Le Petit Prince, de Mark Osborne

Une petite fille et sa mère névrosée s’installent dans un nouveau quartier. La fillette révise quotidiennement ses leçons dans le but d’intégrer un établissement prestigieux. Chaque heure de sa journée est planifiée, et son avenir semble tout tracé, jusqu’au jour où elle rencontre un étrange voisin…

Livre le plus vendu après la Bible, Le Petit Prince est également l’une des oeuvres littéraires qui a connu le plus d’adaptations. Autant dire que lorsque je l’ai vue pour la première fois, la bande-annonce du dernier film de Mark « Kung Fu Panda » Osborne m’a déstabilisé : « pourquoi changer une histoire magnifique » ? me suis-je dit à l’époque. Une fois dans la salle, j’avoue n’avoir été guère rassuré par le premier quart d’heure, jusqu’au moment où la fillette rencontre le personnage de l’aviateur. Et là, coup de théâtre : on découvre que le Petit Prince n’est pas une énième adaptation du mythique conte d’Antoine de Saint-Exupéry, mais bien une suite !

À la manière de Steven Spielberg avec Hook, Mark Osborne nous offre une relecture post-moderne de cette belle histoire sur le thème du temps qui passe : que sont devenus l’aviateur et le Petit Prince ? Le défi était hautement casse-gueule, et pourtant Mark Osborne s’en sort admirablement…. à condition d’accepter l’idée que ce film est une suite. Fort heureusement, le récit, inspiré, est servi par des images sublimes, je pense notamment aux séquences en papier mâché et stop motion qui reprennent exactement les dessins à l’aquarelle de Saint-Exupéry.
Qu’aurait pensé l’auteur du Petit Prince de notre XXIe siècle ? C’est la question que Mark Osborne semble se poser. Mondialisation, matérialisme, pollution… Ce qui était déjà dénoncé par Saint-Ex trouve un triste écho dans cette oeuvre aussi poétique que désenchantée, une fable à plusieurs niveaux de lecture surtout destinée aux adultes. Pas étonnant que son écriture ait pris neuf ans…

Cette adaptation n’est pas le film que j’attendais, et c’est tant mieux. En refusant de réaliser un simple remake, Mark Osborne a fait preuve d’un courage inouï. Loin d’être un yes man à la solde des studios, l’auteur de Kung Fu Panda gagne ici ses lettres de noblesse et prouve qu’il est un auteur tout court qui a su insuffler une âme à ce long-métrage français.

Cocorico !

PS : je ne mets pas de bande-annonce car une fois encore, elle en montre trop…

Published in: on août 12, 2015 at 9:56  Comments (7)  
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Game of Thrones, c’est la zone (attention, spoilers)

Je sais que ce billet est tardif mais il m’a fallu un mois pour recoudre mon cœur qui saigne me remettre du dernier épisode de la saison 5 de Game of thrones (comment les scénaristes ont-ils pu nous faire ça ? Je suis quasiment sûr que c’est interdit par la Convention de Genève). Comme chaque année, David Benioff et D. B. Weiss ont réussi leur coup (médiatique), mais je ne sais pas trop quoi penser de cette saison. Je l’avoue volontiers, j’ai adoré la bataille avec les morts-vivants de l’épisode 8, les effets spéciaux toujours plus somptueux. C’est simple : jamais une série télévisée orientée fantasy n’a bénéficié d’autant de moyens. Il y a parfois de (rares) séquences plus contemplatives comme le voyage de Jorah et Tyrion. Durant cette scène aussi courte que frustrante, on assiste à un vrai moment de poésie mélancolique à mesure que se dévoilent les somptueuses ruines de Valyria, vestiges d’un monde perdu.

La fameuse séquence que j'aime tant

La fameuse scène contemplative que j’aime tant

Avec de tels atouts, et des acteurs si talentueux, les scénaristes étaient-il obligés d’avoir recours à une surenchère de violence gratuite, comme s’il fallait brutaliser régulièrement le spectateur pour maintenir son intérêt ? Souvent, on est pas loin du « torture porn », notamment dans l’abominable épisode 9, quand la fille de Stanis meurt brûlée vive sur le bucher. Vous allez me dire que ce n’est pas de la violence gratuite puisque cet acte barbare (filmé hors-champ) nous fait prendre conscience que Stanis est prêt à tout pour s’asseoir sur le trône de fer. Le problème, c’est que cette séquence, ainsi que le viol de Sansa, ne figurent pas dans les livres… Au fil des saisons, cette débauche de sexe et de sang va crescendo, comme on le constate avec Arya et le meurtre sadique de Meryn Trant : à vouloir choquer pour choquer, c’est bien la première fois qu’une scène aussi sanguinolente me laisse de marbre.

