Mono no aware

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Ken Liu

 

Suivant le conseil avisé d’un ami, j’ai lu il y a peu Mono no aware, une nouvelle poignante du célèbre auteur de Science-Fiction Ken Liu. Elle figure dans le recueil la ménagerie de papier et je vous la recommande chaudement.

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Mono no aware fait référence à un concept japonais difficilement traduisible. Je ne suis pas linguiste, mais pour ma part je vous propose « ah, que tout est éphémère ! ».

Dans la nouvelle de Ken Liu, le père du héros, un scientifique humaniste, tente de l’expliquer à son fils.

Rien ne dit
Dans le chant de la cigale
Qu’elle est près de sa fin
(…)
J’ai acquiescé. L’image semblait fugitive et permanente, comme mon ressenti du temps quand j’étais tout petit. Elle me rendait triste et heureux à la fois.
« Tout passe, Hiroto. Tu éprouves au fond de ton cœur ce qu’on appelle mono no aware, la sensibilité de l’éphémère. Le soleil, le pissenlit, la cigale, le Marteau, nous tous, sujets aux équations de James Clerk Maxwell, sommes des motifs transitoires destinés à disparaître, dans une seconde ou dans une éternité.  »


Je nourris souvent cette réflexion quand je relis avec un mélange de honte, d’hilarité et de tendresse certains vieux écrits de jeunesse, que je pensais à l’époque être publiables. Des textes condamnés à végéter dans les méandres de mon disque dur.

Lorsqu’on regarde de vieilles photos de proches disparus, le constat est, bien sûr, infiniment plus douloureux… du moins, pour nos esprits occidentaux matérialistes. Au Japon, l’expression mono no aware ne possède pas la force dramatique de notre antique formule latine memento mori (« souviens-toi que tu vas mourir »). Mono no aware est associée à une douce tristesse, « douce » parce que la paix vient avec l’acceptation de l’éphémère, au sens où l’impermanence du monde renvoie à la vacuité de nos propres existences, au lâcher-prise. Naturellement, cela s’applique aussi à l’écriture.

Quoi qu’on en dise, je pense qu’au fond de lui chaque auteur rêve d’écrire le roman parfait, sans parler de cette aspiration à l’immortalité. Le concept de mono no aware met à mal ce fantasme d’absolu, puisqu’il remet en question l’idée même de chef d’oeuvre et de perfection, la faute à un ennemi implacable : le temps. Le constat est sévère, mais J.R.R. Tolkien aurait aujourd’hui toutes les peines du monde à faire publier la Communauté de l’Anneau, dont l’intrigue met un temps fou à démarrer. Comme le dit si bien Tyler Durden dans Fight Club, « même la Joconde subit les outrages du temps ».

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Il est vrai que certains textes traversent les millénaires, mais honnêtement ils sont souvent davantage appréciés pour leur valeur historique ou religieuse, que littéraire. Ils ont été écrits pour un lectorat donné, dans un contexte bien particulier. J’aurais beau consacrer ma vie à l’étude de l’Épopée de Gilgamesh en VO, c’est-à-dire dans sa version akkadienne du XVIIIe siècle avant J.-C., je n’arriverai jamais à comprendre certaines subtilités propres à une culture antique disparue depuis longtemps. Il est même probable que je passe à côté de jeux de mots.

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L’Épopée de Gilgamesh, « le Déluge », en VO. Le plan galère.

Sans aller si loin, c’est un peu le même constat avec nombre de romans étrangers traduits en français.

L’écriture est un art, mais un art périssable car on écrit d’abord pour ses contemporains, dans un milieu donné, voué à changer. Ce qui signifie que pour l’auteur, le temps est l’alpha et l’oméga de l’écriture, celui qui donne et celui qui prend.

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Saturne dévorant l’un de ses enfants, Goya

Ce temps nous façonne, ne serait-ce que lorsqu’on écrit durant une ère troublée. Les auteurs et leurs livres ne sont que les reflets d’une époque, preuve en est avec les best-sellers descendus en flammes par la critique. Devant les chiffres de ventes faramineux de Marc Lévy, certains amis écrivains m’ont confié leur envie de se se passer la corde au cou. Ce n’est pas mon cas car je respecte Marc Lévy, sincèrement. Je n’ai pourtant jamais lu un seul de ses livres, et je ne l’ai même jamais rencontré, mais j’imagine qu’il possède au moins un mérite, celui d’avoir trouvé une recette propre à notre époque, bien qu’un jour ou l’autre elle sera passée de mode. C’est loin d’être improbable : certains écrivains populaires des siècles précédents ont sombré dans l’oubli, tandis que des poètes maudits morts dans la misère sont parvenus à la reconnaissance, ce qui ne manque pas de relativiser les succès et des uns, et des autres.

