Cap sur les Imaginales !

Même si c’est la quatrième fois que je viens à Epinal, ma joie demeure intacte ! Si vous souhaitez me rencontrer, je serai derrière mon stand de jeudi à dimanche, avec mes romans, ainsi que de nouveaux marque-pages aux couleurs des tome 2 et 3…

J’en profite pour vous faire découvrir ce cadeau de l’artiste Emmanuelle Cresp, qui m’a fait une magnifique surprise en illustrant un personnage important de L’Escroc-Griffe, la Belle Lili.

À très vite !

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Published in: on Mai 25, 2016 at 8:01  Comments (8)  

Nice-Fictions 2016

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Me voici de retour après une belle édition de Nice-Fictions, dont l’invité d’honneur n’était autre que Laurent Genefort. Ce salon est toujours pour moi un peu spécial car j’ai grandi à Cannes et étudié l’Histoire à Nice, le festival était donc l’occasion de retrouver ma famille et mes amis.

Avec Laurent, j’ai participé vendredi au pied levé à une table ronde sur la création d’univers et je me suis régalé à écouter l’auteur d’Omale que j’ai lu… la veille, dans le train. Une oeuvre impressionnante, un roman qui ressemble presque à un manuel d’éthologie alien. Laurent expliquait qu’à force de travail, il finissait par penser comme ses créatures extra-terrestres, c’était passionnant. Plus tard, il m’a raconté son travail de scénariste de jeu vidéo sur From Dust avec son ami Eric Chahi, l’auteur du mythique Another World que j’ai terminé je ne sais combien de fois.

Les autres tables rondes étaient tout aussi stimulantes (les vidéos seront en ligne bientôt). J’ai été heureux de retrouver Olivier Sanfilippo qui connait mieux que personne les pirates japonais wako. Pendant toute la table ronde, j’ai hésité à lui demander s’il n’avait pas entendu parler d’un pirate appelé « Minute Soupe », mais je n’ai pas osé (et je le regrette).

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J’ai été interviewé par la sympathique équipe du Carnet Enchanté, avec qui j’ai passé un excellent moment.

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J’ai également rencontré pour la première fois en vrai mon illustratrice, Céline Lacomblez ! Pour l’occasion, nous avons poussé avec Nathalie Bagadey et Nicolas Pagès un terrifiant cri de guerre de batracien.

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Puisque je parle de Céline, je dois avouer que j’ai été impressionné par le talent des artistes que j’ai découvert : Vincent Laïk, mais aussi Emmanuelle Cresp.

Avec Emmanuelle Cresp

Avec Emmanuelle Cresp

Samedi soir, j’ai participé avec mes amis à une partie de jeu de rôle d’anthologie, et pas seulement pour le plaisir… mais j’aurai l’occasion de reparler de ce projet dans les années à venir, n’est-ce pas Aldo ? 😉

Dimanche, j’ai assisté, impuissant, à la défaite de mon ami Damien Gaudin dans une partie de baby-foot un peu… bizarre. Vous pouvez entendre à la fin tout mon désarroi.

Vous l’aurez compris, j’ai passé trois jours agréables. Cerise sur le gâteau, en reprenant le train dimanche soir, j’ai admiré un magnifique coucher de soleil… Ce fut un bref séjour, mais quel bonheur d’échanger avec toutes ces belles personnes !

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Published in: on avril 25, 2016 at 11:38  Comments (16)  

Tables rondes

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Je reviens brièvement donner quelques nouvelles ! J’étais absent, mais j’ai de bonnes excuses. Ces dernières semaines j’ai travaillé sur le Bon À Tirer de mon tome 3, déménagé (et hérité d’une connexion Internet erratique), mais je suis surtout devenu papa…

Pour les méridionaux, je serai présent à la seconde édition du salon Nice-Fictions ce week-end. Je participerai à deux tables rondes :

samedi 17h00 – « Pirates ! »
Ah, les joies de la piraterie ! Quitter la terre ferme et devenir des écumeurs des mers, n’est-ce pas, au fond, ce dont nous rêvons tous ? Partir à l’abordage des belles caravelles richement dotées, narguer des monarchies, rançonner des ports, explorer des îles inconnues, affronter les plus étranges des monstres marins et, après avoir amassé des tonnes d’or et tutoyé les confins du monde, finir sa course au Davy Jones’ Locker, le bar des abysses, pour trinquer avec les fantômes grimaçants des équipages perdus en haute mer. D’ailleurs, science-fiction et fantasy ne seraient-elles pas, au fond, une forme de piraterie littéraire, elles qui n’hésitent pas à défier sous l’étendard de l’audace tous les rois, tous les puissants ?
Modération : Léo Lallot

dimanche 10h30 – « Les nouveaux rivages de la littérature imaginaire en francophonie »
À chaque génération, l’imaginaire se réinvente. Il absorbe et transforme de nouvelles crises, de nouveaux rêves. Dans un monde plus complexe et plus incertain que jamais, la francophonie ne doit pas être envisagée comme une terre assiégée, mais, au contraire, comme l’un des plus beaux espaces de diversité. Qui sont les nouveaux auteurs qui, de Bruxelles à Paris, en passant par Montréal et Genève, nous proposent des rêves divergents sous la bannière d’une même langue ?
Modération : Chantal Robillard

À bientôt !

 

Published in: on avril 20, 2016 at 4:55  Comments (10)  

Déshumanisation 3.0

On a beau répéter que les cyberpunks avaient raison, je suis toujours sidéré par le fait que la réalité dépasse la fiction. Vous vous rappelez de « 1984 », des films cauchemardesques de Terry Gilliam, de la série le Prisonnier ou du feu rouge parlant de Blade Runner ? Eh bien la dystopie fait désormais partie du quotidien de Mandelieu, avec des caméras qui interpellent des êtres humains. La preuve avec ce court reportage de TF1 qui semble amuser Jean-Pierre Pernaut.

Pour ceux qui en doutaient encore, on a franchi (depuis bien longtemps ?) une ligne rouge. Si vous ne l’avez pas vu, je vous conseille Red Road, un excellent film britannique qui tirait la sonnette d’alarme dès 2006.

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Jackie travaille comme opératrice sur des caméras de surveillance. Chaque jour elle veille sur une petite partie du monde, en protégeant les personnes qui vivent leur vie sous ses yeux. Un jour un homme apparaît sur son moniteur, un homme qu’elle pensait ne jamais revoir, un homme qu’elle ne voulait jamais revoir. À présent elle n’a pas le choix, elle est obligée de se confronter à lui.

Bienvenue dans l’ère de la déshumanisation 3.0. Avec la nouvelle génération de drones, et le prétexte du terrorisme, les gouvernements du monde entier ont fait sauter un tabou , celui du flicage généralisé. Pourquoi être choqué par ce système de surveillance si vous n’avez rien à vous reprocher ? De fait, en partant du principe que nous sommes tous des délinquants potentiels, nous sommes tous suspects. C’est bien sûr un paradigme qu’il faut combattre à tout prix, quitte à employer les mêmes armes. En Turquie, un militant a utilisé un drone pour filmer les actions de la police lors de manifestations à Istanbul, jusqu’au moment où son engin été abattu en plein vol (voir la vidéo de l’article). Cette utilisation politique des drones n’est pas isolée, puisque des manifestants ont agi de manière similaire à Sao Polo, Bangkok ou Kiev.

La guerre de l’information prophétisée par la génération cyberpunk de William Gibson est devenue  réelle.

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En ce moment même, Obama mène un combat sans merci contre Apple pour obtenir le déchiffrement des iPhone, officiellement pour combattre le terrorisme et le crime.