Les scénaristes vont plus loin que George R.R. Martin, mais l’écrivain cautionne complètement la démarche de David Benioff et D. B. Weiss, donnant l’impression que les trois auteurs ont sombré dans lhubris. Ils ont enfanté un véritable monstre de Frankenstein, mais cette créature est-elle viable ? George R.R. Martin écrit des pavés de plusieurs milliers de pages difficilement conciliables avec une série orientée adultes qui doit assurer un minimum de suspens entre chaque saison, voir entre chaque épisode… Au final, je ne sais plus quoi penser de Game of thrones : ai-je encore envie de continuer à la regarder après la disparition de Jon Snow ? Pas sûr… mais je me sens à présent comme un type paumé dans un quartier mal famé qui se voit contraint de le traverser, comme bon nombre de fans je suppose.

Game of thrones, c’est vraiment la zone.

D’autres avis : L’Oeil du Lémurien

Published in: on juillet 24, 2015 at 9:43  Comments (30)  
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Les Gardiens de la Galaxie, Daredevil, Ant-Man… Les anti-héros Marvel prennent-ils le pouvoir ?

En tant que fan des Gardiens de la Galaxie, mon grand coup de coeur ciné de l’été 2014, j’ai toujours apprécié les anti-héros fragiles, bien plus que les personnages invincibles dotés de super pouvoirs façon Avengers. Autant dire que j’ai été emballé par le virage pris par Marvel ces derniers temps sur le petit et grand écran. Plus qu’un virage, c’est peut-être à une révolution de palais que nous sommes en train d’assister. Et si les anti-héros avaient pris le pouvoir ?

Avec Sense8, la (violente) série Daredevil est pour moi l’une des plus belles surprises télévisuelles des années 2010, grâce notamment à Mat Murdock, un avocat torturé qui n’a pas d’équivalent dans l’univers Marvel, et un ton adulte. Enfant, Murdock a perdu la vue lors d’un accident. Dans un épisode 2 particulièrement émouvant, on apprend qu’il a été élevé par un père boxeur irlandais catholique qui a connu des démêlés avec la pègre.

Mat Murdock et son père, une relation fusionnelle

Le jour, Murdock est un ténor du barreau, mais la nuit il est Daredevil, un justicier  capable de s’orienter et de se battre grâce à l’authentique technique de l’écholocalisation. Cette double vie est pour lui source de stress, puisqu’il est obligé de cacher à ses proches son activité afin de les protéger. Au fil de la saison 1, Murdock confesse à un prêtre ses angoisses sur les rapports qu’entretiennent justice, morale et éthique. Peut-on épargner un caïd malfaisant quand celui-ci brise les vies de  nombreux innocents et qu’il corrompt toutes les institutions ? À quoi bon se battre contre le crime si cette lutte provoque des dommages collatéraux ? L’ambiance de la série est résolument cynique : dans une séquence mémorable, les malfrats discutent de la chute du prix de l’immobilier depuis la destruction de New York par les aliens Chitauri, et reconnaissent qu’ils sont bien chanceux d’être protégés par les Avengers ! Dans ce climat de corruption généralisé, les plus pauvres n’ont aucune chance d’être sauvés par Iron Man, Thor, Hulk ou Capitaine America, trop occupés à combattre des ennemis de plus grande envergure, ce qui rend la lutte quotidienne de Murdock d’autant plus désespérée.

