Mon autisme

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Voyage existentiel en Nouvelle-Calédonie, 2004

Cette année, j’ai partagé peu d’articles sur ce blog, principalement à cause de mon projet de roman chronophage, mais aussi parce que j’ai dû digérer de nombreux chamboulements. En l’espace d’un an, j’ai en effet appris beaucoup de choses, et pas seulement en matière d’écriture. Pendant 43 ans mon fonctionnement psychologique demeurait à mes yeux une énigme, jusqu’à ce que je fasse en 2020 une découverte qui a totalement bouleversé ma vie… en bien. Après avoir pris du recul sur cet événement, je me suis dit que livrer ce long témoignage pourrait peut-être aider des personnes au parcours similaire.

Lorsque j’ai été publié, j’ai évoqué mon enfance plongée dans l’imaginaire, mais je dois reconnaître que dès la maternelle, j’ai senti que j’étais différent, au point d’éprouver le sentiment d’avoir été adopté. Les sarcasmes m’échappaient, surtout quand on me disait « va voir si j’y suis ». Je trouvais cette phrase stupide, je savais pertinemment que mon interlocuteur se tenait là, sous mes yeux, je n’avais pas besoin de le chercher ! Je possédais une fâcheuse tendance à exprimer exactement ce que je pensais, sans le faire exprès, si bien qu’à partir du collège, à ma grande surprise, je devins le souffre-douleur de ma classe. Dire la vérité était une seconde nature pour moi, d’ailleurs je ne comprenais pas pourquoi un adulte se vexait quand je lui expliquais que je préférerais mourir plutôt que de me retrouver à travailler comme lui, plus tard, derrière un bureau.

Pour fuir ce quotidien morose, je me réfugiais plus que jamais dans des univers imaginaires et les jeux vidéos, mais cette fuite prit des proportions inouïes : à 14 ans j’avais parfois du mal à distinguer la réalité de la fiction, je croyais en l’existence du Necronomicon et des Petits-Gris.

En classe de neige, j’avais secrètement amené avec moi dans un tupperware une plante qui se divisait dans l’eau, que je prenais pour un organisme extra-terrestre. Mes compagnons de chambrée en étaient un peu moins persuadés. Excédés par son odeur, ils jetèrent dans les toilettes ma précieuse « créature ». Lorsque le professeur de sciences naturelles me demanda, très embarrassé, des explications, je me contentais de répondre laconiquement qu’il s’agissait juste d’une expérience, que je fus bien sûr incapable de résumer. J’en arrivais à la conclusion que :

— je m’étais peut-être enflammé avec cette histoire d’entité extra-terrestre
— s’adonner à de telles expériences ne m’aiderait pas à rencontrer une fille
— j’étais une fois de plus grillé auprès de la totalité de mes camarades ainsi que de l’équipe pédagogique
— j’avais une imagination phénoménale, mais j’ignorais d’où elle venait

En arrivant dans un collège catholique, je découvrais avec surprise que certains geeks m’appréciaient.

Le terme « geek » n’est pas trop fort puisque l’un d’entre eux avait démonté un Minitel pour brancher son Apple IIGS en réseau local sous mes yeux ébahis. Avec mes nouveaux amis, nous essayâmes de créer un club de jeu de rôle afin d’organiser des parties de Star Wars, mais la demande fut refusée, car une enseignante nous expliqua doctement que « dans vos jeux, vous ne faites que tuer  » : dans les années 90 la télévision diffusait des émissions anxiogènes comme celle de Mireille Dumas, Bas les masques. Les adolescents qui jouaient à Donjons et Dragons étaient considérés comme de dangereux déséquilibrés en puissance, capables de meurtres rituels à caractère satanique ! Et comme nous étions dans un établissement catholique…

Suite à cette émission, la mère d’un ami, très pieuse, brûla ses feuilles de personnages, car, pour elle, son fils (qui imitait à la perfection le cri d’un wookie) jouait au « jeu du diable ».

À cause de ce puritanisme ambiant, notre club de jeu de rôle devint clandestin, nos parties de Star Wars se déroulaient tous les jours, après la cantine. Comme les faits ont eu lieu il y a trente ans et sont désormais prescrits par la loi, je peux maintenant avouer que je profitais de la récréation pour vendre, sous le manteau, des jeux Amiga 500 copiés sur des disquettes, 30 francs pièce. Mon trafic prit une telle ampleur que j’avais imprimé sur des feuilles de papier des listes de jeux classées par ordre alphabétique, des catalogues destinés à mes nombreux consommateurs clients. Je fis même l’acquisition d’un lecteur de disquettes externe pour aller encore plus vite dans mes copies, tandis que ma mère était heureuse de me voir si « à l’aise avec les ordinateurs ».

Étant donné que je m’ennuyais à l’école, je réussis à me dégoter une minuscule petite télévision portable à piles, munie d’une antenne hertzienne, qui fut rapidement confisquée par une jeune professeure remplaçante. Jamais je ne vis autant de consternation dans un seul regard.
— Il a amené une télé en cours ! gémit-elle, devant la classe, hilare.
Alors que mes camarades pleuraient de rire, elle me supplia de m’orienter vers une filière technique, ce qui me vexa profondément, sans que je comprenne pourquoi : après tout, n’avait-elle pas raison ? Les longues études ne semblaient pas pour moi.

