L’ami Paul a gagné une vraie affiche dédicacée par Caza lui-même !
Ce week-end, j’ai vu naître un festival en Auvergne. Tel un volcan en éruption, il a réveillé cette magnifique région que je ne connaissais pas, amenant une horde d’aficionados de l’Imaginaire…
Les trolls, ce n’est pas que sur Internet
1500 visiteurs en à peine deux jours ! L’ambiance des Aventuriales était extraordinaire, les Imaginales en Auvergne. Il y avait même des conférences !
J’ai rencontré des artistes incroyables tels que Caza, retrouvé des amis de longue date, contemplé le puy de Dôme, dévoré la fameuse truffade et même découvert des aliens venus d’une galaxie très lointaine…
Homme des sables ou pillard tusken ? Vous avez trois heures.
Sans oublier la cathédrale noire de Clermont-Ferrand tout droit échappée d’un film de Tim Burton, et le restaurant médiéval dont j’ai oublié le nom, argh.
La célèbre pierre noire volcanique de la cathédrale de Clermont-Ferrand
Entre Batman et The Crow…
Nous, les auteurs, avons été accueillis comme des rois. Un immense merci aux organisateurs qui ont remué ciel et terre pour que ce festival existe, à Jean-Pierre Fontana, Luce Basseterre, Dominique Lémuri, Lilian Ronchaud, JP et Procrastinator pour leur extrême dévouement, ainsi qu’à la librairie du Cadran Solaire. Je suis toujours aussi heureux d’échanger avec mes lecteurs, et de discuter avec des auteurs passionnants : Krystal Camprubi, Jeanne-A Debats, Dee L. Anibale, Nathalie Bagadey, Romain Billot, Marie-Ange Colombier, Nadia Coste, Célia Flaux, JC Gapdy, Mathieu Guibé, Corinne Guitteaud, Martine Hermant, Brunz Martin, Rosa Montero, Nicolas Pages, Valérie Simon, Marianne Stern, Sébastien Tissandier…
Merci également à Axelle, David, Paul et leur chat de m’avoir si bien reçu. Il faut croire qu’ils m’ont porté chance puisque tout le stock de tomes 1 a été vendu.
Eh oui, deux années se sont écoulées depuis la création de ce blog. Grâce à vous, le site ne cesse de grandir avec pas moins de 35.000 vues, 20.000 visiteurs, et une affluence record en août (2600 vues… étrange pour un mois d’août !). Quand je relis mon bilan de l’année dernière, j’ai l’impression que 2015 file à la vitesse de la lumière. J’aurais aimé être plus présent sur la blogosphère, mais cette année a été mouvementée. J’ai eu la chance d’avoir deux romans publiés, et de vivre de belles rencontres avec mes lecteurs pendant les dédicaces. J’ai aussi échangé avec des écrivains passionnants aux Imaginales et à Nice Fictions. 2015 aura également été l’année de Seul sur Mars, un roman qui m’a fait vibrer, ainsi que de l’excellent Ex Machina.
Bref, 2015 aura été épique ! L’année prochaine, après la sortie de mon tome 3, je vais souffler un peu, bloguer plus et lire davantage.
Lecteurs, blogueurs et anonymes, merci du fond du coeur pour votre soutien, et à bientôt pour de prochaines aventures !
Non, je ne pars pas en Nouvelle-Zélande, mais à Ménétrol, en Auvergne, pour la première édition des Aventuriales qui se déroulera samedi et dimanche. Et vendredi, je suis en dédicace à la librairie du Cadran Solaire, à partir de 18h00.
En dehors de l’aspect salon, j’ai hâte de déguster des plats délicieux découvrir le Puy-de-Dôme. En fait je réalise que j’ai beaucoup voyagé, mais que je ne connais pas si bien que ça mon propre pays, c’est un peu la honte, non ? Il va falloir que je corrige le tir dans les années à venir. Bon, je m’égare… À bientôt j’espère !
Heidi a visiblement été éprouvée par les Feux de mortifice, un livre plus sombre que le tome 1. L’occasion pour moi de vous annoncer enfin la sortie papier ! Comme les Terres Interdites, le roman peut être commandé dans n’importe quelle librairie, ainsi que sur les boutiques en ligne. J’espère que la suite des aventures de l’Escroc-Griffe vous plaira. Autre bonne nouvelle, je vais être un peu plus mobile que pour la sortie du tome 1, le calendrier des dédicaces sera bientôt mis à jour. A bientôt dans un salon… ou une librairie !
