Mes Imaginales 2016 ou comment j’ai mangé les frites d’Anthony Ryan

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Je sais que je me répète, mais chaque année je vis des Imaginales incroyables.

Pourtant, à mon arrivée jeudi matin, tout commence mal : mes livres ne sont pas là, au grand dam de ma libraire ! Pas grave, j’en profite pour passer une excellente journée avec mon amie Dominique Lémuri, auteure d’un magnifique manuscrit SF qui va faire un malheur. Nous flânons dans un parc steampunk.

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Le soir, premier restaurant Bragelonne très sympa avec H. V. Gabriel, Mick Resnick, Marie Brennan et Anthony Ryan, l’auteur de Blood Song. Choqué, le dyonisiaque Pierre Pevel découvre mon plat végétarien et me demande pourquoi j’ai été puni.

Vendredi, c’est le grand jour, mes tomes 1 et 2 sont enfin dispos, pas moins de soixante livres imprimés la veille dans l’urgence, en attendant les quarante autres exemplaires, pour un total de cent ouvrages… une vraie histoire de science-fiction. À moins que ce ne soit du steampunk ?

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Pour la première fois dans ma (courte) carrière d’écrivain, je constate qu’un lecteur m’attend tôt le matin derrière le stand pour une dédicace, je suis bien sûr très touché ! À ma droite, j’ai le plaisir de retrouver Laurence Suhner qui me fait rêver avec ses (vraies) histoires de navigation sur des mers lointaines. À ma gauche, je fais la connaissance de mon voisin, G.D. Arthur, le talentueux auteur d’Eos, qui imite un camelot en train de vendre des barils de lessive. Le souci, c’est que je finis par parler comme lui, sans même m’en rendre compte. Dédicace oblige, nous essayons de nous maîtriser, mais il y en a toujours un pour sortir une énormité, ce qui provoque bien sûr des fou-rires interminables…

Le soir, j’apprends que des amis écrivains ont passé avec succès la redoutable épreuve du speed dating littéraire, on fête ça dignement au restaurant en réservant à Dominique un tonnerre d’applaudissements sous les yeux médusés des serveurs.

Samedi, grosse journée sous une chaleur de plomb, ce qui explique pourquoi nous sommes rouges et gonflés sur les photos (je vous vois venir mais non, ce n’est pas lié à l’alcool ingurgité la veille). L’ambiance est toujours plus folle :

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Je retrouve beaucoup d’amis,  ainsi que des lecteurs de l’année passée qui viennent cette fois pour mon tome 2, quel plaisir d’échanger avec eux ! Je réalise qu’Emma Cresp a eu la gentillesse de ramener (depuis Nice !) une peinture de la Belle Lili qu’elle m’offre (je vous promets que je suis resté sans voix).

 

J’observe une succube en pleine action :

Je discute un peu avec Boulet, qui est très sympa. Le soir, nouveau restaurant Bragelonne avec Kristen Britain et Mick Resnick. Mon voisin de table n’est autre qu’Anthony Ryan, au début très silencieux. Affamé (ma paternité me fait grossir, comme me l’a fait perfidement remarquer Isabelle Sauvage), je constate qu’Anthony n’a pas l’air de toucher à ses frites, placées sur sa seconde assiette. Après une courte hésitation et l’approbation discrète d’Anne-Lorraine, je me décide à lui poser la question fatidique (à lire avec un accent français à couper au couteau) :

– Anthony, you donte laïc your frenches fraïzes ? (D’un geste énergique, il me donne l’assiette)
– Help yourself.

Voilà.

Je sais, vous êtes en entrain de vous dire « quelle piètre image des auteurs français ce morfal donne-t-il », mais le courant passe bien et Anthony Ryan me fait rougir en affirmant qu’il est convaincu que ma trilogie sera un succès, ce qui est trop d’honneur pour le bébé auteur que je suis. À un moment donné, Kristen Britain me demande ce que signifie en anglais les Pirates de L’Escroc-Griffe, mais heureusement Stéphane Marsan vole à mon secours :  » The Pirates of the Crookes Claw » répond-t-il, à mesure que j’explique l’histoire de ce jeu de mots intraduisible.

La chaleur caniculaire a raison des romanciers anglo-saxons, la soirée se poursuit en petit comité avec Stéphane, Pierre Pevel et Patrice Girod, l’auteur de Générations Science-Fiction : de Flash Gordon à Matrix, qui nous raconte quantité d’anecdotes toutes plus passionnantes les unes que les autres, un régal.