Cette guerre de l’information n’est que le sommet de l’iceberg. Dans un billet passé relativement inaperçu, le vertigineux avenir des échanges exécutables, on apprend l’existence de la technologie Blockchain au coeur du projet Ethereum, un fantasme de web 3.0, dont on ne sait s’il relève de l’utopie… ou du cauchemar, en particulier pour les hackers.

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Imaginez une architecture informatique totalement décentralisée avec des contrats automatisés de pair-à-pair encore plus sophistiqués que Bitcoin. Un monde où aucune manipulation n’est possible. Un nouvel Internet dans lequel on pourrait échanger de l’argent via un système économique transparent, configurable ; non censurable ; interopérable… Maintenant, qui décide quoi ? C’est la question soulevée dans l’article de Big Browser avec un exemple tout simple, je me permets de reproduire un extrait de l’article ici :

Imaginons une personne qui cherche un appartement à louer. Il dispose d’un identifiant numérique unique qui lui permet de souscrire à des contrats autonomes. Devant une porte d’appartement à louer, il interroge sur son téléphone son application, qui lui permet d’envoyer de l’argent en échange de l’ouverture de la porte connectée durant son temps de location. (…) La promesse de la blockchain est que les objets vont devenir pleinement autonomes et s’appartenir à eux-mêmes. Ils vont pouvoir exécuter du code : en échange d’argent (une forme de code), la porte libère son accès (via du code) pour être utilisée durant le temps autorisé. Pour Stéphane Tual, il n’y a plus besoin de tierce partie entre la porte de l’appartement à louer et le locataire potentiel. Airbnb n’a plus de raison d’être. Le système permet de louer directement son appartement à quelqu’un et on peut même imaginer louer un appartement en étant juste devant sa porte, s’il est disponible…

Si l’exemple est séduisant, il suppose bien sûr que tout se passe bien. Que l’appartement dans lequel vous entrez va être propre et en bon état, comme annoncé, par exemple. Quand on voit la difficulté des réclamations dans les systèmes de location centralisés comme Airbnb, on se dit tout de même que l’usager sera bien démuni dans un système décentralisé comme celui esquissé. A qui l’usager pourra-t-il faire une réclamation ? A la blockchain ? A la porte ?…

Comment ne pas penser à Ubik de Philip K Dick ? Dans ce classique de la S.F. que je suis en train de lire, l’auteur décrit (en 1969 !) une scène qui préfigure les échanges exécutables. Mention spéciale à ce passage dans lequel le héros se retrouve… enfermé chez lui.

La porte refusa de s’ouvrir et déclara :
— Cinq cents, s’il vous plaît.
À nouveau il chercha dans ses poches. Plus de pièces ; plus rien.
— Je vous paierai demain, dit-il à la porte. (Il essaya une fois de plus d’actionner le verrou, mais celui-ci demeura fermé.) Les pièces que je vous donne, continua-t-il, constituent un pourboire ; je ne suis pas obligé de vous payer.
— Je ne suis pas de cet avis, dit la porte. Regardez dans le contrat que vous avez signé en emménageant dans ce conapt.
Il trouva le contrat dans le tiroir de son bureau ; depuis que le document avait été établi, il avait eu besoin maintes et maintes fois de s’y référer. La porte avait raison ; le paiement pour son ouverture et sa fermeture faisait partie des charges et n’avait rien de facultatif.
— Vous avez pu voir que je ne me trompais pas, dit la porte avec une certaine suffisance.
Joe Chip sortit un couteau en acier inoxydable du tiroir à côté de l’évier ; il s’en munit et entreprit systématiquement de démonter le verrou de sa porte insatiable.
— Je vous poursuivrai en justice, dit la porte tandis que tombait la première vis.
— Je n’ai jamais été poursuivi en justice par une porte. Mais je ne pense pas que j’en mourrai.

Cet extrait a beau être drôle, on ne peut qu’être effrayé par l’automotisation forcenée imposée par les états et les entreprises, surtout quand elle est motivée par une logique de rentabilité. On parle souvent du risque de se retrouver avec des drones automatisés capables de massacrer des êtres humains, mais moins de la vie quotidienne avec ces bornes automatiques qui envahissent de plus en plus notre quotidien… et détruisent l’emploi. Dès que j’ai le choix, j’opte systématiquement pour un(e) caissier(ère) de chair et de sang, parce que c’est plus agréable, et aussi parce que je me sens solidaire de ces employés précaires. Si on continue à automatiser les tâches, que vont-ils devenir ? Je ne parle même pas de la vie dans les grandes villes tentaculaires, déjà extrêmement difficile pour nombre d’individus isolés comme les personnes âgées ou les immigrés qui viennent d’arriver. Ne sommes-nous pas en train de tuer les derniers liens sociaux qui nous unissent ? Comme l’a écrit William Gibson :

Toute technologie émergente échappe spontanément à tout contrôle et ses répercussions sont imprévisibles.

On vaut mieux que ça.

Published in: on mars 18, 2016 at 12:40  Comments (12)  

La librairie du futur existe enfin !

Il y a deux ans, je concluais cet article sur les ebooks en imaginant une impression à la demande d’objets-livres dans les décennies à venir. Depuis (une fois encore), la réalité a rattrapé la fiction bien plus rapidement que je n’osais l’espérer. D’abord aux Etats-Unis à partir de 2007 :

Et aujourd’hui en France (une première européenne), avec cet incroyable robot imprimeur, de la firme Xerox. La libraire des éditions PUF n’a désormais plus de stock ! Il faut entre trois et sept minutes pour que le dispositif fabrique un ouvrage, il suffit que le client choisisse parmi trois millions de titres disponibles… pour le même prix qu’un achat classique. Selon Xerox, l’Espresso peut imprimer 110 pages à la minute, et 840 livres par mois, mais il est recommandé de ne pas dépasser 10.000 unités par an (sûrement pour éviter que la machine ne vieillisse prématurément). La seule vraie contrainte est la taille du livre : à l’heure actuelle on ne peut dépasser 850 pages.

espresso

C’est une révolution centralisatrice sans précédent pour toute la chaîne de l’édition. Avec cette impression à la demande, cela signifie qu’il n’y a plus d’invendus et de mise au pilon, coûteuse pour l’éditeur. Au niveau écologique, le gaspillage est réduit au minimum. Il n’y a même plus besoin de distributeur, l’épineux problème des petites maisons d’édition. Les éditeurs vont pouvoir prendre plus de risques financiers et lancer davantage d’écrivains inconnus, comme à l’époque du pulp. Les ruptures de stock ne seront plus que de l’histoire ancienne, il sera toujours possible d’obtenir des livres introuvables, et même d’imprimer des auto-publiés qui disposent de peu de moyens.

C’est une extraordinaire bonne nouvelle pour les libraires qui subissent depuis une dizaine d’années la révolution numérique des liseuses et le règne d’Amazon. Ils ont l’opportunité d’être à l’avant-garde de la technologie, de réinventer leur métier. On peut imaginer une nouvelle façon d’acheter un bouquin. Lors d’une dédicace un client pourrait rester discuter avec un auteur, tandis que la machine imprimerait son roman. La librairie deviendrait un espace convivial humaniste, dans lequel les gens prendraient le temps d’échanger avec le libraire ou des clients, fureter dans les rayons, boire un verre, et pourquoi pas, se retrouver dans une nouvelle sociabilité qui tiendrait à la fois de la libraire et de la bibliothèque. C’est une nouvelle temporalité qui s’offre à nous.

