La bande-originale des Pirates de l’Escroc-Griffe

Goowan, par Céline Lacomblez

Goowan, par Céline Lacomblez

Depuis l’année 2010, les livres numériques enrichis sur iPad ont bouleversé la vision que je pouvais avoir d’un ebook. J’ai ainsi été ému par L’homme Volcan de Mathias Malzieu, angoissé par Kadath, le guide de la cité inconnue, ou bien encore émerveillé par le somptueux Herbier des Fées de Benjamin Lacombe et Sébastien Perez, dont un extrait gratuit est disponible sur iTunes.

De mon côté, j’ai toujours essayé d’imaginer le son de l’hydrodéon que porte Goowan, l’homme-iguane représenté juste au-dessus. La quête de ce son imaginaire, et par extension la musique du livre, est devenu une obsession (si vous aimez ce genre d’expérimentation je vous recommande chaudement le pantin sans visage aux Editions du Riez, une bande-dessinée accompagnée d’un CD qui n’est pas sans rappeler Radiohead, c’est absolument génial).

En 2012, j’ai composé sur mon Mac un premier morceau intitulé les sauvages du Maelström. Puis j’ai fait lire à Marc le roman. Il a été interpelé par l’hydrodéon et, anecdote amusante, s’est livré à une réflexion sur son fonctionnement, comme si l’instrument existait. Selon lui, les Kazarsses émettent un léger champ électrique naturel, imperceptible pour l’Homme. Ce champ permet l’électrolyse qui fait vibrer l’eau de l’hydrodéon (voir le dessin plus haut).

On s’est promis de reconstituer ce son, et plus largement, de créer une bande-originale un peu dans l’esprit de Dead Man de Jim Jarmush : pour ce western en noir et blanc complètement barré, Neil Young avait créé une BO démentielle, avec notamment certains dialogues du film. On a envie d’adopter une démarche similaire : de la musique atmosphérique, mais aussi des lectures du texte, de l’ambiance… Et peut-être ce fameux son que nous recherchons !

En attendant, je vous livre en avant-première les premiers rushs de Marc : ce que vous allez entendre n’est pas de l’hydrodéon, il s’agit juste d’un essai instrumental, mais je voulais partager avec vous ce voyage expérimental sur les Mers Turquoises. Ce morceau s’appelle la Voie, en hommage à la philosophie fataliste des hommes-iguanes Kazarsses. Pour Goowan, il faut « suivre la Voie « . Lorsqu’il parle de sa philosophie au jeune Caboche, j’imagine tout à fait cette musique accompagner ses paroles.

 

PS : il faudra encore pas mal de mois pour composer cette bande-originale, mais de temps en temps je vous donnerai des nouvelles ! Et puis cet article m’aura permis de vous présenter ma « famille artistique », Marc, François, Céline, autant d’artistes avec qui je partage le même imaginaire…

EDIT : les lecteurs les plus assidus l’auront compris, la bande-originale des Pirates de l’Escroc-Griffe constitue le mystérieux trésor dont je parlais dans un article plus récent ! Pour découvrir la totalité de la bande-originale, vous n’avez plus qu’à trouver le nom de la page cachée sur le blog, il suffit d’aller dans votre barre de navigation et de rajouter à l’adresse https://escroc-griffe.com/ le mot-clef adéquat et vous tomberez sur la BO en libre écoute.

Bonne chance !

Published in: on octobre 11, 2013 at 11:03  Comments (25)  
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Silo (épisode 1)

Silo

 

Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres.
Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.
Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin.
Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

J’ai été intrigué par la belle histoire autour de ce roman : son auteur s’est auto-publié aux Etats-Unis et a vendu « Silo » à 500.000 exemplaires en version numérique, ce qui a conduit Ridley Scott a racheter les droits pour une adaptation à Hollywood ! Alors, phénomène de mode ou coup de génie ? J’ai commencé par télécharger le premier épisode sur mon Kindle touch, que j’ai lu en… une heure. L’intrigue, mystérieuse à souhait, tient ses promesses : qu’est-ce qu’il y a dehors ? C’est la question qu’on ne cesse de se poser au fil de la lecture, très noire. Au delà de cette énigme, je trouve que Hugh Howey fait preuve d’un culot incroyable en ce qui concerne le traitement des personnages (surtout à la fin du premier épisode…). Le style, fluide, va a l’essentiel. Ma seule critique vise un point sur le fond : j’ai du mal à croire qu’au fil des ans tous les condamnés aient accepté de nettoyer ces capteurs, mais l’auteur le justifie dans le texte en mettant en avant la mentalité très routinière des habitants du Silo, une psychologie extrêmement fataliste qui m’a fait penser au Japon. Au final, Hugh Howey place la barre très haut. Trop haut ? Comme toujours avec ce genre d’histoire, j’ai peur que le dénouement soit décevant, mais il m’est impossible de ne pas lire la suite… Quoi qu’il arrive, cet auteur a gagné son pari : « Silo » n’a pas fini de faire parler de lui !

« Silo », Hugh Howey, Editions Actes Sud, format numérique et papier (par épisode ou en intégral), 2.99 euros.