Quand je revis quelques mois plus tard ma professeure remplaçante travailler comme caissière au Quick, je fus troublé : elle avait beau être une jeune enseignante, elle était aussi décalée que je pouvais l’être, car elle s’était retrouvée contrainte d’accepter temporairement un job dans un fast food (cette pensée un peu cruelle eut par la suite sur moi de terribles répercussions d’ordre karmique). J’étais frappé de constater que malgré son niveau d’étude, elle rencontrait des problèmes d’orientation. J’avais l’impression bizarre de contempler mon propre avenir, ce qui n’était pas pour me rassurer.

En seconde, mes résultats scolaires devinrent catastrophiques, les conversations de mes camarades de classe, qui tournaient essentiellement autour des pots d’échappement et du football, m’ennuyaient, sans parler du harcèlement des élèves et des moqueries de certains professeurs. Je devins quasi mutique, je ne parlais qu’à mes amis geeks le week-end, avec lesquels je devenais un moulin à paroles. Il nous arrivait de monter clandestinement le samedi au sommet de l’observatoire désaffecté de Cannes. Un jour, nous décidâmes d’amener dans un sac à dos un scanner radio (illégal) relié à une puissante antenne portative et alimenté par une lourde batterie de voiture qui suintait l’acide sulfurique. Au sommet de l’observatoire, nous nous amusions à écouter au hasard des conversations de téléphones sans fil… ou celles des voitures de police. Tout se déroulait bien, jusqu’au moment où un membre du groupe fut pris d’un coup de folie. Il s’empara du micro et, à notre immense consternation, insulta une patrouille. Un agent nous répondit à travers le scanner radio, furieux, et nous vîmes aussitôt une moto de police remonter la colline vers l’observatoire, ce qui provoqua une fuite mémorable en vélos, skateboards et scooters.

À la même époque, je me retrouvais avant-dernier de la classe, tandis qu’à la maison, je dévorais rapidement quantité de romans de plusieurs milliers de pages. Qu’est-ce qui clochait chez moi ? La nuit, je m’amusais à voyager en rêve dans un monde onirique. Je dessinais des cartes de pays fantastiques qui n’existaient pas, une planète entière d’archipels pirates que je rassemblais dans un volumineux classeur destiné à mes parties de jeux de rôle.

Ma mère était tellement mal à l’aise qu’un été, ledit classeur disparut du jour au lendemain, mais je n’osais aborder le sujet à table, de peur qu’elle m’avoue qu’elle me prenait pour un cinglé. Impression confirmée par ma professeure d’Italien : quand je la rencontrais par hasard à la fin de l’année, elle ne put s’empêcher de me confier, avec un rire gêné : « je suis soulagée de t’entendre parler, je me demandais si tu n’étais pas autiste ! ».

Après avoir obtenu par miracle le Bac au rattrapage oral lors d’une année d’internat, je pensais rentrer un peu plus dans le moule… jusqu’au moment où la simple idée de « sortir en boite » (Côte d’Azur oblige) me donnait envie de m’immoler par le feu. Je préférais mille fois explorer avec mes amis les égouts de Cannes (que nous cartographions minutieusement sur un plan) en écoutant Mister Superstar de Marylin Manson, que de me dandiner sur les tubes décadents des années 90.

C’est à cette époque que je me mis à jouer de la batterie avec un groupe de rock amateur, une façon comme une autre de me défouler. Le monde me révoltait tellement qu’au moment de découvrir Internet, l’un des premiers mails que j’envoyais fut un message de condoléances adressé au MRTA, le mouvement révolutionnaire péruvien Tupac Amaru dont le commando avait été massacré à Lima par la police de Fujimori. Je n’obtins jamais de réponse.

Avec moi, tout devenait excessif. Comme j’étais le garçon qui ne savait pas plus parler de la pluie et du beau temps que draguer, l’Humanité demeurait un mystère. À l’Université, un ancien copain de lycée m’apprit qu’en terminale, une voisine de table qui me faisait en permanence la gueule était en fait amoureuse de moi. Quand je lui répondis que je ne le savais pas, il fut sidéré et ne voulut pas me croire. « Toute la classe était au courant », me révéla-t-il. Je l’ignorais, trop occupé à lire des mangas, Nietzsche ainsi que des essais politiques anarchistes.

Je n’étais pas seulement maladroit avec les filles, j’avais du mal à reconnaître les visages de personnes avec qui j’avais pourtant discuté cinq minutes auparavant, et même leurs états d’esprit, ce qui causait des quiproquos embarrassants. À la fac, lorsque je vendais des abonnements de journaux pour l’Office Universitaire de Presse (« l’OFUP »), je ne pouvais m’empêcher de ricaner en secouant la tête d’un air condescendant quand des étudiants avaient le malheur de choisir une revue que je jugeais médiocre… ce qui les mettait bien sûr dans une colère noire, et faisait de moi le connard vendeur le plus nul du campus. Il m’est arrivé de « fuir » (je n’ai pas d’autre mot) une soirée étudiante où il y avait pourtant de jolies filles et de l’alcool pour rejoindre mes amis geeks qui organisaient une partie de jeu de rôle.

