Réveil et anarchisme mystique

Incendie de Biscarosse dans les Landes, visible depuis la plage du Moutchic. Maximilien Lamy, AFP




Hier matin, en salle de pause, j’écoutais mes collègues de travail parler de l’actualité lorsque, soudain, j’ai eu envie de leur poser cette question.

— Vous n’avez pas l’impression que c’est la fin du monde ?

Cette question, je me la pose depuis des années, bien avant les 6 000 morts de cet été caniculaire et les incendies qui ravagent la France. Tout a commencé avec cet article de 2021. Je racontais que le paléoanthropologue Peter McAllister estimait que les chasseurs-cueilleurs aborigènes d’Australie couraient facilement à 37 kilomètres/heure. À cette époque, nous étions des nomades. Nous marchions entre 8 et 15 kilomètres par jour, jusqu’à 20 000 pas quotidiens, ce qui permettait d’éviter au maximum les explosions de violence : en cas de mauvaise rencontre avec une tribu hostile, il suffisait de s’en aller vers un autre territoire, car la planète était un jardin d’Éden, une vaste terre d’abondance. Nous avions peu de choses à perdre.

Nos ancêtres se réveillaient à huit heures du matin, possédaient une alimentation infiniment plus variée que la nôtre, tandis que la chasse reposait sur la collaboration, le partage du travail et de la nourriture. À 13 h 00, la journée était terminée.

À partir de ce constat, au fil des ans, j’ai essayé de comprendre pourquoi nous sommes arrivés dans une telle impasse. Ce qui suit n’est pas une histoire neutre de l’humanité, c’est mon mythe, celui de notre chute.

J’ai imaginé une préhistoire durant laquelle il n’y avait pas encore de religion ni de prêtres. Un monde peuplé d’esprits de la Nature capables de soigner des maladies. La spiritualité était d’ordre ésotérique, c’est-à-dire initiatique : il ne s’agissait pas de croire en un dogme, mais de trouver sa place dans l’Univers.

Après le traumatisme de l’Ère glaciaire et des millénaires passés dans le Froid, l’Homme voulut se détacher (se venger ?) d’une Nature cruelle qui l’avait condamné à un hiver éternel. L’Homme ne voulait plus vivre au jour le jour, mais prévoir les saisons afin d’amasser des provisions et de ne plus être victime des aléas du climat. Il y avait en lui une insatisfaction, un désir de domination de l’environnement… qui allait jusqu’au fantasme suprême : maîtriser le Temps lui-même.

La civilisation est née d’une tentative de vaincre le Temps.

Des hommes d’un genre nouveau apparurent : les Escrocs. Ils eurent le génie de profiter d’un concept aussi simple qu’efficace : la réalité intersubjective (ou égrégore). La réalité intersubjective désigne quelque chose qui existe, auquel tout le monde croit, mais qui pourtant n’est pas réel. C’est ce qui s’est probablement passé durant la Préhistoire lorsque le premier escroc de l’Humanité a tenu ce discours devant sa tribu nomade :

— Pourquoi ne créerait-on pas des propriétés privées ?

— Comment ça, des propriétés privées ?

— Comme le Monde est vaste, chacun pourrait posséder une portion de terre.

— « Posséder » ?

— Oui, s’approprier un morceau de terrain avec des lignes imaginaires qui dessineraient les limites de la « propriété ». Nous serions tous « propriétaires ».

Au début, les gens de la tribu ont dû se dire que cette idée était bizarre, que c’était même du grand n’importe quoi : après tout, la Nature n’appartenait à personne ! Et pourtant, peu à peu, de plus en plus de gens furent séduits par l’idée de vivre dans une maison confortable plutôt que de voyager… Ironie du sort, l’histoire de la propriété privée est celle du premier vol, puisque, à partir de cette époque reculée, il était désormais possible de perdre quelque chose de coûteux : sa maison, ce qui n’était pas le cas du temps du nomadisme.

Avec l’agriculture et les premiers villages, ceux qui avaient essayé ce nouveau mode de vie commencèrent à souffrir de la sédentarité. En cultivant le blé, leurs repas devinrent moins diversifiés que du temps des chasseurs-cueilleurs, favorisant les carences nutritionnelles et l’apparition de cancers, tandis que la promiscuité permit la diffusion des maladies contagieuses. Piocher, le dos courbé, toute la journée entraînait également des rhumatismes.

Pourtant, l’escroquerie de la propriété fonctionna, car elle donnait à tous l’illusion d’avoir un peu de pouvoir. Certes, avoir un toit était moins trépidant qu’une vie de nomadisme ; c’était même médiocre… mais plus confortable.

