RIP

J’ai appris avec tristesse la mort probable du professeur d’archéologie Edwyn Van Stoorwan, disparu lors de sa fameuse expédition controversée dans les Terres Interdites. L’Université de Saviola lui a rendu un dernier hommage, l’occasion de découvrir combien ses recherches ont contribué à changer la face du Monde-Fleur.

Published in: on septembre 4, 2015 at 9:53  Comments (2)  
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Les rencontres numériques Bragelonne

Me voilà donc invité au Rencontres numériques Bragelonne ! Je serai présent avec d’autres auteurs des catalogues Snark et Emma. Amis parisiens, j’espère que nous aurons l’occasion de nous voir !

Published in: on septembre 3, 2015 at 2:18  Comments (2)  
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Le bébé est arrivé

Privilège de l’auteur, j’ai reçu hier mon tome 2. Bragelonne a encore fait du beau travail sur cette couverture qui semble néanmoins laisser Heidi de marbre. Comme je le disais sur Twitter, j’ai été surpris par la taille du livre : l’ebook fait 800 pages, mais la version papier seulement 500, soit 50 pages de plus que le premier volet.
En attendant la sortie papier le 9 septembre, il ne me reste plus qu’à me replonger dans les corrections du tome 3.

A bientôt !

Ex Machina

Cette année, j’ai failli passer à côté d’un film hors normes. « Hors normes », parce qu’un fan de Science-Fiction n’a pas tous les jours la chance de découvrir un tel bijou. Réalisé par le scénariste et écrivain Alex Garland, auteur de la Plage, 28 jours plus tard, SunshineNever let me go et DreadEx Machina intrigue dès les premières minutes grâce à un pitch accrocheur.

Un jeune informaticien gagne lors d’une loterie électronique le droit de se rendre en Alaska pour travailler sur un projet top secret avec Nathan, le patron de Bluebook, une multinationale transhumaniste qui ressemble fortement à Google.

En quelques plans hallucinants, le cinéaste impose une narration visuelle parfaitement maitrisée : la blancheur du glacier survolé en hélicoptère, la pâleur du héros… L’idée de pureté est suggérée avec élégance à travers le point de vue de Caleb (Domhnall Gleeson, virginal), un informaticien candide du XXIe siècle. Dans ce film, rien n’est laissé au hasard, preuve en est avec la rencontre entre Caleb et Nathan, joué par un Oscar Isaac impressionnant, en train de boxer un punching-ball. Dans cette séquence, le réalisateur dynamite complètement le film de genre avec deux personnalités que tout oppose. Fini l’informaticien boutonneux asocial, place au démiurge : Nathan est moins un scientifique qu’une sorte de colonel Kurtz échappé d’Apocalypse Now. Un être complexe, dionysiaque, terrifiant, qui règne en maître sur un Eden cybernétique aussi aseptisé qu’oppressant.

« On a passé dans ces murs assez de câbles et de fibres optiques pour atteindre la Lune et la prendre au lasso »

Pour renforcer cette impression, le réalisateur filme le laboratoire en utilisant de lents travellings qui ne sont pas sans rappeler Alien.

Mais dire que la photographie de Ex-Machina a l’élégance de l’oeuvre de Ridley Scott est presque insultant pour Ex Machina, tant ce film se détache sensiblement de cette référence pour imposer sa propre iconographie et une mise en scène vertigineuse. Pratiquement chaque plan est une claque visuelle à couper le souffle ! Ainsi, au début du film, Caleb discute avec Ava (Alicia Vikander, charismatique), une intelligence artificielle. Ils sont séparés par une vitre, ce qui donne l’impression qu’Ava est la créature d’un zoo. Mais à mesure que l’intrigue progresse, le point de vue de la caméra change jusqu’à donner l’impression inverse : c’est Caleb qui est désormais sur la défensive. Qui est manipulé ? Cette question est le coeur de l’intrigue. Avec une maestria digne d’un Brian De Palma, le réalisateur joue avec les points de vue. Il transforme le spectateur en voyeur tout en faisant voler en éclats le cliché du triangle amoureux. C’est une partie d’échecs à trois qui se joue, dans une ambiance épurée, lourde… avec des dialogues parfois décalés entre Nathan et Caleb pour évacuer un peu de tension.