Ma nemesis n’était rien d’autre que l’ennui d’une vie balisée, que je trompais avec un nonchalant anarchisme. J’étais comme un auteur jardinier qui écrit au fil de l’inspiration et qui ne supporte pas qu’une intrigue soit déjà tracée.

L’été, au lieu d’essayer de me faire inviter dans les soirées branchées de Cannes, j’adorais pêcher tout seul sur un ponton du Mouré Rouge en lisant des bouquins d’Anne Rice (et en buvant des bières), ou même jouer le soir sur un vrai didgeridoo que mon oncle d’Australie m’avait offert, quand je ne jouais pas à la batterie Roots de Sepultura.

Avec mes amis geeks, je participais en forêt à des parties de paintball sauvages parfaitement illégales (en T-shirt, car sans protection c’était plus drôle, ne faites pas ça chez vous), à des soirées rave clandestines, parfois même à des JDR Grandeur Nature, vêtu d’une authentique cotte de mailles qui pesait plusieurs kilos.

Même sans voiture, j’étais capable d’aller avec un ami jusqu’à Marseille juste pour assister un concert de Cradle of Filth, quitte à marcher une partie du trajet au bord d’une autoroute la nuit… habillés en noir. J’avais une dégaine tellement louche que régulièrement des jeunes venaient me demander si je ne vendais pas de la drogue. Je me sentais plus proche des marginaux que de la jeunesse dorée de la Côte d’Azur qui nous méprisait. Il m’arrivait d’accompagner deux copains handicapés mentaux fans de Michel Sardou au karaoké, deux personnes pour qui j’avais une tendresse particulière. J’adorais passer du temps avec eux, parce que j’étais moi-même un paria en manque d’affection. Avec eux, la vie était tellement simple.

Heureusement, j’avais toujours mes amis geeks du collège, ma famille de cœur, mon équipage pirate. Le soir, nous pouvions nous rendre discrètement avec nos ordinateurs portables dans les bureaux d’une grande entreprise de la région afin de profiter de leur « global extra net » à 20 Mo, un débit rarissime au début des années 2000. Nous jouions toute la nuit en LAN à Dawn of war, tels des parasites numériques. Cette passion du jeu vidéo plongeait ma première copine dans des abîmes de perplexité. Je dois avouer que je la trouvais étrange : aussi incroyable que cela puisse paraître, elle était peu intéressée par les tardigrades, l’archéologie romaine en Afrique proconsulaire, la peinture de jeux de figurines ou le black metal norvégien. Même le cinéma expérimental de Vincenzo Natali la laissait de marbre, c’est dire combien cette fille était bizarre.

Pourtant, je l’aimais à la folie : durant mes fouilles archéologiques en Jordanie, je marchais tous les jours plusieurs kilomètres pour lui poster un poème en alexandrins, sans me douter qu’elle désirait mettre un terme à notre relation. À mon retour en France, j’étais inconsolable, ce qui exaspérait la totalité de mon entourage qui tentait de m’expliquer qu’elle et moi n’avions, mais vraiment, strictement aucun point commun.

J’étais tellement décalé, que suite à des échanges conflictuels avec mes directeurs de recherche, à l’issue de prospections archéologiques à Carthage, ils décidèrent de me remettre ma Maîtrise en Histoire à condition que je promette de ne JAMAIS m’inscrire en DEA, compromettant de facto mon projet de thèse en archéologie. Viré officieusement de la Fac, mais avec un diplôme en poche, la prophétie autoréalisatrice se réalisa : à l’image d’une tragédie grecque, je suivais la loi du karma et devenais, comme la jeune enseignante que j’avais connue au collège, à mon tour équipier dans un Quick. Incapable de gérer une commande sans commettre de bourdes devant des clients médusés, dépassé par la gestion subtile des dates de péremption des salades, et stupéfait par la rapidité à laquelle des frites pouvaient griller, c’est fort logiquement que mon manager me demanda de me concentrer sur le ménage. Je passais l’essentiel de mes journées à balayer, à nettoyer les plinthes et à laver sans laisser de traces les vitres. Je n’avais quasiment plus d’interactions sociales. Ça y est ! J’avais enfin trouvé le métier alimentaire idéal, le Graal du niveau zéro des responsabilités ! Comme tout est impermanent, je fus un jour déchu de ce paradis terrestre par mon manager. Alors que je balayais, il me tapota l’épaule :
— Tu sais ce que ça veut dire « Quick », en anglais ?
— Ça veut dire « rapide » ?
— Voilà (nouveau tapotement d’épaule).

