je me souviens qu’en 2005, l’année de mon premier voyage au Japon, je poussais le vice jusqu’à envoyer par mails des épisodes à mes amis qui attendaient une semaine pour lire la suite. Les mousquetaires noirs, les duels à la pistorapière, le cardinal Vélin, tout ces éléments constituaient des hommages à une époque romantique aujourd’hui révolue, mais aussi à la culture pulp, au steampunk, aux jeux vidéos ainsi qu’aux mangas. À mesure que j’avançais, je me rendais compte que je développais à travers mon équipage pirate, de façon inconsciente, une thématique qui me tenait à cœur : la quête du père, la famille, la différence, la tolérance, des sujets tragi-comiques que j’appréciais chez Wes Anderson (la Famille Tenenbaumla Vie aquatique…). En 2010, j’avais enfin mon premier jet. Je n’avais plus qu’à le corriger. Naïvement, je croyais me rapprocher de l’édition…

Et puis, une nuit de mars 2011, alors que le sommeil me fuyait, je découvris sans le savoir le site qui allait changer ma vie : Cocyclics.

« La mare », comme l’appellent affectueusement ses membres, « les grenouilles »2. Un forum d’écriture créé par Syven (qui a ma gratitude éternelle), sur lequel on pouvait faire bêta-lire des textes, et en retour être bêta-lu. Et pourquoi pas, être publié par un éditeur partenaire comme Bragelonne ! Cette nuit là, je me pris à rêver d’une telle aventure… Au bout de quelques semaines passées sur ce site avec Fred, Gabrielle, Eric et bien d’autres grenouilles, j’avais plus progressé dans mon écriture qu’au cours des huit dernières années. Je réalisais alors qu’un premier jet ne constituait pas la fin, mais le début du voyage. Traduction : la première version des pirates de l’Escroc-Griffe était largement perfectible… Combien de fois je me suis félicité de ne pas l’avoir envoyée aux éditeurs !

Je passais deux années à me prendre des coups de fouet me  livrer à des corrections acharnées. Grâce à ce forum virtuel, je nouais de solides amitiés bien réelles, dignes des trois mousquetaires… Je découvrais aussi que j’étais capable d’écrire d’autres bouquins (mais ceci est une autre histoire). En mai 2013, mon roman recevait enfin l’estampille Cocyclics, qui me donnait la possibilité de soumettre mon livre aux maisons d’édition telles que Bragelonne. Je reçus des retours positifs mais avant de me décider, je souhaitais attendre toutes les réponses. Sur les conseils de Pénélope Chester, j’allais aux Imaginales à Epinal passer le « speed dating ». Le principe était simple : chaque auteur disposait de quelques minutes pour présenter son projet à des éditeurs. Le jour J, je rencontre Pierre Bordage, avec qui je déjeune. Lorsque je lui annonce que je participe au speed-dating, il me dit qu’il va croiser les doigts pour les pirates ! Et quelques heures plus tard, le coeur battant, je me retrouve devant Stéphane Marsan en personne, le co-fondateur de Bragelonne… un grand moment ! Stéphane est enthousiasmé par le pitch du roman, on discute jeux de rôle… et il me demande de lui envoyer le tome 1. La suite, vous la connaissez…

Voilà pourquoi je suis si touché par la confiance que m’ont témoigné Stéphane Marsan et Claire Deslandes. Je ne remercierai jamais assez ces passionnés de l’imaginaire d’avoir cru en mes pirates… qui vont m’échapper pour vivre leur vie. J’ai aussi une reconnaissance infinie pour mes soeurs et frères de plume, les grenouilles de Cocyclics, qui m’ont encouragé durant toutes ces années, et une tendresse particulière pour Anne-Lorraine, mon âme-soeur, toujours là pour m’encourager. Le tome 1 sera disponible début 2015 en papier et en numérique dans la collection Snark, j’ai vraiment hâte de vivre ce moment avec vous !

EDIT 2016 : comble de bonheur, l’aventure s’est poursuivie avec une édition intégrale en grand format de ma trilogie, je raconte la suite de cette belle histoire ici.

1. Si quelqu’un connait la réponse…

2. Aussi incroyable que cela puisse paraître, j’ai inventé la grenouille du capitaine Bretelle avant de découvrir la mare. Vous avez dit « destin » ?

Published in: on janvier 9, 2015 at 10:42  Comments (100)  
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