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Dimanche, un enseignant vient à mon stand pour m’apprendre que certains de ses élèves lisent les Pirates de L’Escroc-Griffe, grand moment d’émotion… Du coup, je lui offre plein de marque-pages estampillés Goowan.

Le soir, il est déjà temps de partir avec l’ami Brome (le vrai, hein, pas le dieu de mon roman). À l’heure de dresser un bilan des Imaginales 2016, je réalise qu’un an après la sortie des Terres Interdites, ma trilogie continue de vivre sa vie. Quel bonheur de savoir que tant de lecteurs étaient au rendez-vous pour le tome 2 ! Mais j’éprouve également une joie toute aussi grande à l’idée que pas mal de copains auteurs vont voir, d’ici un an ou deux, leurs rêves d’édition s’exaucer, sans parler de ceux qui ont été publiés ces derniers mois. Mon aventure éditoriale est définitivement une aventure collective. Quelle fierté d’appartenir à cette nouvelle vague d’écrivains et de dédicacer aux côtés de Paul Beorn, Nadia Coste, Cindy Van Wilder, Silène Edgar, Célia Flaux, Patricia Lesausse, Luce Basseterre, Aude Cenga et de tant d’autres romanciers… Le rêve ! Ça vaut bien un câlin…

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Published in: on juin 1, 2016 at 6:50  Comments (8)  
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Cap sur les Imaginales !

Même si c’est la quatrième fois que je viens à Epinal, ma joie demeure intacte ! Si vous souhaitez me rencontrer, je serai derrière mon stand de jeudi à dimanche, avec mes romans, ainsi que de nouveaux marque-pages aux couleurs des tome 2 et 3…

J’en profite pour vous faire découvrir ce cadeau de l’artiste Emmanuelle Cresp, qui m’a fait une magnifique surprise en illustrant un personnage important de L’Escroc-Griffe, la Belle Lili.

À très vite !

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Published in: on Mai 25, 2016 at 8:01  Comments (8)  

Les Pirates à l’abordage de Neverland

La date fatidique du 22 juin approche, et les Corsaires de l’Écosphère ont déjà eu le droit à un premier article dans le magazine Neverland, heureux je suis ! Si vous regardez bien, en haut de la page, vous distinguerez  une partie de la somptueuse carte de l’ami Nicolas

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Nice-Fictions 2016

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Me voici de retour après une belle édition de Nice-Fictions, dont l’invité d’honneur n’était autre que Laurent Genefort. Ce salon est toujours pour moi un peu spécial car j’ai grandi à Cannes et étudié l’Histoire à Nice, le festival était donc l’occasion de retrouver ma famille et mes amis.

Avec Laurent, j’ai participé vendredi au pied levé à une table ronde sur la création d’univers et je me suis régalé à écouter l’auteur d’Omale que j’ai lu… la veille, dans le train. Une oeuvre impressionnante, un roman qui ressemble presque à un manuel d’éthologie alien. Laurent expliquait qu’à force de travail, il finissait par penser comme ses créatures extra-terrestres, c’était passionnant. Plus tard, il m’a raconté son travail de scénariste de jeu vidéo sur From Dust avec son ami Eric Chahi, l’auteur du mythique Another World que j’ai terminé je ne sais combien de fois.

Les autres tables rondes étaient tout aussi stimulantes (les vidéos seront en ligne bientôt). J’ai été heureux de retrouver Olivier Sanfilippo qui connait mieux que personne les pirates japonais wako. Pendant toute la table ronde, j’ai hésité à lui demander s’il n’avait pas entendu parler d’un pirate appelé « Minute Soupe », mais je n’ai pas osé (et je le regrette).

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J’ai été interviewé par la sympathique équipe du Carnet Enchanté, avec qui j’ai passé un excellent moment.

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J’ai également rencontré pour la première fois en vrai mon illustratrice, Céline Lacomblez ! Pour l’occasion, nous avons poussé avec Nathalie Bagadey et Nicolas Pagès un terrifiant cri de guerre de batracien.

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Puisque je parle de Céline, je dois avouer que j’ai été impressionné par le talent des artistes que j’ai découvert : Vincent Laïk, mais aussi Emmanuelle Cresp.