Mon manager laissait entendre que je ne possédais même pas le niveau de qualification élémentaire pour effectuer le ménage, ce qui ne manquait pas de m’angoisser, surtout après mon départ de l’Université. Mes bizarreries étaient plus graves que je ne l’imaginais : jamais je ne réussis à passer mon permis de conduire, car gérer la boite de vitesse, pousser les pédales tout en tenant le volant et en observant mon environnement pendant une heure me réclamait une concentration démesurée qui me laissait exténué pour le reste de la journée. J’étais un danger public, ce qui rendait fou mon moniteur d’école ouvertement Front National, qui me demandait rageusement avec l’accent du sud si je n’avais pas également des problèmes « pour niquer », ce que je trouvais un tantinet cavalier.

J’ai parfois l’impression d’être enfermé dans mon propre corps. Quand j’épluche une pomme au couteau, je sais que je ne tiens jamais la lame de la bonne façon, mais je suis comme un fantôme qui regarde avec consternation son ancienne enveloppe charnelle. J’ai cruellement conscience que je suis aussi agile que C3PO, mais je ne peux rien y faire.

Moi devant le miroir au matin

Quand je bricole, c’est comme s’il s’agissait de la toute première fois. J’ai d’ailleurs abandonné l’Aïkido en partie parce que je n’arrivais pas à reproduire les gestes de mon professeur quand il se plaçait en face de moi, contrairement au taï-chi, dont la lenteur me convient parfaitement (enfin, sauf quand il faut se défendre dans la rue).

Un an après l’épopée du Quick, je finis par croiser à la sortie du cinéma une fille qui avait travaillé avec moi. Elle m’avait marqué, car lorsqu’elle découvrait sa photo sur le tableau de lemployé du mois, elle hurlait de joie. Quand je lui révélais, non sans une certaine fierté, que j’étais désormais prof d’histoire-géo remplaçant dans l’enseignement privé, elle me regarda avec de grands yeux :
— À l’époque, on croyait tous que tu étais travailleur COTOREP ! m’avoua-t-elle avec stupéfaction.
Pour info, la COTOREP, c’était l’organisme qui gérait la réinsertion professionnelle des handicapés.
Ce n’était pas une blague de sa part : je voyais bien qu’elle était sidérée et sincère, ce qui était d’autant plus déstabilisant. Je me suis alors demandé si je n’avais pas ce que les gens appellent pudiquement « un retard ». Longtemps, je me suis cherché professionnellement puis, après douze ans de travail sur ma trilogie, j’ai fini par devenir un auteur publié qu’on invitait à des salons. Bien que je sois aujourd’hui animateur d’ateliers d’écriture et intervenant extérieur pour l’Université de Metz, mener plusieurs activités de front au quotidien reste très difficile pour moi. J’ai des problèmes de concentration, j’ai besoin de listes et de grilles sinon « je me perds »…

Je peux être tellement passionné, pour ne pas dire absorbé par une activité, que le temps n’existe plus. Lorsque j’écris, que je lis, ou que je regarde un film, je suis emprisonné dans un véritable labyrinthe mental, comme si l’univers disparaissait autour de moi. Je vis littéralement l’histoire, au point d’être bouleversé par le destin d’un personnage. Ressentir une telle immersion est à la fois un avantage pour l’auteur que je suis, mais également un inconvénient au quotidien quand il faut mener d’autres activités très concrètes en parallèle. C’est pour cette raison que je privilégie les routines : avant le confinement, je suis allé pendant dix ans au cinéma chaque mardi, à 14h00, « parce qu’avec le Cinéday d’Orange pour une place achetée vous avez une place offerte ».

Ce qui est troublant, c’est que j’ai souvent l’impression d’être une sorte « d’idiot cultivé » : neuf fois sur dix, je suis incapable de me rappeler si j’ai fermé la porte à clef, je dois revenir sur mes pas vérifier. Je ne sais pas reconnaître la voiture d’un ami, ou même me souvenir comment j’étais habillé hier, et pourtant j’étudie des livres complexes traitant de philosophie bouddhiste. Je suis passionné par les travaux de vulgarisation en mécanique quantique, j’ai réussi à conserver un mimosa pudica un an et demi, je peux me rappeler dans les moindres détails de souvenirs insignifiants vieux de plusieurs décennies, j’ai une bonne mémoire des chiffres… mais à côté de ça, je suis nul en maths !

Suite au diagnostic d’un membre proche de ma famille, j’ai commencé à me demander si je n’étais pas moi aussi neuro-atypique, d’autant plus que faire les courses au supermarché relève du cauchemar. Passer un samedi après-midi dans un centre commercial me prend une quantité si astronomique d’énergie qu’en l’espace d’une heure, je suis épuisé par le bruit ambiant, au point d’éprouver de terribles migraines accompagnées de nausées ou de devoir faire une sieste. Quand je suis en société, je déteste certaines odeurs, je peux sentir de très loin un parfum que personne ne va remarquer. Je possède d’autres bizarreries sensorielles : je ne supporte pas le contact du velours sous mes ongles, la texture d’une chemise en lin ou le son d’un ballon qui éclate. Mes amis et ma famille savent que je passe tout l’hiver en T-shirt, et qu’à l’inverse la canicule ne me gêne guère.

