Coming out

Gandalf GIF.gif

Pfff, par quoi commencer ? (soupir)

Hum.

Bon. Vous vous souvenez de cet article dans lequel j’expliquais que j’avais passé six mois à bosser sur le synopsis d’un quatrième roman historico-fantastique ? Ceux qui me connaissent le savent, j’ai répété  à maintes reprises que JAMAIS je ne me relancerai dans une trilogie. Trop de souffrance, trop de pression, et surtout trop d’années passées à corriger 1200 pages… Un vrai calvaire.

Il y a une semaine, j’étais tranquillement assis dans le train lorsque soudain je fus frappé par la foudre. Comment avais-je pu passer à côté de CETTE IDÉE ?

Arrivé à la maison, j’écrivais frénétiquement jusqu’au milieu de la nuit les… trois synopsis de ce qui ressemblait fort à… à… hum, disons une… trilogie (on ne ricane pas).

Un spin-off qui se déroule dans (l’immense) univers des pirates de L’Escroc-Griffe, à une autre époque et sur un monde inédit. Une trilogie indépendante de la première série, avec des protagonistes différents.

À mesure que je prenais plaisir à martyriser mon clavier, je ne pouvais m’empêcher de me sentir coupable vis-à-vis de mon projet de livre historico-fantastique. Je me retrouvais dans la peau du quadragénaire-marié-deux enfants qui tombe amoureux d’une petite jeune, bouleversé par des émotions qu’il pensait ne plus jamais ressentir. Une excitation qui m’a donné l’impression de rajeunir de dix ans.

totoro-gif

Au réveil, j’avais le sourire, mais aussi peur des réactions de mes proches. N’était-ce pas un fantasme d’auteur sans lendemain ? Pourtant, mes sentiments étaient toujours là. J’étais amoureux de cette nouvelle trilogie et plus que tout, j’avais envie de repartir explorer cet univers que je connaissais si bien, comme lorsque j’avais la vingtaine. J’éprouvais un tel soulagement que je mettais mon projet historico-fantastique en stand-by.

Depuis, je n’ai pas arrêté d’écrire… et même de beaucoup écrire.

Ce qui est complètement fou, c’est que j’ai créé trois synopsis sommaires en une nuit, alors qu’il m’a fallu six mois pour accoucher péniblement du plan du roman historique fantastique que je préparais. J’espère ne pas avoir perdu toute crédibilité à vos yeux.

Homard GIF.gif

Ma muse fait parfois n’importe quoi

La grande leçon à tirer de cette crise de la quarantaine qui approche mon revirement, c’est qu’il faut écouter son instinct, son cœur, voire ses tripes. Même si je ne renie pas mon autre projet (je vous assure que l’idée est vraiment originale, du moins à mes yeux), je pense que j’ai lancé ce chantier pour de mauvaises raisons. Bêtement, je voulais prouver à mes lecteurs que j’étais capable d’imaginer autre chose que de la fantasy, que je savais inventer des histoires adultes plus sombres. Il y a quelques semaines, j’ai même écrit en cachette une nouvelle de SF orientée hard science. Il faut que j’arrête de me mentir, et assumer ma vraie nature.

Je suis un écrivain de Fantasy young adult dans l’âme et j’adore ça !

Je crois aussi que sans m’en rendre compte, les paroles de Stéphane m’ont rassuré et apaisé, comme si des digues logées dans mon inconscient avaient sauté.

Cela ne veut pas dire que je n’écrirai pas un jour ce roman historique qui me tient à cœur, mais pour l’instant je m’amuse comme un petit fou. Une trilogie, il n’y a que ça de vrai…

legume-en-colere-gif

… Même si une trilogie prend pas mal de place dans une vie d’auteur

Voilà, vous pouvez me balancer œufs et tomates.

Bonus : mon article écrit il y a un an, intitulé Pourquoi il ne faut jamais écrire de trilogie (tiens, il y avait également Gandalf dedans).

Published in: on janvier 16, 2017 at 9:58  Comments (26)  

Quelques minutes après minuit

a-monster-calls-conor-falling-0

Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires.

