Bilan de la Japan Expo 2016

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Comme vous tous, j’ai été très affecté par ce qu’il s’est passé à Nice, ville dans laquelle j’ai habité pendant 5 ans, voilà pourquoi je ne mets en ligne qu’aujourd’hui mon bilan de la Japan Expo. Mon article est trivial, mais je crois que ça ne peut pas faire de mal par les temps qui courent…

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Ce salon fut pour moi un voyage assez étrange, étant donné que le Japon est un pays que je connais bien. J’ai retrouvé tout ce que j’adore dans la culture « pop » nippone, dans un Japon plus fantasmé que réel. Je n’ai pas pu m’empêcher d’imaginer ce que donnerait une « France Expo » à Tokyo… ce serait tout aussi décalé !

L’ambiance était franchement chaleureuse, très bon enfant, grâce aux cosplayers qui constituent une attraction permanente. Impossible de s’ennuyer pendant les dédicaces !

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Mangas, jeux-vidéos, jouets… On a envie de tout acheter !

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La Japan Expo, c’est également l’occasion d’assister à des événements improbables : des combats de sabres scénarisés avec des sons de synthé façon Hong-Kong, du « jazz japonais » (je n’ai pas d’autres termes pour qualifier le groupe que j’ai écouté), un championnat de Mario Kart, la venue de Joueur du Grenier…

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J’en ai profité pour tester Final Fantasy XV, orienté action. En tant que vieux con fan des anciens Final Fantasy RPG je n’ai pas du tout aimé (le type de la démonstration a halluciné quand il m’a vu partir au bout de 5 minutes…).

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Ironie du sort, je me suis plus amusé avec d’antiques machines telles que la Dreamcast et son mythique Virtua Tennis de 1999 (souvenirs, snif). Comme vous pouvez le constater sur les photos, les stands étaient splendides.

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Mais bien sûr, la Japan Expo c’était surtout le moment de rencontrer mes lecteurs, quel bonheur ! J’ai retrouvé Emerence, Sia d’Encre, Lisa et Dorian, mais aussi des personnes que je ne connaissais pas et qui suivent mon parcours depuis un moment (ce qui me touche énormément). J’ai également bavardé avec des auteurs tels que Pascal Pinteau, qui a écrit un magnifique livre sur l’histoire des effets spéciaux aux éditions Bragelonne. Pascal a interviewé mon dieu vivant, Douglas Trumbull, qui a sévi sur Blade Runner, 2001, Star Trek, Rencontre du Troisième Type, Tree of life… Du coup, en bon fanboy que je suis j’ai acheté son livre…

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Un nouvel art martial : le cookie-tchi

C’est terminé pour les festivals… jusqu’à la rentrée !

 

Published in: on juillet 21, 2016 at 1:48  Comments (2)  

Si vous ne savez pas quoi faire ce week-end…

… Je serai au stand Bragelonne de la Japan Expo ( D158 dans le Hall 5A), regardez comme il est beau ! Plus d’infos ici (merci à HV Gabriel pour les photos).

Published in: on juillet 8, 2016 at 2:23  Laisser un commentaire  
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Très touché…

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Même si ce succès s’explique en grande partie par la #GrossOp de Bragelonne, j’ai été très touché par le fantastique accueil que vous avez réservé aux Terres Interdites, plus d’un an après la sortie de ce premier roman. Comme je le disais à mes amis, ce n’est pas le millier d’exemplaires vendus qui me réjouit, mais plutôt l’idée grisante que je puisse partager mon univers avec autant d’inconnus ! Quand je n’étais pas encore publié, cette idée n’était guère plus qu’un rêve. « Des lecteurs auront-ils envie de découvrir mon monde ? ». Tous les écrivains en herbe ont été confrontés à cette question un brin angoissante. Aujourd’hui, grâce à vous, j’emmagasine de la confiance pour de futurs projets littéraires. Cerise sur le gâteau, la demande pour le tome 3 est plus forte que prévue, ce qui explique pourquoi les délais de livraison s’allongent.

Alors que soyez des lecteurs de la première heure, ou des inconnus qui viennent d’embarquer sur L’Escroc-Griffe, du fond du coeur, merci !

Published in: on juillet 1, 2016 at 9:42  Laisser un commentaire  
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Pourquoi il faut lire le Septième Guerrier Mage

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Il est toujours un peu casse-gueule de chroniquer le livre d’un auteur qu’on connait, mais que faire quand on a un pris un plaisir énorme à la lecture d’un roman ? C’est ce qui s’est passé avec le Septième Guerrier Mage de Paul Beorn. Si ça peut vous rassurer, il faut savoir que je suis plutôt difficile quand je lis les livres d’écrivains que je fréquente dans la vraie vie (parce que j’ai l’habitude de les bêta-lire et de me concentrer sur les défauts), mais devant une telle pluie de bonnes critiques (et un prix aux Imaginales !), je n’ai pas eu d’autre choix que de donner une chance à ce bouquin au quatrième de couverture accrocheur :

J’ai pillé, brûlé, tué. Puis j’ai déserté l’armée la plus puissante du monde. Je voulais être libre, vivre la belle vie loin de cette foutue guerre… Mais voilà que je dois défendre un village de paysans contre cette même armée dont je portais les couleurs. Des milliers de soldats sont en marche.
Former des combattants, monter des fortifications, trouver des armes… Ces culs-terreux croient dur comme fer que je porte le pouvoir d’un Guerrier-Mage. Moi, je ne donne pas cher de nos peaux. Mais il y a au moins une personne dans cette vallée que je ne pourrai jamais abandonner, alors j’irai jusqu’au bout.
Mon nom, c’est moi qui l’ai choisi : je suis Jal, celui-qui-ose.