Séance de méditation

Je peux écouter en boucle cinquante fois d’affilée un morceau de musique que j’apprécie, sans m’en lasser. Un jour, un infirmier étonné m’a signalé que j’avais une tolérance anormale à la douleur, ma dentiste m’a même demandé avec stupéfaction comment j’avais pu tenir des mois avec une dent brisée, la racine à vif.

Pendant le premier confinement, je relativisais ces expériences insolites en disant à ma femme que si j’étais bizarre, alors cela signifiait qu’elle l’était probablement plus que moi, car « qui se rassemble s’assemble » (attention au fusil de Tchekhov).

Or, durant ce premier confinement, ma compagne m’apprit que des psychiatres organisaient des téléconsultations. Je décidais alors de comprendre enfin qui j’étais vraiment, d’autant plus que ma femme connaissait un docteur bienveillant et très compétent. Je l’ai à mon tour consulté. Il m’a écouté et, curieusement, il prenait beaucoup de notes quand je parlais. Je m’attendais à ce qu’il me regarde avec de grands yeux, ou même à une levée de boucliers (« allons Monsieur Guillermou, mais non, vous n’êtes pas bizarre ! Nous avons tous nos petites excentricités, tout ce que vous me racontez est PARFAITEMENT banal, voyons ! »), mais au fil des minutes j’avais le sentiment étrange qu’il n’était pas le moins du monde surpris par ce que je disais. À la fin du premier entretien, le docteur me confia, un sourire embarrassé sur les lèvres, qu’à la différence de ma femme, mon cas présentait peu d’ambiguïté, qu’il y avait de fortes probabilités pour que je me trouve sur le champ du Trouble du Spectre Autistique, mention spéciale asperger, mais qu’il fallait bien sûr d’autres séances pour confirmer ce premier diagnostic. Quand elle a appris cette nouvelle, ma compagne, vous savez, la personne « plus bizarre que moi », a pleuré de rire pendant une demi-heure, et moi avec. Naïvement, jusqu’ici j’avais eu du mal à envisager que je puisse être autiste asperger, car pour moi « autisme » rimait avec « mathématiques », mais en fait le champ du spectre est tellement large qu’il y a différents types d’autisme. Je découvrais avec stupeur que ma perception du monde était différente de celle de la majorité, que les dés étaient pipés dès le départ.

Par la suite, j’ai appris qu’une partie des autistes asperger ont une zone du cerveau liée à la parole (et donc l’écriture) anormalement développée. C’est pour cette raison que de nombreux autistes tels que Kage Baker, A.R. Morlan ou Daniel Tammet deviennent auteurs de science-fiction et de fantasy : non seulement ces aspergers sont doués pour l’écriture, mais à l’adolescence ils se réfugient dans des univers alternatifs. L’intérêt pour les néologismes et les mots imaginaires sont d’ailleurs un trait de l’autisme asperger. Ces auteurs ont en fait l’impression de mieux comprendre d’hypothétiques civilisations du futur, ou des périodes du passé, que leur propre monde. J’ai même découvert avec étonnement qu’un certain nombre d’aspergers sont, comme moi, passionnés par la culture japonaise et l’Histoire. Ils aiment converser avec des ressortissants de pays étrangers, car leurs bizarreries sont mises sur le compte de différences culturelles.

Ironie du sort, toujours à l’adolescence, les autistes asperger font preuve d’une imagination telle qu’ils ont parfois tendance à mélanger la réalité et la fiction, ce qui explique, hélas, les erreurs de diagnostic comme la schizophrénie… et ma jeunesse tragi-comique. Dans mon cas, le fait que la zone de la parole soit plus développée que la normale implique que ma capacité à utiliser les connaissances est supérieure à ma vivacité intellectuelle. En d’autres termes, je compile beaucoup d’informations… mais, souvent, j’effectue un raisonnement sans le comprendre complètement, « parce que du moment que ça marche, c’est comme ça qu’il faut faire ». C’est également à cause de mon autisme si au collège et au lycée j’étais harcelé, les jeunes neurotypiques détestent le ton « petit professeur » des aspergers quand ils s’expriment. Les autistes ont aussi des problèmes à situer leurs corps dans l’espace (d’où ma maladresse et ma difficulté à reproduire un geste quand je le vois), ainsi qu’une sensibilité sensorielle plus développée.

À l’inverse de mon profil, il arrive que certains autistes aient plus de mal à s’exprimer, ils parlent de manière monocorde, mais sont très forts dans les mathématiques, car ils possèdent une intelligence plus visuelle que verbale, eux ont généralement un profil davantage scientifique que littéraire. Enfin, il y a (malheureusement) des autistes lourdement handicapés, injustement perçus comme des phénomènes de foire parce que certains excellent dans le calcul mental, un cliché favorisé par le film Rain Man.