Hanté par des questions morales, Daredevil symbolise la justice aveugle. Il respecte la vie… au sens strict. Lorsqu’un personnage lui reproche d’avoir jeté un malfrat du haut d’un immeuble, le plongeant dans le coma, Murdock a une réponse laconique : « il est vivant ». À vouloir suivre, de mauvaise grâce, les commandements de la Bible (« Tu ne tueras point »), Murdock se retrouve dans des situations périlleuses car il affronte à armes inégales des criminels dénués de scrupules. Lors de combats au dénouement incertain (mention spéciale au fabuleux plan séquence de l’épisode 2, du jamais vu sur le petit écran), on tremble pour le justicier. Aveuglé par sa morale judéo-chrétienne, il se prend régulièrement des raclées car dans le sinistre quartier de Hell’s Kitchen, faire preuve d’humanité constitue une faiblesse. New York est un personnage à part entière, un environnement sombre très influencé par les comics de Franck Miller. Les rares héros qui osent s’élever contre les injustices sont impitoyablement broyés par la police corrompue du magnat des affaires Wilson Fisk, sans doute le méchant le plus charismatique des films/séries Marvel. Un monstre à visage humain superbement interprété par Vincent D’Onofrio, l’ombre parfaite de Daredevil.

Wilson Fisk s’apprête à commettre un meurtre terrifiant

Capable de commettre des violences inédites dans une oeuvre Marvel (on parle quand même d’une décapitation à l’aide d’une portière de voiture…), Fisk est fragile, émotionnellement parlant. Ce géant aux pieds d’argile a connu une enfance traumatisante et s’est retrouvé contraint de tuer pour survivre dans la jungle urbaine et gagner une respectabilité de façade.

À terme, les scénaristes ont prévu pour les saisons futures que Daredevil rencontre le Punisher, un autre anti-héro atypique… à l’image d’Ant-Man.

Dans ce film de cambriolage, Scott Lang n’est au départ qu’une petite frappe qui, à sa sortie de prison, se voit offrir une seconde chance par le docteur Hank Pym. Ce savant a élaboré un costume capable de faire rétrécir son possesseur et ainsi combattre n’importe quelle menace.

Autant dire qu’on est clairement dans une comédie, avec de surprenantes séquences un peu gores : le méchant prend un malin plaisir à réduire ses victimes à l’état cellulaire avant de les écrabouiller ! Un humour noir familial qu’on avait pas vu depuis les Gremlins de Joe Dante. Puisqu’on parle des années 80, le personnage le plus intéressant ici est celui interprété par Michael Douglas, Hank Pym, un Ant-Man de la Guerre Froide qui cherche un héritier. Cette passation de pouvoir est une belle mise en abyme du Marvel d’aujourd’hui, entre respect du mythe et modernisation avec des effets spéciaux hallucinants, une relecture jouissive du cultissime Chérie j’ai rétréci les gosses. Les scènes d’action sont bourrées d’humour avec un duel au sommet d’anthologie qui se déroule… dans une chambre d’enfants remplie de jouets.

Si les deux premiers volets des Avengers ne font pas partie de mes films préférés pour les raisons évoquées au début de l’article, je suis en revanche enthousiasmé par le fait que ce monde imaginaire ne cesse de se développer, avec des crossovers et des personnages décalés largement inspirés des années 80. Qu’ils soient drôles ou tourmentés, Rocket Raccon, Daredevil et Ant-Man sont des anti-héros modernes qui amènent un brin de subversion au cinéma et à la télévision et laissent espérer des histoires plus excitantes que les insipides remakes hollywoodiens des blockbusters Total Recall, Robocop et autres Mad Max (du moins insipides à mes yeux). Anecdote amusante, James Gunn, réalisateur des Gardiens de la Galaxie, a adoré Ant-Man comme il le dit lui-même sur sa page Facebook :

“Honnêtement, le film est une bombe totale ! J’étais tellement heureux après l’avoir vu. Ce n’est pas ennuyant une seule seconde, et c’est drôle et chaleureux tout au long. Il ne reste pas que dans la science-fiction comme beaucoup de films ces derniers temps, il est simple et élégant. Il fait partie de l’univers Marvel sans en suivre les règles. »

« Ne pas suivre les règles »… Quand je vous disais qu’une révolution couvait chez Marvel !

« Les Gardiens de la Galaxie est la version sale et barrée d’Avengers », aurait dit James Gunn…

Published in: on juillet 16, 2015 at 10:00  Comments (8)  
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Merci (encore)…

… pour votre soutien ! Aujourd’hui, mon roman est en promo à 99 centimes sur toutes les plateformes numériques jusqu’à minuit. Du coup, j’ai le plaisir de constater qu’il attire de nouveaux lecteurs (cliquez sur les images pour agrandir).