Ce concept un peu étrange de propriété devint la norme, ce qui entraîna les premiers pillages. Les villages grandirent ; certains devinrent des cités-États qui se livrèrent à la guerre. L’Humanité se répandit sur toute la Terre. Les esprits de la Nature furent moins vénérés et laissèrent place à des égrégores jugés plus puissants : les dieux. Pour communiquer avec eux, il fallait désormais d’autres Escrocs : les prêtres, des intermédiaires qui privatisaient la spiritualité et conservaient jalousement un savoir dangereux, l’écriture.

Pour les nomades, il était moins facile de voyager qu’avant, à cause de lignes magiques qui séparaient désormais les hommes : les frontières.

Dans ce contexte de violence, les divinités féminines liées à la fertilité et à l’agriculture furent remplacées par des divinités masculines plus martiales, en accord avec l’esprit de l’époque. La plus violente de ces divinités était un dieu étrange qui possédait un pouvoir incroyable : il était capable de faire d’une pièce de monnaie un objet sacré dont la contrefaçon était punie de mort. Ce dieu fut appelé « Argent ». Le culte de l’Argent devint le premier monothéisme véritablement universel, car personne n’avait le pouvoir ni le désir de le détruire. Personne ne pouvait résister à son attrait.

Au fil des millénaires, le monothéisme, structurellement intolérant, remplaça le polythéisme : croire aux esprits de la Nature était désormais considéré comme de l’idolâtrie. Cette intolérance provoqua les premières guerres de religion. La spiritualité était désormais strictement encadrée. L’ésotérisme, la quête du divin en soi grâce à un chemin initiatique personnel, fut interdit par les monothéismes qui imposèrent une religion exotérique clé en main. Il n’y avait plus besoin de philosopher en se basant sur des textes apocryphes, plus besoin de réfléchir : la spiritualité se résumait à avoir la foi. Le mot d’ordre était : « Heureux celui qui croit sans avoir vu. »

Bien avant Microsoft, l’Église imposa son système d’exploitation, son Windows : la Bible. Aux frontières physiques, on ajouta désormais des frontières spirituelles.

Pour accéder à la Vérité, il fallut désormais lire ce livre officiel, confesser sa culpabilité auprès de l’Escroc de sa paroisse et se débarrasser des ouvrages impies. Les gnostiques, des ésotéristes pacifiques qui interprétaient le message du Christ comme une philosophie plutôt que comme un dogme en utilisant la raison, furent éradiqués, et avec eux leurs évangiles apocryphes.

Foi, politique et argent devinrent étroitement liés ; ce furent les temps des impérialismes : la Chine, Rome, les Byzantins, la civilisation arabo-musulmane, le Saint-Empire germanique… De la même façon que des centaines de millions de personnes se mirent à croire en Dieu ou Allah, sur le plan matériel, il y eut également convergence vers un modèle économique universel qui remplaça peu à peu le féodalisme : le capitalisme. Les Escrocs firent une nouvelle fois croire à la population que l’économie était source de liberté, alors qu’on ajoutait seulement de nouvelles frontières financières.

En 2026, jamais le monde n’a produit autant de richesses. Nous vivons à nouveau à l’ère des hyper-riches, de véritables pharaons aussi puissants que des dieux vivants.

En apparence, nous sommes dans l’ère de l’opulence et pourtant, si nous réfléchissions bien, à chaque étape de l’Histoire, nous avons accompli un sacrifice : sédentarité, monothéisme, capitalisme, autant de privations de liberté qui ne nous permettaient plus de revenir au mode de vie précédent… ce qui explique le malaise obsessionnel de notre civilisation. Nous avons été élevés dans la croyance que nous vivons dans un monde aux ressources illimitées, avec pour objectif de dominer la Nature et l’Univers… Même le Temps doit se plier à nos exigences !

Le problème, c’est que le Temps a toujours le dernier mot.

Être assis derrière un bureau huit heures par jour, faire les courses et chercher les enfants à l’école en une seule journée nous pousse à utiliser une voiture qui nous empêche de marcher quotidiennement comme nos ancêtres nomades… et contribue à nous rendre obèses.

À cause de ce rythme effréné, et toujours dans l’idée d’optimiser le temps, nous achetons au supermarché, chez des Escrocs, des produits bourrés de pesticides, de sucre et de sel plutôt que de prendre le temps de nous rendre chez de petits producteurs. Jeunes, nous arrivons tant bien que mal à supporter cette torture quotidienne que nous nous infligeons, mais le Temps, une fois encore, finit par nous rattraper.

La sédentarité et la malbouffe favorisent l’hypertension, le cholestérol, le diabète et les cancers… Pourtant, nous n’en tirons aucune leçon, tellement nous sommes conditionnés par notre vision déficiente de la Réalité. Comme c’est la Nature, et donc notre corps, qui doit se plier à nos exigences, plutôt que de changer, nous préférons gérer nos nombreux problèmes de santé à coups de médicaments qui bousillent d’autres organes. Et quand notre esprit lui-même vacille, les antidépresseurs constituent le remède miracle… Dans ces conditions, il n’est guère étonnant que la « sagesse chimique » qu’est la drogue ait tant de succès.