Après le premier confinement, j’ai fini par aller voir mon psychiatre en vrai afin de poursuivre nos entretiens. Je lui ai confié que, ma vie durant, j’ai eu le sentiment de disposer de moins d’armes que les autres, que je me noyais constamment dans un verre d’eau. Il m’a alors répondu avec chaleur et humour :
— ce n’est pas mon ressenti : vous êtes publié, vous avez vos ateliers d’écriture, votre sens de l’odorat est supérieur à la normale, vous avez une femme qui vous comprend. Vous avez seulement développé d’autres armes que les gens dits « normaux ».

Quand je lui ai demandé si j’arriverais un jour à m’adapter, il m’a regardé avec surprise avant de me répondre.

— Mais vous n’avez fait que ça depuis votre naissance ! Je trouve que vous vous en sortez admirablement bien.

J’ai eu les larmes aux yeux. À cet instant, bien des mystères s’expliquaient enfin, que ce soit mes coups de fatigue inexplicables en société, les éternels malentendus, le harcèlement scolaire, mes intérêts restreints… Une vie étrange qui ne l’était pas vraiment pour mon psychiatre, qui me confiait en souriant qu’il recevait chaque semaine des autistes qui se plaignent comme moi de ne pas avoir le permis de conduire, d’être épuisés après des courses au supermarché ou des discussions sur la pluie et le beau temps. Selon mon psychiatre, si j’ai fini par trouver ma place dans la société, c’est parce que, à l’instar d’autres autistes de ma catégorie, j’ai mis inconsciemment en place des stratégies mentales tout au long de ma vie (ce qu’on appelle parfois « autisme à haut niveau de fonctionnement« ), ce qui explique d’ailleurs pourquoi les proches d’aspergers sont souvent sidérés quand ils découvrent ce diagnostic. Il peuvent même être dans le déni, et asséner la fameuse phrase tant entendue : « tu sais, on est tous un peu autistes »…

Mon psychiatre m’a annoncé que je pouvais passer des tests plus approfondis avec une psychologue si je le désirais, mais que pour lui, il y avait vraiment très peu de doutes sur mon autisme… et qu’il avait été marqué par mon anecdote concernant mes anciens collègues qui me prenaient pour un travailleur COTOREP. J’ai accepté de mener ces tests complémentaires durant plusieurs journées. J’y tenais, car je ne voulais pas qu’on puisse dire que je faisais mon intéressant en me faisant passer pour ce que je n’étais pas, parce qu’être autiste était « à la mode ». Cet hiver, le test de Waiss et l’échelle de Vineland ont confirmé le diagnostic initial de mon psychiatre : alors qu’une personne neurotypique possède un Q.I. homogène, le mien varie, il est bon dans certains domaines… et bas dans d’autres.

Toutes ces découvertes furent un soulagement incroyable, comme si après 43 ans d’obscurité, j’avais enfin réussi à allumer la lumière et découvrir qui j’étais. Je ne suis pas un extra-terrestre, j’ai juste une différence neuro-développementale, plutôt courante : dans son articleMélanie Fazi parle d’une personne sur soixante-huit au sein de la population. Quand j’ai commencé à en parler autour de moi, les réactions de mes amis ont été variées : Fred et Dominique m’ont dit que jamais ils n’auraient imaginé que je sois autiste, ce qui m’a ému, alors que d’autres n’ont pas eu l’air surpris… comme si c’était évident ! 

Aujourd’hui, je suis heureux d’être comme je suis, et même si le quotidien est parfois compliqué, pour rien au monde je ne changerais de vie. Je n’ai pas d’amertume à avoir été diagnostiqué sur le tard, ni de ressentiment envers qui que ce soit, car dans les années 80 on parlait très rarement d’autisme asperger, ma pauvre mère a fait le maximum pour m’aider comme elle l’a pu. J’ai la chance inouïe d’avoir pu faire de plusieurs intérêts restreints (l’écriture, l’Histoire, l’archéologie, la création d’univers imaginaires…) mon métier. J’ai désormais une tendresse infinie pour le petit garçon, l’adolescent et le jeune homme complexé que j’étais autrefois, et je pense aussi à toutes ces personnes que j’ai pu blesser involontairement tout au long de ma vie, j’espère qu’elles me pardonneront, sans vouloir pour autant me trouver d’excuses ou me poser en victime. Comme tout le monde, j’ai des défauts. Suite aux conseils de mon psychiatre, j’ai fini par lire ce que je surnomme « mon manuel d’utilisation », un livre écrit par Tony Attwood, la référence mondiale en matière d’autisme asperger. Grâce à ce bouquin, j’ai découvert que j’étais un cas d’école.