Avec Emmanuelle Cresp

Avec Emmanuelle Cresp

Samedi soir, j’ai participé avec mes amis à une partie de jeu de rôle d’anthologie, et pas seulement pour le plaisir… mais j’aurai l’occasion de reparler de ce projet dans les années à venir, n’est-ce pas Aldo ? 😉

Dimanche, j’ai assisté, impuissant, à la défaite de mon ami Damien Gaudin dans une partie de baby-foot un peu… bizarre. Vous pouvez entendre à la fin tout mon désarroi.

Vous l’aurez compris, j’ai passé trois jours agréables. Cerise sur le gâteau, en reprenant le train dimanche soir, j’ai admiré un magnifique coucher de soleil… Ce fut un bref séjour, mais quel bonheur d’échanger avec toutes ces belles personnes !

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Published in: on avril 25, 2016 at 11:38  Comments (16)  

Tables rondes

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Je reviens brièvement donner quelques nouvelles ! J’étais absent, mais j’ai de bonnes excuses. Ces dernières semaines j’ai travaillé sur le Bon À Tirer de mon tome 3, déménagé (et hérité d’une connexion Internet erratique), mais je suis surtout devenu papa…

Pour les méridionaux, je serai présent à la seconde édition du salon Nice-Fictions ce week-end. Je participerai à deux tables rondes :

samedi 17h00 – « Pirates ! »
Ah, les joies de la piraterie ! Quitter la terre ferme et devenir des écumeurs des mers, n’est-ce pas, au fond, ce dont nous rêvons tous ? Partir à l’abordage des belles caravelles richement dotées, narguer des monarchies, rançonner des ports, explorer des îles inconnues, affronter les plus étranges des monstres marins et, après avoir amassé des tonnes d’or et tutoyé les confins du monde, finir sa course au Davy Jones’ Locker, le bar des abysses, pour trinquer avec les fantômes grimaçants des équipages perdus en haute mer. D’ailleurs, science-fiction et fantasy ne seraient-elles pas, au fond, une forme de piraterie littéraire, elles qui n’hésitent pas à défier sous l’étendard de l’audace tous les rois, tous les puissants ?
Modération : Léo Lallot

dimanche 10h30 – « Les nouveaux rivages de la littérature imaginaire en francophonie »
À chaque génération, l’imaginaire se réinvente. Il absorbe et transforme de nouvelles crises, de nouveaux rêves. Dans un monde plus complexe et plus incertain que jamais, la francophonie ne doit pas être envisagée comme une terre assiégée, mais, au contraire, comme l’un des plus beaux espaces de diversité. Qui sont les nouveaux auteurs qui, de Bruxelles à Paris, en passant par Montréal et Genève, nous proposent des rêves divergents sous la bannière d’une même langue ?
Modération : Chantal Robillard

À bientôt !

 

Published in: on avril 20, 2016 at 4:55  Comments (10)  

10 Cloverfield Lane (attention spoilers)

Je n’aime pas le cinéma de « Jar Jar » Abrams pour de nombreuses raisons. Je sais que ça peut surprendre : on parle quand même de l’auteur de Lost, une série qui possédait au début un potentiel incroyable, sans parler du fait que ce cinéaste, au même titre que Quentino Tarantino, Christopher Nolan et Martin Scorsese, est un défenseur de l’argentique, ce que je respecte. Alors pourquoi suis-je si sévère avec Abrams ?

D’une part, ce réalisateur n’a pas compris ce qui faisait l’âme de Star Wars et Star Trek, deux franchises mythiques extrêmement différentes, qu’il a massacrées pour des raisons similaires (rythme hystérique, fan service stérile, deus ex machina, facilités scénaristiques catastrophiques à la Lost, incohérences majeures, désintérêt pour des univers développés sur plusieurs décennies, humour lourdingue embarrassant, personnages caricaturaux et/ou ridicules, manque d’originalité…).

kilo renD’autre part, Abrams manque cruellement de personnalité. Il tente maladivement (à ce niveau c’est de la névrose) d’imiter Steven Spielberg comme le prouve Super Huit. C’est un film émouvant, je le reconnais, mais les références à E.T., aux Goonies, à Rencontres du troisième type et au Amblin des années 80 sont nombreuses. Abrams est plus un fan qu’un visionnaire.