Attention OVNI ! Quelques minutes après minuit est un long-métrage à part, à l’image de son protagoniste principal, « trop vieux pour être un enfant, et trop jeune pour être un homme ». Ce drame fantastique est inspiré du livre de Patrick Ness, qui a lui-même repris les premières pages de Siobhan Dowd, emportée par un cancer avant qu’elle n’ait pu écrire cette histoire dont elle avait eu l’idée. Plus tard, Patrick Ness a travaillé sur l’adaptation cinéma de son propre roman dont l’un des thèmes est la narration, comme le souligne le personnage du monstre :

Les histoires sont des créatures sauvages. Quand tu les libères, qui sait ce qu’elles peuvent déclencher ?

Pourquoi raconte-t-on des histoires ? Ou plutôt pourquoi se raconte-t-on des histoires ? En décidant de traiter d’un sujet ô combien casse-gueule, la mort de l’enfance, le réalisateur livre une oeuvre exceptionnelle de sincérité, sans concession, qui rappelle un peu par sa noirceur le Labyrinthe de Pan, le chef d’œuvre de Del Toro. Clouant au piloris toute forme de manichéisme, le film est porté par son très jeune acteur, ainsi qu’une Sigourney Weaver plus vraie que nature en grand-mère à cheval sur les principes, sans parler de la performance de Félicity Jones, déjà émouvante dans Rogue One. Rarement  un long-métrage n’aura aussi bien montré la colère que l’on peut ressentir enfant. Quelques minutes après minuit est, en quelque sorte, la suite spirituelle de Max et les maxi monstres. Cerise sur le gâteau, les contes présents dans le film sont illustrés par de somptueuses aquarelles en animation qui évoquent celles d’Harry Potter et le Prince de sang-mêlé.

a-monster-calls-6

Après l’Orphelinat, et The Impossible, le cinéaste espagnol Juan Antonio Bayona prouve qu’il est un réalisateur à suivre de très près, qu’on se le dise !

Published in: on janvier 13, 2017 at 9:43  Comments (2)  

Westworld

westworld3

C’est bien la première fois qu’une série m’enthousiasme… à partir du dernier épisode. Mais quel épisode !

J’ai commencé à la regarder suite à un article du Monde qui présentait Westworld comme la série qui allait détrôner Game of thrones… Sceptique, je me suis vite rendu compte que la comparaison n’était guère pertinente : excepté le fait d’être deux super-productions HBO, les deux shows n’ont pas grand chose en commun. Westworld est un parc d’attraction dans lequel de riches joueurs s’amusent à jouer aux cow-boys.

westworld4

Le drame, c’est que les figurants sont des « hôtes » inconscients d’être des machines, des robots capables de saigner réinitialisés régulièrement. L’idée intéressante de la série, c’est d’avoir fait de ce parc un gigantesque GTA. Comme dans un jeu vidéo à monde ouvert, les « guests » (les invités) peuvent obtenir des quêtes auprès des hôtes pour accomplir des missions, mais aussi « juste » tuer, violer, et ainsi assouvir leurs fantasmes. C’est un peu le point noir des productions HBO, à chaque fois les scénaristes ne peuvent s’empêcher de tomber dans une surenchère de violence et de sexe qui n’apporte pas grand chose au récit. Mais passé ce constat, la série amène doucement des questions philosophiques intrigantes. Y a-t-il d’autres formes de conscience que la nôtre ? Avec les progrès de l’intelligence artificielle, ne sommes-nous pas en train de perdre notre humanité ? Une conscience émergente aura-t-elle tendance à nous considérer comme des dieux ?

westworld_1.jpg

En SF, ces questions ont déjà été abordées depuis longtemps mais la série a l’intelligence de nous faire partager le point de vue des robots, ainsi que leurs angoisses métaphysiques notamment, face à la question du libre-arbitre. Quelles en sont les limites ? C’est une interrogation d’autant plus intrigante que ces robots reviennent sans cesse à la vie et participent à des scénarios redondants, habilement filmés grâce à des points de vue différents. Par un effet de miroir troublant, cette problématique du libre-arbitre concerne également les êtres humains et leur désirs insatiables. Ne sommes-nous pas des machines biologiques ignorantes conditionnées par la colère, la peur et l’attachement, des consommateurs enfermées dans notre propre labyrinthe, celui du divertissement ?