Je termine par le plus extraordinaire. Je supposais que les livres imprimés de la sorte  étaient standardisés… ce qui n’est pas le cas, dixit Xerox : 11,4 x 14 centimètres, jusqu’à 21 x 26 centimètres. Visiblement, il suffirait juste de changer de réglage ! Est-ce que cela signifie que le libraire peut lancer une impression « Bragelonne » avec une couverture très colorée, puis ensuite sélectionner un format plus austère sans illustration de type Gallimard ? J’avoue que ça fait rêver…

Le seul vrai point noir pour moi, c’est bien sûr le prix de la machine. Il faut compter 68.000 euros, difficile de la rentabiliser, comme le souligne cet article. Même si l’Espresso Book Machine n’est réservée qu’aux grosses librairies, je pense que ce type de technologie ne peut que se démocratiser. À moins que des libraires ne s’associent pour amortir cet achat ?

Une vidéo en temps réel (merci Aldus) :

 Je suis peut-être naïf, mais cette innovation me donne le sourire 🙂

Et vous ?

Published in: on mars 13, 2016 at 6:40  Comments (18)  

Copains de plume

Aujourd’hui je vous propose un article un peu particulier, puisque je vais parler de certains copains de plume ! Comme je l’expliquais dans ce billet, avant d’être publié pendant un temps j’ai travaillé mon premier roman sur un forum d’écriture qui a changé ma vie, Cocyclics, « la mare » pour les intimes. Là-bas, j’ai noué des amitiés durables avec bon nombre de « grenouilles ». À l’époque, on se donnait des coups de fouet pour progresser « bêta-lisait » en rêvant de publication. Certains de ces auteurs sont devenus très connus, comme par exemple Paul Béorn (Bragelonne), ou Cindy Van Wilder, primée aux Imaginales.

Pénurie de rasoirs aux Imaginales 2015

Cindy, fraîchement primée aux Imaginales 2014, la gloire !

Depuis la sortie de mon tome 1, j’avoue que je lis moins qu’avant (ce qui est très mal ! Dans Écriture, Stephen King répète que lire fait partie du boulot de l’écrivain), mais j’ai la joie de constater que certains livres que j’avais bêta-lus ont été publiés récemment.

On commence avec Mathias Moucha, qui s’était fait connaître chez Bragelonne avec Seuls, un excellent thriller « lovecraftien » (sur lequel je n’ai pas travaillé). Cette semaine, il revient avec les gardiens de la république, le tome 1 d’une trilogie fantasy antique.

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La couverture qui tue

La République de Tyrène, gouvernée par le segonte et mage Syllion, multiplie les conquêtes depuis trois ans. Malgré ces succès, de graves tensions menacent la cité-État. Le Sénat est le théâtre d’une lutte sans merci entre les partisans du segonte et ceux de la paix.
Elryn, frère cadet de Syllion et officier des Troupes grenat, découvre qu’une conspiration se trame contre le Sénat et que son frère en est l’instigateur. Il n’a pas d’autre choix que de se lancer dans une guerre fratricide pour tenter de sauver la République.
Le Sénat parviendra-t-il à démêler les nombreux nœuds du complot ? Tyrène saura-t-elle affronter les rébellions qui grondent ? Et qui est cette aventurière au regard noisette, qui aide Elryn sans même le connaître ?

Si vous aimez les complots politiques avec des sénateurs pourris jusque à la moelle, de grandes batailles antiques, et une ambiance sombre, ce livre est pour vous. À l’époque, j’étais une peau de vache, je n’avais pas ménagé Mathias, notamment au niveau de son personnage principal, que je trouvais un peu trop tendre.

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C’est un vrai plaisir que de relire cette nouvelle version, beaucoup plus aboutie. J’ai retrouvé l’atmosphère pessimiste qui m’avait tant plu sur Seuls, mais dans un tout autre registre. Cerise sur le gâteau, le tome 2 (que j’ai lu en avant-première) sera encore meilleur.

On continue avec l’inclassable Esther Brassac. Inclassable car elle écrit dans un style très littéraire une fantasy ambitieuse, avec des univers extrêmement fouillés. J’avais chroniqué sur ce blog la nuit des Coeurs froids, cette fois Esther offre aux Editions du Chat Noir (une maison d’édition que j’adore) un nouveau roman uchronique qui se déroule à l’époque du Second Empire intitulé Par la grâce des Sans-Noms.

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Oksibure, mon chouchou, est en haut à gauche

Mars 1890.
Voilà près de vingt ans que la guerre franco-prussienne est terminée. Le canon hypersyntrophonique utilisé par Napoléon III a assuré une victoire retentissante au goût pourtant amer. Les retombées de l’arme monstrueuse ont causé des millions de morts à la surface de la Terre, détruisant également la faune par une lèpre incurable tandis que la végétation mourait peu à peu. Grâce à l’intelligence des scientifiques autant qu’au pouvoir des enchanteurs, un dôme de trois mille six cents kilomètres carrés a été construit, permettant de sauvegarder une zone du sud-ouest de la France, le Royaume garonnais.
Alors que tout espoir de voir la vie renaître au-delà de la frontière artificielle est perdu, des crimes en série abjects sont perpétrés dans la cité tolossayne. Le préfet charge un fin limier, Oksibure, spectre coincé entre le monde des vivants et celui des morts, de résoudre cette terrible affaire.
Au même moment, Aldebrand loue une maison dans le centre de la cité pour y résider quelques mois avec ses amis : Cropityore, un incube de dix-huit mille ans et Katherine de Clair-Morange, humaine récemment transformée en vampire en raison d’une vieille malédiction. Tous trois désirent créer un album gothique pour le compte d’une prestigieuse maison d’édition. Bien qu’il soit à la recherche de sa jumelle disparue dans d’étranges circonstances, Aldebrand va devoir aider Katherine à assumer les pénibles répercussions de sa métamorphose. Tout au moins, croit-il que ce sont là des problèmes bien suffisants à assumer. Il est loin d’imaginer que la demeure louée va bientôt concrétiser des cauchemars plus terribles encore.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les personnages sont hauts en couleur ! J’ai eu un coup de cœur pour Oksi, un détective charismatique et torturé qui m’a fait penser à l’Homme invisible d’H. G. Wells.

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Oksibure, un être au passé tourmenté qui comporte bien des zones d’ombre…

L’univers, d’une extrême richesse, n’est pas en reste, avec de multiples clins d’oeil à l’Histoire. Comme dans la nuit des Coeurs froids, l’intrigue donne parfois l’impression de partir dans tous les sens, mais c’est ce qui fait aussi le charme de ce livre baroque et ésotérique. Esther a pris de l’expérience depuis la nuit, et je trouve son nouveau roman beaucoup plus maîtrisé que le précédent.

Quand j’avais quinze ans, avant l’arrivée du Net, à mon humble niveau je rêvais d’entretenir des correspondances amicales avec d’autres auteurs de ma génération, sans imaginer que ce rêve deviendrait réalité vingt ans plus tard. En temps normal, écrire est un travail solitaire, et c’est donc un privilège que de faire partie de cette belle aventure humaine. Une aventure qui, je l’espère, n’est pas prête de se terminer !

Published in: on février 19, 2016 at 10:03  Comments (10)  

 Pourquoi il ne faut jamais écrire de trilogie

Pour moi, il y a trois fautes qu’un jeune auteur ne devrait jamais commettre :

– écrire pour devenir riche et célèbre
– envoyer un premier jet à des éditeurs
– commencer par une trilogie

Que les choses soient claires, si vous n’avez jamais été publié, écrire une trilogie est aussi facile qu’apprendre l’alpinisme sur la face nord de l’Everest. Un one shot (autrement dit, un bouquin qui se suffit à lui-même) c’est déjà assez compliqué comme ça, mais commencer par une trilogie… Pourquoi diable une trilogie ?