Le Septième Guerrier Mage est ce que j’appellerais du « siège fantasy » : un héros doit défendre une place forte contre une armée innombrable façon Druss dans Légende. Mais comparer le roman de Paul Beorn au classique de David Gemmell est réducteur tant l’ambiance du Septième Guerrier Mage est originale : imaginez les Sept Samouraïs de Kurosawa, le tout revisité à la sauce western avec un déserteur bad ass qui n’a rien d’un enfant de chœur. On s’attache immédiatement à cette galerie de personnages improbables (mention spéciale à Gloutonne et Odomar) contraints de s’unir pour affronter une armée terrifiante. Les combats sont à la fois épiques et très réalistes.

Là où j’ai pris un pied énorme, c’est que l’auteur donne dans ce roman une leçon d’écriture en ce qui concerne la tension dramatique, omniprésente. Même lorsqu’il n’y a pas d’action, on ne peut s’empêcher de penser à cette sinistre armée qui menace ce village idyllique. L’univers n’est pas en reste : je pensais découvrir un univers d’heroic-fantasy classique, et j’avoue avoir été surpris. Cerise sur la gâteau, le personnage principal a une histoire complexe qu’on découvre via des flashbacks traumatisants. J’ai adoré cette intrigue dans l’intrigue, le principe m’a un peu rappelé un autre magnifique roman, la Voie de la Colère. Si je dois vraiment trouver un défaut au Septième Guerrier Mage, c’est peut-être cette fin un peu rapide, j’aurais aimé passer un peu plus de temps avec les personnages façon Seigneur des Anneaux. Je crois que c’est anecdotique tant j’ai dévoré ce page turner en quelques jours…

Je m’arrête là car je ne vais pas vous gâcher le plaisir de découvrir ce livre appelé à devenir un classique de la Fantasy francophone. Si vous souhaitez le découvrir, il est aujourd’hui en promotion à 99 centimes sur toutes les plate-formes de téléchargement numérique (et il est, bien sûr, disponible en papier).

Published in: on juin 30, 2016 at 9:08  Comments (1)  
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Game of thrones, l’hiver est arrivé (attention spoilers)

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ATTENTION, JE SPOILE SANS VERGOGNE

L’année dernière j’avais signé cet article désabusé, traumatisé par les destins atroces de certains personnages de la saison 5… Aujourd’hui, force est de reconnaître que je suis heureux d’être resté fidèle la série ! Cela ne veut pas dire que David Benioff et D. B. Weiss ont édulcoré le show, loin s’en faut, mais je trouve qu’il y a moins de surenchère et de violence gratuite. Plus important encore, j’ai retrouvé l’émotion qui faisait parfois défaut à Game of thrones, surtout depuis les Noces Pourpres de la saison 3 : quel plaisir de retrouver John et Sansa à Winterfel ! J’ai été ému par le sacre du nouveau « King of the north » même si, malheureusement, le clan Starck paie encore un lourd tribu (Rickon, mon pauvre Rickon… Mais quelle idée as-tu eu de courir tout droit ?).

J’ai été conquis par le plan séquence de la Bataille des bâtards, du jamais vu depuis Braveheart

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séduit par la musique de Ramin Djawadi (et ce fabuleux morceau de piano de l’épisode 10, « Light of the sevens »)

touché par l’histoire d’Hodor, et choqué par le don incroyable de Bran, qui n’est pas sans conséquences : Bran peut donc altérer le passé, ce qui implique un univers cyclique… et linéaire (une idée qui m’emballe un peu moins pour le coup, car cela signifie que tout est joué d’avance). Bien sûr, la révélation ultime, c’est celle des origines de John Snow, une information qui aura des répercussions politiques majeures dans les Sept Royaumes…

Cerise sur le gâteau, les femmes gagnent de plus en plus de pouvoir : Arya, Daenerys, Cerseï, Sansa…. C’est vraiment jouissif de voir ces personnages forts peser sur l’intrigue.

Il va être difficile pour David Benioff et D. B. Weiss d’assurer la même qualité pour les deux années restantes mais qu’importe le dénouement, Game of thrones fera date dans l’histoire de la télévision. Après une saison 5 de tous les outrages, les scénaristes ont réussi à s’affranchir des livres de George R.R. Martin, et d’une pression phénoménale, pour livrer une saison 6 d’anthologie. Combien d’auteurs de séries peuvent-ils en dire autant ?

 

Published in: on juin 28, 2016 at 8:38  Comments (16)  
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#GrossOP

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C’est le karma… Alors que mon tome 1, les Terres Interdites, est disponible jusqu’à minuit à 0,99  euros, ne voilà-t-il pas que je cède à la tentation… dès le premier jour de la #GrossOP !

Voici mes achats (le pire, c’est que j’en ai déjà en papier…) :

 

Mais si vous ne deviez faire qu’une acquisition aujourd’hui durant l’opération, je vous recommande chaudement ce roman (j’aurai d’ailleurs l’occasion de vous en reparler bientôt) :

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Et vous, avez-vous cédé à la tentation ?

EDIT : je pensais que le Septième Guerrier Mage était disponible aujourd’hui, ce n’est pas le cas, mea culpa.

Published in: on juin 27, 2016 at 1:28  Comments (4)  
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Tome 3, surprises et confidences

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Le jour J est enfin arrivé. Ironie du sort, je n’ai pas encore la troisième et dernière aventure des Pirates de L’Escroc-Griffe entre les mains, contrairement à certains lecteurs !

Pour marquer le coup, vous trouverez à la fin de ce billet un texte inédit, les yeux du céleuste. Il s’agit d’un chapitre particulièrement sombre de mon bouquin, avec de nouvelles têtes mais aussi de vieilles connaissances… et des bad guys. J’espère que vous les aimerez.