J’ai appris avec tristesse la mort probable du professeur d’archéologie Edwyn Van Stoorwan, disparu lors de sa fameuse expédition controversée dans les Terres Interdites. L’Université de Saviola lui a rendu un dernier hommage, l’occasion de découvrir combien ses recherches ont contribué à changer la face du Monde-Fleur.
Me voilà donc invité au Rencontres numériques Bragelonne ! Je serai présent avec d’autres auteurs des catalogues Snark et Emma. Amis parisiens, j’espère que nous aurons l’occasion de nous voir !
Privilège de l’auteur, j’ai reçu hier mon tome 2. Bragelonne a encore fait du beau travail sur cette couverture qui semble néanmoins laisser Heidi de marbre. Comme je le disais sur Twitter, j’ai été surpris par la taille du livre : l’ebook fait 800 pages, mais la version papier seulement 500, soit 50 pages de plus que le premier volet.
En attendant la sortie papier le 9 septembre, il ne me reste plus qu’à me replonger dans les corrections du tome 3.
Cette année, j’ai failli passer à côté d’un film hors normes. « Hors normes », parce qu’un fan de Science-Fiction n’a pas tous les jours la chance de découvrir un tel bijou. Réalisé par le scénariste et écrivain Alex Garland, auteur de la Plage, 28 jours plus tard, Sunshine, Never let me go et Dread, Ex Machina intrigue dès les premières minutes grâce à un pitch accrocheur.
Un jeune informaticien gagne lors d’une loterie électronique le droit de se rendre en Alaska pour travailler sur un projet top secret avec Nathan, le patron de Bluebook, une multinationale transhumaniste qui ressemble fortement à Google.
En quelques plans hallucinants, le cinéaste impose une narration visuelle parfaitement maitrisée : la blancheur du glacier survolé en hélicoptère, la pâleur du héros… L’idée de pureté est suggérée avec élégance à travers le point de vue de Caleb (Domhnall Gleeson, virginal), un informaticien candide du XXIe siècle. Dans ce film, rien n’est laissé au hasard, preuve en est avec la rencontre entre Caleb et Nathan, joué par un Oscar Isaac impressionnant, en train de boxer un punching-ball. Dans cette séquence, le réalisateur dynamite complètement le film de genre avec deux personnalités que tout oppose. Fini l’informaticien boutonneux asocial, place au démiurge : Nathan est moins un scientifique qu’une sorte de colonel Kurtz échappé d’Apocalypse Now. Un être complexe, dionysiaque, terrifiant, qui règne en maître sur un Eden cybernétique aussi aseptisé qu’oppressant.
« On a passé dans ces murs assez de câbles et de fibres optiques pour atteindre la Lune et la prendre au lasso »
Pour renforcer cette impression, le réalisateur filme le laboratoire en utilisant de lents travellings qui ne sont pas sans rappeler Alien.
Mais dire que la photographie de Ex-Machina a l’élégance de l’oeuvre de Ridley Scott est presque insultant pour Ex Machina, tant ce film se détache sensiblement de cette référence pour imposer sa propre iconographie et une mise en scène vertigineuse. Pratiquement chaque plan est une claque visuelle à couper le souffle ! Ainsi, au début du film, Caleb discute avec Ava (Alicia Vikander, charismatique), une intelligence artificielle. Ils sont séparés par une vitre, ce qui donne l’impression qu’Ava est la créature d’un zoo. Mais à mesure que l’intrigue progresse, le point de vue de la caméra change jusqu’à donner l’impression inverse : c’est Caleb qui est désormais sur la défensive. Qui est manipulé ? Cette question est le coeur de l’intrigue. Avec une maestria digne d’un Brian De Palma, le réalisateur joue avec les points de vue. Il transforme le spectateur en voyeur tout en faisant voler en éclats le cliché du triangle amoureux. C’est une partie d’échecs à trois qui se joue, dans une ambiance épurée, lourde… avec des dialogues parfois décalés entre Nathan et Caleb pour évacuer un peu de tension.
– « Qui c’est qu’on appelle ? » – Euh, je sais pas. Personne en fait. – « Ghostbuster ». – Pardon ? – « Qui c’est qu’on appelle, Ghostbuster »… C’est… c’est un film, mon vieux. Tu connais pas ce film ? Il y a un fantôme qui fait une gâterie à Dan Akroyd.
