Le Petit Prince, de Mark Osborne

Une petite fille et sa mère névrosée s’installent dans un nouveau quartier. La fillette révise quotidiennement ses leçons dans le but d’intégrer un établissement prestigieux. Chaque heure de sa journée est planifiée, et son avenir semble tout tracé, jusqu’au jour où elle rencontre un étrange voisin…

Livre le plus vendu après la Bible, Le Petit Prince est également l’une des oeuvres littéraires qui a connu le plus d’adaptations. Autant dire que lorsque je l’ai vue pour la première fois, la bande-annonce du dernier film de Mark « Kung Fu Panda » Osborne m’a déstabilisé : « pourquoi changer une histoire magnifique » ? me suis-je dit à l’époque. Une fois dans la salle, j’avoue n’avoir été guère rassuré par le premier quart d’heure, jusqu’au moment où la fillette rencontre le personnage de l’aviateur. Et là, coup de théâtre : on découvre que le Petit Prince n’est pas une énième adaptation du mythique conte d’Antoine de Saint-Exupéry, mais bien une suite !

À la manière de Steven Spielberg avec Hook, Mark Osborne nous offre une relecture post-moderne de cette belle histoire sur le thème du temps qui passe : que sont devenus l’aviateur et le Petit Prince ? Le défi était hautement casse-gueule, et pourtant Mark Osborne s’en sort admirablement…. à condition d’accepter l’idée que ce film est une suite. Fort heureusement, le récit, inspiré, est servi par des images sublimes, je pense notamment aux séquences en papier mâché et stop motion qui reprennent exactement les dessins à l’aquarelle de Saint-Exupéry.
Qu’aurait pensé l’auteur du Petit Prince de notre XXIe siècle ? C’est la question que Mark Osborne semble se poser. Mondialisation, matérialisme, pollution… Ce qui était déjà dénoncé par Saint-Ex trouve un triste écho dans cette oeuvre aussi poétique que désenchantée, une fable à plusieurs niveaux de lecture surtout destinée aux adultes. Pas étonnant que son écriture ait pris neuf ans…

Cette adaptation n’est pas le film que j’attendais, et c’est tant mieux. En refusant de réaliser un simple remake, Mark Osborne a fait preuve d’un courage inouï. Loin d’être un yes man à la solde des studios, l’auteur de Kung Fu Panda gagne ici ses lettres de noblesse et prouve qu’il est un auteur tout court qui a su insuffler une âme à ce long-métrage français.

Cocorico !

PS : je ne mets pas de bande-annonce car une fois encore, elle en montre trop…

Published in: on août 12, 2015 at 9:56  Comments (7)  
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Les Gardiens de la Galaxie, Daredevil, Ant-Man… Les anti-héros Marvel prennent-ils le pouvoir ?

En tant que fan des Gardiens de la Galaxie, mon grand coup de coeur ciné de l’été 2014, j’ai toujours apprécié les anti-héros fragiles, bien plus que les personnages invincibles dotés de super pouvoirs façon Avengers. Autant dire que j’ai été emballé par le virage pris par Marvel ces derniers temps sur le petit et grand écran. Plus qu’un virage, c’est peut-être à une révolution de palais que nous sommes en train d’assister. Et si les anti-héros avaient pris le pouvoir ?

Avec Sense8, la (violente) série Daredevil est pour moi l’une des plus belles surprises télévisuelles des années 2010, grâce notamment à Mat Murdock, un avocat torturé qui n’a pas d’équivalent dans l’univers Marvel, et un ton adulte. Enfant, Murdock a perdu la vue lors d’un accident. Dans un épisode 2 particulièrement émouvant, on apprend qu’il a été élevé par un père boxeur irlandais catholique qui a connu des démêlés avec la pègre.