labyrinthe.jpg

C’est en substance ce qui rend l’opposition entre les deux scénaristes du parc passionnante. Alors que le vulgaire Lee Sizemore, directeur de la narration, souhaite des scénarios toujours plus violents et outranciers, le Docteur Robert Ford, le fondateur du parc, (Anthony Hopkins) réclame au contraire plus de subtilité, de réalisme et d’émotion dans les intrigues, afin que Westworld devienne pour les joueurs une expérience initiatique inoubliable leur permettant de découvrir leur vraie nature.

hopkins

Anthony Hopkins, plus pervers que jamais

Série non dénuée d’un certain humour (le piano bastringue du saloon joue de la musique délicieusement anachronique), Westworld prend enfin son envol dans un dernier épisode glaçant digne de Blade Runner, avec un cliffhanger qui place la barre très haut. En espérant que la saison 2 confirme cette bonne impression et aille encore plus loin.

Published in: on janvier 12, 2017 at 10:39  Comments (6)  

Stéphane Marsan parle des Pirates

Capture d’écran 2017-01-11 à 13.05.32.png

Cela faisait longtemps que j’avais envie de vous parler de Dream On, un excellent podcast de Mister D consacré aux coulisses de l’édition. Dans cette émission unique en son genre mon éditeur, Stéphane Marsan, évoque sans langue de bois son métier, les rapports entre maisons, auteurs, libraires et agents, le tout avec des anecdotes croustillantes. Il raconte également le travail éditorial, mais aussi les salons littéraires, l’histoire de Bragelonne   ainsi que le numérique. Autant dire que ce podcast est une mine d’or pour les écrivains, publiés ou pas, ainsi que pour les passionnés de SFFF* en général. Tous les numéros sont disponibles sur le site officiel, ainsi que sur iTunes. Pour ceux que ça intéresse, je vous conseille de les écouter dans l’ordre.

Dans l’épisode 11, il était (entre autre) question des intégrales Bragelonne de ce Noël, ainsi  que de ma trilogie, à partir de la huitième minute ici :

J’ai été très touché par les mots de mon éditeur. Merci Stéphane !

*Science-Fiction, Fantasy, Fantastique

Published in: on janvier 11, 2017 at 12:12  Comments (9)  

Apologie du synopsis

Ca y est, je suis sur le point de terminer le synopsis de travail de mon prochain roman ! J’ai commencé à l’écrire… cet été. Oui, vous avez bien lu : j’ai consacré près de six mois de ma vie à un synopsis de travail de 60.000 signes*, insipide à lire… comme tous les synopsis d’ailleurs. Est-ce du masochisme ? Dans cet article, je parlais de la différence entre les structurants et les scripturants. Tous les auteurs le savent, le monde se divise en deux catégories : les architectes et les jardiniers. Quand on commence à écrire, la question qui revient immanquablement sur la table est : comment mon cerveau fonctionne ?

cerveau-gif

Pour ma part, je suis architecte : avant d’écrire mon roman, j’établis un plan (le fameux syno) avec un début, un milieu et une fin. Je sais déjà quel climax (la « séquence forte ») est susceptible de toucher le lecteur. D’autres écrivains préfèrent travailler différemment, et ne supportent pas de connaître le dénouement. Ils progressent au fil de leur inspiration, coupant les branches qui dépassent : on dit d’eux qu’ils jardinent. Bien sûr, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode et, de la même façon, on est jamais complètement l’un ou l’autre de ces archétypes.

Toujours est-il que j’ai constaté que le synopsis de travail est souvent mal aimé. J’ai même des amis écrivains qui le haïssent, parce que le synopsis est capable de vous bouffer le cerveau.