Toutes ces solutions de facilité montrent combien nous avons oublié notre lien avec la Nature ainsi que notre empathie : nous exterminons mouches et moustiques, nous achetons massivement des chats qui massacrent oiseaux et insectes, causant des extinctions massives.

Le Monde est devenu un asile psychiatrique à ciel ouvert.

Aimé Césaire a dit un jour que le nazisme n’est pas une anomalie de la civilisation occidentale, mais le retour en Europe des méthodes du colonialisme. Nous sommes les prisonniers d’une dystopie néofasciste dans laquelle les pauvres sont des anomalies qu’il faut éradiquer… Dans l’esprit des élites socialo-macronistes et de la droite, les 6 000 morts (bilan provisoire) liés aux canicules de cet été 2026 ne sont que des pauvres cons incapables de se payer une clim’, une variable d’ajustement. Les personnes âgées qui meurent massivement de la chaleur ? Des pertes acceptables, car ça fera autant de retraites en moins à verser. Ils n’avaient qu’à être riches, à posséder la clim’ au bureau, dans leur voiture, chez eux… La « sélection naturelle » se fait par l’argent : on ne veut plus de citoyens éduqués, mais des consommateurs incapables de réfléchir, malléables à souhait. Depuis des décennies, les Escrocs qui nous gouvernent ont la haine du Service public, de l’hôpital qui agonise, de l’Éducation nationale qu’ils assassinent depuis des décennies et de la Culture, saignée par les coupes budgétaires. En 2026, il y a plus de librairies qui disparaissent que de créations. Des maisons d’édition meurent. Le livre sera bientôt réservé à une élite ; c’est déjà le cas pour les films : avec la fragmentation de la culture, pour voir des œuvres, il faut des abonnements Netflix, Amazon Prime, Disney+, Apple TV… Qui peut se payer de tels forfaits ?

Nous arrivons au bout du délire. La planète s’engouffre dans le mirage de l’IA avec cette dernière escroquerie : la technologie est la solution à tout. On rase des forêts dans les Alpes-Maritimes pour construire des champs d’ « usines solaires » (étrange oxymores…), à Mons, Thorenc, Valderoure, Malamaire .sur moins de 100 km², tandis que d’autres projets de ce genre sont déjà en préparation. Sous couvert d’écologie, nous abattons des forêts pour produire une énergie censée sauver la planète, et nous revendons le bois pour le chauffage.

Nous détruisons le vivant au nom du vivant. Encore une fois, les Escrocs promettent de sauver le monde en le découpant un peu plus.

(Photo : Laurent Boulanger)


À 40 kilomètres de Paris, on construit un datacenter de 50 milliards d’euros sur des terres agricoles équivalant à 125 terrains de football, avec une consommation électrique digne d’une centrale nucléaire, polluant l’eau, l’air et les sols… Tout ça financé par des investisseurs américains, émiratis et français, en plein réchauffement climatique.

Le vrai Péché originel, c’est le déni, le fait de s’être dit, tout au long de ces dernières décennies, que les choses allaient bien finir par s’arranger. Aujourd’hui, les 40 degrés l’été que nous voulions éviter sont devenus la norme, sans que cela suscite la moindre prise de conscience chez les Escrocs. On se dit aujourd’hui qu’il faut désormais éviter les 50 degrés, trouver une solution… mais ce que la masse ne comprend pas, c’est que, quoi qu’il arrive, le monde d’avant, avec sa neige en hiver, ne reviendra jamais. Le délire transhumaniste de vouloir se réfugier sur Mars est une folie : nous n’avons qu’une seule planète.

Notre volonté de domination de la Nature nous a transformés en esclaves, alors que nous sommes fondamentalement des nomades.

Ce constat a été pour moi comme un lent réveil. Adolescent, j’étais anarchiste sans savoir pourquoi ; aujourd’hui, après avoir écrit ma nouvelle Le Roi qui gouverne tout, je le sais. Je pense que les Surréalistes avaient raison, que l’Art est peut-être la seule révolution réellement possible. Art, spiritualité et révolution sont intrinsèquement liés.

Dans ce monde d’esclaves, j’ai la chance de me sentir encore libre.