En se reposant sur deux protagonistes ordinaires, le réalisateur ne tombe jamais dans le manichéisme inhérent à la question de l’Intelligence Artificielle. Comme dans Her, l’Homme contre la machine devient une thématique secondaire. Alex Garland évite habilement ce cliché pour aborder frontalement des questions fascinantes. Le langage, l’inné, l’acquis, la conscience, l’Art, le libre arbitre, l’humour, le sexe, la réalité, l’éthique, l’empathie… Le test de Turing qui se déroule dans le film nourrit des débats philosophiques qui donnent le vertige. Ce malaise est renforcé par l’interprétation remarquable d’Alicia Vikander, ainsi qu’une bande originale désenchantée. En essayant d’imaginer une intelligence forte, le réalisateur dépeint une conscience différente de la nôtre, emprisonnée dans un corps de silicium. Le deus ex machina, le dieu dans la machine, est aussi celui qui s’affranchit de l’Homme dans cette (cyber) controverse de Valladolid : après les Indiens d’Amérique, les robots ont-ils une âme ?
On assiste à une relecture de l’allégorie de la caverne de Platon : si une I.A. accédait à de vraies perceptions, à des sensations, pourrait-elle devenir consciente ? « Si la machine que tu as créée a une conscience, ce n’est plus l’histoire de l’Homme, là c’est l’Histoire des dieux ! » s’exclame Caleb. Viennent alors des questions encore plus complexes : parler de Bien et de Mal a-t-il encore un sens lorsqu’on parle de singularitétechnologique ? Ces concepts moraux ne sont-ils pas relatifs, voir caduques, à l’échelle de l’Évolution ? Il y a un peu de Ghost in the shell dans Ex Machina, une révolution copernicienne qui désacralise l’Homme. Et si c’était l’Humanité qui échouait au test de Turing ?
« Viendra le temps où les I.A nous considérerons comme nous regardons les squelettes fossiles des plaines de l’Afrique. Des singes se tenant debout, vivants dans la poussière, au langage et aux outils sommaires, fins prêts pour l’extinction. »
En choisissant de tourner un huit clos anti-spectaculaire, le réalisateur se repose sur un scénario brillant qui n’a guère besoin de scènes d’action effrénées. Si Cloud Atlas était une référence en matière d’émotion, le nouveau de film d’Alex Garland possède la froideur intellectuelle d’un Kubrick, avec ce que cela implique de génie, et rentre dans le cercle très fermé des chefs d’oeuvre de la SF. Réflexion transhumaniste sur l’intelligence artificielle, ce long-métrage est l’incroyable synthèse de cinquante ans de cinéma de genre, dans la lignée de2001, Tron, War GamesetI.A.
Les années 80 ont été marquées par la noirceur esthétique de Blade Runner, les années 2010 seront illuminées par l’éclat d’un nouveau diamant.
Un diamant appellé Ex Machina.
PS : une fois encore, la bande-annonce qui révèle tout est à éviter…
Mercredi 26 août, c’est le jour de la sortie de mon tome 2, les Feux de mortifice, l’occasion pour moi de dresser un bilan cinq mois après la publication des Terres Interdites. Quand on est un jeune auteur venu de nulle part, ce n’est jamais simple de se confronter à la critique, mais mon premier roman a survécu à son baptême du feu et a trouvé son lectorat. Pour l’instant, je n’ai pas lu d’avis haineux. Par contre, on m’a promis moults sévices si certains personnages venaient à mourir par la suite…
Lorsque je fais la synthèse des commentaires récurrents, les points forts sont l’univers et les protagonistes. Le point faible principal, c’est le rythme, si rapide qu’on a parfois du mal à souffler… ce qui est vrai.
J’ai hâte que vous découvriez le second volet, dans lequel le passé de certains personnages est développé. L’histoire va prendre une tournure qui risque de surprendre, dans le bon sens. Beaucoup de questions trouveront leurs réponses* dans une intrigue qui s’annonce plus sombre que celle du premier volume, une intrigue pour laquelle j’éprouve une affection particulière.
J’espère que cette nouvelle aventure vous plaira. Pour celles et ceux qui préfèrent le papier au numérique, rendez-vous le 9 septembre !
* celles et ceux qui ont lu les dernières lignes du tome 1 savent de quoi je parle…
Il est rare que j’écrive des articles à charge contre un film. J’ai déjà laissé pas mal de commentaires sur ce long-métrage que la plupart d’entre vous ont adoré. Après avoir pris un peu de recul, je ne réalise seulement que maintenant à quel point George Miller m’a déçu. J’ai beaucoup réfléchi avant de rédiger ce billet. Je voulais éviter de troller sous le coup de l’émotion, être le plus pertinent possible, surtout après un succès critique aussi dithyrambique : à ma grande surprise, les journalistes ont encensé cette oeuvre dans des articles tous plus élogieux les uns que les autres. Je suis peut-être sûrement à côté de la plaque, mais comme toujours, ce billet cathartique n’engage que moi.