Maintenant que le livre est publié, je peux enfin lever le voile sur le « bonus » dont je vous parlais ces derniers mois : à la fin du roman vous trouverez des appendices. Certains étaient déjà présents sur mon site, mais d’autres sont totalement inédits, et vous permettront de quitter les Mers Turquoises en douceur (snif).

L’autre surprise vient cette fois de mon éditeur. Bragelonne a vendu 2 millions d’e-books. Pour fêter cet événement, 500 titres du catalogue seront vendus à 0.99 €, du lundi 27 juin au vendredi 1er juillet dans le cadre de la #GrosseOP (plus d’infos bientôt sur http://www.grosseop.fr), à raison de 100 titres par jour.

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Vous gardez ça pour vous, hein ? Si l’équipe de Bragelonne apprend que j’ai vendu la mèche je vais périr dans d’atroces sou… (bruit d’explosion).

Les yeux du céleste (à lire après la fin du deuxième tome)

— Nous approchons des côtes, Seigneur Yskander.
Debout sur le pont de sa trirème, le roi de Leucédoine tentait de deviner les rivages, en vain. Aujourd’hui, la vrume était particulièrement épaisse, au point où il distinguait à peine son nécroalchimiste. Yskander se tourna vers l’homme chauve au teint pâle. Le visage glabre, Néoptolomène de Cardia avait remplacé ses yeux par des oculaires en bronze. Il ne semblait pas souffrir du froid car sa toge leucédonienne en cuir noir était ouverte. Six câbles translucides pendaient de son abdomen constellé de cicatrices. Du sang circulait dans ces perfusions qui alimentaient des créatures masquées par le brouillard verdâtre, mais Yskander entendait leurs pattes crisser sur le plancher. Comme tous les nécroalchimistes de Cardia, une des îles de Leucédoine, Néoptolomène se livrait à des expériences morbides auxquelles il valait mieux ne pas trop s’intéresser. Morbides, mais nécessaires. Ses loups en étaient la preuve flagrante.
— Bien.
Yskander s’en alla sur le pont de sa nef en direction de sa cabine. Le seul bruit qu’il percevait était le bourdonnement des antiques mécanismes sous la cale. Il jeta un regard en direction de la fosse à esclaves. Enchaînés, les captifs ramaient en silence au rythme du tambour du céleuste. Enfin, « ramer » était un bien grand mot. Les esclaves, immobiles, n’accomplissaient aucun mouvement. Chacun d’entre eux avait une perfusion plantée dans la colonne vertébrale. Les sondes disparaissaient dans les entrailles du navire et alimentaient en douleur les machines à souffrances qui propulsaient la galère, au rythme du tambour du céleste. Le roi était frappé par le regard des captifs. Jamais il n’avait eu à mater de rébellion, à croire que les esclaves étaient terrorisés par son armée – ce qui n’était pas plus mal, cela lui évitait d’être trop cruel. La violence devait toujours être employée à bon escient, pas seulement pour des raisons d’ordre moral. Se montrer trop brutal était le meilleur moyen de provoquer des insurrections.

Le céleuste arrêta de frapper son tambour et leva la tête vers Yskander. Le roi frissonna. Pendant un bref instant, il eut le sentiment que ses yeux n’étaient que des orbites vides, mais fort heureusement, cette vision ne dura pas. Ce n’était pas la première fois qu’il était victime de ces hallucinations. Les conteurs avaient coutume de dire que dans la vrume, chaque personne révélait sa vraie nature, et il était prêt à parier que le céleuste n’était pas un saint, d’où son apparence monstrueuse qu’il percevait de temps en temps.
Et moi, quelle est ma vraie nature ?
Yskander jeta un dernier regard vers les corps rachitiques des esclaves. Parfois, ces êtres misérables lui faisaient douter du bien-fondé de sa mission, mais au moins avaient-ils la vie sauve. Les Leucédoniens noyés par la fureur de Brôm pouvaient-ils en dire autant ? Le royaume des Mers Turquoises n’avait pas fait preuve d’autant de miséricorde lorsque ses îles avaient été englouties…