Quand j’étais jeune, on se moquait gentiment de moi parce que je n’avais pas le permis. En réalité, j’ignorais que vivre sans voiture est l’une des meilleures choses qui me soient jamais arrivées. À 49 ans, j’effectue 20 000 pas par jour, soit environ 15 kilomètres au quotidien. J’ai viré tout le sel de mon alimentation. J’ai supprimé Netflix et Amazon Prime ; je préfère lire, aller au cinéma… et je me réserve le droit de « pirater » des œuvres culturelles : à chaque fois que j’ai acheté un disque dur, un smartphone ou un ordinateur, j’ai payé la même taxe sur la copie privée… mais on fait tout pour m’empêcher de faire ma propre copie privée puisque lorsque j’achètes une oeuvre originale, il y des systèmes anticopie.. J’ai assez payé. Les vrais pirates, ce sont les multinationales ainsi que l’État, le plus froid des monstres froids, qui provoque des guerres en Ukraine, en Iran et à Gaza. Loin de moi l’idée de donner des leçons ; je me sens, comme tout un chacun, largement complice de cette tragédie cosmique que vit l’ensemble de l’Humanité.

J’ai conscience d’être, moi aussi, un Escroc.

C’est pour cette raison que ma goutte d’eau dans l’océan, c’est mon bénévolat auprès des réfugiés, parce que l’idée même de frontières a toujours heurté le nomade que je suis.

Je suis la dernière personne à pouvoir donner une quelconque leçon de morale à qui que ce soit, mais, à mon sens, le seul comportement à adopter en cette fin de monde, c’est de consommer le minimum vital. Et c’est pareil sur le plan spirituel, domaine sur lequel je me sens tout aussi libre. Je n’ai plus besoin de temple bouddhiste, de maître ou de mantra ; le Dzogchen que j’évoque dans cet article me suffit : il n’y a rien à chercher, nous sommes déjà éveillés, nous l’avons seulement oublié.

En réalité, nous n’avons pas besoin d’un Éveil spirituel, mais d’un Réveil : un anarchisme mystique dans lequel nous prenons conscience que nous, êtres humains, animaux et plantes, formons une seule et même conscience globale.

L’anarchisme mystique ne serait pas le refus de toute règle, ce serait le refus de toutes ces frontières qui nous séparent du vivant. Un refus du pouvoir et de la religion, qui commencera lorsque nous cesserons de croire que notre salut viendra d’un État, d’une multinationale, d’une IA ou d’un gourou. Un Réveil pour redevenir simplement des habitants de la Terre plutôt que des gestionnaires du monde.

Nos destins sont liés.

Pour aller plus loin :

Published in: on juillet 25, 2026 at 11:46  Laissez un commentaire  

Une anthologie d’anthologie !

Je peux enfin vous annoncer l’excellente nouvelle : mon éditrice, Émilie Ansciaux, a accepté de publier l’anthologie Pirates des mondes en… deux tomes, soit 29 textes ! Je ne saurais trop l’en remercier.

Avec ses deux volumes, Pirates des mondes devient la plus vaste anthologie de l’histoire d’Étrange Grande… et, je l’avoue, celle dont je suis le plus fier.

J’y ai découvert des récits incroyables, révélé de nouveaux talents et redonné voix à des plumes familières comme Fabien Cerutti ou Patrick Pauget.

Cette année, je signe également mon retour dans l’anthologie du festival avec un texte très intime, Le roi qui gouverne tout. Celles et ceux qui me connaissent comprendront pourquoi.

Au programme : une malle qu’il ne faut surtout pas ouvrir, du neurohacking, une histoire d’amour par-delà les frontières du temps… et bien d’autres pépites. Si vous aimez la fantasy, la science-fiction, le fantastique, l’humour, la romance ou encore un soupçon d’horreur, vous devriez y trouver votre bonheur.

Du fond du cœur, merci à toutes les autrices et à tous les auteurs qui ont participé à cette aventure.

En bonus, voici la couverture du tome 2, réalisée par l’incontournable Xavier Baudlet.

Au plaisir de vous retrouver à Étrange Grande les 19 et 20 septembre. ❤️

Published in: on juillet 19, 2026 at 11:49  Comments (1)  

Surprise en vue…



Ça y est, je suis enfin venu à bout de cet appel à textes !

Deux cents nouvelles lues… et une qualité d’écriture qui m’a sincèrement impressionné.

Du fond du cœur, merci à toutes les autrices et à tous les auteurs. Vos textes m’ont fait rire, frémir et, parfois, pleurer. Le plus difficile n’a pas été de trouver de bons récits, mais d’en écarter car je ne pouvais en retenir que seize.

Cette aventure a aussi été profondément humaine. Comme vous le savez, j’ai perdu mon père récemment, et ces semaines de lecture m’ont permis de m’évader dans d’autres univers. Mention spéciale à ces pirates de l’espace fans des Spice Girls : Viva Forever m’est resté en tête pendant des jours ! J’ai également eu le plaisir d’échanger avec de nouvelles autrices et de nouveaux auteurs passionnants, parfois jusqu’au Canada, en Afrique ou en Russie.