Comme vous pouvez l’imaginer, ce n’est jamais simple d’être un nouvel auteur, et le fait que ce classement soit encore meilleur que lors de la sortie du roman en mars est une belle surprise qui me touche beaucoup. Je m’attendais à ce que la promo soit efficace, mais pas à ce point !

Lecteurs fidèles ou inconnus, bienvenue sur l’Escroc-Griffe !

EDIT : waow, à 23 heure le roman est 4e meilleure vente Kindle, tout genre confondu !

Published in: on juillet 11, 2015 at 6:22  Comments (12)  
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Promo chez Bragelonne

Je profite de l’actualité de mon éditeur pour vous annoncer que jusqu’au 12 juillet, la version ebook des Pirates de l’Escroc-Griffe fait partie de l’opération  » 3 ebooks pour le prix de 2  » sur toutes les plateformes numériques habituelles.

 

 
 

Comme vous pouvez le constater, je suis en bonne compagnie ! De plus, samedi 11 juillet, c’est le saturday book fever :


 
 
 
 
 
 
 
 

Euh, non, en fait c’est plutôt cette image :

 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Pour un jour, la version numérique de mon roman sera à seulement… 99 centimes, l’occasion idéale pour tester le format ebook ! Et découvrir les Mers Turquoises.

Plus d’infos sur le blog de Bragelonne.

Published in: on juillet 6, 2015 at 4:56  Comments (4)  
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Seul sur Mars – le roman

Cette semaine, je chronique un roman Bragelonne. Bon, je vous voir venir, vous êtes en train de vous dire qu’il est publié chez mon éditeur et que du coup je ne peux pas être objectif, mais là il s’agit du fameux Seul sur Mars dont tout le monde parle, bientôt adapté au cinéma par Ridley Scott en personne !

Le pitch, entièrement résumé dans le titre, est tout bonnement génial : au cours d’une mission sur Mars, l’astronaute Mark Watney est laissé pour mort par son équipage qui retourne sur Terre. Privé de moyens de communication, ce Robinson Crusoé des temps modernes ne peut désormais compter que sur lui-même.

Mark Watney (interprété par Mat Damon), en très mauvaise posture

J’ai dévoré ce bouquin en un week-end, captivé par ce récit de survie réaliste. Bien que Andy Weir soit un écrivain de hard SF rigoureux, jamais il n’abuse des détails scientifiques. C’est la grande force du livre : susciter l’empathie du lecteur avec un personnage accessible, Mark Watney, un astronaute plein d’humour qui écrit un journal de bord pour ne pas devenir fou. Watney lutte quotidiennement dans un environnement plus qu’hostile : son seul refuge est un module doté de 31 jours d’autonomie. Sa vie ne tient qu’à un oxygénateur et un recycleur d’eau, sachant que la prochaine mission arrivera sur Mars dans… quatre ans.

La tension est telle qu’on ne s’ennuie jamais. À un moment donné, l’auteur a l’intelligence de changer de point de vue pour nous donner celui des scientifiques de la NASA, insufflant au récit une sacrée dose d’ironie dramatique, puisqu’on connait alors tous les enjeux. Le fait d’avoir une longueur d’avance sur Witney est d’autant plus stressant. Andy Weir aurait pu céder à la facilité en inventant des « méchants » au sein de la NASA ou de l’équipage qui a laissé Watney, mais le seul antagoniste, c’est la planète rouge et son climat extrême.