– « Qui c’est qu’on appelle ? »
– Euh, je sais pas. Personne en fait.
– « Ghostbuster ».
– Pardon ?
– « Qui c’est qu’on appelle, Ghostbuster »… C’est… c’est un film, mon vieux. Tu connais pas ce film ? Il y a un fantôme qui fait une gâterie à Dan Akroyd.

En se reposant sur deux protagonistes ordinaires, le réalisateur ne tombe jamais dans le manichéisme inhérent à la question de l’Intelligence Artificielle. Comme dans Her, l’Homme contre la machine devient une thématique secondaire. Alex Garland évite habilement ce cliché pour aborder frontalement des questions fascinantes. Le langage, l’inné, l’acquis, la conscience, l’Art, le libre arbitre, l’humour, le sexe, la réalité, l’éthique, l’empathie… Le test de Turing qui se déroule dans le film nourrit des débats philosophiques qui donnent le vertige. Ce malaise est renforcé par l’interprétation remarquable d’Alicia Vikander, ainsi qu’une bande originale désenchantée. En essayant d’imaginer une intelligence forte, le réalisateur dépeint une conscience différente de la nôtre, emprisonnée dans un corps de silicium. Le deus ex machina, le dieu dans la machine, est aussi celui qui s’affranchit de l’Homme dans cette (cyber) controverse de Valladolid : après les Indiens d’Amérique, les robots ont-ils une âme ?

On assiste à une relecture de l’allégorie de la caverne de Platon : si une I.A. accédait à de vraies perceptions, à des sensations, pourrait-elle devenir consciente ? « Si la machine que tu as créée a une conscience, ce n’est plus l’histoire de l’Homme, là c’est l’Histoire des dieux ! » s’exclame Caleb. Viennent alors des questions encore plus complexes : parler de Bien et de Mal a-t-il encore un sens lorsqu’on parle de singularité technologique ? Ces concepts moraux ne sont-ils pas relatifs, voir caduques, à l’échelle de l’Évolution ? Il y a un peu de Ghost in the shell dans Ex Machina, une révolution copernicienne qui désacralise l’Homme. Et si c’était l’Humanité qui échouait au test de Turing ?

« Viendra le temps où les I.A nous considérerons comme nous regardons les squelettes fossiles des plaines de l’Afrique. Des singes se tenant debout, vivants dans la poussière, au langage et aux outils sommaires, fins prêts pour l’extinction. »

En choisissant de tourner un huit clos anti-spectaculaire, le réalisateur se repose sur un scénario brillant qui n’a guère besoin de scènes d’action effrénées. Si Cloud Atlas était une référence en matière d’émotion, le nouveau de film d’Alex Garland possède la froideur intellectuelle d’un Kubrick, avec ce que cela implique de génie, et rentre dans le cercle très fermé des chefs d’oeuvre de la SF. Réflexion transhumaniste sur l’intelligence artificielle, ce long-métrage est l’incroyable synthèse de cinquante ans de cinéma de genre, dans la lignée de 2001, Tron, War Games et I.A.

Les années 80 ont été marquées par la noirceur esthétique de Blade Runner, les années 2010 seront illuminées par l’éclat d’un nouveau diamant.

Un diamant appellé Ex Machina.

PS : une fois encore, la bande-annonce qui révèle tout est à éviter…

Published in: on août 27, 2015 at 12:44  Comments (12)  
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Prêt à reprendre le large

Mercredi 26 août, c’est le jour de la sortie de mon tome 2, les Feux de mortifice, l’occasion pour moi de dresser un bilan cinq mois après la publication des Terres Interdites. Quand on est un jeune auteur venu de nulle part, ce n’est jamais simple de se confronter à la critique, mais mon premier roman a survécu à son baptême du feu et a trouvé son lectorat. Pour l’instant, je n’ai pas lu d’avis haineux. Par contre, on m’a promis moults sévices si certains personnages venaient à mourir par la suite…

Lorsque je fais la synthèse des commentaires récurrents, les points forts sont l’univers et les protagonistes. Le point faible principal, c’est le rythme, si rapide qu’on a parfois du mal à souffler… ce qui est vrai.