Loin d’être décourageant, ce constat est très utile pour qui veut dédramatiser l’acte d’écrire. Je ne sais pas vous, mais on a tous en tête un romancier qui nous inspire un profond respect. À mes yeux c’est Jean-Philippe Jaworski, pour moi la plus belle plume de la fantasy francophone, qui a connu un grand succès avec des livres vendus à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. Un exemple qui aurait fait rêver bien des auteurs classiques de la littérature blanche du XIXe siècle !

Ainsi pour ses premiers pas dans le monde de l’édition, le jeune Victor Hugo commence à travailler avec un petit éditeur, Persan, chez qui il publie Odes et Han d’Islande… non sans rencontrer des difficultés. Le futur auteur des Misérables souhaite faire une seconde édition de son roman mais Persan proteste publiquement dans un article de presse (!), affirmant qu’il reste encore 500 exemplaires invendus du premier tirage et qu’il n’a vendu que 200 exemplaires des Odes… au beau milieu d’une faillite. La classe !

L’exemple le plus émouvant est probablement celui de John Kennedy Toole. Persuadé de n’avoir aucun talent, l’auteur américain se suicide, laissant derrière lui un livre non publié, la Conjuration des imbéciles. Sa mère remuera ciel et terre pour lui trouver un éditeur, avec succès. Le roman sera un best-seller et John Kennedy Toole recevra à titre posthume le prix Pulitzer…

Dans l’absolu, quelle différence entre un auteur de la Bible, mort depuis longtemps dans l’anonymat, et Christine Boutin, dont le livre a été vendu à 38 exemplaires sur cinq ans ? À l’échelle de l’Histoire, aucune.

Au final, le temps investi et le temps subi conditionnent l’écriture, et c’est pour cette raison qu’à mon sens il faut écrire  dans l’instant présent, sereinement, prendre du plaisir et faire de son mieux, à l’image de l’émouvant astronaute de la nouvelle de Ken Liu. Le temps est, avec le chat bien sûr, un dieu que l’écrivain doit apprendre à vénérer et respecter.

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Heidi, ma correctrice impitoyable

Le crépuscule contient une infinie beauté
Malgré sa proximité avec la fin du jour.

Ken Liu, Mono no aware

Published in: on février 17, 2017 at 10:40  Comments (7)  
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Rendez-nous le futur !

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Je tiens à m’excuser, mais une fois n’est pas coutume, ce sera un article coup de gueule, et pour cause : on nous a volé le futur ! Quand j’étais un gosse des années 80, il n’était pas question que la technologie évolue de cette manière. Certes, on se doutait que les ordinateurs allaient être connectés à une matrice, on pressentait que l’informatique gagnerait en importance… mais j’imaginais l’avenir autrement. Pour en avoir discuté avec d’autres gens de ma génération, je suis loin d’être un cas isolé. Je me dois donc de parler de ce futur désormais uchronique aux plus jeunes d’entre vous !

Tout avait pourtant si bien commencé. Je me souviens encore de Tron, que j’ai vu au cinéma en 1982 à l’âge de… 5 ans.

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Je me rappelle être sorti de la salle en état de choc. Premier contact avec la réalité virtuelle, et cette idée qu’on pourrait entrer physiquement dans un monde digital… à condition d’être dématerialisé par un laser vous découpant en pixels ! Il y avait ce concept fascinant d’un réseau gigantesque dans lequel on naviguait via des vaisseaux, de vraies intelligences artificielles, des jeux mortels… Un Internet radicalement différent de celui qu’on connait aujourd’hui, un espace de liberté, mais déjà la cible de multinationales sans scrupules*.

Peu importe, on piratait ces firmes malfaisantes en connectant son cerveau directement au cyberspace.

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(Bon, ok, vu comme ça, ça craint un peu) Toujours est-il qu’on pensait le progrès technologique exponentiel, et cela se ressentait avec les sublimes peintures de verre de Blade Runner, qui n’ont rien à envier aux effets spéciaux numériques d’aujourd’hui. Dans mon 2019 à moi (l’année où sont censées se dérouler les événements narrés du film de Ridley Scott), on voyageait en voiture volante.

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On faisait la paix avec un ennemi alien sur Fyrin IV…

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On se rendait en chasseur stellaire sur Dagobah juste pour écouter les enseignements d’un vieux sage… (oui, je sais, Star Wars se situe dans le passé, ne soyez pas comme ça)

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Bien sûr, on évitait de s’approcher de trop près du palais de Jabba…

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On chevauchait des vers de sable sur la planète Dune…

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Sans oublier une balade sportive sur LV4-26.