Jusqu’à la fin de l’intrigue, l’auteur ne cesse de surprendre son lectorat avec des péripéties angoissantes. Seul bémol, j’ai regretté que le protagoniste principal ne confie pas plus ses sentiments dans son journal de bord, notamment dans les moments de découragement. À mon sens, un peu de mélo n’aurait pas fait de mal, même si un astronaute est par définition un surhomme peu enclin à se plaindre. Dans le même ordre d’idée, je trouve le dénouement un peu rapide, un épilogue n’aurait pas été de trop. C’est à peu près tout ce que je peux reprocher à ce récit qui prend aux tripes. Pour tout vous dire, j’admire Andy Weir, surtout quand on sait comment il a été publié : à la base, Seul sur Mars était disponible gratuitement sur son site Web (!), jusqu’au jour où les lecteurs ont réclamé une version Kindle à 99 centimes (!!). Le roman a ensuite trouvé un éditeur, et le voilà maintenant adapté au cinéma par Ridley Scott (!!!). Au-delà de ce beau conte de fée, je retrouve dans Seul sur Mars ce qui m’avait plus dans Silo : l’envie irrépressible de poursuivre ma lecture dès les premières pages. Est-ce un hasard si Andy Weir et Hugh Howey sont passés par la case Amazon avant de connaitre l’édition traditionnelle ? Je ne sais pas si la concurrence féroce qui règne sur cette plateforme numérique favorise l’émergence de véritables page turners, mais je suis sûr d’une chose : pour moi, Seul sur Mars est désormais la référence des années 2010 en matière de hard SF.

PS : ne regardez surtout pas la bande-annonce du film, comme d’habitude le trailer révèle tout…

D’autres avis : Lorhkan, GromovarA.C. de Haenne,

Published in: on juillet 2, 2015 at 11:12  Comments (13)  
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Sense8

Un jeune policier qui lutte contre les gangs de Chicago, un chauffeur de minibus kényan passionné par Jean-Claude Van Damme, une femme d’affaire sud-coréenne étouffée par sa famille, une DJ islandaise paumée dans Londres, un acteur mexicain star de telenovelas qui cache un lourd secret, une jeune pharmacienne indienne contrainte de se marier, une hacktiviste transsexuelle sur le point de participer à la gaypride de San Francisco, un cambrioleur berlinois hanté par son passé…

Huit individus qui ne se connaissent pas. Huit individus unis par un lien.

Dardevil, Penny Dreadful… Je n’en finis plus d’être impressionné par les séries Netflix ! Et voilà que les Wachowski créent l’événement avec Sense8. « Evénement » car après Cloud Atlas et Jupiter Ascending, les auteurs de Matrix ont décidé de réaliser une série télévisée. Comme pas mal de geeks, j’étais à la fois enthousiaste et inquiet à l’idée de découvrir le résultat : Cloud Atlas est à mes yeux l’un des plus grands films SF de l’histoire du cinéma, mais les Wachowski ont subi de tels échecs commerciaux que leur carrière cinématographique est menacée. Changer de média donne-t-il plus de liberté ?

D’entrée, on ne peut s’empêcher de penser à Cloud Atlas et ses multiples intrigues à travers différentes époques. Dans Sense8, les protagonistes, séparés géographiquement, réalisent qu’ils sont liés émotionnellement… et même télépathiquement. Une idée sacrément culottée, pour ne pas dire casse-gueule, puisqu’elle impose huit histoires, huit points de vue tournés dans autant de pays ! Contre toute attente, cela fonctionne, en partie grâce à des « hommes de l’ombre » absolument essentiels : le réalisateur allemand Tom Tykwer, déjà aux manettes sur Cloud Atlas, James « V pour Vendetta » McTeiguele scénariste de Babylon V Joseph Michael Straczynski, ainsi que le directeur de la photographie de Cloud Atlas, John Toll, qui a travaillé sur Braveheart, le Dernier Samouraï, et Breaking Bad. C’est donc une équipe de rêve qui est aux commandes de  cette série, une bande de cinéastes talentueux qui ont choisi de faire confiance en l’intelligence du spectateur, ce qui explique pourquoi le premier épisode est aussi déstabilisant qu’exigeant : l’action est éclatée entre Nairobi, Séoul, San Francisco, Mumbai, Londres, Berlin, Mexico et Chicago !

Passé cette octuple introduction un brin complexe, on s’attache très vite à ces personnages que tout semble séparer, qui se heurtent aux valeurs traditionnelles, à l’intolérance, aux préjugés et à la corruption. Les sensitifs ne sont pas seulement des mutants, mais également des individus victimes de leurs orientations sexuelles, politiques, ethniques ou religieuses. Bien qu’on retrouve les thèmes de Cloud Atlas, des personnes ordinaires en quête d’identité luttant contre les conservatismes afin de ne pas être broyé par la société, d’une certaine manière Sense8 va beaucoup plus loin car on peut considérer que ces huit êtres ne forment qu’une seule entité. Ce qui est frappant, c’est que les Wachowski semblent avoir trouvé le média idéal pour véhiculer leurs idées progressistes, déjà présentes dans V pour Vendetta. Qu’ils soient policiers ou voyous, riches ou pauvres, ces personnages isolés vont apprendre à se faire confiance pour gagner en humanité. Pour les Wachowski, le super pouvoir ultime n’est pas de voler dans les airs ou de projeter des boules de feu, mais de faire preuve d’empathie, de sensibilité et de compassion. Un message optimiste qui change radicalement de la SF sombre de ces dernières années !