Même Gandalf est de mon avis

Même Gandalf est de mon avis

Je sais qu’en vous mettant en garde, j’ai l’air d’une vieille marâtre aigrie qui tente de briser votre rêve, mais croyez-moi, je sais de quoi je parle. Quoi ? Oui, j’ai écrit une… une… trilogie, mais on s’écarte du…. euh, oui, elle a été publiée, et alors ?… Bon, je vous vois venir. Vous voulez quand même l’écrire, votre saga, et rien ne vous fera changer d’avis, hein ? (soupir). Ok. Mais vous devez savoir dans quoi vous vous embarquez, et comment vous préparer à ce terrible combat. Montons sur le ring.

Avant de s’atteler à cette lourde tâche, il faut se poser pas mal de questions. Les premières sont naturellement « pourquoi écrire une trilogie » et surtout « pourquoi les trilogies fascinent tant de lecteurs et d’auteurs (dont votre serviteur) ? »

En fait, il y a une explication historique, enfin, je crois. Artistiquement parlant, écrire une histoire en trois volets est ancré dans notre culture occidentale : déjà à l’époque d’Eschyle, il existait des tragédies grecques prestigieuses en trois actes comme par exemple L’Orestie. Inconsciemment, on associe ce découpage à de l’élégance dialectique (thèse, antithèse, synthèse). La littérature comporte bon nombre d’exemples tels que les Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, ou encore la Trilogie cosmique de C.S. Lewis, mais bien évidemment l’oeuvre qui a marqué la littérature mondiale, c’est le Seigneur des Anneaux. Ironie du sort, J.R.R. Tolkien n’avait pas prévu de diviser son épopée, c’était une décision de l’éditeur motivée par le prix du papier ! Toujours est-il que cette histoire épique a profondément influencé des générations de lecteurs et d’écrivains, peut-être parce que le Seigneur des Anneaux représente un idéal de la littérature de l’imaginaire : honnêtement, qui n’a pas poussé un soupir en tournant la dernière page de cette oeuvre phare du XXe siècle ? On a passé tellement de temps avec ces personnages qu’on a l’impression de les connaître depuis toujours. À la fin de l’histoire, je me souviens que je n’avais aucune envie de quitter Frodon et Sam, au point de lire les appendices, et je crois que cette expérience de lecture hors-normes a marqué les esprits. Ce qui rend ces longues sagas si attrayantes, c’est le fait qu’on a le temps de nouer une complicité avec des héros qui deviennent des amis.

Depuis les années 50, les trilogies ont envahi la littérature de l’imaginaire avec les Guerriers du Silence, la Trilogie de Mars, la Trilogie de l’elfe noir, la croisade noire du Jedi fouÀ la Croisée des Mondes, Hunger Gamesla Trilogie du Vide mais aussi le cinéma avec les Bronzés Star Wars.

Mais si vous reconnaissez qu’il existe un grand nombre de trilogies, c’est que ce n’est pas si compliqué à écrire, non ?

En fait, ce qu’il faut savoir, c’est qu’un changement majeur dans votre tome 1 (personnage, intrigue, univers…) a des répercussions sur les suites. En gros, vous travaillez sur trois chantiers en même temps, et c’est en partie pour cette raison qu’en matière d’écriture je suis plutôt « architecte », j’utilise un plan, contrairement à certains amis « jardiniers » que j’admire et qui écrivent à l’instinct. D’ailleurs, vous devez absolument savoir si vous êtes architecte ou jardinier, mais ceci est une autre histoire. Le problème avec ces trois chantiers, c’est qu’en tant que jeune écrivain, vous allez en permanence vous améliorer : quand vous aurez terminé votre tome 3, vous ne pourrez plus voir en peinture votre tome 1. Vous ferez donc des corrections sur votre premier roman… et lorsque vous aurez fini, votre tome 2 vous paraitra terriblement maladroit. Vous le corrigerez, et ainsi de suite… Écrire c’est se transformer en Sisyphe, même quand vous avez eu la chance d’être publié : je peux vous assurer que si je devais reprendre mon premier bouquin aujourd’hui, presque un an après sa publication, il serait différent*

Plus tard, quand vous aurez terminé, relu et longuement corrigé votre tome 1, vous allez être confronté à un dilemme : faut-il avoir tout écrit avant de soumettre votre bébé à des maisons d’édition ? Pas simple de répondre à cette question… Dans un monde idéal, je dirais que oui : en accouchant de vos tomes 2 et 3, vous vous évitez une future pression éditoriale quand votre premier opus sera publié et qu’on vous demandera quelques mois plus tard si la suite est prête, ce qui n’est pas négligeable. Des grands auteurs comme Stephen King ou George R.R. Martin ont subi ce stress, et il y a de bonnes chances que ce soit le cas pour vous.

Écrire tout d’une traite vous permet également d’échapper à des incohérences majeures, étant donné que votre éditeur aura une vue privilégiée sur l’intégralité de votre oeuvre. Il aura assez de recul pour vous faire remarquer que Jean-Paul le Hobbit, le gentil fermier qui sauve Gore le barbare à la fin de votre tome 3, a passé l’arme à gauche au milieu du tome 1. Il suffit alors de ressusciter Jean-Paul pendant les corrections éditoriales. Naturellement, cette modification est impossible à effectuer lorsque le tome 1 est déjà publié : Jean-Paul est mort pour de bon. En écrivant votre tome 3, vous réalisez avec douleur combien ce bon vieux JP était essentiel à l’intrigue, mais vous êtes obligé de trouver une autre solution, avec plus ou moins de finesse, si vous voulez sauver Gore le barbare**. De manière plus positive, écrire tout d’une traite vous permet aussi de mettre plus de liant dans l’histoire : c’est toujours extrêmement gratifiant pour le lecteur de découvrir à la fin d’un cycle que, dès les premières pages, l’auteur savait où il allait. Et pour l’écrivain, il n’y a rien de plus jouissif que de s’amuser à dissimuler des détails a priori anodins qui prennent une importance capitale dans le tome 3.

Bien sûr, le drame dans tout ça, c’est que vous avez autant de bonnes raisons de ne pas écrire toute votre oeuvre d’un coup et pour cause : lorsque vous soumettez votre tome 1, au bout de quelques mois vous vous demandez si vous n’avez pas passé des années à écrire une trilogie pour rien (même s’il reste l’option de l’auto-édition). Si votre tome 1 est publié mais que les lecteurs ne sont pas au rendez-vous, il se peut que votre éditeur vous annonce avec regret la fin de l’aventure. Ça ne fait pas de lui un monstre : depuis la crise de 2008, de nombreuses maisons d’édition ont disparu et votre éditeur joue sa vie à chaque sortie, hélas. À vrai dire, les séries inachevées sont monnaie courante : il faut savoir que les lecteurs d’aujourd’hui sont moins fidèles que par le passé, ce qui est compréhensible. À quoi bon lire la suite si on n’accroche pas au tome 1, alors qu’il y a toujours plus de livres à découvrir ? Lors d’un salon, un ami éditeur m’expliquait qu’il n’était pas contre une trilogie dans le même univers, mais à condition que les romans soient indépendants, avec des personnages différents.

Au fait, je ne sais pas vous, mais moi j'ai bien aimé le dernier Tarantino

Impossible de me rappeler pourquoi j’ai inséré ce GIF du dernier Tarantino…

En ce qui me concerne, au moment de soumettre mon premier bouquin j’avais déjà écrit le tome 2, et le tome 3 dans les grandes lignes (ce qui explique pourquoi j’ai été contraint de reprendre en profondeur le dernier volet, étant donné que les tomes 1 et 2 avaient muri lors des corrections éditoriales). Avec le recul, je pense que c’était le bon choix, mais chaque auteur a sa propre façon de travailer : certains estiment qu’il est insensé d’investir autant de temps et d’énergie sur des tomes 2 et 3 pour une publication incertaine. Personne n’a raison ou tort, vous seul pouvez trancher.