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Bref, on pouvait facilement naviguer à travers l’espace !  Dans les séries hard SF les plus pessimistes comme Cosmos 1999 (diffusée en France dans les années 80) l’Humanité avait bâti une base permanente sur la Lune.

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Bien sûr, dans ce futur alternatif tout n’était pas rose. Pollution, terrorisme, drones… La SF de l’époque avait déjà tout prévu. Y compris les dérives des Organismes Génétiquement Modifiés.

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Mais même lorsqu’il était cauchemardesque, le futur avait de la gueule, bon sang !

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Et les voyages temporels, ils sont où ?

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Jeunes lecteurs, j’espère que grâce à ce billet vous aurez une meilleure idée de l’année 2017 telle qu’elle aurait dû être. Je l’affirme avec d’autant plus de force qu’à l’heure où j’écris ces lignes, nous vivons une réalité parallèle dans laquelle les Etats-Unis ont élu un président qui menace d’attaquer la Corée du Nord et l’Iran. Si Trump n’est pas la preuve que nous évoluons dans une uchronie dystopique, je ne sais pas ce qu’il vous faut.

* Si vous ne l’avez pas vue, je vous conseille vivement la suite de Tron intitulée Tron Legacy. La technologie dépeinte dans l’épisode de 1982 continue d’évoluer, au point où le film est une vraie uchronie.

Published in: on février 3, 2017 at 10:47  Comments (15)  

La routine de l’écriture

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Le fantasme ultime : le retourneur de temps

Je me permets d’évoquer un sujet sensible pour bon nombre d’auteurs. Je pense que si on devait procéder à un sondage, la plupart des écrivains pointeraient en première position ce problème récurent. « Je manque de temps »… Combien de fois ai-je entendu cette phrase, quand je ne l’ai pas moi-même prononcée !

L’année dernière, j’ai été confronté à cet obstacle, à cause d’grâce à un heureux événement : la naissance de mon fils. Suite à ce chamboulement, j’ai effectué une pause de plusieurs mois pour profiter pleinement du bonheur de sa venue. Quand je me suis enfin remis à écrire un synopsis, j’ai rencontré une difficulté de taille : je n’arrivais pas à me concentrer sur mon traitement de texte en sachant que j’allais être immanquablement interrompu. Pire : l’après-midi, alors que mon bébé était chez sa grand-mère, j’étais tellement pressé d’avancer sur une myriade de tâches importantes que je me retrouvais paralysé, avec l’impression que la journée filait à toute vitesse et que je ne savais pas par quoi commencer. Au lieu de mettre à profit ces quelques heures de calme, je procrastinais.

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Fort heureusement, il existe une solution : la routine. Un beau jour, j’ai tout simplement décidé que j’écrirai quotidiennement pendant la sieste matinale de mon fils, peu importe la durée (après le biberon matinal, il dort un bon moment).  Je me suis dit à ce moment là « même si c’est juste pour dix minutes, l’essentiel c’est que tu progresses tous les jours. Arrête de t’imposer des plannings que tu ne tiendras pas, va à ton rythme. »

Avoir accompli ce lâcher-prise m’a enlevé beaucoup de pression, au point que j’arrive même à écrire… matin et après-midi (non, je ne suis pas compliqué). Ce qui est paradoxal, c’est que je suis plus productif que durant ma période de procrastination, alors que je n’ai pas gagné de temps supplémentaire ! À croire que plus je suis lent, plus je suis efficace… En fait, c’est juste mon cerveau qui est reprogrammé correctement. Du coup, je travaille à nouveau plusieurs heures par jour sur ma trilogie. Enfant oblige, je ne retrouverais jamais mon rythme de guerre, mais j’ai appris à l’accepter avec sérénité.

Et vous, frères et soeurs de plume, avez-vous vous une routine ou des techniques particulières pour dégager du temps d’écriture ?

Published in: on janvier 30, 2017 at 11:28  Comments (25)  

De l’art d’être kintsugi

J’ai appris qu’il existe un art japonais appelé kintsugi, qui consiste à réparer les poteries cassées avec de l’or.

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Comme tous les dao, c’est un art riche de sens. Au lieu d’essayer de cacher les cicatrices de l’objet, on les met en avant, pour montrer que non seulement elles font partie de son histoire, mais qu’en plus elles peuvent le rendre encore plus résistant et plus beau. Cette philosophie est au cœur de la culture populaire nippone, ne serait-ce qu’avec le personnage d’Auron dans le jeu vidéo Final Fantasy X. Auron est handicapé, il a été grièvement blessé par le passé  et pourtant, malgré son bras en écharpe, c’est un redoutable (et charismatique) guerrier.