J’ai hâte que vous découvriez le second volet, dans lequel le passé de certains personnages est développé. L’histoire va prendre une tournure qui risque de surprendre, dans le bon sens. Beaucoup de questions trouveront leurs réponses* dans une intrigue qui s’annonce plus sombre que celle du premier volume, une intrigue pour laquelle j’éprouve une affection particulière.

J’espère que cette nouvelle aventure vous plaira. Pour celles et ceux qui préfèrent le papier au numérique, rendez-vous le 9 septembre !

* celles et ceux qui ont lu les dernières lignes du tome 1 savent de quoi je parle…

Published in: on août 23, 2015 at 9:40  Comments (12)  
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Pourquoi je n’aime pas Mad Max Fury Road

« Joe le taxi, c’est sa vie »

Il est rare que j’écrive des articles à charge contre un film. J’ai déjà laissé pas mal de commentaires sur ce long-métrage que la plupart d’entre vous ont adoré. Après avoir pris un peu de recul, je ne réalise seulement que maintenant à quel point George Miller m’a déçu. J’ai beaucoup réfléchi avant de rédiger ce billet. Je voulais éviter de troller sous le coup de l’émotion, être le plus pertinent possible, surtout après un succès critique aussi dithyrambique : à ma grande surprise, les journalistes ont encensé cette oeuvre dans des articles tous plus élogieux les uns que les autres. Je suis peut-être sûrement à côté de la plaque, mais comme toujours, ce billet cathartique n’engage que moi.

Je reconnais volontiers que cette oeuvre a des qualités esthétiques : les poursuites en voitures sont rythmées, la chorégraphie des combats est travaillée, les véhicules sont impressionnants… Pourtant, jamais je n’ai réussi à rentrer dans ce film, moi, l’enfant des années 80 qui a grandi avec George Miller, un comble. Après le succès de Braveheart, j’ai vainement espéré un quatrième opus avec Mel Gibson. Quand j’ai appris qu’un reboot de Mad Max allait voir le jour avec un nouvel acteur, j’avoue avoir été un peu consterné, jusqu’au moment où la bande-annonce m’a paru prometteuse. Impatient, je suis allé au cinéma…

Les vingt premières minutes furent une douche froide.

Vingt minutes, c’est le temps qu’a mis George Miller pour tuer son propre mythe. Premier crime capital : avoir choisi une voix off lourdingue pour raconter le passé de Max, au lieu de faire vivre ce drame crucial au spectateur, l’impliquer. Le réalisateur australien utilise par la suite de misérables flashbacks dans un montage épileptique hideux… et c’est tout. On n’en saura pas plus sur le trauma de l’ancien policier. Du coup, jamais Tom Hardy n’est en mesure de transmettre de l’émotion, la faute à des scénaristes incapables de caractériser son personnage et ses enjeux. Second crime capital, encore plus grave : ridiculiser Max. Attaché au capot d’une voiture, cette image pathétique flingue complètement son charisme et sa crédibilité.

« Em-me-nez-moi, au bout de la terre, emmenez-moi au pays des merveilles, Il me semble que la misère, serait moins pénible au soleil »

Pendant le reste de l’intrigue, il demeure un personnage secondaire, burlesque au possible, dont je me désintéresse totalement. Les défenseurs du long-métrage diront que le vrai protagoniste principal est Furiosa…. et ils auront raison. Je suis prêt à le reconnaître, l’interprétation de Charlize Theron est une réussite. Hélas, le film n’en est que plus déséquilibré. Quitte à se reposer sur un personnage charismatique, pourquoi ne pas avoir lancé une nouvelle franchise basée sur cette rebelle et assumer jusqu’au bout un discours qui se veut féministe ? Dans une oeuvre bicéphale telle que Fury Road, difficile de s’attacher à Max ou Furiosa, des personnages aux objectifs flous qui se cannibalisent constamment : l’intrigue est si mince qu’il n’y a pas de place pour deux antihéros. En choisissant de ne pas choisir, le cinéaste australien les affaiblit. Plus le film avance, plus la comparaison avec la trilogie originelle devient cruelle.