Cela dit, j’adore Cloverfield, qu’il a produit en 2009, une oeuvre réalisée par son ami Drew Goddard, le réalisateur de l’excellent La Cabane dans les bois (et le scénariste du non moins excellent Seul sur Mars). Autant le dire, Abrams n’est jamais meilleur que lorsqu’il est cadré producteur, quand son obsession pour les scénarios à mystères est canalisée. Bien qu’imparfaite, la série Fringe en est la preuve éclatante.

Du coup, je ne savais pas trop quoi penser avant de visionner 10 Cloverfield Lane, je redoutais une suite/remake/reboot sans saveur dans la lignée de l’insipide Star Wars : le Réveil de la Farce.

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Ah, ces ados…

Contre toute attente, 10 Cloverfield Lane est une excellente surprise, un huit clos magistral qui tient ses promesses. Cerise sur le gâteau, le film est littéralement porté par un trio d’acteurs génial : John Goodman bien sûr, mais aussi Mary Elizabeth Winstead qui crève l’écran façon Helen Ripley dans Alien, et l’étoile montante John Gallagher Jr.

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Film oppressant non dénué d’humour noir, 10 Cloverfield Lane est une oeuvre intelligente qui s’inscrit dans la lignée des films paranoïaques tels que Signes. Et Cloverfield dans tout ça ?  En fait, ce long-métrage se déroule dans le même univers, dixit J.J. Abrams lui-même. 10 Cloverfield Lane est moins une suite qu’un film « dans l’esprit » de Cloverfield (des personnages banals confrontés à une menace extraordinaire dans un milieu claustrophobique), même si son budget n’est que de… 5 millions de dollars. Paradoxalement, ce sont ces moyens réduits qui donnent tant de charme à ce film. Alors certes, J.J. Abrams se comporte une nouvelle fois en copy cat avec la séquence finale qui rappelle furieusement la Guerre des Mondes de – devinez qui ? – Steven Spielberg, mais on aurait tort de s’arrêter à cette faiblesse. Dans ce genre de film, la fin est toujours casse-gueule car il arrive que le spectateur n’obtienne pas de réponse satisfaisante à la question qu’il se pose : les événements qui se déroulent à l’écran sont-ils d’ordre surnaturel ? Ce n’est pas le cas ici. 10 Cloverfield Lane est vraiment la preuve qu’en matière de science-fiction, il y a une vie après les blockbusters sans âmes qu’on nous propose régulièrement au cinéma.

Published in: on avril 3, 2016 at 12:56  Comments (6)  
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Déshumanisation 3.0

On a beau répéter que les cyberpunks avaient raison, je suis toujours sidéré par le fait que la réalité dépasse la fiction. Vous vous rappelez de « 1984 », des films cauchemardesques de Terry Gilliam, de la série le Prisonnier ou du feu rouge parlant de Blade Runner ? Eh bien la dystopie fait désormais partie du quotidien de Mandelieu, avec des caméras qui interpellent des êtres humains. La preuve avec ce court reportage de TF1 qui semble amuser Jean-Pierre Pernaut.

Pour ceux qui en doutaient encore, on a franchi (depuis bien longtemps ?) une ligne rouge. Si vous ne l’avez pas vu, je vous conseille Red Road, un excellent film britannique qui tirait la sonnette d’alarme dès 2006.

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Jackie travaille comme opératrice sur des caméras de surveillance. Chaque jour elle veille sur une petite partie du monde, en protégeant les personnes qui vivent leur vie sous ses yeux. Un jour un homme apparaît sur son moniteur, un homme qu’elle pensait ne jamais revoir, un homme qu’elle ne voulait jamais revoir. À présent elle n’a pas le choix, elle est obligée de se confronter à lui.

Bienvenue dans l’ère de la déshumanisation 3.0. Avec la nouvelle génération de drones, et le prétexte du terrorisme, les gouvernements du monde entier ont fait sauter un tabou , celui du flicage généralisé. Pourquoi être choqué par ce système de surveillance si vous n’avez rien à vous reprocher ? De fait, en partant du principe que nous sommes tous des délinquants potentiels, nous sommes tous suspects. C’est bien sûr un paradigme qu’il faut combattre à tout prix, quitte à employer les mêmes armes. En Turquie, un militant a utilisé un drone pour filmer les actions de la police lors de manifestations à Istanbul, jusqu’au moment où son engin été abattu en plein vol (voir la vidéo de l’article). Cette utilisation politique des drones n’est pas isolée, puisque des manifestants ont agi de manière similaire à Sao Polo, Bangkok ou Kiev.

