Refonte du site, vie en construction

Comme vous l’avez peut-être remarqué, au fil des mois le blog s’est transformé en usine à gaz, il était de plus en plus long à charger. Cela devenait un problème pour héberger la totalité de la bande-originale des Pirates de l’Escroc-Griffe, qui sera en ligne début 2015. Dans mon esprit, le blog devait être facilement consultable depuis un smartphone ou une tablette (vive les sites codés en Ajax !), du coup j’ai procédé à quelques changements.

Bien qu’il me fallait un site plus léger, je n’avais pas envie que ma longue liste de liens soit reléguée au second plan, j’ai donc eu l’idée de créer une page « Voisins« . Je ne voulais pas d’un simple catalogue sans âme, mais au contraire une page conviviale. Je n’ai pas référencé tous les blogs que je connais, j’en suis sincèrement désolé, j’espère que certaines personnes ne m’en tiendront pas rigueur. En fait, pour être franc, cette démarche s’inscrit dans ma quête d’une autre temporalité, avec une blogosphère plus réduite, à échelle humaine. Un peu comme ce que j’ai vécu sur le forum d’écriture Cocyclics, une utopique bulle virtuelle qui m’a permis de nouer des amitiés bien réelles, et qui me manque. J’aimerais y être plus présent, mais depuis quelques mois j’ai des contraintes éditoriales. Ironie du sort, c’est Cocyclics qui m’a fait prendre conscience que l’écriture devait devenir mon activité principale, et voilà que je m’éloigne du forum à cause de… l’écriture. Depuis 2010, je lui consacre plusieurs heures par jour. Un pari fou, très risqué professionnellement, mais aussi une source infinie d’épanouissement au fil des ans. Depuis ce billet, j’ai pris conscience combien le temps était important pour qu’un projet de longue haleine mûrisse, qu’il soit artistique, scientifique, humanitaire ou même pédagogique1.

C’est pour cette raison que je suis moins présent sur Twitter et Facebook. Je ne snobe pas ces réseaux, je les trouve même géniaux. Ils me permettent de communiquer avec des personnes passionnantes que je n’aurais jamais pu rencontrer en vrai, sans parler du fait qu’il est pratique d’avoir des nouvelles de « proches éloignés » (ma famille et mes amis sont malheureusement éparpillés aux quatre coins du monde). Mais quand je ne suis pas sur Cocyclics, je privilégie désormais la blogosphère, car j’apprécie son rythme lent : comme on passe beaucoup de temps à rédiger des articles, et à les lire, la qualité des échanges et de la réflexion s’en ressent, sans parler du fait qu’on garde une trace des billets et des commentaires. Je souhaite éviter cette course au temps qu’on ne rattrape jamais, la déshumanisation qui nous guette, les trolls et la vacuité. À propos de vacuité, j’ai eu l’occasion de regarder la fameuse présentation de la montre Apple. J’adore travailler sur Mac, mais pourtant j’ai été frappé de constater combien cette iDéshumanisation 2.0 est insidieuse, notamment dans ce court extrait :

J’estime que je reçois déjà trop de notifications sur mon iPhone/iPad. Plus j’y réfléchis, plus je trouve ce projet d’Apple aussi vain que les lunettes de Google, tant ces deux multinationales tentent d’uniformiser notre rapport à l’Autre. Si un ami m’apprend le décès d’un de ses proches, quel émoticône sera suffisamment triste pour lui adresser toutes mes condoléances ? Faut-il lui envoyer un cœur ?

Je caricature, mais pas tant que ça. Je confesse qu’il m’arrive d’écrire des ♥ sur Facebook. Je suis geek le premier à utiliser des smileys, y compris dans les commentaires de ce blog, mais pour moi, en dehors d’une rencontre réelle, l’écrit, le vrai, demeurera toujours le moyen de communication le plus noble. Le blog est l’une des dernières armes de résistance qui reste pour échanger sur des sujets qui, j’ose l’espérer, ne sont pas superficiels… à condition « d’avoir le temps », pour reprendre la formule consacrée. Ah, ce temps…je suis désormais persuadé qu’il est une richesse qu’il nous faut préserver. Combien de fois nous sommes-nous plaints de ne pas avoir le temps de lire ou d’aller au musée ? La vie vaut-elle la peine d’être vécue si elle ne devient qu’un matérialisme utilitariste imposé par une pensée unique, pour ne pas dire inique ?

Le temps est une richesse qui appartient à tous, luttons pour ne pas en être dépossédé !

PS : si vous trouvez que je suis incendiaire en ce qui concerne l’Apple Watch, je vous invite à découvrir cet article de Slate particulièrement édifiant. On apprend que chez lui, Steve Jobs limitait les gadgets… comme la plupart des patrons de la Silicon Valley ! Tous ces riches technophiles ont conscience des problèmes qu’ils contribuent à créer, car ils envoient leurs enfants dans une école ultra-traditionnelle façon les Choristes pour les protéger des ordinateurs et du monde moderne… Un constat ironique, qu’il faut mettre en perspective avec la futur Apple Watch, surtout le modèle haut de gamme. Je ne connais pas encore le prix précis de la déclinaison or de cette montre, mais faut-il investir plus de 1000 dollars dans un appareil électronique doté d’une batterie à durée de vie limitée, ou bien dans une montre mécanique que l’on transmettra à ses enfants, et petits-enfants ? En ce qui me concerne, le choix est fait…

1. N’y voyez aucun cynisme de ma part, mais je constate que les médias parlent de la logistique d’une troisième guerre en Irak, mais beaucoup moins du budget qui sera investi là-bas pour construire des écoles et former des enseignants progressistes capables de faire reculer l’intégrisme sur le long terme. Tuer des terroristes est infiniment plus facile que d’éduquer des millions de personnes, car l’éducation nécessite… du temps.