Le premier Mad Max est l’histoire d’une vengeance, un drame aux antipodes du manichéisme de Fury Road, suscitant le malaise. Dans ce volet, on assiste à la descente aux enfers d’un policier qui se métamorphose en ange exterminateur. Comment oublier le regard bouleversant de Mel Gibson ? La mort de sa femme et de son fils ?

La femme de Max tente de fuir une bande de motards…


… Le meurtre se déroule hors champ. On ne voit que les chaussures du bébé rouler sur le bitume. Ce qui rend la séquence d’autant plus dérangeante.

Dans une scène qui a marqué au fer rouge toute une génération de cinéphiles, Max attache l’un des meurtriers à une voiture sur le point d’exploser. L’assassin a le choix entre tenter de scier la paire de menottes en acier en dix minutes, ou se sectionner rapidement la cheville…

La force de ce grand moment de cinéma, c’est de laisser la violence hors champ. On entend juste une explosion, il n’y a pas une seule goutte de sang. On ne saura jamais quel a été le choix de l’assassin, mais en imaginant ses derniers moments, le malaise est décuplé. La victime qu’est Max se transforme en bourreau psychotique. Dans Fury Road, jamais je n’ai été choqué par une séquence, un climax, ou impressionné par la mise en scène.

Le deuxième volet, outrancier, est a priori radicalement différent. Une ambiance post-apocalyptique, des combats épiques… En dépit des apparences, cette suite est pourtant bien plus qu’un film d’action, elle est dans la continuité de l’opus précédent. Max n’est plus qu’une loque humaine, un chien sauvage qui se méfie des hommes qui l’ont meurtri.

Mad Max II et son épilogue surprenant

Le convoi qu’il escorte constituera sa rédemption. Dans un final absolument incroyable, on découvre que le camion citerne transporte non pas de l’essence, mais du sable. Des personnages aux spectateurs, tout le monde a été mené en bateau, le convoi n’était qu’un prétexte pour rassembler les derniers représentants de la civilisation. La conclusion de Mad Max II est une belle leçon d’écriture, avec un climax hallucinant de vacuité, assumé comme tel. Dans Fury Road, la fin ne m’inspire aucune émotion, aucune surprise. J’ai assisté au périple de personnages qui vont d’un point A à un point B, avant de revenir à leur position initiale sans avoir changé.

Le troisième volet est le moins populaire parce qu’il s’agit d’un film d’aventure familial. En aidant les enfants sauvages d’une tribu pratiquant le culte du cargo, Max sauve son humanité, mais se retrouve condamné à errer dans le désert, tel un Moïse des temps modernes. L’épilogue, mélancolique, laisse entendre qu’il finira sa vie en ermite. Les enfants qu’il a sauvés bâtiront un monde nouveau et leurs descendants célébreront, bien après la mort de Max, sa mémoire.

La fin de Mad Max III

La fin biblique de Mad Max III

Qu’on aime ou qu’on déteste cette conclusion, force est de constater que tout au long de cette trilogie le personnage principal est émouvant, grâce à un Mel Gibson extraordinaire de justesse. Les êtres grotesques que rencontre Max sont surtout là pour alimenter son conflit moral : comment ne pas devenir un monstre quand on doit survivre dans un univers où règne la loi du plus fort ? Dans Fury Road, les antagonistes ne sont pas seulement grotesques, ils sont également ridicules. Si le guitariste au lance-flammes est une idée décalée que j’apprécie, que dire d’Immortam Joe ?