Créature japonaise GIF.gif

Un spécimen intéressant de synopsis gigantis, communément appelé synopsis, occupé à chasser une proie. Sa victime, une auteure, n’a malheureusement aucune chance d’échapper à son piège mortel.

J’aimerais pourtant prendre sa défense. Je sais que ça peut étonner, je vous vois déjà venir :  » pourquoi ce type passe six mois sur un synopsis, alors qu’il aurait pu, dans le même laps de temps, écrire le premier jet de son bouquin ? »

C’est vrai, j’aurais largement pu fournir une première version en moins d’un an. Mais une des leçons que j’ai retenues avec ma trilogie, c’est de ne pas se lancer les yeux fermés dans un projet complexe… au risque d’y consacrer douze ans.

the-duke-gif

Autant dire une éternité

Certes, ce délais extrêmement long s’explique en partie parce qu’il ne faut jamais commencer par une trilogie, mais honnêtement, si j’avais, au tout début, travaillé sur trois synopsis minutieusement détaillés, cette série aurait été moins difficile à écrire. Pour ce qui est de mon quatrième bouquin, un roman historique fantastique, j’ai complètement changé mon fusil d’épaule. Vu que je devais effectuer des recherches colossales (grosso modo : connaître dans les moindres détails l’Empire romain au IVe siècle après J.-C., la mentalité de ses habitants, mais aussi la vie quotidienne à cette époque, de la cuisine à la mode vestimentaire), j’ai lu quantité de livres sur l’Antiquité tardive avec l’angoisse de me dire que ça allait être plus compliqué et restrictif que de créer un univers imaginaire. Je ne pouvais pas plus me tromper ! Non seulement c’est tout aussi enthousiasmant, mais en plus l’Histoire, la vraie, m’a apporté quantité d’éléments pertinents et originaux que je n’aurais jamais osé imaginer, et qui sont pourtant véridiques. J’aborde ici un point fondamental : c’est parce que j’ai choisi de travailler sur un synopsis que mon intrigue a pris une épaisseur qu’elle n’avait pas à la base. Si j’avais commencé par un premier jet sans trop me prendre la tête, je  me serais retrouvé à coup sûr coincé au milieu de mon intrigue, ne serait-ce qu’à cause des recherches. Au mieux elles m’auraient coupé net dans mon élan, au pire elles m’auraient démontré que mon scénario ne collait pas avec l’Histoire (ce que je voulais éviter à tout prix). Une grosse incohérence ou un problème de structure peut provoquer la réécriture  complète d’un bouquin…

Fight Club.gif

Un autre point tout aussi essentiel : un synopsis amène du liant à l’histoire. Pendant des mois j’ai travaillé sur l’idée-force de mon intrigue, sa colonne vertébrale, et la tentation était grande de recourir à un maximum d’événements, de personnages, mais aussi de lieux… Le risque, c’est d’aboutir à une histoire brouillonne qui part dans tous les sens. Pour obtenir ce liant, il a fallu se recentrer sur une question essentielle, à savoir : que cherche mon personnage ? En décidant de ne traiter que quelques thèmes, on arrive rapidement à savoir ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Un peu comme lorsqu’un réalisateur veut consacrer un film à la Seconde Guerre mondiale : impossible d’avoir une approche globale, car il y a des dizaines de millions de protagonistes éparpillés aux quatre coins du monde ! Ce qui compte ce sont les personnages et l’histoire qu’ils vont vivre. Il faut donc adopter une échelle plus restreinte. Spielberg a consacré un film aux hommes qui ont participé au Débarquement de Normandie en 1944 (Il faut sauver le soldat Ryan), mais par la suite, en qualité de producteur, il a privilégié un autre point de vue sur l’événement : dans l’émouvante série Band of brothers, on suit le destin incroyable mais véridique des membres de la Easy Company, parachutés pendant ce même Débarquement derrière les lignes ennemies. Les deux visions sont complémentaires car les thématiques sont différentes : alors que Ryan renvoie à un dilemme moral (sacrifier plusieurs vies pour en sauver une), Band of brothers a une approche plus documentaliste en essayant de nous faire comprendre comment une profonde camaraderie a permis à des hommes ordinaires de survivre à des événements extraordinaires.

bandofbrothers

Band of Brothers, l’une des plus belles séries HBO qu’il m’ait été donné de découvrir, à voir une fois dans sa vie. En plus vous n’avez pas d’excuses, il n’y a qu’une seule saison de 10 épisodes !