La guerre de l’information prophétisée par la génération cyberpunk de William Gibson est devenue  réelle.

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En ce moment même, Obama mène un combat sans merci contre Apple pour obtenir le déchiffrement des iPhone, officiellement pour combattre le terrorisme et le crime.

Cette guerre de l’information n’est que le sommet de l’iceberg. Dans un billet passé relativement inaperçu, le vertigineux avenir des échanges exécutables, on apprend l’existence de la technologie Blockchain au coeur du projet Ethereum, un fantasme de web 3.0, dont on ne sait s’il relève de l’utopie… ou du cauchemar, en particulier pour les hackers.

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Imaginez une architecture informatique totalement décentralisée avec des contrats automatisés de pair-à-pair encore plus sophistiqués que Bitcoin. Un monde où aucune manipulation n’est possible. Un nouvel Internet dans lequel on pourrait échanger de l’argent via un système économique transparent, configurable ; non censurable ; interopérable… Maintenant, qui décide quoi ? C’est la question soulevée dans l’article de Big Browser avec un exemple tout simple, je me permets de reproduire un extrait de l’article ici :

Imaginons une personne qui cherche un appartement à louer. Il dispose d’un identifiant numérique unique qui lui permet de souscrire à des contrats autonomes. Devant une porte d’appartement à louer, il interroge sur son téléphone son application, qui lui permet d’envoyer de l’argent en échange de l’ouverture de la porte connectée durant son temps de location. (…) La promesse de la blockchain est que les objets vont devenir pleinement autonomes et s’appartenir à eux-mêmes. Ils vont pouvoir exécuter du code : en échange d’argent (une forme de code), la porte libère son accès (via du code) pour être utilisée durant le temps autorisé. Pour Stéphane Tual, il n’y a plus besoin de tierce partie entre la porte de l’appartement à louer et le locataire potentiel. Airbnb n’a plus de raison d’être. Le système permet de louer directement son appartement à quelqu’un et on peut même imaginer louer un appartement en étant juste devant sa porte, s’il est disponible…

Si l’exemple est séduisant, il suppose bien sûr que tout se passe bien. Que l’appartement dans lequel vous entrez va être propre et en bon état, comme annoncé, par exemple. Quand on voit la difficulté des réclamations dans les systèmes de location centralisés comme Airbnb, on se dit tout de même que l’usager sera bien démuni dans un système décentralisé comme celui esquissé. A qui l’usager pourra-t-il faire une réclamation ? A la blockchain ? A la porte ?…

Comment ne pas penser à Ubik de Philip K Dick ? Dans ce classique de la S.F. que je suis en train de lire, l’auteur décrit (en 1969 !) une scène qui préfigure les échanges exécutables. Mention spéciale à ce passage dans lequel le héros se retrouve… enfermé chez lui.

La porte refusa de s’ouvrir et déclara :
— Cinq cents, s’il vous plaît.
À nouveau il chercha dans ses poches. Plus de pièces ; plus rien.
— Je vous paierai demain, dit-il à la porte. (Il essaya une fois de plus d’actionner le verrou, mais celui-ci demeura fermé.) Les pièces que je vous donne, continua-t-il, constituent un pourboire ; je ne suis pas obligé de vous payer.
— Je ne suis pas de cet avis, dit la porte. Regardez dans le contrat que vous avez signé en emménageant dans ce conapt.
Il trouva le contrat dans le tiroir de son bureau ; depuis que le document avait été établi, il avait eu besoin maintes et maintes fois de s’y référer. La porte avait raison ; le paiement pour son ouverture et sa fermeture faisait partie des charges et n’avait rien de facultatif.
— Vous avez pu voir que je ne me trompais pas, dit la porte avec une certaine suffisance.
Joe Chip sortit un couteau en acier inoxydable du tiroir à côté de l’évier ; il s’en munit et entreprit systématiquement de démonter le verrou de sa porte insatiable.
— Je vous poursuivrai en justice, dit la porte tandis que tombait la première vis.
— Je n’ai jamais été poursuivi en justice par une porte. Mais je ne pense pas que j’en mourrai.