Bon, maintenant que vous savez dans quoi vous vous embarquez, je vais vous dire pourquoi écrire une trilogie est la plus belle chose qui soit. Ne me regardez pas avec cette mine étonnée. Oui, vous avez gagné, je l’avoue, écrire une trilogie, c’est grisant, merveilleux, gratifiant et délicieusement terrifiant. Ca vaut vraiment le coup… mais quand l’histoire s’y prête. Ce constat vaut pour tous les médias, y compris le cinéma. Il n’y a rien de pire qu’une saga comme la Vérité si je mens, non pas parce que j’ai horreur des comédies françaises. Ce que je veux dire, c’est que ces suites sont faites pour de mauvaises raisons (au hasard, l’argent…) alors qu’une trilogie devrait au contraire être pensée comme telle, dès l’écriture des premières lignes. Un peu comme à la télévision avec Six feet under, The Wire, les Soprano ou Breaking Bad… des séries différentes, mais qui bénéficient d’une vraie fin satisfaisante, contrairement au Lost de Jean-Jacque Abrams (oui, pour moi il s’appelle Jean-Jacque).

Un exemple tout simple : le premier Rambo, un chef d’oeuvre du cinéma américain. Ne ricanez pas, je suis très sérieux. Ce film raconte l’histoire d’un vétéran du Vietnam qui rentre traumatisé au pays, dans la misère la plus totale. Alors qu’il s’attendait à être accueilli en héros, le voilà désormais SDF, en pleine errance. Humilié et torturé par la police d’un shérif sadique, cette victime redevient une machine à tuer. À l’origine, le film devait se terminer par la mort du personnage de Sylvester Stallone (la scène avait même été tournée), mais au final, dans les années 80 on a eu droit à deux suites consternantes… alors que le premier opus se suffisait à lui-même. On pourrait dresser le même bilan avec d’autres sagas comme Robocop.

On ne le dira jamais assez, une trilogie n’a rien à voir avec une démarche commerciale, les suites ne peuvent être du réchauffé. Une trilogie doit être légitime, c’est-à-dire que le dernier volet doit susciter une intense réflexion chez le lecteur/spectateur, et bien évidemment de l’émotion. Mieux : dans la mesure du possible, l’ultime chapitre est pensé dès le début de l’écriture. Voici selon moi les meilleures trilogies de tous les temps, tous médias confondus. Des histoires qui ont marqué l’inconscient collectif. (Je ne reviens pas sur le Seigneur des Anneaux, j’ai dit tout le bien que je pensais du chef d’oeuvre de Tolkien dans cet article. Même constat pour Hunger Games).

Le Parrain

Le Parrain est pour moi l’exemple même de la trilogie réussie. Un premier chapitre novateur, un deuxième volet original (Francis Ford Coppola eut la merveilleuse idée d’adopter une structure risquée en flashbacks, et de faire appel à Robert De Niro pour incarner Vito Corleone jeune, le père d’Al Pacino), et un dernier acte au goût amer, avec cette magnifique question philosophique : qu’est-ce que le pouvoir ? Le dénominateur commun de ces trois films, c’est la famille, celle des Corleone, mais aussi celle de Coppola qui apparait régulièrement à l’écran dans une vertigineuse et émouvante mise en abyme : le bébé baptisé du premier volet n’est autre que Sofia Coppola, qu’on retrouve des années plus tard dans le dernier chapitre. La boucle est bouclée dans cette trilogie que vous ne pouvez pas refuser…

Ça (EDIT : trois tomes… mais seulement dans l’édition française J’ai lu)

Pour moi, Ça est peut-être ce que Stephen King a écrit de mieux avec le Fléau (une autre belle trilogie) et la Tour Sombre. Imaginez un clown tueur de gosses qui sévit aux Etats-Unis, des protagonistes qui sont encore enfants, et deux lignes temporelles (1954/1984) qui ne forment qu’une seule et même histoire… Ce cocktail donne une trilogie haletante qui se lit d’une traite. Le King approche de l’excellence car je serais bien en peine de vous dire quel tome j’ai préféré, signe que l’ensemble est homogène. C’est une vraie trilogie dans le sens noble du terme, avec une fin qui procure des frissons, mais surtout beaucoup de nostalgie et de tendresse façon Stand by me : 25 ans après l’avoir lue, je me souviens encore des sept jeunes héros du Club des Ratés.

La Guerre des Étoiles (la vraie trilogie)

Même si le Retour du Jedi ne bénéficie pas d’un scénario extraordinaire, les épisodes IV, V et VI forment un cycle relativement cohérent, grâce notamment à un deuxième acte dramatique à souhait (la capture de Han Solo, la fameuse révélation de Darth Vader). Détail incroyable, durant le tournage de l’épisode IV, Lucas n’était pas sûr que Vador soit le père de Luke.

Le cinéaste a failli écrire la trilogie parfaite, on ne peut d’ailleurs que regretter le départ du producteur Gary Kurtz après l’Empire Contre-Attaque, pour cause de divergence artistique avec Lucas sur ce qui s’appelait encore la Revanche du Jedi. Dans ce long dossier de Star Wars Universe, Gary Kurtz livre un témoignage passionnant  teinté d’amertume :

L’idée originale était que Han Solo soit récupéré au début de l’histoire et qu’il meure ensuite au milieu de l’histoire, durant un raid sur une base impériale.

Le fil de l’histoire qui a été totalement jeté par la fenêtre, et qui était vraiment important à mes yeux, était celui de Vador tentant de convaincre Luke de le rejoindre pour renverser l’Empereur. Car ensemble, ils avaient assez de pouvoir pour le faire. Il ne devait pas dire qu’il voulait dominer le monde et être le chef maléfique. C’était une transition. Vador devait se dire : « J’observe à nouveau ce que j’ai accompli, le chemin qu’a pris ma vie et la personne que je sers », et dans la tradition samouraï, « si je peux unir mes forces avec mon fils, qui est aussi fort que moi, peut-être pourrai-je réparer certains de mes torts. »  Tout cela devait être développé dans Le Retour du Jedi. L’histoire était donc plus poignante, et la fin était le couronnement de Leia qui devenait la reine de ce qui restait de son peuple, assumant le symbole royal. Cela signifiait qu’elle était désormais isolée des autres, et Luke s’en allait seul. C’était essentiellement une fin douce-amère. Elle n’était pas sa soeur qui se révélait juste pour tout conclure parfaitement. Sa soeur était à l’autre bout de la galaxie et elle ne devait pas débarquer avant l’épisode suivant. Ca aurait été assez triste, mais également poignant et optimiste car ils auraient gagné une bataille. Mais l’idée d’un autre assaut sur une autre Etoile de la Mort n’était pas présente du tout… Ca a finalement été du réchauffé de La Guerre des Etoiles, avec de meilleurs effets spéciaux. Et il n’y avait pas d’Ewoks… C’était entièrement différent. L’histoire était également plus adulte et plus simple.

Une soeur cachée de Luke devait donc apparaître dans les films ultérieurs à la trilogie. D’autres notes de Lucas pour L’Empire Contre-Attaque précisaient qu’elle suivait une formation de Jedi en même temps que Luke, dans une autre partie de la galaxie. Mis à part cet élément, Kurtz prétend que l’intrigue des suites « était très vague. C’était le périple de Luke pour devenir un Chevalier Jedi de premier plan dans le moule d’Obi-Wan Kenobi, et son ultime confrontation avec l’Empereur. C’étaient les grandes lignes et il n’y avait rien d’autre ».