Je reconnais volontiers que cette oeuvre a des qualités esthétiques : les poursuites en voitures sont rythmées, la chorégraphie des combats est travaillée, les véhicules sont impressionnants… Pourtant, jamais je n’ai réussi à rentrer dans ce film, moi, l’enfant des années 80 qui a grandi avec George Miller, un comble. Après le succès de Braveheart, j’ai vainement espéré un quatrième opus avec Mel Gibson. Quand j’ai appris qu’un reboot de Mad Max allait voir le jour avec un nouvel acteur, j’avoue avoir été un peu consterné, jusqu’au moment où la bande-annonce m’a paru prometteuse. Impatient, je suis allé au cinéma…
Les vingt premières minutes furent une douche froide.
Vingt minutes, c’est le temps qu’a mis George Miller pour tuer son propre mythe. Premier crime capital : avoir choisi une voix off lourdingue pour raconter le passé de Max, au lieu de faire vivre ce drame crucial au spectateur, l’impliquer. Le réalisateur australien utilise par la suite de misérables flashbacks dans un montage épileptique hideux… et c’est tout. On n’en saura pas plus sur le trauma de l’ancien policier. Du coup, jamais Tom Hardy n’est en mesure de transmettre de l’émotion, la faute à des scénaristes incapables de caractériser son personnage et ses enjeux. Second crime capital, encore plus grave : ridiculiser Max. Attaché au capot d’une voiture, cette image pathétique flingue complètement son charisme et sa crédibilité.
« Em-me-nez-moi, au bout de la terre, emmenez-moi au pays des merveilles, Il me semble que la misère, serait moins pénible au soleil »
Pendant le reste de l’intrigue, il demeure un personnage secondaire, burlesque au possible, dont je me désintéresse totalement. Les défenseurs du long-métrage diront que le vrai protagoniste principal est Furiosa…. et ils auront raison. Je suis prêt à le reconnaître, l’interprétation de Charlize Theron est une réussite. Hélas, le film n’en est que plus déséquilibré. Quitte à se reposer sur un personnage charismatique, pourquoi ne pas avoir lancé une nouvelle franchise basée sur cette rebelle et assumer jusqu’au bout un discours qui se veut féministe ? Dans une oeuvre bicéphale telle que Fury Road, difficile de s’attacher à Max ou Furiosa, des personnages aux objectifs flous qui se cannibalisent constamment : l’intrigue est si mince qu’il n’y a pas de place pour deux antihéros. En choisissant de ne pas choisir, le cinéaste australien les affaiblit. Plus le film avance, plus la comparaison avec la trilogie originelle devient cruelle.
Le premier Mad Max est l’histoire d’une vengeance, un drame aux antipodes du manichéisme de Fury Road, suscitant le malaise. Dans ce volet, on assiste à la descente aux enfers d’un policier qui se métamorphose en ange exterminateur. Comment oublier le regard bouleversant de Mel Gibson ? La mort de sa femme et de son fils ?
La femme de Max tente de fuir une bande de motards…
… Le meurtre se déroule hors champ. On ne voit que les chaussures du bébé rouler sur le bitume. Ce qui rend la séquence d’autant plus dérangeante.
Dans une scène qui a marqué au fer rouge toute une génération de cinéphiles, Max attache l’un des meurtriers à une voiture sur le point d’exploser. L’assassin a le choix entre tenter de scier la paire de menottes en acier en dix minutes, ou se sectionner rapidement la cheville…
La force de ce grand moment de cinéma, c’est de laisser la violence hors champ. On entend juste une explosion, il n’y a pas une seule goutte de sang. On ne saura jamais quel a été le choix de l’assassin, mais en imaginant ses derniers moments, le malaise est décuplé. La victime qu’est Max se transforme en bourreau psychotique. Dans Fury Road, jamais je n’ai été choqué par une séquence, un climax, ou impressionné par la mise en scène.
Le deuxième volet, outrancier, est a priori radicalement différent. Une ambiance post-apocalyptique, des combats épiques… En dépit des apparences, cette suite est pourtant bien plus qu’un film d’action, elle est dans la continuité de l’opus précédent. Max n’est plus qu’une loque humaine, un chien sauvage qui se méfie des hommes qui l’ont meurtri.