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Le kintsugi est un non-attachement, un renoncement, l’acceptation du changement et du destin. Les vicissitudes du temps dont nous sommes les victimes ne peuvent pas être mieux représentées par les fêlures et les bosses d’une céramique. Cette empathie envers les choses est appelée mono no aware, une sensibilité pour l’éphémère. La conscience de l’impermanence.

Je pense qu’on devrait éprouver la même empathie pour son premier roman, appelé à vieillir avec le temps, et même à se briser comme une fragile céramique sous le regard critique de son auteur ! À mesure qu’on  évolue dans son écriture, il est parfois pénible de relire ses premiers écrits. Je me souviens d’une nuit blanche passée sur le Bon À Tirer de mon tome 1. Vérifier le BAT est toujours un moment stressant car c’est la dernière occasion de corriger son texte avant l’impression, dans un délais de temps assez réduit. J’avais bossé tellement de mois sur les corrections éditoriales que je ne pouvais plus voir mon bouquin en peinture. Pour être franc, cette nuit-là je me rappelle m’être dit à 5h00 du matin « ce livre est nul, personne ne le lira jamais »… Pendant longtemps, j’ai eu du mal à ouvrir ce tome 1, de peur de trouver une coquille. Désormais, je porte un regard attendri sur les Terres Interdites. Ce regard bienveillant n’est pas lié à une majorité de bonnes critiques, j’ai conscience que ce premier ouvrage présente réellement des défauts de jeunesse. Mais je crois également qu’il possède une certaine fraicheur que je ne retrouverai jamais plus. Par la suite, j’ai beaucoup progressé sur les Feux de mortifice et les corsaires de l’Écosphère. Mes tomes 2 et 3, plus aboutis, sont de meilleurs romans, mais mon tome 1 reste complètement kintsugi.

C’est pour cette raison qu’un auteur non publié doit être conscient qu’un livre n’est jamais achevé, même quand un éditeur a un coup de cœur pour le texte d’un inconnu. Avec lui, on travaille du mieux possible sur les corrections éditoriales, mais au final il y a toujours une deadline qui nous oblige à nous arrêter. Ce n’est pas propre au monde de l’édition : pour la post-production des effets spéciaux d’un long-métrage, les artistes numériques œuvrent jusqu’au dernier jour, même constat pour le montage. Certains cinéastes ont coutume de dire « les films ne sortent pas, ils s’échappent ».

Cette vérité peut sembler bassement commerciale, mais c’est la logique éditoriale qui impose le lâcher-prise, et heureusement ! Sans cette contrainte, je serais encore en train d’écrire ma trilogie… Bien sûr, cela ne veut pas dire qu’il faut envoyer un premier jet aux éditeurs, mais après plusieurs années de travail de correction sur un texte il faut savoir s’en détacher, se confronter à la réalité et aller de l’avant. Un premier roman est presque toujours une céramique imparfaite, morcelée, mais l’or qui va permettre de le mettre en valeur, c’est tout simplement l’enthousiasme des lecteurs.

N’ayons pas peur d’être kintsugi !

Published in: on janvier 27, 2017 at 10:39  Comments (12)  
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The OA (attention, légers spoilers)

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Prairie Johnson, une jeune fille aveugle adoptée, réapparaît brusquement sept ans après avoir été enlevée. La disparition de sa cécité ainsi que son silence provoquent bien des questionnements.

Cela fait plus d’une semaine que j’ai fini la série événement de Netflix, et je suis encore en état de choc. The OA est LE tsunami qui divise la geekosphère. Série fantastique ratée pour les uns, chef d’oeuvre expérimental pour les autres, en ce qui me concerne j’ai été très touché par cet OVNI porté par des personnages profondément attachants, mention spéciale à celui jouée par la charismatique Brit Marling, qui crevait déjà l’écran dans I Origins et Another Earth.

Des personnages ordinaires qui sonnent vrai, confrontés à des événements extraordinaires, si loin des stéréotypes du cinéma hollywoodien. Et des idées toutes plus folles les unes que les autres sur fond d’expériences de mort imminente…

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Alors c’est vrai qu’il y a ce fameux épisode 5, et ce passage un peu embarrassant dingue avec le « mouvement » (je ne peux pas en dire plus sans déflorer l’intrigue), mais la suspension de crédulité a fonctionné sur moi car j’ai immédiatement pensé aux moudras tibétains. En fait j’adore cette ambivalence entre fantastique et réalisme. Alors que bon nombre d’auteurs de séries et de films auraient massivement employé des effets spéciaux numériques, les créateurs de The OA ont préféré un registre plus intimiste, avec une touche fantastique très sobre pas si simple à mettre en œuvre. Pour l’anecdote, les acteurs ont réellement porté ces horribles casques remplis d’eau !

L’ambiance rappelle un peu Sense8, Man from earth ou encore Incassable de Shyamalan, avec des « super-héros » ordinaires qui s’illustrent moins par leurs pouvoirs que par le courage dont ils doivent faire preuve.