Le Hellfest, ça devient vraiment n’importe quoi

Difficile de prendre au sérieux son masque de Skeletor en plastique, tout droit sorti d’un mauvais épisode des Maître de l’Univers. Il est clairement un Darth Vader du pauvre qui n’inspire aucune crainte. Pour tout vous dire, ce papy me fait de la peine quand il tente de courir avec son armure sur le dos… Alors que les punks de Mad Max II violent des innocents avant de les assassiner à l’arbalète et manient l’humour noir (cf. la mythique scène du boomerang), les stupides warboys et warlords de Fury Road font rire à leurs dépens, constamment trahis par des dialogues involontairement drôles. On ignore si on est dans une série Z ou un épisode mal doublé de Ken le Survivant. Sans méchants à la hauteur, ce long-métrage vain tombe complètement à plat : le fils d’Immortam Joe boit du lait maternel dans une séquence parodique digne d’une publicité TF1 pour les produits laitiers.

Du coup, on ne sait comment prendre les moments censés être graves, lorsque le cinéaste enfonce les portes ouvertes dans des messages politico-philosophiques d’une platitude extrême : l’esclavage sexuel, c’est pas bien, détruire la nature, c’est mal. Euh… on parle bien d’un film subversif éloigné des clichés manichéens ? Parce que là, je ne vois rien absolument rien de féroce de la part de ce réalisateur qui a saccagé le désert namibien. Pire, si j’étais une femme, je me sentirais insultée par ce film qui exploite des sujets sérieux (« our babies will not be warlords », « who kill the world ? », « we are not things » clament des graffitis) pour se donner bonne conscience, un porno soft fétichiste qui fait jouir les amateurs de grosses cylindrées bruyantes. Ce Mad Max est au mieux un plaisir coupable inoffensif, consensuel (héroïsme, culte de la vitesse, jolies filles dénudées, tout y est), qui caresse dans le sens du poil le spectateur, le MacDonald’s du post apocalyptique : on bouffe de la merde en sachant très bien que ces jeux du cirque à la gloire du courant futuriste sont à des années lumières d’oeuvres comme la Route, les Fils de l’Homme ou même le méconnu Livre d’Eli.

Fury Road est un long-métrage que j’aurais vraiment aimé adorer. Malheureusement, il est la synthèse de tout ce qui m’irrite dans Hollywood, à savoir l’obsession du remake/reboot/suite ad nauseam. Au lieu de consacrer un film à Furiosa, George Miller a choisi la facilité et le compromis pour rentrer dans le rang, comme Peter Jackson avant lui. Pour obtenir 100 millions de budget, le cinéaste a sacrifié sur l’autel du divertissement l’émotion et la subversion, tout ce qui faisait l’âme de la trilogje.

En 1985, on visionnait un Mad Max avec un gout de sang et de bitume dans la bouche. En 2015, Fury Road n’est à mes yeux qu’un blockbuster de plus, qui ne m’inspire rien…

Mel Gibson for ever !

EDIT : en bonus, le trailer honnête de Mad Max Fury Road…

Published in: on août 21, 2015 at 9:50  Comments (34)  
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Le Petit Prince, de Mark Osborne

Une petite fille et sa mère névrosée s’installent dans un nouveau quartier. La fillette révise quotidiennement ses leçons dans le but d’intégrer un établissement prestigieux. Chaque heure de sa journée est planifiée, et son avenir semble tout tracé, jusqu’au jour où elle rencontre un étrange voisin…

Livre le plus vendu après la Bible, Le Petit Prince est également l’une des oeuvres littéraires qui a connu le plus d’adaptations. Autant dire que lorsque je l’ai vue pour la première fois, la bande-annonce du dernier film de Mark « Kung Fu Panda » Osborne m’a déstabilisé : « pourquoi changer une histoire magnifique » ? me suis-je dit à l’époque. Une fois dans la salle, j’avoue n’avoir été guère rassuré par le premier quart d’heure, jusqu’au moment où la fillette rencontre le personnage de l’aviateur. Et là, coup de théâtre : on découvre que le Petit Prince n’est pas une énième adaptation du mythique conte d’Antoine de Saint-Exupéry, mais bien une suite !