Le roi serra le poing. Perdu dans ses pensées, il n’avait pas remarqué qu’il était devant la porte de sa cabine, gardée par deux légionnaires. Il pénétra dans ses vastes appartements, aussi richement décorés que la cour d’un palais. Il se dirigea vers le dragon d’or disposé au fond de la pièce, un trône massif qui ressemblait à un reptile marin, le symbole de la Leucédoine.
— Majesté ?
Près du lit à baldaquin l’attendait un individu étrange, lourdement maquillé, au sexe indéterminé. Les cheveux rouges dressés comme des piques, l’androgyne se tenait immobile, vêtu d’un harnais en cuir duquel pendaient des chaînes d’acier.
— Qui vous a laissé entrer, Mime ?
Les deux gardes se précipitèrent dans la pièce, mais Yskander leva la main. Penauds, les légionnaires s’immobilisèrent.
— Majesté, vous ne feriez pas appel à mes services si je n’avais pas quelques talents.
— Ils ne vous rendent que plus redoutable.
— Merci du compliment.
Mime fit une lente révérence en signe de remerciement.
— Je voulais juste vous parler en privé.
Le front d’Yskander se plissa. Le pantomime demeurait une énigme. Il était entré en contact avec son armée par le biais du général Akhilleus… qui avait failli le faire exécuter sommairement. Mime avait en effet annoncé qu’il avait tenté de tuer Mange-Sang, avant de prendre la fuite pour rallier les ennemis de la régente. Cela faisait de lui un régicide et un traître, mais curieusement, l’androgyne n’exigeait aucune contrepartie financière pour ses services. Il ne semblait pas non plus haïr la Belle Lili. Quelle était sa motivation ? « Avoir la vie sauve», avait répondu Mime, un sourire aux lèvres. Cette réponse n’était guère convaincante, mais contre toute attente, le pantomime donnait régulièrement des informations fiables.
Yskander fit signe à ses gardes de s’en aller. Ils obéirent de mauvaise grâce, non sans avoir adressé un regard noir à l’androgyne.
— Quelle est cette information si urgente dont vous vouliez me faire part ? demanda le roi.
Le pantomime attrapa un verre rempli d’un liquide de couleur bleue. Du vin de Leucédoine, réalisa Yskander. Il s’est ouvert une bouteille. Les vignes avaient été englouties par le raz-de-marée, ce qui rendait cet alcool rarissime. En temps normal, il aurait fait exécuter sur-le-champ ce voleur, mais le pantomime était une sorte de bouffon qu’il devait tolérer. Un bouffon bien trop précieux pour être mis à mort.
— La Belle Lili s’en va vers le Nord. Le roi crut avoir mal entendu.
— En êtes-vous sûr ?
Mime hocha la tête.
—J’ai encore mes entrées à la cour d’Ombrefort. Certains nobles royalistes n’ont jamais accepté la régence, ils sont nostalgiques de l’ancien régime.
— Je peux le concevoir, mais comment arrivez-vous à communiquer avec vos espions sur d’aussi longues distances ?
L’androgyne sourit.
— Disons que grâce au cardinal Velin, j’ai été à bonne école. Le roi demeura impassible.
—Je ne sais pas si ce que vous m’apprenez est une bonne ou mauvaise nouvelle, répondit Yskander. La Belle Lili est loin d’être stupide.
Les yeux de Mime s’illuminèrent.
—La progression de votre armée est aussi inexorable que la vrume. Plus vous tuez d’ennemis, plus ce brouillard se remplit d’esprits et grandit.
Yskander fronça les sourcils. Comment un simple pantomime savait-il tout cela ? Était-ce grâce au cardinal, féru d’ésotérisme ? Il n’y avait qu’un moyen de l’apprendre : jouer à l’imbécile.
— Je ne vois pas le rapport avec la régente, mentit le roi.
— Réellement ?
Mime feignit la tristesse, avant de reprendre son sérieux.
— Nous savons tous les deux que tôt ou tard la vrume recouvrira l’ensemble des Mers Turquoises. Bientôt, votre armée pourra apparaître à n’importe quel endroit du royaume. La Belle Lili ne pourra pas vous échapper éternellement.
Paradoxalement, pour la première fois depuis bien longtemps, Yskander ressentit de la peur.
— Qui servez-vous au juste ? demanda-t-il.
Les yeux de Mime brillèrent à nouveau.
— Le même maître que vous.
Le roi sentit la colère monter en lui.
— La seule cause que je sers, c’est celle de la vengeance.
L’androgyne leva un sourcil amusé.
— En êtes-vous si sûr, Majesté ?
Yskander repensa aux yeux morts du céleuste, dans la fosse aux esclaves.
Il frémit.

Published in: on juin 22, 2016 at 7:44  Comments (10)  

Je suis invité à la Japan Expo !

Amis parisiens, je serai en dédicace à la Japan Expo pour la sortie du dernier tome de ma trilogie, les Corsaires de l’Écosphère !

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Inutile de vous dire que j’ai sauté de joie quand j’ai appris la nouvelle, car depuis des années je rêvais d’y aller en tant que simple visiteur. Plus qu’un salon, c’est un événement mondial qui, l’année dernière, a accueilli 240.000 visiteurs. Vous pourrez me retrouver avec d’autres auteurs Bragelonne sur le stand D158 dans le hall 5A lors de trois sessions de dédicace :

– Samedi 9 Juillet de 15h00 à 16h00
– Dimanche 10 Juillet de 10h00 à 11h00, puis de 14h00 à 15h00

Yatta !

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Published in: on juin 15, 2016 at 12:51  Comments (5)  

Créer un univers imaginaire

Comme vous le savez peut-être, avec Laurent Genefort j’ai participé lors du festival Nice-Fictions à une table ronde dont le thème était « Créateurs d’Univers « . C’est un sujet qui me passionne car pendant treize ans, j’ai développé le royaume des Mers Turquoises. Si vous avez envie de vous transformer en démiurge, voici quelques modestes conseils d’écriture, des réflexions qui n’engagent que moi. Ce sont plus des principes que des règles, et il est fort possible que vous ne soyez pas d’accord, les commentaires du blog sont prévus à cet effet:)

Règle numéro 1 : votre univers devrait avoir une légitimité

Pour moi, un univers devrait toujours faire preuve d’originalité. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai été frustré par un roman à l’intrigue prenante, mais qui se déroulait dans un royaume convenu peuplé d’Elfes et de Hobbits… Quel dommage ! Si vous n’êtes pas particulièrement passionné par le Moyen-Âge, pourquoi  choisir cette période surexploitée par la Fantasy et reprendre des créatures archiconnues ?

Si vous tenez impérativement à créer un univers médiéval fantastique classique, à mon sens il faut vous démarquer. Ainsi, la Compagnie Noire de Glen Coock raconte l’histoire d’une troupe de mercenaires aux ordres d’une sorcière qui asservit un royaume. On est dans un univers plutôt classique, mais « côté Mordor » !

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Dans une autre saga écrite par Stan Nicholls, les héros sont des orcs sympathiques inspirés d’amérindiens écolos luttant contre des colons humains. Orcs a donné une sacrée bouffée de fraicheur à la Fantasy des années 2000.

