Photos de la bête et autres nouvelles

On m’a demandé pourquoi je n’avais pas mis de photos de l’intégrale, je corrige de ce pas cet oubli.

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Je voulais aussi vous dire qu’hier, le livre est entré dans le top 100 FNAC des meilleures ventes SF-Fantasy !

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Une bonne nouvelle qui va m’aider à  me remettre sur pied après avoir été cloué au lit par la grippe jeudi. Je n’ai pas le choix : samedi, je doit être d’attaque pour une séance de dédicace au Cultura Terville, de 09h00 à 19h00. Je vais peut-être mettre un masque japonais pour éviter de contaminer mes lecteurs…

Published in: on décembre 2, 2016 at 12:49  Comments (8)  

Joie intégrale

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Ça y est, le jour J est arrivé !

Même si les trois tomes ont déjà été publiés, c’est presque une nouvelle aventure qui commence pour cette édition intégrale des pirates de l’Escroc-Griffe. Pour la petite histoire, je l’ai reçue dans ma boite aux lettres hier, la couverture est encore plus jolie en vrai. À l’heure où j’écris ces lignes, le livre est en rayon dans de nombreuses FNAC de la région parisienne (les Ternes, Montparnasse, Saint-Lazare, la Défense…), Bordeaux, Lyon, Clermont-Ferrand, Montpellier, Grenoble… ainsi que dans la quasi-totalité des Cultura de l’Hexagone, sans parler bien sûr des librairies traditionnelles. Cela me touche énormément de savoir que mon bouquin est désormais facilement disponible aux quatre coins de la France, quel privilège… De quoi me motiver pour écrire mon nouveau roman !

Un immense merci à tous les lecteurs qui ont embarqué sur L’Escroc-Griffe dès la publication dans la collection Snark. Sans vous, jamais il n’y aurait eu d’intégrale…

Merci du fond du cœur les amis !

Published in: on décembre 1, 2016 at 8:57  Comments (12)  
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Joe Dever nous a quitté

 

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Ce soir je suis très triste, et je ne pouvais me coucher sans rendre un dernier hommage à Joe Dever.

Pour les plus jeunes d’entre vous, ce nom ne dira sans doute rien, mais pour ma part c’est un écrivain qui a beaucoup compté. Enfant, l’un des premiers romans que j’ai lus était les Grottes de Kalte, un bouquin de la collection Loup Solitaire. Dans les années 80, les consoles de jeux n’avaient pas la place qu’elles occupaient dans les années 90, et le Web n’existait pas, du coup on s’évadait dans des univers imaginaires avec les fameux livres dont vous êtes le héros. Bien plus tard, les Grottes de Kalte ont largement inspiré les paysages glacés de mon tome 3.

Adieu Joe, et merci de nous avoir fait tant rêver.

Published in: on novembre 30, 2016 at 6:49  Comments (12)  

Arès

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Dans un futur proche, l’ordre mondial a changé. Avec ses 10 millions de chômeurs, la France fait désormais partie des pays pauvres. La population oscille entre révolte et résignation et trouve un exutoire dans des combats télévisés ultra violents où les participants sont dopés en toute légalité et où tous les coups sont permis. Reda, dit Arès, est un ancien combattant qui vit de petits boulots de gros bras pour la police. Tout va changer lorsque sa soeur se fait arrêter et qu’il doit tout mettre en oeuvre pour les sauver : elle et ses filles.

Pour de stupides raisons culturelles, produire un film de SF en France est habituellement un pari quasi-impossible, il n’y a qu’à voir depuis (l’excellent) le Prix du danger combien les échecs commerciaux et/ou artistiques sont légion. C’est donc avec une grande curiosité, et un peu d’espoir, que je suis allé voir cet OVNI cinématographique. OVNI car Arès relève plus de l’anticipation que de la Science-Fiction, l’action se déroulant dans une France dominée par les multinationales. Un sujet dans l’ère du temps tant j’ai l’impression que le Parti Socialiste et les Républicains nous proposent de choisir entre un projet de société libéral… ou ultra-libéral. Fort de ce constat déprimant, le réalisateur pousse cette logique à l’extrême et imagine un futur sombre. Chaque citoyen est libre de disposer de son corps et de servir de cobaye, avec toutes les dérives que cela comporte. Le cinéaste distille tout au long de son film un humour noir qui n’est pas sans rappeler celui de Robocop. Ainsi, dans l’émission trash 1000 euros pour un chômeur, des demandeurs d’emploi gagnent de l’argent s’ils arrivent à vaincre des boxeurs professionnels !