À la manière de Steven Spielberg avec Hook, Mark Osborne nous offre une relecture post-moderne de cette belle histoire sur le thème du temps qui passe : que sont devenus l’aviateur et le Petit Prince ? Le défi était hautement casse-gueule, et pourtant Mark Osborne s’en sort admirablement…. à condition d’accepter l’idée que ce film est une suite. Fort heureusement, le récit, inspiré, est servi par des images sublimes, je pense notamment aux séquences en papier mâché et stop motion qui reprennent exactement les dessins à l’aquarelle de Saint-Exupéry.
Qu’aurait pensé l’auteur du Petit Prince de notre XXIe siècle ? C’est la question que Mark Osborne semble se poser. Mondialisation, matérialisme, pollution… Ce qui était déjà dénoncé par Saint-Ex trouve un triste écho dans cette oeuvre aussi poétique que désenchantée, une fable à plusieurs niveaux de lecture surtout destinée aux adultes. Pas étonnant que son écriture ait pris neuf ans…

Cette adaptation n’est pas le film que j’attendais, et c’est tant mieux. En refusant de réaliser un simple remake, Mark Osborne a fait preuve d’un courage inouï. Loin d’être un yes man à la solde des studios, l’auteur de Kung Fu Panda gagne ici ses lettres de noblesse et prouve qu’il est un auteur tout court qui a su insuffler une âme à ce long-métrage français.

Cocorico !

PS : je ne mets pas de bande-annonce car une fois encore, elle en montre trop…

Published in: on août 12, 2015 at 9:56  Comments (7)  
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Game of Thrones, c’est la zone (attention, spoilers)

Je sais que ce billet est tardif mais il m’a fallu un mois pour recoudre mon cœur qui saigne me remettre du dernier épisode de la saison 5 de Game of thrones (comment les scénaristes ont-ils pu nous faire ça ? Je suis quasiment sûr que c’est interdit par la Convention de Genève). Comme chaque année, David Benioff et D. B. Weiss ont réussi leur coup (médiatique), mais je ne sais pas trop quoi penser de cette saison. Je l’avoue volontiers, j’ai adoré la bataille avec les morts-vivants de l’épisode 8, les effets spéciaux toujours plus somptueux. C’est simple : jamais une série télévisée orientée fantasy n’a bénéficié d’autant de moyens. Il y a parfois de (rares) séquences plus contemplatives comme le voyage de Jorah et Tyrion. Durant cette scène aussi courte que frustrante, on assiste à un vrai moment de poésie mélancolique à mesure que se dévoilent les somptueuses ruines de Valyria, vestiges d’un monde perdu.

La fameuse séquence que j'aime tant

La fameuse scène contemplative que j’aime tant

Avec de tels atouts, et des acteurs si talentueux, les scénaristes étaient-il obligés d’avoir recours à une surenchère de violence gratuite, comme s’il fallait brutaliser régulièrement le spectateur pour maintenir son intérêt ? Souvent, on est pas loin du « torture porn », notamment dans l’abominable épisode 9, quand la fille de Stanis meurt brûlée vive sur le bucher. Vous allez me dire que ce n’est pas de la violence gratuite puisque cet acte barbare (filmé hors-champ) nous fait prendre conscience que Stanis est prêt à tout pour s’asseoir sur le trône de fer. Le problème, c’est que cette séquence, ainsi que le viol de Sansa, ne figurent pas dans les livres… Au fil des saisons, cette débauche de sexe et de sang va crescendo, comme on le constate avec Arya et le meurtre sadique de Meryn Trant : à vouloir choquer pour choquer, c’est bien la première fois qu’une scène aussi sanguinolente me laisse de marbre.

Les scénaristes vont plus loin que George R.R. Martin, mais l’écrivain cautionne complètement la démarche de David Benioff et D. B. Weiss, donnant l’impression que les trois auteurs ont sombré dans lhubris. Ils ont enfanté un véritable monstre de Frankenstein, mais cette créature est-elle viable ? George R.R. Martin écrit des pavés de plusieurs milliers de pages difficilement conciliables avec une série orientée adultes qui doit assurer un minimum de suspens entre chaque saison, voir entre chaque épisode… Au final, je ne sais plus quoi penser de Game of thrones : ai-je encore envie de continuer à la regarder après la disparition de Jon Snow ? Pas sûr… mais je me sens à présent comme un type paumé dans un quartier mal famé qui se voit contraint de le traverser, comme bon nombre de fans je suppose.