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Elric, de Michael Moorcock, est un chétif nécromancien albinos obligé de prendre des drogues, la faute à un sang déficient. Anti-héros par excellence, il tue sa promise et ravage son royaume dès le tome 1, puis erre dans un monde où s’affrontent les dieux de la Loi et du Chaos.

Elic

Il y a des jours comme ça…

Dans ces trois oeuvres, l’univers heroic-fantasy est relativement conventionnel, mais comme vous l’avez deviné, c’est le point de vue du protagoniste principal qui, lui, est novateur (un soldat servant une force maléfique, des guerriers orcs attachants, un sorcier au destin tragique), un point de vue non-manichéen qui donne à chacun de ces mondes une légitimité.

Règle numéro 2 : chercher la cohérence à tout prix

Bon, je sais, c’est le gars qui a inventé un Monde-Fleur qui parle de cohérence… Vous avez parfaitement le droit de juger mon univers loufoque, il n’empêche que si les Kazarsses, mes hommes-iguanes, sont réduits en esclavage, c’est qu’il y a une bonne raison. Les habitants des Mers Turquoises ne sont pas particulièrement mauvais, en revanche ils ont été traumatisés par un cataclysme survenu deux mille ans auparavant. Bien sûr, l’Église de Brôm exploite habilement ce trauma pour contrôler la population et faire porter le chapeau (à tort ou à raison) aux Kazarsses. Vous vous en doutez, le liant entre l’Église de Brôm et les hommes-iguanes, c’est ce fameux cataclysme. Pour obtenir un univers cohérent, il faut impérativement des liens de cause à effet qui permettent de l’enrichir.

Dans Dune, le chef d’oeuvre de Franck Herbert, l’économie d’un empire galactique repose sur l’épice, une ressource exploitée sur Arrakis, une planète désertique, ce qui a des implications géopolitiques majeures qui constituent le coeur du livre.

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Il est toujours intéressant de bâtir une économie en adéquation avec un environnement donné. Dans mon propre univers, lorsque les pétales du Monde-Fleur se ferment le soir, les astres deviennent invisibles. Certains marins, les lymphogateurs, sont obligés de boire une substance végétale rare, la lymphe, afin de se repérer dans la nuit. Ce liquide coûte donc extrêmement cher.

Il arrive qu’un univers ne soit pas très réaliste, mais qu’il possède une grande cohérence : c’est l’un des points forts des Annales du Disque-Monde et de H2G2, deux oeuvres dotées de géographies délicieusement absurdes.

Règle numéro 3 : la géographie devrait être au service du récit

Un « désert du désespoir » au sud, des « montagnes glacées » au nord, une forêt elfique, un royaume nain souterrain… Je caricature à peine tant ces clichés sont omniprésents dans les romans de fantasy. Bien sûr, ils ne sont pas interdits, mais là encore, je pense qu’il ne faut pas hésiter à détourner les codes. Dans la trilogie de l’Elfe Noire, R.A. Salvatore a la bonne idée de situer l’action sous les (ennuyeux) Royaumes Oubliés.

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Le héros, Drizzt Do’Urden, vit parmi ses compatriotes elfes noirs, des créatures cruelles qui n’ont jamais vu la lumière du jour et méprisent les êtres de la surface. L’histoire se déroule à Menzoberranzan, une gigantesque cité souterraine. On découvre une société matriarcale reposant sur l’esclavagisme, avec des personnages féminins sadiques inoubliables. Ironie du sort, Drizzt  est un être bon, et donc un paria aux yeux de son peuple. À l’époque, cette trilogie de l’univers de Donjons et Dragons a vraiment apporté quelque chose de nouveau à la Fantasy, de la noirceur mais aussi beaucoup d’humanité  et de l’exotisme.

Oui, je sais, dans les Pirates de L’Escroc-Griffe il y a un cliché bien connu qu’on retrouve dans bon nombre d’univers maritimes : le Maelström1. Cependant, le tourbillon des Mers Turquoises a une légitimité puisqu’il est également considéré comme un dieu, et possède une importance centrale dans mon intrigue. Une fois encore, un cliché n’est pas un problème tant qu’on arrive à le détourner. Ce constat vaut aussi pour les êtres tout droit sortis de votre imagination.

Règle numéro 4 : peuples et créatures ont un rôle majeur dans votre univers

Pourquoi inventer des Elfes quand vous pouvez introduire d’autres créatures tout aussi intéressantes ? Si pour X raisons, vous tenez impérativement à créer des Elfes, pourquoi ne pas partir dans une autre direction ? C’est précisément ce qu’ont fait Timothy B. Brown et Troy Denning avec l’univers désespéré de Dark Sun. Ce jeu de rôle ADD2 a pour cadre Athas, une planète désertique ravagée par des guerres magiques.

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Pour info, le dieu Brôm des Mers Turquoises est un discret hommage à l’artiste Brom qui a illustré Dark Sun.

Dans une ambiance digne de Mad Max et de Gladiator, les Elfes sont devenus des pillards nomades. Ce qui reste de civilisation se développe essentiellement dans des cités-états où l’exercice de la magie est passible de la peine capitale. Les arènes sont le théâtre de combats de gladiateurs, et il n’est pas rare que des demi-géants affrontent des « Mules », hybrides d’Humains et de Nains. Les seuls êtres qui prospèrent dans le désert sont les Thri-Kreens, des créatures insectoïdes semblables à celles de District 9, qui n’ont besoin de boire que deux litres d’eau par semaine. L’eau… une ressource précieuse qui, parait-il, est disponible en grande quantités aux confins de cet enfer de sable : on raconte que par delà les montagnes il existe des jungles, peuplées de Hobbits cannibales qui ne sont pas sans rappeler les enfants sauvages de Mad Max III. Autant dire qu’on est loin des archétypes de l’heroic-fantasy, avec une myriade d’idées toutes plus géniales les unes que les autres.