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Le dopage est complètement rentré dans les moeurs, ainsi que les combats no limit et la télé-réalité la plus crasse, conférant à cet univers désespéré un parfum cyberpunk qui évoque le RanXerox de mon enfance, la cybernétique en moins, mais les personnages déjantés en plus.

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Crise oblige, ce monde low tech est d’une laideur sans nom, ce qui le rend d’autant plus crédible. Il faut saluer à ce niveau l’incroyable photographie et les effets spéciaux numériques, qui transforment Paris en un gigantesque squat qui donne froid dans le dos. Imaginez la jungle de Calais autour de la Tour Eiffel.

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L’équipe de tournage n’a pas hésité à partir en Chine ainsi qu’à Kiev pour effectuer des prises de rue et créer une capitale cauchemardesque, le tout pour un budget total de seulement 4 millions d’euros. C’est d’autant plus hallucinant que le film n’a pas été tourné, comme tant d’autres, en Europe de l’Est. Le résultat à l’écran est vraiment impressionnant, avec notamment des tours d’ivoire qui contrastent avec le Paris misérable au cœur d’Arès.

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Le casting n’est pas en reste, les comédiens sont excellents. Mention spéciale au personnage de Myosotis, artiste transformiste du Net !

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Faux film d’action, mais vraie satire au vitriol du libéralisme dans ce qu’il a de plus outrancier, Arès est une oeuvre inclassable qui aurait mérité une durée plus longue histoire de développer son propos. Une oeuvre imparfaite mais généreuse, qui prouve qu’en France aussi, des cinéastes de talent savent réaliser de la bonne SF façon Paul Verhoeven. En espérant que le film soit bien accueilli, et qu’il permette l’émergence d’un authentique cinéma de genre, qui plus est engagé. Avec les sinistres élections présidentielles qui s’annoncent, on en a cruellement besoin.

PS : à signaler, Info 34, le (délirant) site officiel du film.

« Le dernier média d’information et d’actualité encore libre et indépendant en France. »
Où l’on apprend que le tour de France 2036 passera par… Vilnius, en Ukraine !

Et le compte Twitter, tout aussi drôle : @Info34France

Published in: on novembre 29, 2016 at 7:25  Comments (5)  
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Les Animaux Fantastiques

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Avant de donner sa chance à ce film, je ne me faisais guère d’illusions sur les Animaux Fantastiques car, d’une part, je ne suis pas trop fan de David Yates. Je trouve que les meilleurs Harry Potter sont les trois premiers, surtout Azkaban, un vrai petit bijou d’Alfonso Cuarón. Passé ce troisième chapitre, pour moi la mise en scène des derniers volets s’appauvrit. D’autre part, je redoutais ce que j’appelle le syndrome Star Wars, à savoir la pratique qui consiste à gagner le plus d’argent possible en usant jusqu’à la corde une franchise mythique.

C’est pour cette raison que je suis allé voir les Animaux Fantastiques l’esprit vierge, sans visionner auparavant la bande-annonce, le fléau du XXI siècle. J’avoue avoir de suite frissonné en entendant les premières notes du fameux thème musical de John Williams. Passé des scènes d’exposition assez lentes, j’ai peu à peu été happé par ce long-métrage, je n’avais jamais vu ça sur un grand écran. Imaginez un film historique qui se situe en 1926, avec énormément de costumes et de décors réalistes, puis ajoutez un univers parallèle avec un bestiaire délirant d’une extrême richesse (ah, le niffleur !).

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Niffleur for ever

Vous obtenez de l’urban fantasy assez jouissive, un background absolument incroyable, mais aussi une mise en abyme vertigineuse quand on sait que l’action se déroule dans le même univers que celui d’Harry Potter ! Les clins d’oeil n’en sont que plus savoureux.