Le moment le plus cruel est arrivé lorsque j’ai établi ma première sélection… trente nouvelles au lieu des seize prévues ! Impossible de trancher. Mon éditrice, Émilie, a alors eu pitié de moi… et surtout une idée géniale.

Je ne peux rien vous révéler pour le moment, mais une belle surprise arrive très bientôt. J’ai hâte de pouvoir vous en dire plus !


Published in: on juillet 17, 2026 at 12:20  Comments (3)  

Quelques nouvelles du recueil



Une semaine après la clôture de l’Appel À Textes, voici quelques… nouvelles. Je suis désolé de ne pas être revenu plus tôt vers vous, mais j’ai traversé plusieurs bouleversements personnels : une grande fatigue liée à mon travail, un billet d’avion annulé en raison de la guerre au Moyen-Orient… et, il y a deux jours, mon père est décédé des suites d’une longue maladie. Il était écrit que je n’irais pas dans le désert de Gobi cette année.

Dans un registre plus joyeux, l’Appel À Textes Pirates des mondes a rencontré un immense succès, avec plus de 200 nouvelles reçues. J’ai donc demandé un peu plus de temps à mon éditrice, Émilie, qui a accepté de m’accorder un délai supplémentaire afin que je puisse lire l’ensemble des textes. Étant moi-même auteur, je sais combien un retour, même bref, peut compter.

Dans ces conditions, vous comprendrez qu’il m’est impossible d’accuser réception de chaque texte (ce travail étant entièrement bénévole). Je m’engage toutefois à répondre à chacune et chacun ; les premières réponses seront envoyées à partir du 1er mai.

Merci pour votre compréhension. Prenez soin de vous, et à bientôt.

Published in: on avril 7, 2026 at 2:35  Comments (5)  

L’affiche Pirates des Mondes !

Un petit message pour vous dévoiler l’affiche du prochain festival Étrange Grande… ainsi que la couverture du recueil de nouvelles Livr’S dont je vous parlais dans mon article précédent 😉 Cette oeuvre a été réalisée par l’incontournable Xavier Baudlet.

L’anthologie réunira des participantes et des participants de mon atelier d’écriture, aux côtés d’auteurs confirmés. Et cette année, j’y contribue aussi ! Impossible pour moi de laisser passer un tel recueil sans y embarquer quelques pirates…

J’ai très hâte de vous en dire plus…

Published in: on janvier 12, 2026 at 11:33  Laissez un commentaire  

Appel à Textes rémunéré Pirates des Mondes

(Oeuvre réalisée par Xavier Baudlet)

Pirates de l’Île au trésor, hackers du dark web ou corsaires de l’espace…

De Robert Louis Stevenson à The Expanse, les héritiers de Long John Silver se lancent à l’assaut des époques et des imaginaires !

Dans le cadre de l’anthologie Pirates des Mondes, le festival Étrange Grande recherche des nouvelles de 15 000 à 65 000 signes, dans tous les genres (Fantasy, fantastique, SF, historique, thriller…).

Comme chaque année, les textes seront rémunérés par les éditions Livr’S.

Date limite de soumission : 1er avril 2026.

Si vous êtes intéressés, mon mail : js.g arobase mac.com

Yo-ho-ho, et une bouteille de rhum !






RÈGLEMENT DE L’APPEL À TEXTES

Anthologie Pirates des Mondes

Festival Étrange Grande – Éditions Livr’S


1. Organisation

L’appel à textes est organisé par le festival Étrange Grande, en partenariat avec les éditions Livr’S, dans le cadre de la publication annuelle d’un recueil de nouvelles.


2. Objet de l’appel à textes

Le présent appel à textes vise à constituer l’anthologie Pirates des Mondes, consacrée aux figures du pirate à travers les imaginaires, les époques et les genres.

Pirates de l’Île au trésor, hackers du dark web ou corsaires de l’espace…

De Robert Louis Stevenson à The Expanse, les héritiers de Long John Silver se lancent à l’assaut des époques et des imaginaires.

Les nouvelles peuvent relever de tous les genres de l’imaginaire et de la fiction :

fantasy, fantastique, science-fiction, historique, thriller, ou tout croisement pertinent.


3. Conditions de participation

  • L’appel à textes est ouvert à toute personne majeure, sans condition de nationalité.
  • Chaque auteur ou autrice peut proposer un seul texte.
  • Les textes doivent être originaux, inédits et libres de tout engagement éditorial.
  • La langue d’écriture est le français.

4. Caractéristiques des textes

  • Longueur attendue : entre 15 000 et 65 000 signes (espaces compris)
  • Les textes doivent être transmis sous forme de fichier numérique (format .doc ou .docx) à’l’anthologie à l’adresse suivante : js.g@mac.com

5. Calendrier

  • Date limite de soumission : 1er avril 2026
  • La sélection aura lieu au cours du printemps 2026.
  • Les auteurs et autrices sélectionnés seront contactés individuellement.
  • La parution du recueil est prévue dans le cadre du festival.