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« Sand Shark » de Ben Wooten

Les peuples qui habitent votre planète doivent vraiment apporter quelque chose au récit. Dans mon univers, le fait qu’un homme-iguane fasse partie de l’équipage des pirates permet à mon jeune héros d’avoir un autre point de vue sur le monde qui l’entoure, et de bouleverser ses certitudes. On me demande parfois si ma tortue géante est un hommage au Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett. En réalité, cette créature est un mythe aussi vieux que l’Humanité. Je crois que c’est surtout l’antique jeu vidéo Golden Axe qui a marqué mon enfance.

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Règle numéro 5 : l’étymologie tu chériras

C’est un principe qui découle directement des autres. 99% des auteurs (et j’en fais partie) n’ont pas le temps et la capacité de créer une langue comme le fit Tolkien, mais ce n’est pas une raison pour que vos peuples elfiques se nomment « les Lothloriens », « les Galadriels » ou « les Arwens ». En plus d’être originaux, les noms doivent respecter une logique. Qu’est-ce que j’ai pu râler devant le premier volet du Hobbit de Peter Jackson, quand Radagast appelle le hérisson « Sébastien » ! Ça ne sonne pas du tout « Terre du Milieu » et en plus je me suis fait chambrer par mes amis.

Sebastien

Bon, ok il est mignon, mais ce n’est pas une raison !

Dans mon univers, les surnoms sont omniprésents, et pas seulement chez les pirates. « Le surnom fait l’homme » dit un vieux proverbe des Mers Turquoises, ils sont liés à la réputation d’un personnage et peuvent donc évoluer au cours de sa vie. Seuls certains aristocrates ont le droit à un véritable nom. De manière générale, les noms propres ont une importance cruciale dans une histoire, ils favorisent l’immersion (je tiens à rappeler qu’en 1977, lorsque les traducteurs français se sont penchés sur Star Wars, Luke Skywalker a failli s’appeler Luc Marcheciel. Oui, Luc Marcheciel). Se creuser la tête pour trouver des mots originaux n’est jamais du temps perdu, et peut devenir un plaisir. De la même façon, créer des néologisme donne une âme à votre univers et vous entrainera dans des réflexions surprenantes qui elles-même amèneront de nouvelles idées. C’est ce qui m’est arrivé avec l’hydrodéon, un instrument de musique kazarsse dont je raconte la genèse ici. Être un démiurge, c’est aussi penser à la technologie de son univers.

Règle numéro 6 : science sans conscience n’est que ruine de l’âme

Une civilisation originale présente forcément un certain degré d’avancement technologique, qui peut être proche du néant si votre récit est de la préhistorique – fantasy (j’adore ce genre, pas vous ?) ou bien au contraire extrêmement développé et réaliste (en SF, la fameuse « hard science »). Le piège, c’est de choisir un domaine qu’on connait mal. Bien que je sois historien de formation, je dois vous avouer que ces dernières années, j’ai été tenté d’écrire de la SF réaliste. J’ai fait machine arrière car il me manquait des connaissances en astrophysique. Cela ne veut pas dire que je n’écrirai jamais de SF de ce type, mais je préfère attendre de maîtriser mon sujet que de pondre des énormités. Il n’y a rien de pire que des romans bourrés d’erreurs. Le space opera permet plus de souplesse (et encore…), mais ce n’est pas une raison pour que votre héros s’échappe d’un trou noir comme par magie et viole au passage les lois de la physique. Le maître-mot est « rigueur ». Cela s’applique également en ce qui concerne la culture de votre univers.

Règle numéro 7 : la religion, c’est sacré

La religion est un sujet ô combien complexe, parce qu’on a tendance à projeter notre propre culture sur un monde fictif, sans parler du fait qu’il y a énormément de religions différentes, de l’animisme au polythéisme en passant par le monothéisme, ou le monolatrisme… Difficile de faire original ! À défaut de proposer un système de pratiques et de croyances radicalement différent de ce qui existe sur Terre il faut, je crois, trouver celui qui est le plus approprié à votre civilisation. Tout jugement manichéen est à proscrire : lorsque les Carthaginois sacrifiaient leurs enfants au dieu Baal, ils pensaient le faire pour de bonnes raisons, et c’était probablement tout aussi vrai des Aztèques, Incas, ou Mayas. Même constat pour l’intégrisme. L’idée est profondément dérangeante, mais notre (triste) actualité nous montre tous les jours combien l’obscurantisme est banal. Un fondamentaliste ne se considère pas comme un monstre, et il n’y a pas de raison que ce soit différent dans un univers imaginaire. Spiritualité et religion ne sont pas synonymes. La question que vous devez vous poser, c’est « à quoi ressemble un sage dans votre monde ? » Il a forcément un certain recul sur les traditions, surtout s’il s’agit d’un ermite. Dans le même esprit, un personnage peut faire preuve d’une grande spiritualité sans pour autant être croyant, c’est le cas d’un philosophe. Tiens, d’ailleurs, il y a-t-il des courants philosophique successifs dans l’histoire de votre monde ? Il peut être pertinent de s’intéresser au passé de votre univers.

Règle numéro 8 : il n’existe pas d’univers sans Histoire

Selon moi, il y a deux écueils à éviter. Le premier, c’est lorsque le lecteur a le sentiment que l’auteur n’a pas du tout pensé au passé de son monde, ça se sent très vite à la lecture. Exemple type, le texte laisse entendre que depuis des temps immémoriaux deux peuples se font la guerre. Si le lecteur a l’impression que la situation n’a guère évolué au cours des milliers d’années, cela peut donner à l’univers une facture « statique » peu enthousiasmante… et pas très crédible (c’est l’un des gros défauts de Star Wars VII, oui je sais, je tourne en boucle avec ce film et je vous saoule au fil des articles mais je n’arrive pas à me maîtriser, J.J. ABRAMS TU ME RENDS DINGUE).