Published in: on octobre 4, 2013 at 1:14  Comments (15)  
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Au service des insectes

auservicedesinsectes

La peste a ravagé les cités-murailles. Jadis protégées derrière leur dôme, survolées de glorieux aéronefs, elles ne sont désormais plus que ruines où errent les survivants. Les Insectes ont envahi les territoires laissés vacants par les hommes. Leurs ruches s’élèvent fièrement à la conquête du ciel. Bess est l’une des femmes recrutées pour prendre soin de leurs larves, ce qui lui assure un minimum de confort. Mais en ces temps de dévastation, que peut encore attendre de l’avenir une humaine qui a tout perdu ?

« Au service des insectes », un cauchemar qui devient réalité dans cette belle nouvelle dystopique de Cindy Van Wilder, l’auteur des « Outrepasseurs ». On se se laisse vite happé par cette ambiance de fin de monde avec ces créatures monstrueuses qui font écho, d’une certaine manière, aux Arachnides géants de Robert A. Heinlein dans « Étoiles, garde-à-vous ! » (et « Starship Troopers »). Mais dans « Au service des Insectes », il n’est plus question de guerre : les humains ne sont plus que des esclaves au service de la Ruche. Ironie du sort, l’Humanité se retrouve victime d’une mondialisation à l’envers qui n’est pas dénuée de saveur… Même si je regrette que la fin soit assez énigmatique, j’ai vraiment aimé l’ambiance de cette nouvelle, ainsi que son émotion, notamment à travers un flashback (ah, ces Mygales, c’est quand même chouette la biodiversité !), si angoissant qu’il donnerait des sueurs froides à n’importe quel militant Greenpeace. Je n’en dis pas plus…

« Au service des insectes », Cindy Van Wilder, Editions Voy’el, format numérique, 99 centimes.

Published in: on octobre 1, 2013 at 11:55  Comments (11)  
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… Et le site devint un blog

Après plusieurs années de sevrage, j’ai décidé de me relancer dans l’aventure des blogs !

– un blog ?! s’exclame la foule en délire (oui, la foule est en délire, j’ai le droit d’écrire ce que je veux après tout).

En fait, depuis longtemps, j’ai envie de chroniquer les romans, films, ou séries SF/Fantasy/Fantastique qui me tiennent à cœur. Certes, il y a Facebook, mais je ne voulais pas imposer à certains amis qui ne lisent pas, n’aiment pas l’Imaginaire, ou n’apprécient guère les longs articles mes élucubration réflexions. Vous trouverez ici :

– des billets enthousiastes (quand j’aime quelque chose, je perds souvent tout sens critique, c’est vraiment un défaut chez moi, mais je me soigne)
– de la mauvaise foi (surtout avec Twilight et les nouveaux Star Trek)
– des critiques de romans essentiellement francophones, à cause de ma « PAL », comprenez « pile à lire », plus haute que l’Empire State Building. Chaque fois que je regarde cet empilement d’ouvrages, la honte me submerge et j’ai envie de me donner des coups de fouet tel un moine de l’Opus Dei, alors qu’en plus j’ai détesté le Da Vinci Code, c’est dire mon degré de perversité.
– Des nouvelles de mes soumissions éditoriales ainsi que de mes projets en cours.

Vous ne trouverez pas :

– un rythme de parution régulier (si je commence à me fixer des deadlines, ça va me décourager, je préfère ne pas me mettre la pression)

Tenir un blog me permettra également de patienter avant la publication des Pirates de l’Escroc-Griffe, la trilogie que j’ai écrite et qui a reçu l’estampille Cocyclics il y a quelques mois (mon interview est ici). En attendant sa parution, vous retrouverez sur la colonne de droite différents aspects de l’univers des romans, ainsi que les belles illustrations de Céline Lacomblez. Avant le prochain article, un cadeau bonus : Céline nous livre un Goowan dans une version colorée, que j’aime beaucoup. À bientôt !

Goowan

Published in: on septembre 25, 2013 at 12:58  Comments (14)  
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Bienvenue à l’Université de Saviola

Chers étudiants,

la brochure que vous tenez entre les mains est destinée à celles et ceux qui souhaitent poursuivre leurs études au sein de notre université. Sur votre droite, vous pouvez observer une liste d’Unités d’Enseignement, renvoyant à des résumés de cours ou des présentations de programmes. Bien évidemment, vous pouvez vous inscrire à plusieurs U.E., mais il va de soit que le travail à fournir sera d’autant plus important !

Je ne saurais rappeler l’importance des recherches personnelles. Soyez curieux ! Apprenez une langue morte telle que le Chéni ! N’hésitez pas à participer aux réunions du Groupe d’Etude et d’Entraide Kinesis ! Je vous encourage également à vous intéresser à la Mécanique, car trop de jeunes ignorent encore les principes de la machine à vapeur.

En vous souhaitant de mener de brillantes études,

Edwyn Van Stoorwan, Professeur en Chéniologie.

PS : prononcez « Kéniologie ».

Published in: on juillet 21, 2010 at 9:01  Comments (4)