Il semble donc que Lucas, peu satisfait du ton pessimiste de l’Empire Contre-Attaque, ait décidé de tout miser sur une happy end. Si pour le gosse des années 80 qui demeure en moi, le Retour du Jedi soutient la comparaison avec les épisodes IV et V (nostalgie oblige) l’adulte que je suis ne peut s’empêcher d’imaginer ce que la vision de Gary Kurtz aurait donné. On aurait évité une incohérence majeure entre la Revanche des Sith et le Retour du Jedi, quand cette mythomane de Léïa dit à Luke qu’elle se souvient du visage de sa mère (pfff, j’te jure), et on aurait peut-être eu un chef d’oeuvre du calibre de l’Empire Contre-Attaque

Evil Dead

« Chez Prix Bas les prix sont bas ! »

L’une des trilogies les plus drôles de l’histoire du cinéma. Un film d’horreur, une suite burlesque, et un épilogue qui se déroule au temps des chevaliers de la Table Ronde (et du Nécronomicon !), le tout porté par le talent inouï de Bruce Campbell, alias « Ash », l’homme à la tronçonneuse, exterminateur de morts-vivants… Une satire au vitriol de l’american way of life par Sam Raimi.***

Retour vers le Futur

Que peut-on dire de plus sur cette trilogie loufoque mille fois saluée par la critique ? Faut-il rappeler que c’est l’une des plus intelligentes sagas temporelle jamais réalisées ? Les détails sont soignés, et l’ironie toujours présente : Mac Fly retourne dans les années 50, rencontre sa mère… qui tombe amoureuse de lui. De l’humour, de l’émotion, une véritable pépite des années 80.

Les Fourmis

Les Fourmis, c’est pour moi l’oeuvre phare de Bernard Werber (avec les Thanatonautes). Je suis fan de ses premiers livres (et uniquement des premiers). Cet auteur a subi des attaques féroces, parfois justifiées (je pense notamment au très décevant Papillon des Étoiles), mais quoi qu’il en soit, cette trilogie reste un monument de la littérature de l’imaginaire. Fable philosophique, roman scientifique, enquête policière, les Fourmis, c’est un peu tout ça à la fois. Et l’auteur accomplit l’exploit de mettre du liant avec des personnages qui n’ont, a priori, rien à voir.

Dead or Alive (DOA)

La plus longue ligne de coke de l’Histoire du Cinéma (Dead or Alive I)

La trilogie extrême du cinéaste surdoué japonais Takashi Miike, interdite aux moins de 77 ans. Le seul rapport entre les trois volets, ce sont les deux acteurs principaux ! Le premier DOA est un film de yakuzas ultra-violent qui se termine par un duel au bazooka (!!). Le deuxième chapitre, contemplatif et mélancolique (!!!), se déroule dans une province japonaise au charme désuet, tandis que le troisième long-métrage est orienté SF cyberpunk… Seul un réalisateur de la trempe de Takashi Miike pouvait faire preuve d’un tel culot, pour un résultat what the fuck absolument jouissif. Le cinéaste fait voler en éclats tous les principes que j’ai énumérés dans mon article, mais s’affranchir de toutes les règles, n’est-ce pas là la marque du génie ? 🙂

Merci de nous parler de cinéma japonais, mais où voulez-vous en venir exactement ?

Pardon, je m’égare. En bref, si vous êtes un jeune auteur comme moi, je vous déconseille fortement de commencer par une trilogie, mais si c’est votre rêve, et que votre projet nécessite impérativement ce format très particulier, alors il faut vous lancer et éviter de douter par la suite. « Fais-le ou ne le fais-pas, il n’y a pas d’essai » expliquait ce bon vieux Yoda. Écrire une trilogie, c’est un peu comme être dans la peau d’un boxeur qui prépare les championnats du monde.

Vous êtes un écrivain, ce qui revient à dire que vous êtes votre pire ennemi, donc n’oubliez pas de prendre soin de vous. Et puis, tant qu’à faire, arrêtez de lire cet article un peu déprimant. Je vous ai parlé de combat quotidien à travers des métaphores sportives comme la boxe ou l’alpinisme, d’accord, mais il ne faut jamais perdre de vue qu’écrire doit rester, autant que faire se peut, un plaisir avant tout.

Alors courage pour votre future trilogie et, surtout, amusez-vous bien !

* Ce constat est le même pour tous les auteurs. En 2003, Stephen King a repris le Pistolero qu’il avait écrit à la fin des années 70.

** Sans que ce ne soit non plus dramatique, j’ai été confronté à ce cas de figure en terminant les corrections éditoriales de mon tome 2. J’ai eu envie de mieux introduire une caractéristique propre à un personnage, mais bien sûr le tome 1 était déjà publié. Tant pis, c’est la vie.

*** J’ai longtemps hésité à mettre la trilogie Spider-Man du même réalisateur dans mon classement (j’avais beaucoup aimé les deux premiers), mais de l’avis même de Sam Raimi,  Spider-Man 3 « ne fonctionne pas très bien ».

Published in: on janvier 22, 2016 at 6:42  Comments (25)  
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Hygiène de l’écrivain

Je pastiche le titre d’un livre d’Amélie Nothomb pour aborder un sujet peu évoqué par les auteurs : l’hygiène de vie ! Dit comme ça, cela peut sembler bizarre. Après tout, un écrivain n’est pas un sportif.

En fait, l’écriture, comme n’importe quelle autre activité, peut devenir une addiction avec ce que cela comporte de danger. Un danger vraiment insidieux.

Péché originel

Il y a quelques années, comme bon nombre d’amis romanciers, j’avais un boulot alimentaire et j’éprouvais le plus grand mal à concilier écriture et travail. Quand je pouvais écrire une heure par jour, j’étais heureux ! C’était d’autant plus frustrant que je sentais que ce premier roman avait le potentiel pour être publié. Le gros problème, c’est que j’avançais à la vitesse d’un escargot asthmatique.

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Tous les auteurs le savent, il est difficile d’écrire quotidiennement. Parfois, j’étais coupé dans mon élan par la vraie vie, et il m’arrivait de passer des jours, des semaines, voir des mois sans écrire. Combien d’années allait-il encore me falloir à ce rythme ? Je ne m’en suis jamais caché, j’ai toujours été lucide sur le fait que j’étais un « Didier Deschamps de l’écriture ». Pour les plus jeunes d’entre vous, Deschamps était un footballeur pas très impressionnant physiquement. Il ne possédait pas la technique de Zinédine Zidane, il n’était pas vraiment cool (pour être franc, il était aussi charismatique qu’une huitre), mais il était endurant.

DIDIER DESCHAMPSFRANCE 13/06/1996 CG99G22C

Moi en train d’écrire

En dehors de mon imagination fertile, je ne suis pas spécialement doué et je ne dispose pas d’une plume extraordinaire, mais j’ai toujours compensé en essayant de travailler énormément, c’est là d’où vient ce que j’appelle « mon péché originel ». À l’époque, j’avais l’impression que la plupart de mes amis auteurs possédaient naturellement un meilleur style que le mien, et que je devais travailler deux fois plus que les autres si je voulais un jour, à mon tour, être publié. C’était un complexe profondément enraciné dont je n’avais pas conscience. Un péché originel, qui allait avoir des conséquences.