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En conclusion, je pense qu’autrefois, dans la plupart des sociétés traditionnelles, il y a toujours eu des marginaux, des poètes et des shamans qui vivaient un peu à l’écart de la tribu, mais dont la fonction sociale était de conter des histoires, leurs mythes et légendes servaient d’initiation à la communauté. Les contes destinés aux plus jeunes les aidaient à grandir sans avoir à se confronter trop tôt aux dangers de la nature, les histoires épiques permettaient de perpétuer la mémoire des anciennes générations. Ces récits expliquaient le désordre du monde en lui donnant du sens, de manière plus ou moins spirituelle, parce que l’art était essentiellement religieux. Ces conteurs n’avaient pas seulement de l’imagination et de la mémoire, ils possédaient aussi une sensibilité différente, un autre regard sur l’univers qui avait son utilité. Ces êtres étaient bizarres, mais leurs tribus les acceptaient tels qu’ils étaient, parce que pour résoudre certains problèmes il fallait des gens différents. Des millénaires plus tard, c’est le même constat en ce qui concerne le monde de la recherche scientifique, peuplé de physiciens atypiques. Aujourd’hui, notre civilisation matérialiste exige que nous nous adaptions tous à un modèle économique standard et des normes sociales neurotypiques, mais un jour, qui sait, l’Humanité prendra peut-être conscience qu’elle est plurielle ?

Published in: on juillet 2, 2021 at 1:43  Comments (25)  

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25 commentairesLaisser un commentaire

  1. Alors, je n’avais absolument pas le temps de lire ton article (j’ai une to do list gigantesque avant mon départ en vacances), mais je n’ai pas pu m’empêcher de le faire…
    Je suis vraiment désolée de cette souffrance qui a été la tienne pendant ton enfance et ton adolescence. 😥
    Personnellement, je n’aurais jamais dit que tu étais autiste (alors que j’en ai plusieurs dans mon entourage), notamment pour l’empathie dont tu as toujours fait preuve à mon égard et envers ma famille.
    Pour moi, tu es comme un grand sage, un peu différent, mais nous le sommes tous, finalement.
    En tout cas, cette révélation ne change en rien la façon dont je te considère, c’est juste une information complémentaire sur un ami que j’aime beaucoup et que je n’ai pas vu depuis trop longtemps. 💗
    Je t’embrasse.

    • Tu es adorable, merci ❤ De la souffrance, mais aussi de la joie, à des niveaux très intenses, je pense aussi que cet ascenseur émotionnel n'était pas simple à gérer. Moi aussi j'ai vraiment hâte de te revoir, j'ai toujours admiré ton énergie, et je suis heureux que tu connaisses la "reconnaissance" avec les Imaginales, tu mérites mille fois cette invitation tant tu as de l'énergie à revendre, et une joie de vivre qui force le respect… Gros bisous à toi et à ta famille ❤

  2. Eh bien ! J’en ai appris, des choses ! Que ce soit sur tes frasques géniales de jeunesse ou sur ce que peut être l’autisme. En tout cas, je suis encore plus heureuse et fière d’être de tes amis à la lecture de cet article. Tu es, avant tout, une bien belle personne.

    • Merci Dominique ❤ Tu as toujours été au top avec moi, un pilier sur lequel j'ai toujours pu compter, et je suis vraiment heureux que tu sois mon amie en or, moi aussi je suis fier de toi ❤ Gros bisous

  3. Merci mon cher Syco pour cette tendre épopée et sa conclusion délicate, je suis heureuse que tu aies trouvé des réponses et que celles ci confirment ta place d’écrivain ! Ton adolescence tragi-comique mérite un roman, tu as ce talent merveilleux de transformer un réel terne et triste en scène fabuleuse. Je t’envoie pensées et soutien et félicitations (je ne sais pas si ça se dit dans ce cas, mais c’est ce qui me vient pour ta démarche !)

    • Merci chère Silène, tu es adorable ❤ Je dis souvent que j'ai eu 1000 vies et pour rien ne te cacher, c'est aussi un projet de futur roman tant ce que j'ai écrit dans cet article ne correspond qu'à 10% de ce qui s'est passé. J'ai vécu quantité d'expériences incroyables… Gros bisous et à bientôt !

  4. C’est bien que tu aies enfin trouvé ton mode d’emploi 🙂
    Tu es quelqu’un de génial, de riche et ça a été un plaisir de bosser avec toi sur l’un de mes textes (si si, tu t’en souviens, c’est même toi qui m’a poussé à voir plus loin…).
    Et bonne continuation pour ta carrière d’écrivain, même si je n’ai pas de doute à ce sujet, tu es bourré de talents.
    Stéphane Desienne.

  5. Oh merci Stéphane ❤ Je n'ai pas fait grand-chose, il est évident que tu es un vrai auteur à suivre de près 😉 Merci pour tes encouragements, au plaisir de dédicacer avec toi en salon 😉

  6. Quel article émouvant, d’une profonde richesse humaine, mon cher JS. Ton regard sur le monde d’hier et d’aujourd’hui est précieux ; ta tendresse envers l’enfant et l’adolescent que tu étais dénote ta grande sagesse de cœur. Tu as accompli tant de choses (et perpétré de formidables méfaits au passage^^). Puisses-tu toujours connaître la sérénité et la joie d’être toi. ❤

    • Merci pour les « formidables méfaits », quelle belle expression 😀 Et merci pour tes vœux attentionnés. Je ne sais pas si on peut parler de sagesse, car j’ai mes défauts et tout cela est encore très récent, mais je pense que le futur sera plus serein 🙂 Vivement qu’on se retrouve dans la vraie vie, prends soin de toi ❤