L’épisode final, émouvant et énigmatique, a laissé certains fans sur leur faim, mais il se suffit à lui-même et pourrait servir de belle conclusion si d’aventure il n’y avait pas de saison 2.

Quoi qu’il arrive, le monde se divise désormais en deux catégories : les fans de Sense8, et ceux de The OA. Pour ma part, j’ai choisi la facilité d’aimer ces deux expériences radicales. Après les réussites que sont House of cardsStranger Things, Dardevil et The Get Down, Netflix rattrape le HBO de la grande époque, avec des séries originales plus géniales les unes que les autres.

Merci Netflix !

Published in: on janvier 23, 2017 at 12:39  Comments (8)  

Coming out

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Pfff, par quoi commencer ? (soupir)

Hum.

Bon. Vous vous souvenez de cet article dans lequel j’expliquais que j’avais passé six mois à bosser sur le synopsis d’un quatrième roman historico-fantastique ? Ceux qui me connaissent le savent, j’ai répété  à maintes reprises que JAMAIS je ne me relancerai dans une trilogie. Trop de souffrance, trop de pression, et surtout trop d’années passées à corriger 1200 pages… Un vrai calvaire.

Il y a une semaine, j’étais tranquillement assis dans le train lorsque soudain je fus frappé par la foudre. Comment avais-je pu passer à côté de CETTE IDÉE ?

Arrivé à la maison, j’écrivais frénétiquement jusqu’au milieu de la nuit les… trois synopsis de ce qui ressemblait fort à… à… hum, disons une… trilogie (on ne ricane pas).

Un spin-off qui se déroule dans (l’immense) univers des pirates de L’Escroc-Griffe, à une autre époque et sur un monde inédit. Une trilogie indépendante de la première série, avec des protagonistes différents.

À mesure que je prenais plaisir à martyriser mon clavier, je ne pouvais m’empêcher de me sentir coupable vis-à-vis de mon projet de livre historico-fantastique. Je me retrouvais dans la peau du quadragénaire-marié-deux enfants qui tombe amoureux d’une petite jeune, bouleversé par des émotions qu’il pensait ne plus jamais ressentir. Une excitation qui m’a donné l’impression de rajeunir de dix ans.

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Au réveil, j’avais le sourire, mais aussi peur des réactions de mes proches. N’était-ce pas un fantasme d’auteur sans lendemain ? Pourtant, mes sentiments étaient toujours là. J’étais amoureux de cette nouvelle trilogie et plus que tout, j’avais envie de repartir explorer cet univers que je connaissais si bien, comme lorsque j’avais la vingtaine. J’éprouvais un tel soulagement que je mettais mon projet historico-fantastique en stand-by.

Depuis, je n’ai pas arrêté d’écrire… et même de beaucoup écrire.

Ce qui est complètement fou, c’est que j’ai créé trois synopsis sommaires en une nuit, alors qu’il m’a fallu six mois pour accoucher péniblement du plan du roman historique fantastique que je préparais. J’espère ne pas avoir perdu toute crédibilité à vos yeux.

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Ma muse fait parfois n’importe quoi

La grande leçon à tirer de cette crise de la quarantaine qui approche mon revirement, c’est qu’il faut écouter son instinct, son cœur, voire ses tripes. Même si je ne renie pas mon autre projet (je vous assure que l’idée est vraiment originale, du moins à mes yeux), je pense que j’ai lancé ce chantier pour de mauvaises raisons. Bêtement, je voulais prouver à mes lecteurs que j’étais capable d’imaginer autre chose que de la fantasy, que je savais inventer des histoires adultes plus sombres. Il y a quelques semaines, j’ai même écrit en cachette une nouvelle de SF orientée hard science. Il faut que j’arrête de me mentir, et assumer ma vraie nature.

Je suis un écrivain de Fantasy young adult dans l’âme et j’adore ça !

Je crois aussi que sans m’en rendre compte, les paroles de Stéphane m’ont rassuré et apaisé, comme si des digues logées dans mon inconscient avaient sauté.

Cela ne veut pas dire que je n’écrirai pas un jour ce roman historique qui me tient à cœur, mais pour l’instant je m’amuse comme un petit fou. Une trilogie, il n’y a que ça de vrai…

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… Même si une trilogie prend pas mal de place dans une vie d’auteur

Voilà, vous pouvez me balancer œufs et tomates.

Bonus : mon article écrit il y a un an, intitulé Pourquoi il ne faut jamais écrire de trilogie (tiens, il y avait également Gandalf dedans).