Après mûre réflexion avec Anne-Lorraine, qui m’encourageait depuis longues années à aller au bout de mon rêve, je décidais d’accomplir le grand saut. En juin 2011, je quittais donc l’Éducation Nationale non sans une certaine appréhension euphorie, et pour cause : j’allais enfin travailler tous les jours à la maison sur les Pirates de L’Escroc-Griffe, sans interruption, et donc progresser dans mon écriture… le rêve ! C’est là où les choses se sont sérieusement compliquées, sans même que je m’en rende compte. Inconsciemment, je culpabilisais de ne pas avoir un « vrai » métier. Avec cet objectif de publication, j’avais des choses à prouver à ma famille, à mes amis, aux proches qui (légitimement) s’inquiétaient pour ma santé mentale mon avenir… Si je devais concrétiser mon rêve, je devais redoubler d’efforts.

Au fil des semaines, puis des mois, je passais de plus en plus d’heures à écrire. Ça devenait aussi naturel que de respirer. Comme je le disais dans cet article, n’importe quel auteur sait que l’inspiration relève en grande partie du mythe : au bout de quelques semaines d’écriture non stop, les idées viennent facilement.

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En réalité ce sont surtout les corrections et autres réécritures qui constituent le cœur du problème. À l’époque, il m’arrivait de me mettre au boulot dès le réveil, ou même au milieu de la nuit, à 4h00 du matin, après un songe particulièrement inspirant. L’écriture a vite fait de devenir une obsession quand l’auteur a des failles, ce qui était mon cas. J’écrivais comme si ma vie en dépendait, mais je ne m’en rendais pas compte. Lentement mais sûrement, écrire devenait une souffrance.

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L’étrange marathon

Juste avant de soumettre mon roman aux maisons d’édition, il m’arrivait de passer huit heures par jour derrière l’écran de mon ordinateur, parfois plus. Je commençais à travailler le matin, je continuais l’après-midi et une  bonne partie du soir, ce qui limitait mes activités sportives. Ne pas me dépenser physiquement était catastrophique, car cela entraînait des insomnies, aggravées par le fait que mon cerveau surexcité était programmé pour être en permanence sollicité. Je savais pertinemment que je ne pouvais pas tenir ce rythme sur le long terme, mais que voulez-vous, j’étais accroc à cet étrange marathon, ce qui m’a valu de me retrouver dans le rouge à plusieurs reprises, complètement carbonisé…

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La première fois, c’était durant un été. J’étais au restaurant japonais avec ma femme, occupée à regarder la carte. À un moment donné elle lève les yeux et me demande si j’ai choisi, je lui dis que je ne sais pas. Je n’avais envie de rien. Inquiète, elle me demande si ça va, mais là encore, j’étais incapable de lui répondre. Je ne me sentais ni bien ni mal, j’étais comme neurasthénique. Je n’éprouvais plus d’émotions. Je me souviens de m’être couché à 19h00, et d’avoir dormi jusqu’au lendemain. Au réveil, j’étais dans le même état psychologique. L’après-midi, bien sûr, je n’ai pas écrit. J’ai encore pioncé comme un loir de 19h00 à midi et, heureusement, mon état s’est par la suite amélioré. Sans Anne-Lorraine pour tirer la sonnette d’alarme, je pense que ça aurait pu déboucher sur quelque chose de plus grave.

L’autre danger qui menace l’écrivain, c’est l’attente des soumissions éditoriales, j’en ai largement discuté avec vous dans cet article. Écrire à plein temps rend cette phase beaucoup plus difficile, surtout quand on n’a jamais été publié. Quand je guettais à 4h00 du matin les mails d’éditeurs, je me demandais parfois si je n’avais pas gâché plusieurs années de ma vie pour une trilogie qui ne verrait jamais le jour. J’avais bien conscience que je devais penser à autre chose, mais comment pouvais-je travailler sur les tomes 2 et 3 sans connaître le sort réservé au tome 1 ? Et quand j’arrivais enfin à bosser sur mes suites, je ne pouvais m’empêcher de songer au premier volet… Je n’arrivais pas à maîtriser ces pensées insomniaques.

L’écrivain de Schrödinger

Je n’étais pas en paix, même après la rencontre avec mon éditeur aux Imaginales, et son « oui » enthousiaste dans un mail de septembre 2013 : au moment de le recevoir, je ne lisais que les premières lignes du message, car j’avais  compris à tort qu’il s’agissait d’un refus. Je disais même à Anne-Lorraine « c’est mort pour Bragelonne ». Je ruminais dans mon coin, jusqu’au moment où elle lut à son tour le mail en grommelant « tu es con ou quoi ? Il veulent te publier dans une nouvelle collection ! ». Pourtant, plus les mois passaient, moins j’y croyais. Je n’avais pas confiance en moi. J’étais un chat de Schrödinger qui n’avait rien signé, à la fois publié et non publié, pas préparé à gérer l’incertitude. Entre le « oui » de Bragelonne par mail et la signature effective du contrat, il s’est passé pratiquement un an, une éternité pendant laquelle j’imaginais tous les scénarios possibles comme par exemple « ils ont changé d’avis mais ne savent pas comment me le dire », « ils attendent de voir si le tome 2 est à la hauteur » ou bien encore « ils veulent d’abord être sûrs que les corrections éditoriales se passent bien ». En parler en boucle était complètement irrationnel de ma part, et pénible pour mes proches, mais je n’arrivais pas à me contrôler. Ma souffrance devenait carrément physique. L’hiver, j’étais frileux et mon poids variait constamment, car même si j’essayais de faire attention à ma santé en marchant quotidiennement, mes efforts étaient insuffisants. Écœuré par la viande, je compensais en mangeant toujours plus de fromage, j’étais victime de violents maux de tête, mon cholestérol et ma tension artérielle n’étaient pas au top… Mon corps, ce traître que je croyais connaître, devenait un étranger et refusait de m’obéir. Quel sens devais-je donner à ma vie ? Je traversais une crise existentielle profonde. Durant mes nuits blanches, je me passionnais pour la mécanique quantique et la théorie des cordes car la science et ses implications métaphysiques me permettaient de comprendre l’univers, mais il manquait une pièce dans le puzzle de ma vie, depuis longtemps, peut-être même depuis toujours.

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J’avais soif de spiritualité, je l’avais déjà senti en visitant des temples bouddhistes au Japon. Paradoxalement, c’est à partir du moment où j’ai envisagé la possibilité de ne jamais être publié que mon état s’est amélioré. Lentement, je réalisais que ce que je croyais être une déprime était en réalité une dépression. Un beau jour, je tombais par hasard sur deux livres de Matthieu Ricard, le traducteur français du Dalaï-Lama, qui avait été chercheur en biologie avant de devenir moine. J’étais intrigué par le fait que de grands physiciens comme Albert Einstein, ainsi que des spécialistes de la mécanique quantique ou de la théorie des cordes, s’intéressaient au bouddhisme, une sagesse qui n’est ni de la philosophie, ni de la religion, mais une science contemplative. Moi qui vivait constamment dans le futur, je découvrais avec fascination des moines qui , eux, appréciaient l’instant présent. Par la méditation, ils tentaient de parvenir à une totale maîtrise de leurs corps avec ce graal : l’extinction des souffrances.

À cette époque, je voyageais régulièrement entre l’Alsace, la Lorraine et la Provence Alpes Côte d’Azur, et j’eu l’opportunité de fréquenter des centres bouddhistes de différentes traditions, de rencontrer d’authentiques moines tibétains réfugiés en France après les massacres de l’armée chinoise durant les années 50. Des exilés qui avaient infiniment plus de raisons que moi de se lamenter et qui pourtant demeuraient sereins, sans  stress post-traumatique, malgré les atrocités perpétrées par Pékin et la destruction de dizaines de milliers de temples.