Mon synopsis m’a une nouvelle fois rappelé, si je l’avais oublié, combien il est important de savoir changer de point de vue pour rester au niveau de ses personnages, que l’intrigue se déroule au milieu d’une bataille spatiale gigantesque ou dans une cave exiguë. Peu importe la taille du synopsis de travail et sa complexité, on devrait toujours pouvoir le résumer en une phrase, le fameux pitch (mais ceci est une autre histoire). Cela ne veut pas dire que les architectes ont raison et les jardinier tort ! Comme je le disais au début de l’article, on est jamais complètement l’un ou l’autre, et je connais des jardiniers qui travaillent avec des plans relativement détaillés.

Tout ça pour dire que je ne regrette absolument pas d’avoir consacré six mois de ma vie à mon synopsis, car en réalité je me suis épargné plusieurs années de calvaire, et surtout de longues périodes de stagnation. C’est ce qui m’est arrivé à plusieurs reprises sur le tome 2 des Pirates : il n’y a rien de pire que de ne pas savoir comment certains événements capitaux doivent s’enchaîner  entre le début et la fin du bouquin ! Bien sûr, je ne suis pas à l’abri de mauvaises surprises sur mon prochain roman, mais quoi qu’il arrive, l’écriture du premier jet sera moins long, c’est une certitude.

*Pour ceux qui l’ignorent, les auteurs n’évaluent jamais la taille d’un manuscrit en nombre de pages, mais en signes « espaces comprises ». Cet usage tient au fait que le nombre de pages varie en fonction des traitements de texte, de la police choisie, de la mise en page… bref, de la typographie. Vous trouverez le nombre de signes de votre manuscrit dans votre traitement de texte favori.

Published in: on janvier 6, 2017 at 10:49  Comments (32)  

Passengers

passengers5.jpg

Alors que 5000 personnes endormies voyagent dans l’espace vers une lointaine planète, un passager est accidentellement tiré de son sommeil artificiel 90 ans trop tôt.

Après Arès, Premier Contact et Rogue One, décidément la SF a le vent en poupe !

La bande-annonce laissait entendre qu’on allait assister à une comédie romantique dans l’espace, fort heureusement il n’en est rien ! Enfin, si. Il y a une belle histoire d’amour, mais ce n’est pas le coeur du film. Alors que bien des space opera se concentrent sur l’aventure, Passengers a le mérite de traiter d’un non-voyage. Que se passerait-il si un passager était sûr de mourir seul dans un gigantesque vaisseau spatial ? Peut-on encore avoir un sens moral lorsqu’on est totalement coupé de la civilisation ? Qu’est-ce qui peut motiver un individu à abandonner pour toujours sa famille et ses amis ? Fort de ces questions intéressantes, cette comédie légère façon Un jour sans fin prend progressivement un registre de plus en plus grave qui n’est pas déplaisant, le tout porté par deux acteurs excellents, et une BO de Thomas Newman en grande forme. On regrettera juste certaines facilités au niveau du scénario, on est loin de la hard science… mais c’est un point anecdotique qui ne gâche en rien ce joli conte des étoiles.