Published in: on septembre 19, 2014 at 9:43  Comments (19)  
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Jack et la mécanique du cœur

Recueilli par une sorcière, Jack est né durant le jour le plus froid du monde. Son cœur gelé a été remplacé par une horloge. S’il veut vivre, Jack doit respecter trois règles : ne jamais toucher ses aiguilles, ne jamais se mettre en colère, et surtout ne jamais tomber amoureux.

J’ai une tendresse particulière pour l’œuvre poétique de Mathias Malzieu depuis l’Homme-Volcan, un magnifique ebook enrichi par la musique de Dionysos, le groupe de Malzieu. C’est non sans une certaine impatience que je guettais Jack et la mécanique du cœur, le film-animation directement inspiré du livre, ainsi que de l’album de l’artiste. Dès les premiers instants, j’ai pris une véritable claque avec cet univers d’une incroyable richesse visuelle. Une fusion improbable entre Tim Burton et Michel Gondry, avec un zeste de Little Big Planet et de steampunk, et ce train-accordéon qui restera dans les mémoires. Un monde drôle et triste, à des années-lumières des productions Disney. Les acteurs sont à la hauteur : si Grand Corps Malade m’a fait sourire dans le rôle du méchant de service, j’ai eu un vrai coup de cœur pour la performance de Jean Rochefort, qui incarne à merveille un George Méliès véritable magicien des temps modernes : dans une séquence digne d’Hugo Cabret, Méliès présente son Roméo et Juliette(s), film dans le film d’une grande poésie. Alors certes, l’histoire est simple, mais elle est imprégnée d’une telle mélancolique qu’on est vite happé par l’ambiance particulière de ce long-métrage. Les chansons sont des trésors d’inventivité avec des paroles décalées (et pourtant, j’avais un à priori concernant Olivia Ruiz !) : on retrouve dans la bande-originale Emily Loizeau, Arthur H et surtout le regretté Alain Bashung dans le rôle de Jack l’Éventreur. Le final, aussi sombre que désenchanté, laisse un goût amer. Mais pouvait-il en être autrement avec une œuvre de Mathias Malzieu ?

Published in: on février 19, 2014 at 10:43  Comments (8)  
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La bande-originale des Pirates de l’Escroc-Griffe

Goowan, par Céline Lacomblez

Goowan, par Céline Lacomblez

Depuis l’année 2010, les livres numériques enrichis sur iPad ont bouleversé la vision que je pouvais avoir d’un ebook. J’ai ainsi été ému par L’homme Volcan de Mathias Malzieu, angoissé par Kadath, le guide de la cité inconnue, ou bien encore émerveillé par le somptueux Herbier des Fées de Benjamin Lacombe et Sébastien Perez, dont un extrait gratuit est disponible sur iTunes.

De mon côté, j’ai toujours essayé d’imaginer le son de l’hydrodéon que porte Goowan, l’homme-iguane représenté juste au-dessus. La quête de ce son imaginaire, et par extension la musique du livre, est devenu une obsession (si vous aimez ce genre d’expérimentation je vous recommande chaudement le pantin sans visage aux Editions du Riez, une bande-dessinée accompagnée d’un CD qui n’est pas sans rappeler Radiohead, c’est absolument génial).

En 2012, j’ai composé sur mon Mac un premier morceau intitulé les sauvages du Maelström. Puis j’ai fait lire à Marc le roman. Il a été interpelé par l’hydrodéon et, anecdote amusante, s’est livré à une réflexion sur son fonctionnement, comme si l’instrument existait. Selon lui, les Kazarsses émettent un léger champ électrique naturel, imperceptible pour l’Homme. Ce champ permet l’électrolyse qui fait vibrer l’eau de l’hydrodéon (voir le dessin plus haut).

On s’est promis de reconstituer ce son, et plus largement, de créer une bande-originale un peu dans l’esprit de Dead Man de Jim Jarmush : pour ce western en noir et blanc complètement barré, Neil Young avait créé une BO démentielle, avec notamment certains dialogues du film. On a envie d’adopter une démarche similaire : de la musique atmosphérique, mais aussi des lectures du texte, de l’ambiance… Et peut-être ce fameux son que nous recherchons !

En attendant, je vous livre en avant-première les premiers rushs de Marc : ce que vous allez entendre n’est pas de l’hydrodéon, il s’agit juste d’un essai instrumental, mais je voulais partager avec vous ce voyage expérimental sur les Mers Turquoises. Ce morceau s’appelle la Voie, en hommage à la philosophie fataliste des hommes-iguanes Kazarsses. Pour Goowan, il faut « suivre la Voie « . Lorsqu’il parle de sa philosophie au jeune Caboche, j’imagine tout à fait cette musique accompagner ses paroles.

 

PS : il faudra encore pas mal de mois pour composer cette bande-originale, mais de temps en temps je vous donnerai des nouvelles ! Et puis cet article m’aura permis de vous présenter ma « famille artistique », Marc, François, Céline, autant d’artistes avec qui je partage le même imaginaire…

EDIT : les lecteurs les plus assidus l’auront compris, la bande-originale des Pirates de l’Escroc-Griffe constitue le mystérieux trésor dont je parlais dans un article plus récent ! Pour découvrir la totalité de la bande-originale, vous n’avez plus qu’à trouver le nom de la page cachée sur le blog, il suffit d’aller dans votre barre de navigation et de rajouter à l’adresse https://escroc-griffe.com/ le mot-clef adéquat et vous tomberez sur la BO en libre écoute.

Bonne chance !

Published in: on octobre 11, 2013 at 11:03  Comments (25)  
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