Le second écueil, plus insidieux, est ce que j’appelle le syndrome du prologue. Imaginez qu’un livre commence ainsi :

Plusieurs siècles après la Grande Guerre des Sept Royaumes, le peuple Draï Uruk affronte les ténébreux Gyesis afin d’obtenir le trône d’ivoire. Mais personne ne se doute que, loin à l’Est, les tribus Kardaks rêvent d’une nouvelle alliance entre l’Empire du Crépuscule et la Horde Écarlate du Sud. C’est dans ce contexte de crise que l’armée ulyrienne du mythique général Alta Rin apparaît à la frontière du Nord. Le grand guerrier n’a qu’un objectif : vaincre les mystérieux Urtaxes.

Franchement, qu’est-ce qu’on en a à secouer ? Je ne sais même pas à quoi ressemble un Urtaxe, et je ne vois pas en quoi ce général Alta Rin est « mythique », qu’est-ce qui me le prouve ? Bon, je dois vous avouer que des années avant d’être publié chez Bragelonne, j’avais écrit un prologue de ce genre pour les Pirates de L’Escroc-Griffe… Je me suis rendu compte que non seulement ce name droping tombait à plat, mais qu’en plus il cassait d’emblée la magie de l’univers. Au lieu d’évoquer « un contexte de crise » dans un prologue facultatif, pourquoi ne pas faire vivre cette tension au lecteur ? Précipitez-le d’emblée dans une scène de bataille aux côtés de votre mythique général Alta Rin ! Votre lecteur sera aux anges lorsqu’il découvrira que votre roman démarre in media re. Il épousera le point de vue (dramatique) du protagoniste principal, ressentira ses émotions et sera plongé au coeur de l’action. C’est ce qu’on appelle le show don’t tell (mais ceci est un autre débat). Tout ça pour dire que l’histoire de votre monde est fondamentale, car elle vous permet d’obtenir de l’authenticité.

Règle numéro 9 : l’authenticité tu chercheras

À mon sens, l’authenticité est plus importante que le réalisme d’un univers. Mon royaume a beau être imaginaire, et ses bateaux fantaisistes, il n’en demeure pas moins que la navigation sur les Mers Turquoises rappelle furieusement le XVIII-XIXe siècle. L’Escroc-Griffe est un brick-goélette équipé de gadgets, certes, mais en dehors de cette particularité il est crédible et navigue comme un voilier classique comme vous pouvez le constater sur ce schéma.

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Règle numéro 10 : fuir les modes

Je me souviens qu’avant d’être publié, il m’est arrivé de me demander s’il était bien raisonnable d’écrire une trilogie se déroulant sur un monde végétal… La réponse est « probablement pas », mais j’ai la naïveté de croire que l’originalité est toujours récompensée. Cela ne veut pas dire que vous ne devez pas prendre en compte les réserves de vos bêta-lecteurs lorsque vous leur annoncez avoir écrit un livre désopilant sur Adolf Hitler. Il est fort possible que ce bouquin soit consternant, mais quoi qu’il arrive, un minimum de prise de risques est nécessaire. Il n’y a rien de pire pour un écrivain que de suivre une mode, c’est la plus mauvaise des motivations. Après Twilight, un grand nombre de jeunes auteurs se sont lancés dans des histoires de vampires. Certains l’ont fait par amour du genre, et c’est respectable, mais d’autres ont procédé par opportunisme et/ou conformisme… jusqu’au moment où le triomphe de Hunger Games a relancé les dystopies, et qu’il s’est révélé plus difficile de faire publier une histoire de buveurs de sang. Aujourd’hui, le vampire est de nouveau un peu passé de mode. Tel un serpent de mer, il reviendra à nouveau en force dans les rayons des libraires, c’est une certitude, mais toujours est-il que personne ne peut anticiper les tendances des prochaines années, et c’est tant mieux. Quand Pirates des Caraïbes a été diffusé au cinéma en 2003, j’avais déjà commencé à écrire mon tome 1. J’étais enthousiaste à l’idée que les pirates soient de nouveau très populaires auprès du grand public, mais je ne pouvais prévoir que ma trilogie serait publiée bien après le dernier film de la saga… Au final, je n’ai pas eu l’opportunité de surfer sur la vague, mais cela n’a pas empêché mes pirates de trouver un éditeur et des lecteurs. Peu importe les tendances commerciales, du moment que vous restez intègre et que vous écrivez pour le plaisir. Cela dit, fuir les compromis ne vous empêche pas de déterminer quel est l’âge de votre lectorat potentiel, il est toujours crucial de savoir pour qui on écrit. Ainsi vous gagnerez un temps précieux lors des soumissions (et corrections) éditoriales, jusqu’au jour où vos lecteurs auront la chance de découvrir un tout nouvel univers… le vôtre !
stargate


J’utilise avec lâcheté cette discrète note de bas de page pour avouer que le Maelström n’est pas le seul cliché que j’utilise dans mes trois romans. Cela dit, si l’on dresse un bilan de ma trilogie, j’ose espérer que le ratio inventivité – clichés joue plutôt en ma faveur.
L’acronyme ADD fait référence à Advanced Donjons and Dragons, le mythique jeu de rôle des années 80-90

Published in: on juin 10, 2016 at 9:46  Comments (12)  

Mes Imaginales 2016 ou comment j’ai mangé les frites d’Anthony Ryan

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Je sais que je me répète, mais chaque année je vis des Imaginales incroyables.