Comme Cloud Atlas, Sense8 est une oeuvre hybride, un blockuster doté d’un scénario humaniste émouvant très fouillé. Après l’injuste échec commercial de Cloud Atlas, les Wachowski semblent avoir réalisé que le format série télévisé est plus adapté à leur narration axée sur des réflexions philosophiques. Dans une séquence au musée, deux personnages discutent du message politique d’une toile du peintre mexicain Diego Rivera, ce qui serait plus difficile à faire passer dans un long métrage calibré pour durer deux heures… sans même parler des scènes érotiques particulièrement osées. Il y a une dimension intellectuelle dans Sense8, mais aussi émotionnelle, grâce à une bande-originale tour à tour rock (« What’s Up » des 4 Non Blondes) et classique avec notamment la séquence du concert durant laquelle les sensitifs revivent leurs naissances simultanément.

Le montage et la photographie, magnifiques, accentuent cette synchronicité et mettent en avant les personnages. Les Wachowski ont eu l’intelligence de faire appel à de jeunes acteurs charismatiques quasi-inconnus, bluffants de vérité, comme la comédienne transsexuelle Jamie Clayton dont l’histoire est largement inspirée de celle de Lana Wachowski. De la même façon, le personnage de Cepheus, passionné par Jean-Claude Van Damme, est émouvant tant il illustre avec merveille comment peut être vécu la mondialisation dans un quartier pauvre de Nairobi au Kenya.

Sense8 est une fable touchante, mais aussi une une réflexion subversive sur l’identité qui tourne autour d’une question existentielle : qu’est-ce qu’un être humain ? Les sensitifs constituent une humanité augmentée, une métaphore d’Internet dans ce que le réseau des réseaux a de plus noble : mettre en relation des être issus d’horizons différents pour échanger et permettre un enrichissement mutuel. D’un certain point de vue, ces huit sensitifs (« sensates » en anglais) forment un seul être accompli, le « sensei » (« maître » en japonais). Quand on sait que les Wachowski sont passionnés par le Japon et la réincarnation, cette terminologie est tout sauf un hasard.

Vivement la saison 2 !

Published in: on juin 29, 2015 at 9:49  Comments (30)  
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Histoire et imaginaires – Table ronde Nice Fictions 2015

À Nice-Fictions, j’ai eu le plaisir d’être invité à une conférence improvisée, animée par Léo Lallot avec Louise Roullier et Pierre Pevel. Il s’agissait de ma toute première table ronde, mais comme je n’ai pas dit trop de bêtises, et que mes camarades étaient passionnants, je la mets en ligne.

Les Imaginales étaient (encore) géniales

Après ma première participation aux Imaginales en tant qu’auteur invité, je suis sûr d’une chose : je resterai toujours un éternel fanboy avec des étoiles dans les yeux ! Je ne me suis jamais autant amusé à Epinal…

Cette folle semaine a commencé mardi, quand j’ai consulté par curiosité sur mon écran la liste des auteurs et découvert par hasard que j’étais le dernier invité ! 48h00 plus tard, me voici comme en 2014 dans la bulle des Imaginales, mais cette fois, derrière un stand.