Game of thrones, c’est vraiment la zone.

D’autres avis : L’Oeil du Lémurien

Published in: on juillet 24, 2015 at 9:43  Comments (30)  
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Les Gardiens de la Galaxie, Daredevil, Ant-Man… Les anti-héros Marvel prennent-ils le pouvoir ?

En tant que fan des Gardiens de la Galaxie, mon grand coup de coeur ciné de l’été 2014, j’ai toujours apprécié les anti-héros fragiles, bien plus que les personnages invincibles dotés de super pouvoirs façon Avengers. Autant dire que j’ai été emballé par le virage pris par Marvel ces derniers temps sur le petit et grand écran. Plus qu’un virage, c’est peut-être à une révolution de palais que nous sommes en train d’assister. Et si les anti-héros avaient pris le pouvoir ?

Avec Sense8, la (violente) série Daredevil est pour moi l’une des plus belles surprises télévisuelles des années 2010, grâce notamment à Mat Murdock, un avocat torturé qui n’a pas d’équivalent dans l’univers Marvel, et un ton adulte. Enfant, Murdock a perdu la vue lors d’un accident. Dans un épisode 2 particulièrement émouvant, on apprend qu’il a été élevé par un père boxeur irlandais catholique qui a connu des démêlés avec la pègre.

Mat Murdock et son père, une relation fusionnelle

Le jour, Murdock est un ténor du barreau, mais la nuit il est Daredevil, un justicier  capable de s’orienter et de se battre grâce à l’authentique technique de l’écholocalisation. Cette double vie est pour lui source de stress, puisqu’il est obligé de cacher à ses proches son activité afin de les protéger. Au fil de la saison 1, Murdock confesse à un prêtre ses angoisses sur les rapports qu’entretiennent justice, morale et éthique. Peut-on épargner un caïd malfaisant quand celui-ci brise les vies de  nombreux innocents et qu’il corrompt toutes les institutions ? À quoi bon se battre contre le crime si cette lutte provoque des dommages collatéraux ? L’ambiance de la série est résolument cynique : dans une séquence mémorable, les malfrats discutent de la chute du prix de l’immobilier depuis la destruction de New York par les aliens Chitauri, et reconnaissent qu’ils sont bien chanceux d’être protégés par les Avengers ! Dans ce climat de corruption généralisé, les plus pauvres n’ont aucune chance d’être sauvés par Iron Man, Thor, Hulk ou Capitaine America, trop occupés à combattre des ennemis de plus grande envergure, ce qui rend la lutte quotidienne de Murdock d’autant plus désespérée.

Hanté par des questions morales, Daredevil symbolise la justice aveugle. Il respecte la vie… au sens strict. Lorsqu’un personnage lui reproche d’avoir jeté un malfrat du haut d’un immeuble, le plongeant dans le coma, Murdock a une réponse laconique : « il est vivant ». À vouloir suivre, de mauvaise grâce, les commandements de la Bible (« Tu ne tueras point »), Murdock se retrouve dans des situations périlleuses car il affronte à armes inégales des criminels dénués de scrupules. Lors de combats au dénouement incertain (mention spéciale au fabuleux plan séquence de l’épisode 2, du jamais vu sur le petit écran), on tremble pour le justicier. Aveuglé par sa morale judéo-chrétienne, il se prend régulièrement des raclées car dans le sinistre quartier de Hell’s Kitchen, faire preuve d’humanité constitue une faiblesse. New York est un personnage à part entière, un environnement sombre très influencé par les comics de Franck Miller. Les rares héros qui osent s’élever contre les injustices sont impitoyablement broyés par la police corrompue du magnat des affaires Wilson Fisk, sans doute le méchant le plus charismatique des films/séries Marvel. Un monstre à visage humain superbement interprété par Vincent D’Onofrio, l’ombre parfaite de Daredevil.