Published in: on janvier 16, 2017 at 9:58  Comments (27)  

Quelques minutes après minuit

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Conor a de plus en plus de difficultés à faire face à la maladie de sa mère, à l’intimidation de ses camarades et à la fermeté de sa grand-mère. Chaque nuit, pour fuir son quotidien, il s’échappe dans un monde imaginaire peuplé de créatures extraordinaires.

Attention OVNI ! Quelques minutes après minuit est un long-métrage à part, à l’image de son protagoniste principal, « trop vieux pour être un enfant, et trop jeune pour être un homme ». Ce drame fantastique est inspiré du livre de Patrick Ness, qui a lui-même repris les premières pages de Siobhan Dowd, emportée par un cancer avant qu’elle n’ait pu écrire cette histoire dont elle avait eu l’idée. Plus tard, Patrick Ness a travaillé sur l’adaptation cinéma de son propre roman dont l’un des thèmes est la narration, comme le souligne le personnage du monstre :

Les histoires sont des créatures sauvages. Quand tu les libères, qui sait ce qu’elles peuvent déclencher ?

Pourquoi raconte-t-on des histoires ? Ou plutôt pourquoi se raconte-t-on des histoires ? En décidant de traiter d’un sujet ô combien casse-gueule, la mort de l’enfance, le réalisateur livre une oeuvre exceptionnelle de sincérité, sans concession, qui rappelle un peu par sa noirceur le Labyrinthe de Pan, le chef d’œuvre de Del Toro. Clouant au piloris toute forme de manichéisme, le film est porté par son très jeune acteur, ainsi qu’une Sigourney Weaver plus vraie que nature en grand-mère à cheval sur les principes, sans parler de la performance de Félicity Jones, déjà émouvante dans Rogue One. Rarement  un long-métrage n’aura aussi bien montré la colère que l’on peut ressentir enfant. Quelques minutes après minuit est, en quelque sorte, la suite spirituelle de Max et les maxi monstres. Cerise sur le gâteau, les contes présents dans le film sont illustrés par de somptueuses aquarelles en animation qui évoquent celles d’Harry Potter et le Prince de sang-mêlé.

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Après l’Orphelinat, et The Impossible, le cinéaste espagnol Juan Antonio Bayona prouve qu’il est un réalisateur à suivre de très près, qu’on se le dise !

Published in: on janvier 13, 2017 at 9:43  Comments (2)  

Westworld

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C’est bien la première fois qu’une série m’enthousiasme… à partir du dernier épisode. Mais quel épisode !

J’ai commencé à la regarder suite à un article du Monde qui présentait Westworld comme la série qui allait détrôner Game of thrones… Sceptique, je me suis vite rendu compte que la comparaison n’était guère pertinente : excepté le fait d’être deux super-productions HBO, les deux shows n’ont pas grand chose en commun. Westworld est un parc d’attraction dans lequel de riches joueurs s’amusent à jouer aux cow-boys.

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Le drame, c’est que les figurants sont des « hôtes » inconscients d’être des machines, des robots capables de saigner réinitialisés régulièrement. L’idée intéressante de la série, c’est d’avoir fait de ce parc un gigantesque GTA. Comme dans un jeu vidéo à monde ouvert, les « guests » (les invités) peuvent obtenir des quêtes auprès des hôtes pour accomplir des missions, mais aussi « juste » tuer, violer, et ainsi assouvir leurs fantasmes. C’est un peu le point noir des productions HBO, à chaque fois les scénaristes ne peuvent s’empêcher de tomber dans une surenchère de violence et de sexe qui n’apporte pas grand chose au récit. Mais passé ce constat, la série amène doucement des questions philosophiques intrigantes. Y a-t-il d’autres formes de conscience que la nôtre ? Avec les progrès de l’intelligence artificielle, ne sommes-nous pas en train de perdre notre humanité ? Une conscience émergente aura-t-elle tendance à nous considérer comme des dieux ?

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En SF, ces questions ont déjà été abordées depuis longtemps mais la série a l’intelligence de nous faire partager le point de vue des robots, ainsi que leurs angoisses métaphysiques notamment, face à la question du libre-arbitre. Quelles en sont les limites ? C’est une interrogation d’autant plus intrigante que ces robots reviennent sans cesse à la vie et participent à des scénarios redondants, habilement filmés grâce à des points de vue différents. Par un effet de miroir troublant, cette problématique du libre-arbitre concerne également les êtres humains et leur désirs insatiables. Ne sommes-nous pas des machines biologiques ignorantes conditionnées par la colère, la peur et l’attachement, des consommateurs enfermées dans notre propre labyrinthe, celui du divertissement ?