6. Sélection

Les textes sont lus et sélectionnés par un comité de lecture désigné par le festival et les éditions Livr’S.

La sélection est effectuée en toute indépendance, selon des critères artistiques et éditoriaux.

Les décisions du comité sont souveraines et sans obligation de justification.


7. Publication et tirage

Les textes retenus feront l’objet d’une publication exclusive dans le recueil Pirates des Mondes, édité par les éditions Livr’S.

  • Tirage prévu : 500 exemplaires
  • La publication concerne uniquement ce recueil (format papier).

8. Droits d’auteur et rémunération

  • Les auteurs et autrices conservent l’intégralité de leurs droits moraux sur leurs œuvres.
  • Les auteurs et autrices sélectionnés accordent à l’éditeur une autorisation de publication. La diffusion numérique est prévue.
  • Les textes publiés sont rémunérés, selon les conditions prévues par les éditions Livr’S.
  • Aucune exploitation ultérieure (réédition, adaptation, diffusion numérique) ne pourra avoir lieu sans l’accord explicite de l’auteur/autrice.

9. Acceptation du règlement

La participation à l’appel à textes implique l’acceptation pleine et entière du présent règlement.


10. Contact

Pour toute question relative à l’appel à textes :

📩 js.g arobase mac.com

Published in: on janvier 5, 2026 at 10:34  Comments (18)  

Un rêve se réalise

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup après bien des obstacles, mon rêve commence enfin à se réaliser : j’ai mon billet d’avion pour la route de la Soie ! Je pars en avril en Chine, seul… mais avec un projet bien plus abouti que celui que je vous avais présenté dans cet article.

Pendant des années, j’avais imaginé traverser le désert du Taklamakan pour rejoindre le lac Issyk Kul, au Kirghizistan, que l’on retrouve à la fin de mon roman Le Moine de Samarcande. Je rêvais de m’y immerger totalement : écrire sur le vif, méditer, prendre des photos pour une exposition mêlant images, textes et sons du désert… Un projet passionnant, mais risqué.

Cette fois, j’ai choisi d’être un peu plus « raisonnable » (tout est relatif) et de revenir à l’essence de mon voyage : les grottes de Mogao, la célèbre « bibliothèque d’Alexandrie d’Orient » de mon livre. Là où, depuis des années, mon imagination s’enflamme à la simple évocation des fresques tantriques, des dizaines de milliers de rouleaux encore non traduits et des sculptures monumentales de ce dédale souterrain classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Plutôt que de « courir », je vais prendre le temps. Plusieurs semaines pour explorer ces grottes, pour marcher dans le désert de Gobi qui m’a fasciné enfant : ses fossiles de dinosaures, son climat glacé, et les immenses dunes chantantes de Ming Sha, grandes comme des collines, qui terrifiaient autrefois les pèlerins… J’y visiterai la ville fantôme de Yardang qui a été sculptée par le vent, la mélancolique Porte de Jade, ainsi que des bastions et des tours à moitié ensevelis de la Grande Muraille de Chine… L’occasion pour moi de revenir aux sources de la mystérieuse sagesse dzogchen, dont les racines se perdent dans la nuit des temps.

Cerise sur le gâteau : j’ai obtenu un « oui » de principe d’une galerie qui accueillera mon exposition lors de la sortie du Moine de Samarcande ! Comme je l’ai annoncé plus haut, cette expo mêlera photos, extraits de mon roman et de mon carnet de voyage, avec des enregistrements sonores. Elle portera le nom de Sur les traces de Zhiyan, car je suivrai le périple de ce héros imaginaire… qui me conduira à vivre une aventure bien réelle. Est-ce son voyage initiatique… ou bien le mien ?

Une chose est sûre : ce sera une expérience à la fois artistique et mystique. Et, étonnamment, j’ai découvert que certains éléments de mon récit, nés de mon imagination, existent déjà dans la réalité de Mogao… Comme si ce désert et ses grottes attendaient mes pas depuis toujours.

Published in: on novembre 28, 2025 at 7:19  Comments (5)  

Bibliographie de François Borg

(Aperçu de la table thématique consacrée à François Borg)

Dans cet article, j’ai rendu il y a peu hommage à François Borg, mais j’ai omis de citer ses oeuvres.

La plupart étant auto-éditées, elles sont donc malheureusement très difficiles à trouver, à l’exception de quelques ouvrages conservés à la médiathèque Puzzle de Thionville : le Livre Blanc*, une oeuvre ésotérique, ainsi qu’un essai sur la Confrérie d’Alexandrie qui célèbre le flambeau de la Connaissance. Signalons enfin Déesse des égouts et des étoiles, son poème le plus connu, qui a fait l’objet d’une captation radio disponible sur ce lien Soundcloud. Voici les versions numériques de ses livres.