Avec une telle recette, le film aurait déjà été une sympathique réussite, mais c’était sans compter les personnages qui m’ont touché, mention spéciale à l’ordinaire Jacob Kowalski, qui m’a ému aux larmes. En choisissant une nouvelle génération d’acteurs bourrée de talents, David Yates a donné une autre dimension au monde d’Harry Potter, comme si le film s’adressait à des jeunes adultes désenchantés… les anciens lecteurs de J.K. Rowling qui ont grandi ? De part son physique androgyne, le génial Eddie « Danish Girl » Redmayne constituait le choix idéal pour incarner ce personnage d’écologiste naïf au coeur meurtri, confronté à un monde sur le point de connaître la pire crise économique de l’Histoire… et les affres du fascisme. L’ambiance du film est à ce titre lourd de sens avec les discours populistes et autres chasses aux sorcières perpétrés dans les rues de New York. Les personnages féminins ne sont pas en reste avec notamment une Katherine Waterston méconnaissable. Une protagoniste extrêmement moderne, fragile, et mal dans ses pompes, limite « vieille fille », qui ne manque pas de ressources… et qui m’a bouleversé. Comme ça fait du bien de voir un si beau portrait de femme au cinéma !  Vous l’aurez compris, on est face à un film surprenant, mélancolique, peuplé de sorciers capables de réparer les dégâts causés sur la ville et la population : comment ne pas rêver à de tels pouvoirs quand on pense à notre triste actualité ? Avec cette fin résolument douce-amère, crépusculaire, mais aussi pleine d’espoir, David Yates m’a plus impressionné qu’avec ses quatre derniers Harry Potter. Au risque de passer pour un hérétique, j’ai même été d’avantage séduit par ce film que par la Chambre des Secrets.

Vivement la suite !

Published in: on novembre 25, 2016 at 2:53  Comments (16)  
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Le dao de l’écriture

J’avais envie de parler d’écriture suite au visionnage d’un documentaire Arte émouvant : le katana, sabre des samouraïs.

Dans ce film que je vous recommande chaudement, on partage la vie du dernier forgeur de sabres du Japon, et des hommes qui l’accompagnent, de la fonderie au polissage. C’est un témoignage exceptionnel à plus d’un titre car on découvre la somme d’efforts fournie par des artisans qui ont l’amour du travail bien fait… et c’est un euphémisme. Pour concevoir un sabre, les fondeurs doivent pelleter à la main pas moins de 23 tonnes de sable et de charbon de bois, ainsi que 8 tonnes de sable ferrugineux afin d’obtenir un acier qui ne doit pas rouiller : c’est le fameux acier tamahagane, considéré par le maître fondeur comme son « propre enfant ». Ces artisans aux techniques ancestrales vont jusqu’à réciter des mantras et méditer, conférant à ce très long travail (parfois dangereux), un caractère spirituel, pour ne pas dire religieux, qui m’interpelle. Ces hommes sacralisent quelque chose d’essentiel : le temps. Voilà (en partie) pourquoi un vrai sabre japonais est inestimable.

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J’avais déjà écrit un article sur le lien entre le temps et la création artistique. En tant qu’auteur, je me suis toujours considéré comme un simple artisan, au milieu de nombreux (et talentueux) camarades écrivains. Certains d’entre nous deviennent des artistes, c’est le cas notamment de Jean-Philippe Jaworski qui écrit de la Fantasy avec une plume digne d’un romancier du XIXe siècle, mais pour ma part être artisan, c’est déjà beaucoup. Je me sens privilégié car j’ai la possibilité de consacrer plusieurs heures par jour à cette activité, une chance quand on sait combien le temps est nécessaire dans la création littéraire. J’en suis de plus en plus convaincu, la preuve avec cette anecdote.

Vous allez dire que je ne pense qu’avec mon estomac, mais il y a quelques mois, je suis tombé par hasard sur un camion pizza pas loin de chez moi, en Lorraine. Je l’ai testé… et j’ai réalisé que n’avais jamais mangé d’aussi bonne pizza de toute ma vie. Comment était-ce possible, si loin de ma Méditerranée chérie ? J’en ai commandé à nouveau, j’ai étudié les ingrédients, qui étaient vraiment de qualité (le vinaigre balsamique venait d’Italie, comme tous le reste d’ailleurs), jusqu’au moment où j’ai sympathisé avec mon dieu vivant le pizzaïolo, que j’ai félicité.

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« La 7 fromages », la meilleure pizza de l’univers, se mange à Hettange-Grande, en Lorraine.

Devant ma mine intriguée, il m’a spontanément dévoilé son secret… « qui n’en est pas un », a-t-il prévenu en riant. Alors que la plupart des cuisiniers préparent la pâte quelques heures avant de réaliser la pizza (ce qui peut donner des maux d’estomac), lui la laisse reposer plusieurs jours dans d’énormes réfrigérateurs. « Comme souvent, on en revient toujours au temps » m’a-t-il confié avec un grand sourire. Ce pizzaïolo est tellement demandé que son camion ne s’arrête dans ma ville que le dimanche, et il faut commander sa pizza à 17h30 pour être sûr de l’obtenir le soir ! Le fait qu’il prenne son temps est la raison d’être de son artisanat.