Mat Murdock et son père, une relation fusionnelle

Le jour, Murdock est un ténor du barreau, mais la nuit il est Daredevil, un justicier  capable de s’orienter et de se battre grâce à l’authentique technique de l’écholocalisation. Cette double vie est pour lui source de stress, puisqu’il est obligé de cacher à ses proches son activité afin de les protéger. Au fil de la saison 1, Murdock confesse à un prêtre ses angoisses sur les rapports qu’entretiennent justice, morale et éthique. Peut-on épargner un caïd malfaisant quand celui-ci brise les vies de  nombreux innocents et qu’il corrompt toutes les institutions ? À quoi bon se battre contre le crime si cette lutte provoque des dommages collatéraux ? L’ambiance de la série est résolument cynique : dans une séquence mémorable, les malfrats discutent de la chute du prix de l’immobilier depuis la destruction de New York par les aliens Chitauri, et reconnaissent qu’ils sont bien chanceux d’être protégés par les Avengers ! Dans ce climat de corruption généralisé, les plus pauvres n’ont aucune chance d’être sauvés par Iron Man, Thor, Hulk ou Capitaine America, trop occupés à combattre des ennemis de plus grande envergure, ce qui rend la lutte quotidienne de Murdock d’autant plus désespérée.

Hanté par des questions morales, Daredevil symbolise la justice aveugle. Il respecte la vie… au sens strict. Lorsqu’un personnage lui reproche d’avoir jeté un malfrat du haut d’un immeuble, le plongeant dans le coma, Murdock a une réponse laconique : « il est vivant ». À vouloir suivre, de mauvaise grâce, les commandements de la Bible (« Tu ne tueras point »), Murdock se retrouve dans des situations périlleuses car il affronte à armes inégales des criminels dénués de scrupules. Lors de combats au dénouement incertain (mention spéciale au fabuleux plan séquence de l’épisode 2, du jamais vu sur le petit écran), on tremble pour le justicier. Aveuglé par sa morale judéo-chrétienne, il se prend régulièrement des raclées car dans le sinistre quartier de Hell’s Kitchen, faire preuve d’humanité constitue une faiblesse. New York est un personnage à part entière, un environnement sombre très influencé par les comics de Franck Miller. Les rares héros qui osent s’élever contre les injustices sont impitoyablement broyés par la police corrompue du magnat des affaires Wilson Fisk, sans doute le méchant le plus charismatique des films/séries Marvel. Un monstre à visage humain superbement interprété par Vincent D’Onofrio, l’ombre parfaite de Daredevil.

Wilson Fisk s’apprête à commettre un meurtre terrifiant

Capable de commettre des violences inédites dans une oeuvre Marvel (on parle quand même d’une décapitation à l’aide d’une portière de voiture…), Fisk est fragile, émotionnellement parlant. Ce géant aux pieds d’argile a connu une enfance traumatisante et s’est retrouvé contraint de tuer pour survivre dans la jungle urbaine et gagner une respectabilité de façade.

À terme, les scénaristes ont prévu pour les saisons futures que Daredevil rencontre le Punisher, un autre anti-héro atypique… à l’image d’Ant-Man.

Dans ce film de cambriolage, Scott Lang n’est au départ qu’une petite frappe qui, à sa sortie de prison, se voit offrir une seconde chance par le docteur Hank Pym. Ce savant a élaboré un costume capable de faire rétrécir son possesseur et ainsi combattre n’importe quelle menace.

Autant dire qu’on est clairement dans une comédie, avec de surprenantes séquences un peu gores : le méchant prend un malin plaisir à réduire ses victimes à l’état cellulaire avant de les écrabouiller ! Un humour noir familial qu’on avait pas vu depuis les Gremlins de Joe Dante. Puisqu’on parle des années 80, le personnage le plus intéressant ici est celui interprété par Michael Douglas, Hank Pym, un Ant-Man de la Guerre Froide qui cherche un héritier. Cette passation de pouvoir est une belle mise en abyme du Marvel d’aujourd’hui, entre respect du mythe et modernisation avec des effets spéciaux hallucinants, une relecture jouissive du cultissime Chérie j’ai rétréci les gosses. Les scènes d’action sont bourrées d’humour avec un duel au sommet d’anthologie qui se déroule… dans une chambre d’enfants remplie de jouets.