Cet extrait a beau être drôle, on ne peut qu’être effrayé par l’automotisation forcenée imposée par les états et les entreprises, surtout quand elle est motivée par une logique de rentabilité. On parle souvent du risque de se retrouver avec des drones automatisés capables de massacrer des êtres humains, mais moins de la vie quotidienne avec ces bornes automatiques qui envahissent de plus en plus notre quotidien… et détruisent l’emploi. Dès que j’ai le choix, j’opte systématiquement pour un(e) caissier(ère) de chair et de sang, parce que c’est plus agréable, et aussi parce que je me sens solidaire de ces employés précaires. Si on continue à automatiser les tâches, que vont-ils devenir ? Je ne parle même pas de la vie dans les grandes villes tentaculaires, déjà extrêmement difficile pour nombre d’individus isolés comme les personnes âgées ou les immigrés qui viennent d’arriver. Ne sommes-nous pas en train de tuer les derniers liens sociaux qui nous unissent ? Comme l’a écrit William Gibson :

Toute technologie émergente échappe spontanément à tout contrôle et ses répercussions sont imprévisibles.

On vaut mieux que ça.

Published in: on mars 18, 2016 at 12:40  Comments (12)  

La librairie du futur existe enfin !

Il y a deux ans, je concluais cet article sur les ebooks en imaginant une impression à la demande d’objets-livres dans les décennies à venir. Depuis (une fois encore), la réalité a rattrapé la fiction bien plus rapidement que je n’osais l’espérer. D’abord aux Etats-Unis à partir de 2007 :

Et aujourd’hui en France (une première européenne), avec cet incroyable robot imprimeur, de la firme Xerox. La libraire des éditions PUF n’a désormais plus de stock ! Il faut entre trois et sept minutes pour que le dispositif fabrique un ouvrage, il suffit que le client choisisse parmi trois millions de titres disponibles… pour le même prix qu’un achat classique. Selon Xerox, l’Espresso peut imprimer 110 pages à la minute, et 840 livres par mois, mais il est recommandé de ne pas dépasser 10.000 unités par an (sûrement pour éviter que la machine ne vieillisse prématurément). La seule vraie contrainte est la taille du livre : à l’heure actuelle on ne peut dépasser 850 pages.

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C’est une révolution centralisatrice sans précédent pour toute la chaîne de l’édition. Avec cette impression à la demande, cela signifie qu’il n’y a plus d’invendus et de mise au pilon, coûteuse pour l’éditeur. Au niveau écologique, le gaspillage est réduit au minimum. Il n’y a même plus besoin de distributeur, l’épineux problème des petites maisons d’édition. Les éditeurs vont pouvoir prendre plus de risques financiers et lancer davantage d’écrivains inconnus, comme à l’époque du pulp. Les ruptures de stock ne seront plus que de l’histoire ancienne, il sera toujours possible d’obtenir des livres introuvables, et même d’imprimer des auto-publiés qui disposent de peu de moyens.

C’est une extraordinaire bonne nouvelle pour les libraires qui subissent depuis une dizaine d’années la révolution numérique des liseuses et le règne d’Amazon. Ils ont l’opportunité d’être à l’avant-garde de la technologie, de réinventer leur métier. On peut imaginer une nouvelle façon d’acheter un bouquin. Lors d’une dédicace un client pourrait rester discuter avec un auteur, tandis que la machine imprimerait son roman. La librairie deviendrait un espace convivial humaniste, dans lequel les gens prendraient le temps d’échanger avec le libraire ou des clients, fureter dans les rayons, boire un verre, et pourquoi pas, se retrouver dans une nouvelle sociabilité qui tiendrait à la fois de la libraire et de la bibliothèque. C’est une nouvelle temporalité qui s’offre à nous.

Je termine par le plus extraordinaire. Je supposais que les livres imprimés de la sorte  étaient standardisés… ce qui n’est pas le cas, dixit Xerox : 11,4 x 14 centimètres, jusqu’à 21 x 26 centimètres. Visiblement, il suffirait juste de changer de réglage ! Est-ce que cela signifie que le libraire peut lancer une impression « Bragelonne » avec une couverture très colorée, puis ensuite sélectionner un format plus austère sans illustration de type Gallimard ? J’avoue que ça fait rêver…

Le seul vrai point noir pour moi, c’est bien sûr le prix de la machine. Il faut compter 68.000 euros, difficile de la rentabiliser, comme le souligne cet article. Même si l’Espresso Book Machine n’est réservée qu’aux grosses librairies, je pense que ce type de technologie ne peut que se démocratiser. À moins que des libraires ne s’associent pour amortir cet achat ?