Si vous êtes dans le coin, n’hésitez pas à passer à la médiathèque Puzzle pour venir admirer la table thématique, des manuscrits originaux seront exposés à partir du samedi 4 octobre.

* Le titre de cette oeuvre vient du fait que les dix premières pages sont vierges

Published in: on octobre 4, 2025 at 12:02  Laissez un commentaire  

N’ayez pas peur des kangourous


Écrire une nouvelle ou un roman, c’est être tôt ou tard confronté au regard de l’Autre, un saut en parachute appréhendé par beaucoup d’autrices et d’auteurs. 

Fort heureusement, il existe une méthode douce appelée bêta-lecture, qui permet de recevoir des retours bienveillants tant sur la forme que le fond.

J’ai découvert la bêta-lecture en 2011, sur un forum d’écriture intitulé Cocyclics, juste après avoir terminé le (premier) jet de mon (premier) roman. À l’époque, je pensais naïvement qu’une publication n’était qu’une affaire de mois… au final, j’ai patienté cinq ans ! 

Bien que terminer un premier jet soit un moment symbolique, et même une étape importante, les affaires sérieuses commencent à partir des premiers retours. Une période cruciale dans la vie d’une autrice ou d’un auteur, que je comparerais un peu à l’adolescence, une période de mutation qui bouscule nos certitudes. Notre corps change et nous fout des complexes… Eh bien, c’est la même chose pour votre manuscrit que vous pensiez bouclé ! Vous avez passé des semaines, mois ou années sur une même histoire, vous la trouviez très belle… et lorsque vous recevez vos premières bêta-lectures, vous avez parfois l’impression qu’on ne parle pas de votre texte, mais de vous… J’ai abordé ce sujet dans mon article bêta-lecture et ego il y a quelques années, notamment lors de ce passage :

C’est l’ego qui nourrit la peur d’être un imposteur, la colère face aux critiques, ainsi que l’attachement excessif vis-à-vis de ses propres écrits, trois poisons étroitement liés.

Si vous avez la flemme de lire ce billet, tout pourrait se résumer à cet accord toltèque :

N’en faites pas une affaire personnelle.

Dans le cas de l’écriture, si une bêta-lecture bienveillante (j’insiste sur ce mot) vous fait souffrir, il peut y avoir une ou plusieurs raisons. Si elles sont nombreuses, vous obtenez un cocktail explosif dans lequel vous vous sentez rejeté et pour cause : quand vous écrivez, vous donnez votre vision du monde. Recevoir un avis négatif peut vous faire croire que votre voix n’est pas valable. C’est d’autant plus douloureux qu’en écrivant, vous exposez votre partie vulnérable, vous êtes « nu ». 

Cette souffrance peut résonner avec un besoin de reconnaissance, d’où la confusion lorsqu’on apprend que l’histoire qu’on soumet est perfectible… et ce sentiment d’avoir des « défauts », comme si votre texte était une extension de soi. Cette souffrance est décuplée si on a passé plusieurs années sur un récit, et qu’on estime que ce travail n’est pas reconnu à sa juste valeur… sans parler du fait que l’acte d’écrire peut être motivé par un trauma. Imaginons que je souffre de la phobie des kangourous**, au point de consacrer un essai sur cette question, de raconter un moment terrifiant de mon enfance lors d’un voyage en Australie… et qu’un lecteur trouve ce passage hilarant. Forcément, je vais me sentir blessé.

C’est d’autant plus cruel si j’ai quelque chose à prouver (« je vais vous montrer que je peux surmonter mon trauma des kangourous ! »).

L’écrivain anxieux est comme un lac, la moindre pierre jetée dans l’eau provoque des vagues qui agitent toute sa surface. Il croit que la pierre atteint le cœur du lac, alors qu’en réalité elle ne fait que frapper la surface. Mais quand l’auteur s’établit dans une clarté stable, le lac devient limpide et profond. Une pierre jetée à la surface ne change rien à sa nature. Elle génère quelques cercles qui s’éteignent rapidement, puis l’eau redevient claire.

Que faire ?

Il y a dix ans j’ai découvert une voie spirituelle tibétaine, le dzogchen, qui enseigne que pour parvenir à la sérénité… il ne faut rien attendre*. 