Wilson Fisk s’apprête à commettre un meurtre terrifiant

Capable de commettre des violences inédites dans une oeuvre Marvel (on parle quand même d’une décapitation à l’aide d’une portière de voiture…), Fisk est fragile, émotionnellement parlant. Ce géant aux pieds d’argile a connu une enfance traumatisante et s’est retrouvé contraint de tuer pour survivre dans la jungle urbaine et gagner une respectabilité de façade.

À terme, les scénaristes ont prévu pour les saisons futures que Daredevil rencontre le Punisher, un autre anti-héro atypique… à l’image d’Ant-Man.

Dans ce film de cambriolage, Scott Lang n’est au départ qu’une petite frappe qui, à sa sortie de prison, se voit offrir une seconde chance par le docteur Hank Pym. Ce savant a élaboré un costume capable de faire rétrécir son possesseur et ainsi combattre n’importe quelle menace.

Autant dire qu’on est clairement dans une comédie, avec de surprenantes séquences un peu gores : le méchant prend un malin plaisir à réduire ses victimes à l’état cellulaire avant de les écrabouiller ! Un humour noir familial qu’on avait pas vu depuis les Gremlins de Joe Dante. Puisqu’on parle des années 80, le personnage le plus intéressant ici est celui interprété par Michael Douglas, Hank Pym, un Ant-Man de la Guerre Froide qui cherche un héritier. Cette passation de pouvoir est une belle mise en abyme du Marvel d’aujourd’hui, entre respect du mythe et modernisation avec des effets spéciaux hallucinants, une relecture jouissive du cultissime Chérie j’ai rétréci les gosses. Les scènes d’action sont bourrées d’humour avec un duel au sommet d’anthologie qui se déroule… dans une chambre d’enfants remplie de jouets.

Si les deux premiers volets des Avengers ne font pas partie de mes films préférés pour les raisons évoquées au début de l’article, je suis en revanche enthousiasmé par le fait que ce monde imaginaire ne cesse de se développer, avec des crossovers et des personnages décalés largement inspirés des années 80. Qu’ils soient drôles ou tourmentés, Rocket Raccon, Daredevil et Ant-Man sont des anti-héros modernes qui amènent un brin de subversion au cinéma et à la télévision et laissent espérer des histoires plus excitantes que les insipides remakes hollywoodiens des blockbusters Total Recall, Robocop et autres Mad Max (du moins insipides à mes yeux). Anecdote amusante, James Gunn, réalisateur des Gardiens de la Galaxie, a adoré Ant-Man comme il le dit lui-même sur sa page Facebook :

“Honnêtement, le film est une bombe totale ! J’étais tellement heureux après l’avoir vu. Ce n’est pas ennuyant une seule seconde, et c’est drôle et chaleureux tout au long. Il ne reste pas que dans la science-fiction comme beaucoup de films ces derniers temps, il est simple et élégant. Il fait partie de l’univers Marvel sans en suivre les règles. »

« Ne pas suivre les règles »… Quand je vous disais qu’une révolution couvait chez Marvel !

« Les Gardiens de la Galaxie est la version sale et barrée d’Avengers », aurait dit James Gunn…

Published in: on juillet 16, 2015 at 10:00  Comments (8)  
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Merci (encore)…

… pour votre soutien ! Aujourd’hui, mon roman est en promo à 99 centimes sur toutes les plateformes numériques jusqu’à minuit. Du coup, j’ai le plaisir de constater qu’il attire de nouveaux lecteurs (cliquez sur les images pour agrandir).

Comme vous pouvez l’imaginer, ce n’est jamais simple d’être un nouvel auteur, et le fait que ce classement soit encore meilleur que lors de la sortie du roman en mars est une belle surprise qui me touche beaucoup. Je m’attendais à ce que la promo soit efficace, mais pas à ce point !

Lecteurs fidèles ou inconnus, bienvenue sur l’Escroc-Griffe !

EDIT : waow, à 23 heure le roman est 4e meilleure vente Kindle, tout genre confondu !

Published in: on juillet 11, 2015 at 6:22  Comments (12)  
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