Drôle, angoissant et même émouvant, Passengers est une belle fable philosophique sur la solitude, qui vaut le détour. En bonus, cette vidéo dans laquelle Jennifer Lawrence et Chris Pratt se balancent des horreurs…

Published in: on janvier 5, 2017 at 10:16  Comments (6)  

Good year

Goodyear.jpg

Je profite de cet effroyable calembour pour vous présenter mes meilleurs voeux, en vous souhaitant le forfait classique : une bonne santé, un gros coup de bol au Loto et le bonheur d’une famille Kinder.

kinder.jpg

De mon côté, 2017 va être une période de transition, partagée entre la promo de l’intégrale de la trilogie et le chantier de mon nouveau roman. Ma résolution d’auteur : parler un peu plus d’écriture.  Les plus observateurs d’entre vous constateront que le blog a changé de nom, Les Pirates de l’Escroc-Griffe devenant tout simplement L’Escroc-Griffe.  « Pourquoi ? » demande avec anxiété la foule. Tout simplement parce que même si l’imaginaire restera le dénominateur commun de mes futurs livres, ceux-ci ne se situeront plus dans l’univers des Mers Turquoise. J’espère que ce nouveau voyage en terra incognita vous plaira.

À bientôt les amis !

Published in: on janvier 1, 2017 at 9:20  Comments (19)  

May the Force be with you. Always.

Lei and Obiwan.gif

Published in: on décembre 28, 2016 at 10:27  Comments (6)  
Tags: , ,

Ceci n’est pas un blog

dragonlance

À ma grande honte, je dois vous avouer qu’il y a quelques mois j’ai oublié l’anniversaire… de mon propre blog (j’espère qu’il ne m’en tient pas rigueur). J’en profite donc pour vous livrer un article-bilan et vous souhaiter au passage de belles fêtes de fin d’année.

De mon côté 2016 fut riche, d’abord en tant que papa, mais aussi en tant qu’auteur… Désolé (encore une fois) de ne plus être trop présent sur la blogosphère.

Cela fait maintenant plus de trois semaines que l’intégrale des pirates de L’Escroc-Griffe figure régulièrement dans le top 100 Fantasy-SF FNAC. Coïncidence amusante, le bouquin est souvent classé à côté de Dragonlance, une saga qui a bercé ma jeunesse, je ne pouvais être plus heureux.

fnac-aix-en-provence

FNAC d’Aix-en-Provence, le 9 décembre

Que vous commentiez mes billets ou pas, je vous remercie de votre fidélité. Créé le 25 septembre 2013, ce blog vieux de trois ans a dépassé les 60.000 visites. Les articles les plus populaires de 2016 sont Pourquoi il ne faut jamais écrire de trilogie, Créer un univers imaginaire, Hygiène de l’écrivain, Les sciences prodigieuses de l’Empire byzantin, manifeste pour un nouveau steampunk et Le dao de l’écriture… Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous aimez quand ça parle d’écriture ! Les billets les plus lus sont également ceux qui évoquent un peu la vraie vie, la matière première dans laquelle un auteur puise pour forger des histoires. J’avoue qu’il m’est de plus en plus difficile de distinguer la réalité de l’écriture, tant l’aventure des Pirates aura bouleversé mon existence. Elle m’aura aussi permis de nouer de belles amitiés, que ce soit dans les salons ou sur ce blog, un espace d’échange privilégié. Plus qu’un blog, c’est un journal de bord qui m’a aidé à ne pas perdre de vue l’essentiel, notamment durant l’année de doute précédant ma première publication. Aujourd’hui, je suis heureux qu’il serve d’autres auteurs dans leurs propres processus de création, pour ne pas dire cheminement intérieur. Si l’histoire de la littérature nous enseigne que des romanciers malheureux ont réussi à accoucher de chefs d’œuvre, je suis bien d’accord avec King sur l’idée qu’un auteur bien dans ses pompes écrit plus facilement… Alors, écriture ou pas, souhaitons-nous plein de bonheur !

À quelques jours des fêtes, je termine cet article tout près d’Edouard, en train de dormir sagement dans son berceau. Le plus beau cadeau que m’ait donné Anne-Lorraine, merci à elle ❤

Bonnes fêtes de fin d’année et prenez soin de vous !