Une vidéo en temps réel (merci Aldus) :

 Je suis peut-être naïf, mais cette innovation me donne le sourire 🙂

Et vous ?

Published in: on mars 13, 2016 at 6:40  Comments (18)  

À l’abordage des Imaginales… et de Nice-Fictions

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Les beaux-jours reviennent… ainsi que les salons. J’ai le plaisir de vous annoncer que je suis de nouveau invité aux Imaginales et à Nice-Fictions ! C’est toujours une joie immense pour moi de participer à ces fêtes de l’imaginaire, l’occasion de retrouver des amis, des lecteurs, des auteurs… parfois les trois en même temps !

Lors de ces événements les tomes 1 et 2 de ma trilogie seront, bien sûr, disponibles… en attendant la sortie des Corsaires de l’Écosphère le 22 juin.

Merci à ces festivals, et merci à Bragelonne !

YATTA !!!

 

Published in: on mars 11, 2016 at 11:01  Comments (13)  
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Corsaires de l’Écosphère et autres surprises

Comme ces coquins d’Amazon viennent de vendre la mèche*, je peux enfin vous donner des nouvelles de mon tome 3 qui sortira le 22 juin. Je sais que j’ai pris mon temps, mais le délais supplémentaire accordé par Bragelonne m’a permis de peaufiner la fin de cette longue aventure. Sincèrement, je pense que c’est le plus intéressant des trois volets, le livre dans lequel j’explore au maximum l’univers de la trilogie. Je me suis vraiment bien amusé, même si les 9 mois (!) de corrections n’ont pas été de tout repos. Le bébé se porte bien et fait plus de 900.000 signes (le chiffre risque de continuer à grimper car ma deadline est fixée au 30 mars, pendant que vous lisez ces lignes je suis toujours en train de bosser). Ce sera donc le volume le plus épais de la saga. Si vous connaissez les Feux de mortifice, vous ne serez pas surpris d’apprendre que ce tome 3 s’intitulera les Corsaires de l’Écosphère. Voici la couverture :

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C’est mon livre le plus personnel, le plus mystique aussi. Les habitués de ce blog le savent, à mon humble niveau, j’aime bien discuter de sujets barrés métaphysiques. Mes personnages voient beaucoup de leurs certitudes voler en éclats dans cette quête qui, par certains aspects, est spirituelle. J’espère que ce roman vous divertira et qu’il vous donnera envie de vous intéresser d’un peu plus près à notre propre univers et ses mystères.

Je peux également vous livrer quelques informations sur la teneur de ce qui vous attend. Si vous n’avez pas lu le tome 2, je vous conseille de sauter le prochain paragraphe. ATTENTION SPOILERS.

Quand je racontais que l’action se déroulait immédiatement après la fin du tome 2, j’avoue ne pas avoir dit complètement la vérité. En fait, on suivra à la fois le voyage de Caboche dans l’Écosphère, et le règne de la Belle Lili trois ans après le départ des Pirates de L’Escroc-Griffe.

FIN DES SPOILERS

Il y aura également des petites surprises d’ordre éditorial dans le contenu de ce tome 3, des « bonus » (dont certains inédits). Voici en avant-première l’une de ces surprises (n’hésitez pas à zoomer, c’est plus joli).

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L’histoire de cette carte est très particulière, car son illustrateur est un ami d’enfance, Nicolas Nasari. Quand nous avions 15 ans, avec d’autres amis nous formions une bande de copains inséparable (et c’est toujours le cas). On passait notre temps à jouer à mon jeu de rôle amateur, les Huit Lances de Diamant. Nous imaginions des aventures hautes en couleur dans un monde qui ne s’appelait pas encore « les Mers Turquoises », mais il y avait des Oundis. Nicolas était déjà un illustrateur de talent, et au collège, les chevaliers en armure qu’il dessinait pendant la permanence me faisaient rêver. Vingt ans plus tard, c’est à mon tour de le faire voyager… Bienvenue sur L’Escroc-Griffe, Nico !

* Fort heureusement le résumé d’Amazon, très « Allociné », ne sera pas le quatrième de couverture définitif, ouf !

Published in: on mars 2, 2016 at 6:43  Comments (32)