  7. Merci pour ce très beau témoignage, émouvant et passionnant ! Belle leçon de vie en tout cas !

    • Merci Joseph ❤

  8. J’ai lu ton article avec une très grande attention et je ne peux m’empêcher de te porter de l’affection pour ce que tu nous apportes à travers ton imaginaire, ta sensibilité et simplement ce que tu es.. Ce qui était déjà le cas avant, bien sûr. Tes aventures de jeunesses ont été rudes mais j’ai apprécié tes anecdotes geek, et savoir que tu avais tes échappatoires (ou plutôt tes passions). J’avoue que je ne me doutais pas du tout de ton autisme et que ton article est une surprise. Cela a dû être difficile de se sentir et se savoir différent sans pouvoir l’expliquer. Nombreuses doivent être les personnes à se chercher toute leur vie. Trouver les réponses à une énigme qui t’a suivi tant d’années doit être un véritable soulagement. Je suis heureux que tu puisses aujourd’hui mieux te comprendre ❤

  9. Merci Florian, je suis touché ❤ Je t'avais dit par message privé que j'avais connu pas mal de bouleversements depuis l'année dernière, mais c'est pas évident de placer cette info au détour d'une conversation 😀 Oui, c'est vrai ce que tu dis à propos des personnes qui tâtonnent dans le noir toute leur vie, j'ai une chance inouïe de pouvoir ressentir un tel soulagement, ça n'a pas de prix ❤

  10. Merci de nous avoir partagé ton histoire, surtout que ce n’est pas toujours facile de faire face à nos  »problèmes » personnelles et d’en parler. Mais comme tu as su quand même nous démontrer qu’a partir du moment où tu cible le bobo et que tu en fais une force, tu remporte une bonne part de victoire face à l’adversité. Bravo encore à toi et bien hâte de lire de nouveaux livres de toi 😉 .

  11. Je suis heureux que tu saches enfin qui tu es. En te lisant et en me remémorant notre enfance c’est effectivement une évidence.
    J’espère te voir bientôt.
    Prends soin de toi et de ta famille.

    • Merci Joël, vivement qu’on se revoit effectivement ! On en a des souvenirs en commun… Je pense bien fort à toi et à ta famille ❤

  12. Merci ! Et puis il faut aussi se dire que ce n’est pas une maladie, juste une façon de penser différente, ni pire, ni meilleure que la norme 🙂

  13. Bonjour Sycophante. La gorge et le ventre noués, j’ai du mal à faire le tri dans ce que je ressens, là, après ma lecture, et dans ce maelstrom d’émotions, c’est un grand MERCI qui vient, merci pour ce partage. J’ai noté pour le « manuel d’utilisation »… Au plaisir de te revoir 🙂

    • Oh ❤️ Merci Sandrinoula pour ces mots, je suis heureux si, d’une manière ou d’une autre, cet récit (et le manuel) peuvent t’être utiles. Plus je parle de tout cela autour de moi, et plus je me rends compte qu’il y a d’autres personnes qui ont cette sensibilité… C’est rassurant de se dire que l’on est pas seuls ❤️😘

    • (Au plaisir de te revoir aussi 🙂 )

  14. Mon cher JS, tout d’abord je salue ton courage non seulement d avoir écrit et publié cet article, mais aussi celui qui te porte depuis que tu es né. Je te l ai dit, je ne me doutais pas le moins du monde que tu étais autiste, preuve de ton formidable courage. Et après ? Après, pour moi cela ne change rien, tu es mon ami, mon frère de plume. Tes péripéties sont des pépites à lire. Tu devrais effectivement en faire un livre. Nombre de situations que tu décris me parlent, car dès l instant que tu n es pas dans la norme, que tu ne veux pas te comporter comme la majorité, tu es mis à l écart. Mais c est en allant sur les franges de cette majorité que tu rencontres d autres personnes qui « comme toi » veulent simplement être « soi » et ne pas se composer un personnage pour se noyer dans la masse. L Humanité est plurielle et c est ce qui fait sa richesse. Comme disait Saint Exupéry « il n y a qu une seule richesse et c est celle des relations humaines ». Merci de nous rendre riches, merci…

    • Oh merci Fred ❤️ Oui, c’est ça qui est beau avec notre amitié, nous sommes au-delà de ces considérations sur la normalité, parce que l’écriture permet déjà de dépasser tous ces clivages qu’on retrouve depuis la nuit des temps et qui inspirent souvent les plus belles histoires. La vie est toujours un voyage initiatique à la recherche de soi-même… Oui, tous ces souvenirs feront l’objet d’un bouquin, c’est certain 🙂 Merci pour ton amitié indéfectible qui me va droit au cœur ❤️

  15. Oserais-je dire que je me reconnais dans une grande partie de ta jeunesse ?
    (Même si nous ne nous connaissons pas assez pour que j’ai pu voir en toi cette ressemblance…)

    Merci pour ce magnifique témoignage 🥰

    • Merci Nanet pour ton commentaire, je suis ravi que mon article te parle 🙂 Au plaisir de te retrouver à un salon 😉


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