Au Japon, pays que je connais un peu, il y a un art (un dao, « la Voie » ), et donc un temps, pour tout : l’art de faire du thé (le cha dao, dont la cérémonie peut durer 5h00), l’art de dégainer un sabre (l’iaido, que l’on peut pratiquer toute une vie), l’art de la main vide (karate-do), l’art de la composition florale (le… kado, ça ne s’invente pas)*. Et si il existait un dao pour écrire ? Un art qui prendrait son temps ? Comme son nom l’indique, le dao, « la Voie », est un concept philosophique inspiré du tao chinois. Dans les arts cités plus hauts, il y a la notion d’art de vivre, d’harmonie. S’il existe un art de l’écriture, celui-ci ne peut que respecter le temps, c’est à dire suivre le tao, la force fondamentale de l’univers, l’essence même de la réalité. Cet art de l’écriture, un non-agir, serait donc à l’opposé des contraintes éditoriales d’aujourd’hui.

Attention, je ne suis pas en train de vous dire que les auteurs qui publient trois romans par an ne sont pas de vrais artistes. J’admire les amis écrivains capables d’être si productifs, ils font preuve d’organisation, de discipline et d’enthousiasme. Après, qu’ils me corrigent si je me trompe, je pense que ce n’est pas un rythme qu’on peut tenir sur toute une vie, qualitativement parlant. C’est déjà terriblement difficile de livrer un roman en temps et en heure à son éditeur… j’en sais quelque chose. Quand mon tome 1 a été publié, mon tome 3, les Corsaires de l’Ecosphère, n’était qu’un premier jet. Je l’avais écrit avant même de savoir si ma trilogie allait trouver une maison d’édition, pour m’enlever de la pression en cas de publication, mais aussi pour rassurer un futur éditeur sur le sérieux de mon projet. Ce tome 3 n’était donc qu’une ébauche, assumé comme tel. De plus, si mes tomes 1 et 2 étaient chamboulés par des corrections éditoriales, ça ne servait à rien de me concentrer sur ce tome 3… et encore moins si le tome 1 n’était pas publié**.

À la base, il devait sortir en février 2016, jusqu’au moment où des amis bêta-lecteurs, ainsi que ma correctrice, Marie, ont lu une version préliminaire et m’ont dit solennellement « tu peux aller beaucoup plus loin ».

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Je m’étais obstiné à écrire un tome 3 relativement court… et ce format n’était pas possible. Ils avaient raison, j’avais trop de choses à raconter.

J’ai demandé à Bragelonne six mois supplémentaires, qui m’ont été généreusement accordés. Le bouquin a doublé de volume, a gagné en profondeur… et je ne le regrette pas. Un auteur n’est jamais complètement satisfait de son travail, mais en ce qui me concerne , sans ce délais supplémentaire je n’aurai pas pu donner à mes lecteurs une fin convenable. Pour tout vous dire, je me suis fait un peu peur et je me suis juré de ne plus jamais écrire de trilogie et, surtout, de flirter avec une deadline.

Cela ne veut pas dire que je vais consacrer 5 ans à mon prochain roman. D’une part, écrire est de plus en plus facile. D’autre part, mon éditeur a raison, il est clair qu’il n’est jamais bon d’être oublié de ses lecteurs. Cependant, écrire n’est pas seulement mon métier, c’est aussi à mes yeux un « plaisir sacré », mon dao en quelque sorte. Si j’ai la chance d’atteindre un âge avancé, je veux pouvoir être fier de chacun de mes enfants de papier, et non me dire « celui-ci est mauvais, car j’avais une deadline/besoin d’argent/plus la flamme ». Je n’ai pas l’intention d’accoucher d’une centaine d’œuvres.

C’est pour toutes ces raisons que l’année 2017 sera dédiée à la rédaction de mon quatrième ouvrage, un roman historique fantastique. Pour savoir si mon intrigue est plausible, j’ai passé de longs mois à effectuer des recherches dans des livres d’histoire, au point où je n’en suis encore qu’au synopsis de travail ! J’ai eu l’impression de reprendre mes études, sans le stress qui va avec. Cela peut paraître long, mais paradoxalement, poser des fondations solides me permettra de gagner du temps lors de l’écriture, car je n’aurai pas à réécrire dix versions du même bouquin… ce qui s’est produit avec ma trilogie. Plus les années passent, plus je réalise que le temps est la ressource la plus précieuse à notre disposition, une ressource irremplaçable. Si un auteur fait preuve de patience et de ténacité, le temps devient son meilleur allié.