Passé ce moment d’incrédulité, de nombreux amis de mon forum d’écriture viennent me voir et j’ai enfin la chance de rencontrer en vrai Bérangère Rousseau, Nathalie Bagadey, Mad Manu, Tael, Anthony Boulanger, Lise Syven, Cécile Duquenne, Nadia Coste, Crazy, Flume, mais aussi Florentine, Dominique Lémuri, JP, Procrastinator, Célia Flaux, Pascale Languille, Jean Vigne, Jean-Claude Dunyach, Takisys, Elyna, Lilie, Illiane, Luani, Francis Ash, Guillaume Fourtaux, Aude et son compagnon, Arnaud Duval, Mistigri, Célia Deiana, Pandora, Isa S, Hermine, Vestrit, Arya, Aramis, Axelle C, Stef, A.S Bora, Maëlig Duval…

L’émotion est grande quand je réalise combien le temps a passé vite depuis les Imaginales 2014 : certains progressent sur des projets, d’autres ont été publiés, tandis que « mes » Paul Beorn et Cindy Van Wilder sont devenus des célébrités, quel bonheur !

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Jeudi soir, je suis invité à une soirée Bragelonne en compagnie de Stéphane Marsan, Mélanie Fazi, Alice Scarling, Brent Weeks, Christopher Priest, Manon Fargetton… Un moment extrêmement agréable, on parle jeux de rôle et livres dont vous êtes le héros, années 80 oblige. La soirée se poursuit tardivement avec Olivier Sanfilippo et Mathieu Rivero, nous discutons de la couverture magnifique d’Or et Nuit, mais aussi de Japon et d’Histoire.
Vendredi, le réveil est rude, mais les dédicaces se passent (trop) bien, au point où je me retrouve samedi matin au chômage technique, faute de bouquins !

Chômage technique !

Chômage technique !

Je ressens un mélange de satisfaction et de frustration, un sentiment très curieux, mais j’ai quand même la joie de retrouver mes amies blogueuses Sia et Flora

Libéré des dédicaces, il ne me reste plus qu’à déserter mon stand pour me rendre au pot organisé pour les 15 ans de Bragelonne. Stéphane prononce un discours émouvant et présente les auteurs vedettes ainsi que les nouveaux venus, dont votre serviteur.

L’occasion pour moi de bavarder avec le chaleureux Brent Weeks qui me raconte la vie dans le froid Montana.

Je cours voter à l’assemblée générale Cocyclics, avant de prendre un pot improvisé avec Procrastinator et JP. Le soir, avec mon amie Cindy Chaussette et ses sympathiques copines du Septième Duché, je suis invité dans un petit restaurant en comité restreint par l’auteure de l’Assassin Royal en personne !

Un immense privilège qui me permet de découvrir une femme aussi douce que généreuse. Tout ému, je discute avec elle d’écriture, jusqu’au moment improbable où elle me demande spontanément de lui dédicacer les Pirates de l’Escroc-Griffe… Rouge comme une tomate, je m’incline à la japonaise le front contre la table (oui, quand je suis troublé je deviens japonais) et j’obéis, la main tremblante.

Quand je me réveille le dimanche, je constate que la soirée avec Robin Hobb n’est pas un rêve, ouf ! Je suis sur les rotules, mais comblé par ces quatre journées incroyables. Le Château des millions d’années me fait sérieusement de l’œil, ce n’est pas raisonnable. Je le dis à Stéphane Przybylski qui n’a aucune pitié : lors de sa dédicace, alors que je lui annonce qu’il a provoqué ma ruine, il me conseille de contacter un organisme d’emprunt.

J’ai juste le temps d’échanger avec mes chères Doris Facciolo, Tigger Lily, Lhisbei et Endea (ce n’est que partie remise !) avant de m’en aller, des étoiles pleins les yeux…

Un immense merci à Leslie et Fannie de chez Bragelonne, au top, ainsi que Cindy Chaussette, Brome, Damien Gaudin, Anne-Lorraine, sans oublier bien sûr toute l’équipe des Imaginales !

Published in: on juin 1, 2015 at 9:57  Comments (35)  
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Je suis invité aux Imaginales !

Je viens d’apprendre la nouvelle ce matin : je suis officiellement invité aux Imaginales 2015 !

À 48h00 du coup d’envoi, je ne m’y attendais pas du tout, c’est un rêve qui se réalise…
Je suis d’autant plus ému qu’il s’agit d’un festival particulièrement important pour moi : comme vous le savez, le tournant de mon aventure éditoriale, c’est Épinal et ce fameux speed dating littéraire, il y a tout juste deux ans.

On m’a donc prévenu que je dédicacerai à la table du festival, j’aurai sur place une pile d’exemplaires prévus à cet effet…

Merci les Imaginales, et merci Bragelonne !