Il n’y a rien à désirer quand on possède déjà tout.
Il n’y a rien à transformer
Il n’y a pas de méditation ou de non-méditation

En d’autres termes, tant que nous estimons que nous ne serons heureux que lorsque nous aurons obtenu un nouveau smartphone/travail/logis/voyage aux Bahamas/partenaire/bébé… nous serons insatisfaits, car à partir du moment où nous parvenons à un objectif, un autre vient se substituer au précédent. Nous passons notre vie à repousser la sérénité qui est naturellement en nous, alors que nous possédons déjà tout… mais nous l’ignorons.

L’écriture est comme le dzogchen : un art de vivre, un voyage initiatique, une offrande. En tant qu’auteurs, nous apprenons au fil des ans à nous détacher de nos bébés de papier. Une fois lues ou publiées, nos oeuvres ne nous appartiennent plus vraiment, il y a un lâcher-prise à opérer. Les critiques nous servent à grandir, et si certaines ne sont pas argumentées (« ce roman est nul à chier ! »), il faut, là encore, cultiver le détachement, d’autant plus que ce qui va émouvoir un lecteur va en irriter un autre… L’écriture n’est pas une science exacte.

Comme en amour, il ne faut pas être fusionnel ou dépendant affectif, mais secure, en paix avec soi-même. Ne pas attendre d’être validé, ne pas conditionner son bonheur à une cause extérieure (publication, prix littéraire, argent, reconnaissance de ses parents, du professeur de français qui vous maltraitait…), car de toute manière même le succès ne dure pas.

L’écriture ne doit pas être un désir, mais sa finalité, un plaisir, une danse méditative. Pour parvenir à ce niveau de conscience, une qualité doit être cultivée : la patience, car le temps est de nos jours la vraie richesse, un luxe. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut faire de ce temps une priorité. Si le sujet vous intéresse, j’ai consacré un article à cette problématique.

Dans le cadre du sakado, voici une méthode que j’ai développée pour la bêta-lecture que vous pouvez télécharger. Rien de révolutionnaire, juste des conseils de bon sens pour effectuer une bêta-lecture saine et non toxique.



N’ayez pas peur des kangourous.

* Je présente par avance mes excuses au pratiquant dzogchen qui lira cette vulgarisation grossière. Je sais pertinemment que le dzogchen est bien plus que ça et mériterait un article à part entière, mais mon objectif était moins de parler de dzogchen que d’écriture.

** Enfant, j’ai vraiment eu une mésaventure avec un kangourou lors d’un voyage en Australie. Je voulais lui donner à manger, j’avais des victuailles dans la main, et un sachet dans l’autre. Il  a reniflé la main que je lui tendais, puis a commencé à s’attaquer au sachet, je me suis fait littéralement racketté, j’ai eu peur…

Published in: on octobre 2, 2025 at 8:22  Comments (2)  

Hommage à François Borg

François (à droite) et moi lors de l’ouverture de son atelier, en 2010

Je voudrais rendre hommage à une personne exceptionnelle qui nous a quittés il y a presque dix ans et que je n’ai jamais oubliée : l’écrivain thionvillois François Borg. François n’était pas seulement un auteur, un animateur d’atelier d’écriture ou un mentor : il était aussi un visionnaire, porté par une énergie unique.

En 2010, il eut un projet un peu fou : créer un atelier d’écriture qui permettrait, selon ses mots, de produire « le meilleur roman jamais publié, un chef-d’œuvre capable de relancer le virus de la lecture chez le grand public ». Dans son exaltation parfois mégalomane mais toujours généreuse, il réunit des autrices et des auteurs passionnés, et les poussa dans leurs derniers retranchements. Ses ateliers, quotidiens, étaient de véritables laboratoires en effervescence. Sa méthode ne faisait pas l’unanimité — il m’appelait parfois la nuit pour me souffler une idée à corriger dans mon manuscrit —, et ce grand roman dont il rêvait resta une utopie. Mais grâce à lui, plusieurs d’entre nous furent publiés. Sans François, jamais Les Pirates de l’Escroc-Griffe n’auraient trouvé de maison d’édition.

Je n’évoquerai pas en détail les circonstances mystérieuses de sa disparition, en 2016. Je ne sais même pas s’il est encore de ce monde. François était un écorché vif, de ceux qui brûlent trop vite. Il faisait partie de ces flammes qui illuminent tout autour d’elles, puis s’éteignent soudainement. Oui, François, tu as brillé. Tu t’es consumé parce que tu étais d’une nature généreuse, toujours prêt à te donner entièrement.

C’est pour cette raison que, pour les dix ans de la médiathèque Puzzle, nous avons choisi de te rendre hommage. D’octobre 2025 à juin 2026, les participantes et participants de mon atelier d’écriture de Thionville écriront un roman collaboratif, Puzzle Exquis, comme tu l’aurais souhaité. Ainsi, ton rêve d’un chef-d’œuvre collectif continuera de vivre à travers nous.

François, on t’aime.

Published in: on septembre 30, 2025 at 3:43  Comments (2)