Mad Max II et son épilogue surprenant
Le convoi qu’il escorte constituera sa rédemption. Dans un final absolument incroyable, on découvre que le camion citerne transporte non pas de l’essence, mais du sable. Des personnages aux spectateurs, tout le monde a été mené en bateau, le convoi n’était qu’un prétexte pour rassembler les derniers représentants de la civilisation. La conclusion de Mad Max II est une belle leçon d’écriture, avec un climax hallucinant de vacuité, assumé comme tel. Dans Fury Road, la fin ne m’inspire aucune émotion, aucune surprise. J’ai assisté au périple de personnages qui vont d’un point A à un point B, avant de revenir à leur position initiale sans avoir changé.
Le troisième volet est le moins populaire parce qu’il s’agit d’un film d’aventure familial. En aidant les enfants sauvages d’une tribu pratiquant le culte du cargo, Max sauve son humanité, mais se retrouve condamné à errer dans le désert, tel un Moïse des temps modernes. L’épilogue, mélancolique, laisse entendre qu’il finira sa vie en ermite. Les enfants qu’il a sauvés bâtiront un monde nouveau et leurs descendants célébreront, bien après la mort de Max, sa mémoire.
La fin biblique de Mad Max III
Qu’on aime ou qu’on déteste cette conclusion, force est de constater que tout au long de cette trilogie le personnage principal est émouvant, grâce à un Mel Gibson extraordinaire de justesse. Les êtres grotesques que rencontre Max sont surtout là pour alimenter son conflit moral : comment ne pas devenir un monstre quand on doit survivre dans un univers où règne la loi du plus fort ? Dans Fury Road, les antagonistes ne sont pas seulement grotesques, ils sont également ridicules. Si le guitariste au lance-flammes est une idée décalée que j’apprécie, que dire d’Immortam Joe ?
Le Hellfest, ça devient vraiment n’importe quoi
Difficile de prendre au sérieux son masque de Skeletor en plastique, tout droit sorti d’un mauvais épisode des Maître de l’Univers. Il est clairement un Darth Vader du pauvre qui n’inspire aucune crainte. Pour tout vous dire, ce papy me fait de la peine quand il tente de courir avec son armure sur le dos… Alors que les punks de Mad Max II violent des innocents avant de les assassiner à l’arbalète et manient l’humour noir (cf. la mythique scène du boomerang), les stupides warboys et warlords de Fury Road font rire à leurs dépens, constamment trahis par des dialogues involontairement drôles. On ignore si on est dans une série Z ou un épisode mal doublé de Ken le Survivant. Sans méchants à la hauteur, ce long-métrage vain tombe complètement à plat : le fils d’Immortam Joe boit du lait maternel dans une séquence parodique digne d’une publicité TF1 pour les produits laitiers.
Du coup, on ne sait comment prendre les moments censés être graves, lorsque le cinéaste enfonce les portes ouvertes dans des messages politico-philosophiques d’une platitude extrême : l’esclavage sexuel, c’est pas bien, détruire la nature, c’est mal. Euh… on parle bien d’un film subversif éloigné des clichés manichéens ? Parce que là, je ne vois rien absolument rien de féroce de la part de ce réalisateur qui a saccagé le désert namibien. Pire, si j’étais une femme, je me sentirais insultée par ce film qui exploite des sujets sérieux (« our babies will not be warlords », « who kill the world ? », « we are not things » clament des graffitis) pour se donner bonne conscience, un porno soft fétichiste qui fait jouir les amateurs de grosses cylindrées bruyantes. Ce Mad Max est au mieux un plaisir coupable inoffensif, consensuel (héroïsme, culte de la vitesse, jolies filles dénudées, tout y est), qui caresse dans le sens du poil le spectateur, le MacDonald’s du post apocalyptique : on bouffe de la merde en sachant très bien que ces jeux du cirque à la gloire du courant futuriste sont à des années lumières d’oeuvres comme la Route,les Fils de l’Homme ou même le méconnu Livre d’Eli.
Fury Road est un long-métrage que j’aurais vraiment aimé adorer. Malheureusement, il est la synthèse de tout ce qui m’irrite dans Hollywood, à savoir l’obsession du remake/reboot/suite ad nauseam. Au lieu de consacrer un film à Furiosa, George Miller a choisi la facilité et le compromis pour rentrer dans le rang, comme Peter Jackson avant lui. Pour obtenir 100 millions de budget, le cinéaste a sacrifié sur l’autel du divertissement l’émotion et la subversion, tout ce qui faisait l’âme de la trilogje.
En 1985, on visionnait un Mad Max avec un gout de sang et de bitume dans la bouche. En 2015, Fury Road n’est à mes yeux qu’un blockbuster de plus, qui ne m’inspire rien…
Mel Gibson for ever !
EDIT : en bonus, le trailer honnête de Mad Max Fury Road…