Published in: on décembre 23, 2016 at 10:41  Comments (19)  
Tags:

Rogue One

Rogue One.jpg

L’année dernière, j’ai vécu un véritable traumatisme cinématographique avec Star Wars VII. Passé le plaisir éphémère de retrouver Han Solo et Chewbacca, la déception l’a définitivement emporté. Je m’étais juré de ne plus visionner de nouveaux Star Wars, y compris ce Rogue One, un spin-off, véritable OVNI dans l’univers créé par George Lucas. Devant l’insistance d’un ami, j’ai décidé d’accorder une chance à ce long-métrage, le premier Star Wars à ne pas faire partie d’une série. C’est d’autant plus surprenant que le film commence in media res, sans le traditionnel générique ! Passé ce sentiment bizarre de ne pas être devant un Star Wars habituel, s’installe peu à peu une certaine euphorie, avec cette impression de sortir pour de bon des sentiers battus. L’ambiance est beaucoup plus sombre, avec des membres de l’Alliance Rebelle capables… d’assassinats. Oui, vous avez bien lu ! On avait plus vu ça depuis l’épisode IV, avec la scène mythique de Solo et Greedo. Décidément, ce n’est pas un Star Wars habituel… et c’est justement cette originalité qui lui permet de s’affranchir de la saga originelle sans pour autant trahir son esprit. L’auteur de Rogue One a conscience que la génération années 80 a grandi et il en prend acte : en optant pour un film de guerre façon 12 salopards, Gareth Edwards a tout simplement créé les plus beaux personnages qu’on ait vu depuis la trilogie classique, mention spéciale à Chirrut Îmwe, un guerrier aveugle qui croit en la Force.

Chirrut-Imwe-Donnie-Yen-from-Jedha.jpg

Je pense aussi à K2O, le robot volé à l’Empire, d’un cynisme délicieux.

k2so

Aux côtés de ces héros attachants, j’ai retrouvé les parties de jeu de rôle de mon adolescence, quand avec mes amis nous jouions à des scénarios un poil plus matures que ceux imaginés par George Lucas…

Le fan service est présent avec de nombreux clins d’oeil qui donnent le frisson, mais là où J.J. Abrams en abusait dans Star Wars VII, Gareth Edwards fait preuve de parcimonie, prenant bien soin d’introduire doucement mais sûrement l’épisode IV.  À ce titre, les dernières minutes du film sont d’une sauvagerie rarement atteinte dans la saga.

Bien sûr, j’ai regretté la musique de John Williams (même si le célèbre compositeur m’a profondément déçu sur l’épisode VII, vraiment. Mais bon, il s’en remettra), et je trouve le casque de Vader moins beau que dans les autres volets, mais ce ne sont que des broutilles tant la bataille finale m’a transporté, une synthèse épique du Retour du Jedi et de l’Empire Contre Attaque, avec de vraies maquettes ! Et beaucoup d’émotion.

Au final, Rogue One est infiniment plus rafraîchissant, novateur et courageux que le Réveil de la Force, ne serait-ce que pour ces planètes captivantes, au point où j’ai eu envie de partir visiter Jedha. On découvre des aliens vraiment exotiques (la créature ophidienne qui torture psychiquement Bodhi m’a révulsé, berk !) quelques « nouveaux » chasseurs de l’Alliance Rebelle, ainsi que des informations cruciales sur le fonctionnement d’un sabre laser (mais pas que…). Au-delà de ce background extrêmement riche, c’est surtout la philosophie de la Force qui m’a touché : à dix mille années-lumières des midi-chloriens de George Lucas, et des incohérences de J.J. Abrams, Gareth Edwards montre avec subtilité comment l’antique religion Jedi est vécue au quotidien par les habitants de cette galaxie très lointaine.

Lorsque les lumières se sont rallumées dans la salle, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir un peu d’amertume en repensant à ce qu’aurait pu être le Réveil de la Force. La comparaison est d’autant plus cruelle que la nouvelle trilogie, à mon sens partie sur de mauvaises bases, va traîner comme un boulet cet épisode VII qui n’arrive pas à la cheville de l’œuvre jubilatoire de Gareth Edwards.

Rogue One plus fort que le Réveil de la Force, faut-il s’en réjouir ou s’en lamenter ? J’avoue ne pas avoir la réponse et au fond, peu importe…

« Bravo Rogue One » !

Published in: on décembre 21, 2016 at 8:54  Comments (26)  
Tags: ,