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* Si vous voulez en savoir plus sur le sens de cette philosophie, je vous recommande l’excellent blog d’un passionné d’Aïkido, la cartographie des arts martiaux.

** C’est un cauchemar qui m’a longtemps hanté, me dire que j’avais peut-être consacré une dizaine d’années à des suites qui ne verraient jamais le jour… sans parler du tome 1.

Published in: on novembre 4, 2016 at 10:41  Comments (26)  

Doctor Strange

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Le Docteur Stephen Strange est un brillant neurochirurgien imbu de sa personne. Sa vie bascule après un grave accident qui lui laisse d’irrémédiables séquelles physiques. Son seul espoir : partir à Katmandou en quête d’un gourou qui pourra le soigner…

Belle surprise que ce Doctor Strange, un peu à part dans l’univers Marvel. Plus je regarde de films super-héros, et plus je réalise que les seuls protagonistes qui m’intéressent vraiment sont les personnages vulnérables : le Docteur Strange est de ceux-là. Odieux, matérialiste, égocentrique, le médecin joué par l’excellent Benedict Cumberbatch est aussi un être brisé, ce qui rend son évolution d’autant plus intéressante. À l’image d’un Batman Begins, il y a une dimension spirituelle pertinente lorsque le héros s’en va au Népal, à la recherche de lui-même. J’ai également  aimé l’idée d’un multivers, un concept encore plus fou que celui des Gardiens de la Galaxie. Le réalisateur a eu recours à beaucoup d’images fractales pour représenter une magnifique dimension-miroir, qui n’est pas sans rappeler l’esthétique sublime d’Inception. Il est rare de voir à l’écran des blockbusters méditatifs, et le Doctor Strange a l’intelligence de concilier la culture pulp-new age (le mythe de Shamballa, le  voyage astral, les univers parallèles) avec une imagerie qui renvoie aux théories physiques les plus folles. Si on peut déplorer le côté un peu classique du scénario, on aurait tort de bouder ce voyage initiatique du lâcher-prise, illuminé par une Tilda Swinton au charisme dingue.

Bien joué, Marvel !

Published in: on novembre 1, 2016 at 7:52  Comments (7)  
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Dernier train pour Busan

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Avec tous ces festivals, je n’ai pas eu le temps de vous parler DU film qu’il fallait absolument voir en septembre : Dernier train pour Busan.

Une oeuvre que j’ai du mal à oublier. Une fois encore, il s’agit d’une perle du cinéma sud-coréen qui ne cesse de surprendre depuis une quinzaine d’années avec des longs métrages aussi radicaux que Old Boy,  J’ai rencontré le Diable, Le bon, la brute et le cinglé, Snowpiercer, The Host, 3 extrêmes, sans oublier le chef d’oeuvre contemplatif (et injustement méconnu) Printemps, été, automne, hiver… et printemps. Autant vous prévenir tout de suite, Dernier train pour Busan est un film de zombies. Attendez, ne partez pas ! Dernier train pour Busan n’est pas qu’un film de morts-vivants, puisqu’il s’agit également d’une satire au vitriol de la société sud-coréenne, devenue de plus en plus individualiste, mondialisation oblige. Après avoir découvert une galerie de personnages attachants et souvent drôles (les acteurs sont phénoménaux), on bascule lentement mais sûrement dans le drame. Réflexion sociologique, thriller haletant bourré d’action mais aussi film d’horreur intelligent, Dernier train pour Busan est un peu tout cela à la fois, avec des zombies véloces qui ne sont pas sans rappeler les créatures de 28 jours plus tard. À l’image du réalisateur britannique, Yeon Sang-ho privilégie l’émotion avec un dernier quart d’heure d’anthologie, riche en rebondissements, qui m’a ému aux larmes (sans parler de la scène du tunnel). Un film d’horreur bouleversant, ce n’est pas si courant au cinéma, alors hangug manse* !

*Vive la Corée !

Published in: on octobre 25, 2016 at 9:08  Comments (2)  
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L’aventure chez Bragelonne continue !