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C’est en substance ce qui rend l’opposition entre les deux scénaristes du parc passionnante. Alors que le vulgaire Lee Sizemore, directeur de la narration, souhaite des scénarios toujours plus violents et outranciers, le Docteur Robert Ford, le fondateur du parc, (Anthony Hopkins) réclame au contraire plus de subtilité, de réalisme et d’émotion dans les intrigues, afin que Westworld devienne pour les joueurs une expérience initiatique inoubliable leur permettant de découvrir leur vraie nature.

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Anthony Hopkins, plus pervers que jamais

Série non dénuée d’un certain humour (le piano bastringue du saloon joue de la musique délicieusement anachronique), Westworld prend enfin son envol dans un dernier épisode glaçant digne de Blade Runner, avec un cliffhanger qui place la barre très haut. En espérant que la saison 2 confirme cette bonne impression et aille encore plus loin.

Published in: on janvier 12, 2017 at 10:39  Comments (6)  

Stéphane Marsan parle des Pirates

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Cela faisait longtemps que j’avais envie de vous parler de Dream On, un excellent podcast de Mister D consacré aux coulisses de l’édition. Dans cette émission unique en son genre mon éditeur, Stéphane Marsan, évoque sans langue de bois son métier, les rapports entre maisons, auteurs, libraires et agents, le tout avec des anecdotes croustillantes. Il raconte également le travail éditorial, mais aussi les salons littéraires, l’histoire de Bragelonne   ainsi que le numérique. Autant dire que ce podcast est une mine d’or pour les écrivains, publiés ou pas, ainsi que pour les passionnés de SFFF* en général. Tous les numéros sont disponibles sur le site officiel, ainsi que sur iTunes. Pour ceux que ça intéresse, je vous conseille de les écouter dans l’ordre.

Dans l’épisode 11, il était (entre autre) question des intégrales Bragelonne de ce Noël, ainsi  que de ma trilogie, à partir de la huitième minute ici :

J’ai été très touché par les mots de mon éditeur. Merci Stéphane !

*Science-Fiction, Fantasy, Fantastique

Published in: on janvier 11, 2017 at 12:12  Comments (9)  

Apologie du synopsis

Ca y est, je suis sur le point de terminer le synopsis de travail de mon prochain roman ! J’ai commencé à l’écrire… cet été. Oui, vous avez bien lu : j’ai consacré près de six mois de ma vie à un synopsis de travail de 60.000 signes*, insipide à lire… comme tous les synopsis d’ailleurs. Est-ce du masochisme ? Dans cet article, je parlais de la différence entre les structurants et les scripturants. Tous les auteurs le savent, le monde se divise en deux catégories : les architectes et les jardiniers. Quand on commence à écrire, la question qui revient immanquablement sur la table est : comment mon cerveau fonctionne ?

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Pour ma part, je suis architecte : avant d’écrire mon roman, j’établis un plan (le fameux syno) avec un début, un milieu et une fin. Je sais déjà quel climax (la « séquence forte ») est susceptible de toucher le lecteur. D’autres écrivains préfèrent travailler différemment, et ne supportent pas de connaître le dénouement. Ils progressent au fil de leur inspiration, coupant les branches qui dépassent : on dit d’eux qu’ils jardinent. Bien sûr, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode et, de la même façon, on est jamais complètement l’un ou l’autre de ces archétypes.

Toujours est-il que j’ai constaté que le synopsis de travail est souvent mal aimé. J’ai même des amis écrivains qui le haïssent, parce que le synopsis est capable de vous bouffer le cerveau.

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Un spécimen intéressant de synopsis gigantis, communément appelé synopsis, occupé à chasser une proie. Sa victime, une auteure, n’a malheureusement aucune chance d’échapper à son piège mortel.

J’aimerais pourtant prendre sa défense. Je sais que ça peut étonner, je vous vois déjà venir :  » pourquoi ce type passe six mois sur un synopsis, alors qu’il aurait pu, dans le même laps de temps, écrire le premier jet de son bouquin ? »

C’est vrai, j’aurais largement pu fournir une première version en moins d’un an. Mais une des leçons que j’ai retenues avec ma trilogie, c’est de ne pas se lancer les yeux fermés dans un projet complexe… au risque d’y consacrer douze ans.