Au contact de cette culture, je comprenais que mes humbles souffrances, physiques et mentales me permettaient de remettre ma vie à plat, de saisir combien je vivais dans la vacuité. Je réalisais que tant que je n’avais pas évolué sur ce plan là, être publié ne ferait que déplacer mes problèmes… parce que la vie elle-même est source d’insatisfaction.

À partir de l’été 2014, je commençais à méditer tous les jours, à davantage écouter mon corps, à essayer d’être plus détendu. Auparavant, quand j’écrivais trop, je soignais mes migraines à coups de nurofen, et je découvrais avec stupeur qu’en faisant le vide, la douleur s’en allait. Au fil des mois, moins j’éprouvais de stress, plus mes défenses immunitaires se renforçaient, je devenais moins frileux. Je changeais complètement mon échelle de priorité. Je passais de « je veux être publié » à « je veux être heureux ». Lorsque le contrat de Bragelonne est arrivé dans ma boite aux lettres, je n’étais plus tout à fait le même homme. J’avais compris qu’avant de vouloir devenir un écrivain, je devais avant tout accepter d’être humain. Accepter de lâcher prise. Accepter de m’aimer enfin.

Bien sûr, cela ne veut pas dire que j’ai vaincu toutes mes névroses : lorsque le tome 1 a été publié en mars, avec l’effervescence de la sortie il m’a été difficile de continuer à méditer quotidiennement. Je surveillais continuellement le classement Amazon, les critiques de la blogosphère, je dormais mal… Je commençais à oublier les leçons du passé. Là encore, il a fallu franchir un pallier. Au mois de septembre 2015, j’étais encore dans les corrections éditoriales du tome 3 lorsque je me suis mis à fréquenter tous les lundi un petit centre bouddhiste tibétain à Metz. Quelle ne fut pas ma surprise quand je réalisais que ce temple avait été fondé par le Vénérable Guéshé Losang Thupten, alias « Guéshé La », un vieux lama qui avait eu comme maître le Dalaï-Lama en personne, et deux de ses précepteurs ! J’habitais près de ce centre sans même le savoir. Auparavant j’avais eu l’opportunité de rencontrer des sages de premier plan comme Ringo Tulkou Rinpoché et Khandro Rinpoché, mais pour la première fois je sentais que le courant passait avec ce maître, quelque chose de particulier, une sorte de complicité. J’étais impressionné par la chaleur et la simplicité de ce vieil homme souriant, mais dans le même temps, j’avais le sentiment étrange qu’il m’attendait, que nous nous connaissions depuis très longtemps. Un soir, en écoutant un de ses enseignements, je ne pus m’empêcher de penser combien j’étais imparfait, j’avais l’impression d’avoir commis tout au long de ma vie toutes les erreurs possibles et imaginables. D’une manière ou d’une autre, Guéshé La sentit mon trouble car il se mit à me sourire et me dit, en me regardant droit dans les yeux, « il faut apprendre à se pardonner ».

Doucement, j’ai fini par accepter la leçon du vieux maître et j’ai commencé à vraiment lâcher prise, accepter le fait que je n’étais pas un surhomme, que mon tome 3 ne sortirait pas en février, et surtout que ce n’était pas bien grave, n’est-ce pas George ?

Aujourd’hui, après le bon accueil réservé à mon premier roman, l’écriture n’est plus une souffrance ou un marathon, mais un vrai métier qui me permet de voyager avec mes lecteurs dans d’autres univers. Je ne me mets plus la pression pour les livres à venir. Le matin, je consacre deux heures à troller Star Wars VII la méditation et la marche, deux activités qui ont fait baisser ma tension artérielle et mon poids. Le midi, j’ai même réussi à me calmer sur le fromage et grâce à un vrai régime végétarien sérieux, je n’ai plus de cholestérol. L’après-midi, j’écris, mais le soir, je déconnecte mon cerveau. Et plus important encore, j’ai arrêté de m’auto-flageler. J’apprends à recevoir des compliments sans leur donner trop d’importance, et de la même manière, je relativise les critiques, je ne les prends en compte que si elles sont pertinentes. Mon style est simple, ni pire ni meilleur que celui de nombreux écrivains, et c’est très bien comme ça. Finalement…

C’est cool d’être Didier Deschamps.

PS : Et vous amis auteurs, le fait d’écrire régulièrement change-t-il votre hygiène de vie ? Comment arrivez-vous à concilier écriture, travail et vie de famille ?

Published in: on janvier 5, 2016 at 8:33  Comments (51)  
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Bonnes fêtes de fin d’année !

heidifetes

Published in: on décembre 31, 2015 at 12:00  Comments (16)  

Je suis toujours là…

… Je préfère le préciser étant donné que je cela fait presque un mois que je n’ai pas rédigé d’articles sur ce blog, la faute à la vraie vie. Comme vous, j’ai été profondément marqué par les attentats, au point de ne pouvoir écrire pendant plusieurs jours d’affilée. Durant le deuil national, imaginer des histoires m’a paru totalement dérisoire, et en même temps terriblement important. Ironie du sort, dans ma trilogie il y a une réflexion particulière sur les rapports entre religion, spiritualité, et fanatisme.

Le plaisir d’écrire est revenu en partie grâce à des messages de lecteurs qui m’ont contacté pour me dire combien ils avaient aimé les Feux de mortifice, alors que je suis toujours en correction éditoriale sur mon tome 3. J’ai été touché par ces retours. Cela peut paraître immature, mais je fonctionne beaucoup à l’affectif. Mon carburant, c’est l’enthousiasme de mes lecteurs. En ce moment, je fais tout pour éviter que les événements ne contaminent le tome 3, notamment grâce à l’humour.

C’est plus difficile que ça en a l’air, car l’ambiance s’assombrit nettement au fil des tomes, mes anti-héros et l’univers gagnent en maturité. Par certains côtés, cette trilogie c’est un peu l’histoire de personnages qui deviennent adultes, une mise en abyme de ce que je vis actuellement en tant que futur papa.

Je songe de plus en plus à mon futur quatrième roman (historique), un livre beaucoup plus sombre se déroulant, cela ne s’invente pas, lors de persécutions religieuses. Ce qui est dingue, c’est que j’ai écrit les premières pages de ce projet en 2014, avant Charlie. Je pense sincèrement que ce bouquin va surprendre, dans le bon sens.

En attendant, je ne cesse de progresser sur le chantier du tome 3, j’ai d’ailleurs une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Je commence par la mauvaise : étant donné que le récit gagne en épaisseur au fil des corrections, au point d’être plus volumineux que le tome 2, j’ai demandé un délais supplémentaire à Bragelonne. Sans surprise, ma maison d’édition a été au top (merci Claire, merci Marie). Le troisième volet ne  sortira pas en février, mais en juin. La bonne nouvelle, c’est que ce délais me permettra de peaufiner la fin de cette épopée.

Ceux qui ont lu la fin des Feux de mortifice s’en doutent, ce troisième opus des Pirates de L’Escroc-Griffe sera, de loin, le plus original. J’ai aussi essayé de prendre en compte la critique qui me parait la plus justifiée, à savoir l’action parfois incessante : si l’aventure restera présente dans cet épilogue, l’accent sera davantage mis sur l’exploration de l’univers. Tout, tout, tout, vous saurez tout sur les Chénis 🙂 Le tome 1 était plutôt comique, le tome 2 épique, mais je crois que le tome 3 sera mystique.

Je ne peux terminer ce billet sans vous remercier, lecteurs : merci pour votre enthousiasme, notamment lors des séances de dédicace ! Grâce à vous, les Pirates de L’Escroc-Griffe vivent une belle aventure humaine dont je n’osais rêver.

Du fond du coeur, merci.

Published in: on novembre 30, 2015 at 12:32  Comments (20)  
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