En janvier 2015, je vous annonçais ici-même que les Pirates allaient être publiés chez Bragelonne. À l’époque, la collection Snark, qui visait à lancer de nouveaux auteurs français, n’était pas très connue des lecteurs, au point où certains de mes amis étaient persuadés que les Pirates ne seraient disponibles qu’en numérique ! Ironie du sort, la version POD (« Impression à la Demande ») de mon tome 1 a été bien accueillie dans les festivals et les librairies, ce qui était loin d’être gagné pour le premier roman d’un inconnu… Aujourd’hui, alors que la trilogie a été publiée, je suis heureux de vous annoncer que l’aventure de l’Escroc-Griffe se poursuit !

Le 1er décembre, Bragelonne publie l’intégrale des Pirates de l’Escroc-Griffe. Qu’est-ce qu’une intégrale ?

Stéphane Marsan répond à cette question dans cet extrait du podcast Dream On :

En dehors du fait que c’est une marque de confiance de mon éditeur qui me va droit au cœur, cela signifie que les Pirates vont connaître une nouvelle vie… et un nouveau lectorat, avec une exposition en rayon dans beaucoup – beaucoup plus – de librairies.

Ce n’est pas non plus une « bête » réédition collector : les trois tomes ont bénéficié (à nouveau) d’une correction éditoriale, de jolis séparateurs de paragraphes, ainsi que d’une couverture originale réalisée par le talentueux YOz, qui a (entre autre) travaillé pour le magnifique jeu de cartes Magic : l’Assemblée.

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J’espère qu’elle vous plaira, je trouve que YOz a réalisé un travail splendide au niveau des détails, qu’on retrouve dans la saga, sans parler de la couleur turquoise… Le bouquin sera très épais, l’un des plus gros jamais conçus chez Bragelonne, dixit un membre de l’équipe ! La carte du tome 3 sera cette fois sur deux pages.

Tout ça pour vous dire que je suis heureux que l’Escroc-Griffe poursuive son périple sur des mers plus moins ignorées, pour pasticher le titre du célèbre roman de Tim Powers.

À bientôt !

Published in: on octobre 20, 2016 at 12:05  Comments (19)  

Les 24 heures de la dédicace

À la lecture de cet article, vous allez peut-être penser « décidément ce type aime tous les festivals », pourtant la 25e Heure du Livre était vraiment un délice, en grande partie grâce aux (délirants) bénévoles de la librairie Doucet que je remercie chaleureusement, des êtres d’exception capables de vous dégotter des rillettes en plein salon*, excusez du peu. Le samedi soir, j’ai découvert la plus extraordinaire des librairies : imaginez une cuisine au milieu des livres, et des plats tous plus succulents les uns que les autres… Un rêve, que dis-je, une utopie. Eh bien Doucet l’a fait.

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C’est dans ce cadre sublime que j’ai discuté avec René Guitton de désert et de Jordanie, mais aussi de philosophie avec le passionnant Thierry Berlanda. Je n’ai rencontré que des écrivains hors-normes, de tous horizons, des personnes absolument géniales : Arnaud Chneiweiss, auteur de techno-thrillers, Sylvain Forge, rôliste à l’imagination débordante passionné par les mangas des années 80 (tu as raison Sylvain, c’était le bon temps, snif), et Cloé Mehdi, une auteure de polars un brin hacktiviste, que je soupçonne de travailler pour la NSA (ce qui explique cette photo étrange).

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De gauche à droite, votre serviteur, Sylvain Forge, Thierry Berlanda et Cloé Medhi

J’ai aperçu Harlyn Geronimo, arrière-petit-fils du célèbre Apache !

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J’ai également eu le plaisir de dédicacer à côté de ma voisine de collection, Méropée Malo.

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Méropée, merci d’avoir supporté Groot pendant tout le salon. Je ne compte plus le nombre de personnes qui m’ont demandé ce qu’il se passait lorsqu’on appuyait sur le bouton jaune « Non ! » suppliait Méropée, tandis qu’avec les bénévoles nous nous trémoussions sur « I want you back ». Méropée, cette vidéo est pour toi, ne me remercie pas.

Un immense merci à la librairie Doucet pour ce moment convivial et, il faut le dire, de franche rigolade, à l’année prochaine ! Et merci à Réjane Durand, fidèle de l’Escroc-Griffe.

* Je suis toujours végétarien, mais revenir du Mans sans rillettes pour la famille, c’est la loose.

Published in: on octobre 10, 2016 at 11:56  Comments (4)