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Autant dire une éternité

Certes, ce délais extrêmement long s’explique en partie parce qu’il ne faut jamais commencer par une trilogie, mais honnêtement, si j’avais, au tout début, travaillé sur trois synopsis minutieusement détaillés, cette série aurait été moins difficile à écrire. Pour ce qui est de mon quatrième bouquin, un roman historique fantastique, j’ai complètement changé mon fusil d’épaule. Vu que je devais effectuer des recherches colossales (grosso modo : connaître dans les moindres détails l’Empire romain au IVe siècle après J.-C., la mentalité de ses habitants, mais aussi la vie quotidienne à cette époque, de la cuisine à la mode vestimentaire), j’ai lu quantité de livres sur l’Antiquité tardive avec l’angoisse de me dire que ça allait être plus compliqué et restrictif que de créer un univers imaginaire. Je ne pouvais pas plus me tromper ! Non seulement c’est tout aussi enthousiasmant, mais en plus l’Histoire, la vraie, m’a apporté quantité d’éléments pertinents et originaux que je n’aurais jamais osé imaginer, et qui sont pourtant véridiques. J’aborde ici un point fondamental : c’est parce que j’ai choisi de travailler sur un synopsis que mon intrigue a pris une épaisseur qu’elle n’avait pas à la base. Si j’avais commencé par un premier jet sans trop me prendre la tête, je  me serais retrouvé à coup sûr coincé au milieu de mon intrigue, ne serait-ce qu’à cause des recherches. Au mieux elles m’auraient coupé net dans mon élan, au pire elles m’auraient démontré que mon scénario ne collait pas avec l’Histoire (ce que je voulais éviter à tout prix). Une grosse incohérence ou un problème de structure peut provoquer la réécriture  complète d’un bouquin…

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Un autre point tout aussi essentiel : un synopsis amène du liant à l’histoire. Pendant des mois j’ai travaillé sur l’idée-force de mon intrigue, sa colonne vertébrale, et la tentation était grande de recourir à un maximum d’événements, de personnages, mais aussi de lieux… Le risque, c’est d’aboutir à une histoire brouillonne qui part dans tous les sens. Pour obtenir ce liant, il a fallu se recentrer sur une question essentielle, à savoir : que cherche mon personnage ? En décidant de ne traiter que quelques thèmes, on arrive rapidement à savoir ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Un peu comme lorsqu’un réalisateur veut consacrer un film à la Seconde Guerre mondiale : impossible d’avoir une approche globale, car il y a des dizaines de millions de protagonistes éparpillés aux quatre coins du monde ! Ce qui compte ce sont les personnages et l’histoire qu’ils vont vivre. Il faut donc adopter une échelle plus restreinte. Spielberg a consacré un film aux hommes qui ont participé au Débarquement de Normandie en 1944 (Il faut sauver le soldat Ryan), mais par la suite, en qualité de producteur, il a privilégié un autre point de vue sur l’événement : dans l’émouvante série Band of brothers, on suit le destin incroyable mais véridique des membres de la Easy Company, parachutés pendant ce même Débarquement derrière les lignes ennemies. Les deux visions sont complémentaires car les thématiques sont différentes : alors que Ryan renvoie à un dilemme moral (sacrifier plusieurs vies pour en sauver une), Band of brothers a une approche plus documentaliste en essayant de nous faire comprendre comment une profonde camaraderie a permis à des hommes ordinaires de survivre à des événements extraordinaires.

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Band of Brothers, l’une des plus belles séries HBO qu’il m’ait été donné de découvrir, à voir une fois dans sa vie. En plus vous n’avez pas d’excuses, il n’y a qu’une seule saison de 10 épisodes !

Mon synopsis m’a une nouvelle fois rappelé, si je l’avais oublié, combien il est important de savoir changer de point de vue pour rester au niveau de ses personnages, que l’intrigue se déroule au milieu d’une bataille spatiale gigantesque ou dans une cave exiguë. Peu importe la taille du synopsis de travail et sa complexité, on devrait toujours pouvoir le résumer en une phrase, le fameux pitch (mais ceci est une autre histoire). Cela ne veut pas dire que les architectes ont raison et les jardinier tort ! Comme je le disais au début de l’article, on est jamais complètement l’un ou l’autre, et je connais des jardiniers qui travaillent avec des plans relativement détaillés.

Tout ça pour dire que je ne regrette absolument pas d’avoir consacré six mois de ma vie à mon synopsis, car en réalité je me suis épargné plusieurs années de calvaire, et surtout de longues périodes de stagnation. C’est ce qui m’est arrivé à plusieurs reprises sur le tome 2 des Pirates : il n’y a rien de pire que de ne pas savoir comment certains événements capitaux doivent s’enchaîner  entre le début et la fin du bouquin ! Bien sûr, je ne suis pas à l’abri de mauvaises surprises sur mon prochain roman, mais quoi qu’il arrive, l’écriture du premier jet sera moins long, c’est une certitude.

*Pour ceux qui l’ignorent, les auteurs n’évaluent jamais la taille d’un manuscrit en nombre de pages, mais en signes « espaces comprises ». Cet usage tient au fait que le nombre de pages varie en fonction des traitements de texte, de la police choisie, de la mise en page… bref, de la typographie. Vous trouverez le nombre de signes de votre manuscrit dans votre traitement de texte favori.

Published in: on janvier 6, 2017 at 10:49  Comments (33)