Pourtant, à mon arrivée jeudi matin, tout commence mal : mes livres ne sont pas là, au grand dam de ma libraire ! Pas grave, j’en profite pour passer une excellente journée avec mon amie Dominique Lémuri, auteure d’un magnifique manuscrit SF qui va faire un malheur. Nous flânons dans un parc steampunk.

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Le soir, premier restaurant Bragelonne très sympa avec H. V. Gabriel, Mick Resnick, Marie Brennan et Anthony Ryan, l’auteur de Blood Song. Choqué, le dyonisiaque Pierre Pevel découvre mon plat végétarien et me demande pourquoi j’ai été puni.

Vendredi, c’est le grand jour, mes tomes 1 et 2 sont enfin dispos, pas moins de soixante livres imprimés la veille dans l’urgence, en attendant les quarante autres exemplaires, pour un total de cent ouvrages… une vraie histoire de science-fiction. À moins que ce ne soit du steampunk ?

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Pour la première fois dans ma (courte) carrière d’écrivain, je constate qu’un lecteur m’attend tôt le matin derrière le stand pour une dédicace, je suis bien sûr très touché ! À ma droite, j’ai le plaisir de retrouver Laurence Suhner qui me fait rêver avec ses (vraies) histoires de navigation sur des mers lointaines. À ma gauche, je fais la connaissance de mon voisin, G.D. Arthur, le talentueux auteur d’Eos, qui imite un camelot en train de vendre des barils de lessive. Le souci, c’est que je finis par parler comme lui, sans même m’en rendre compte. Dédicace oblige, nous essayons de nous maîtriser, mais il y en a toujours un pour sortir une énormité, ce qui provoque bien sûr des fou-rires interminables…

Le soir, j’apprends que des amis écrivains ont passé avec succès la redoutable épreuve du speed dating littéraire, on fête ça dignement au restaurant en réservant à Dominique un tonnerre d’applaudissements sous les yeux médusés des serveurs.

Samedi, grosse journée sous une chaleur de plomb, ce qui explique pourquoi nous sommes rouges et gonflés sur les photos (je vous vois venir mais non, ce n’est pas lié à l’alcool ingurgité la veille). L’ambiance est toujours plus folle :

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Je retrouve beaucoup d’amis,  ainsi que des lecteurs de l’année passée qui viennent cette fois pour mon tome 2, quel plaisir d’échanger avec eux ! Je réalise qu’Emma Cresp a eu la gentillesse de ramener (depuis Nice !) une peinture de la Belle Lili qu’elle m’offre (je vous promets que je suis resté sans voix).

 

J’observe une succube en pleine action :

Je discute un peu avec Boulet, qui est très sympa. Le soir, nouveau restaurant Bragelonne avec Kristen Britain et Mick Resnick. Mon voisin de table n’est autre qu’Anthony Ryan, au début très silencieux. Affamé (ma paternité me fait grossir, comme me l’a fait perfidement remarquer Isabelle Sauvage), je constate qu’Anthony n’a pas l’air de toucher à ses frites, placées sur sa seconde assiette. Après une courte hésitation et l’approbation discrète d’Anne-Lorraine, je me décide à lui poser la question fatidique (à lire avec un accent français à couper au couteau) :

– Anthony, you donte laïc your frenches fraïzes ? (D’un geste énergique, il me donne l’assiette)
– Help yourself.

Voilà.

Je sais, vous êtes en entrain de vous dire « quelle piètre image des auteurs français ce morfal donne-t-il », mais le courant passe bien et Anthony Ryan me fait rougir en affirmant qu’il est convaincu que ma trilogie sera un succès, ce qui est trop d’honneur pour le bébé auteur que je suis. À un moment donné, Kristen Britain me demande ce que signifie en anglais les Pirates de L’Escroc-Griffe, mais heureusement Stéphane Marsan vole à mon secours :  » The Pirates of the Crookes Claw » répond-t-il, à mesure que j’explique l’histoire de ce jeu de mots intraduisible.

La chaleur caniculaire a raison des romanciers anglo-saxons, la soirée se poursuit en petit comité avec Stéphane, Pierre Pevel et Patrice Girod, l’auteur de Générations Science-Fiction : de Flash Gordon à Matrix, qui nous raconte quantité d’anecdotes toutes plus passionnantes les unes que les autres, un régal.

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Dimanche, un enseignant vient à mon stand pour m’apprendre que certains de ses élèves lisent les Pirates de L’Escroc-Griffe, grand moment d’émotion… Du coup, je lui offre plein de marque-pages estampillés Goowan.

Le soir, il est déjà temps de partir avec l’ami Brome (le vrai, hein, pas le dieu de mon roman). À l’heure de dresser un bilan des Imaginales 2016, je réalise qu’un an après la sortie des Terres Interdites, ma trilogie continue de vivre sa vie. Quel bonheur de savoir que tant de lecteurs étaient au rendez-vous pour le tome 2 ! Mais j’éprouve également une joie toute aussi grande à l’idée que pas mal de copains auteurs vont voir, d’ici un an ou deux, leurs rêves d’édition s’exaucer, sans parler de ceux qui ont été publiés ces derniers mois. Mon aventure éditoriale est définitivement une aventure collective. Quelle fierté d’appartenir à cette nouvelle vague d’écrivains et de dédicacer aux côtés de Paul Beorn, Nadia Coste, Cindy Van Wilder, Silène Edgar, Célia Flaux, Patricia Lesausse, Luce Basseterre, Aude Cenga et de tant d’autres romanciers… Le rêve ! Ça vaut bien un câlin…

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Published in: on juin 1, 2016 at 6:50  Comments (8)  
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