Si les deux premiers volets des Avengers ne font pas partie de mes films préférés pour les raisons évoquées au début de l’article, je suis en revanche enthousiasmé par le fait que ce monde imaginaire ne cesse de se développer, avec des crossovers et des personnages décalés largement inspirés des années 80. Qu’ils soient drôles ou tourmentés, Rocket Raccon, Daredevil et Ant-Man sont des anti-héros modernes qui amènent un brin de subversion au cinéma et à la télévision et laissent espérer des histoires plus excitantes que les insipides remakes hollywoodiens des blockbusters Total Recall, Robocop et autres Mad Max (du moins insipides à mes yeux). Anecdote amusante, James Gunn, réalisateur des Gardiens de la Galaxie, a adoré Ant-Man comme il le dit lui-même sur sa page Facebook :

“Honnêtement, le film est une bombe totale ! J’étais tellement heureux après l’avoir vu. Ce n’est pas ennuyant une seule seconde, et c’est drôle et chaleureux tout au long. Il ne reste pas que dans la science-fiction comme beaucoup de films ces derniers temps, il est simple et élégant. Il fait partie de l’univers Marvel sans en suivre les règles. »

« Ne pas suivre les règles »… Quand je vous disais qu’une révolution couvait chez Marvel !

« Les Gardiens de la Galaxie est la version sale et barrée d’Avengers », aurait dit James Gunn…

Published in: on juillet 16, 2015 at 10:00  Comments (8)  
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Chappie


 

Si des scientifiques du futur tentaient de recréer un réalisateur à partir de l’ADN de James Cameron et de David Cronenberg, il est fort probable que l’hybride s’appellerait Neill Blomkamp. Cinéaste pétri de talent, le metteur en scène sud-africain est l’enfant terrible du cinéma de Science-Fiction des années 2010. Dès son premier film, District 9, il livre un incroyable film subversif sur l’apartheid. Le thème de la ségrégation revient dans Elysium, dystopie imparfaite mais ô combien bien plus aboutie que de nombreux blockbusters estivaux. Pour Chappie, Blookamp explore à nouveau des sujets qui lui tiennent à cœur en faisant preuve d’une efficacité redoutable avec une science sans conscience qui n’est que ruine de l’âme. L’histoire de ce robot est un véritable conte de fée cyberpunk, l’hommage poignant d’un geek à Ghost in the Shell, Robocop, Pinocchio, Apple Seed et Short Circuit !

Un bel hommage à Apple Seed

Un bel hommage à Apple Seed



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Un conte de fée ultra-référenciel aussi cruel qu’émouvant, qui nous questionne sur notre propre humanité : l’homme naît-il bon ? Blookamp semble le penser en nous dépeignant cet androïde profondément attachant, kidnappé par un gang violent. Chappie va être confronté à la jungle urbaine de Johannesburg, mais aussi au regard de son créateur. Le voyou qui prend le robot sous son aile est de prime abord un salopard habitué à la loi du plus fort, mais l’ingénieur qui a créé Chappie n’est-il pas tout aussi monstrueux ? On peut se poser la question tant le gain de la conscience est source de souffrance pour un être artificiel : la scène de la lapidation, bouleversante, est aussi poignante que certaines séquences d’I.A. du maître Spielberg.



 

Si on peut reprocher au long-métrage quelques raccourcis scénaristiques et des méchants parfois caricaturaux, il n’en demeure pas moins que Chappie est un film hallucinant, servi par des effets spéciaux fabuleux et un rythme trépidant. Du début jusqu’à la fin, le spectateur n’a de cesse de s’angoisser pour ce robot indestructible et pourtant si vulnérable. Oeuvre transhumaniste comme peut l’être la série Real Humans, Chappie est un conte touchant dans l’ère du temps : avons-nous le droit de créer des individus conscients susceptibles de souffrir ? Peut-on employer des robots pour assurer l’ordre ou mener des guerres contre des êtres humains ? Ces questions risquent de devenir de plus en plus brûlantes dans les prochaines décennies…

D’autres avis : Lhisbei, Anudar

Published in: on mars 10, 2015 at 11:41  Comments (7)  
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Les Nouveaux héros

 

Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai…

Vous allez peut-être vous dire « Encore un film de super-héros ? ». À mon humble avis, rater cette sortie événement serait une grossière erreur et pour cause : pour la première fois, Disney adapte un comics Marvel ! Et pas n’importe lequel : il s’agit de Big Hero 6, l’histoire de super-héros officiant au Japon. À la base, ce projet d’adaptation était loin d’être évident : pour des raisons de droits, il n’était pas possible de reprendre certains des personnages originaux. Disney a donc supprimé le Samouraï d’argent qui apparait dans Wolverine : Le Combat de l’immortel, et pris une décision qui pour moi est absolument géniale : situer l’action dans la (sublime) ville imaginaire de San Fransokyo. Jamais dans le film l’histoire de San Fransokyo n’est abordée, mais on comprend très vite qu’il s’agit d’une ville uchronique, impression confirmée par Scott Watanabe, le directeur artistique : selon lui, le long-métrage se déroule dans un futur alternatif. Après le terrible tremblement de terre de 1906, San Francisco a été reconstruite par les Japonais, très expérimentés dans la gestion des séismes. Passée la surprise des premières images, on est complètement ébahis par la richesse de cet univers : les cerisiers en fleurs, le Golden Gate Bridge à l’architecture shintoïste… Les détails sont hallucinants et donnent presque envie de se balader dans cette ville fictive, synthèse idéale de deux cultures pourtant radicalement opposées. San Fransokyo est si crédible qu’elle est fait d’ores et déjà partie des cités imaginaires les plus marquantes du Septième Art, au même titre que la Los Angeles de Blade Runner et la Dark City d’Alex Proyas.

Bien que les images soient splendides, Les Nouveaux héros bénéficie également de personnages intéressants et d’un scénario assez sombre pour un Disney, puisque le jeune Hiro est confronté au deuil. Un deuil particulièrement douloureux, qu’il affrontera avec un robot aussi maladroit qu’attachant : Baymax.

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

J’ai à nouveau eu le sentiment que les scénaristes anticonformistes ont pris le pouvoir chez Disney : parier sur l’intelligence du spectateur, proposer des histoires à plusieurs niveaux de lecture, sans oublier l’émotion. Ce qui explique peut-être pourquoi les Disney sont de moins en moins manichéens : Hiro est hanté par la vengeance, tandis que le super-méchant a ses raisons…

Si vous allez voir Les Nouveaux héros, surtout restez juste après le générique, il y a un beau clin d’œil aux fans de Marvel. Anecdote incroyable, les auteurs du film ont réalisé deux mois avant la sortie qu’ils avaient oublié de tourner cette séquence pourtant incontournable dans tout Marvel qui se respecte !

D’autres avis : Bouddica, Lorhkan, A.C. de Haenne

Jupiter : le destin de l’univers

 

La Science-Fiction et moi, c’est une longue histoire d’amour qui a débuté en 1982, l’année de mes… 5 ans. Je me souviens avoir été ému aux larmes par E.T. et depuis ce jour, j’adore ce cinéma de genre qui nous a offert tant d’œuvres mythiques : Blade Runner, Alien, l’ Empire Contre-Attaque. Trente ans plus tard, j’ai été bouleversé par un autre long-métrage tout aussi extraordinaire : Cloud Atlas, réalisé par les Wachowski et Tom Tykwer.

Dans cette critique, je n’ai pas eu de mots assez forts pour célébrer cette histoire de SF qui, selon moi, approche de la perfection. Après une telle claque cinématographique, dire que j’attendais avec impatience le nouveau Wachowski, Jupiter Ascending, relevait de l’euphémisme ! Même si la bande-annonce laissait deviner un blockbuster orienté action (et sans Tom Tykwer à la réalisation).

L’impression de regarder un blockbuster se confirme dès la première partie du long-métrage avec des séquences space opera absolument époustouflantes : les auteurs de Matrix nous proposent un univers baroque magnifique qui n’est pas sans rappeler, dans une certaine mesure, celui de John Carter, surtout au niveau des vaisseaux spatiaux.

C’est à mon sens le gros point fort des films de SF depuis 2009, et la sortie d’Avatar : on a le sentiment que n’importe quel roman SFFF pourrait être facilement adapté tant la CGI amène une liberté totale au cinéaste. L’émotion n’est pas en reste avec l’introduction poignante de Jupiter, l’héroïne du film : avec beaucoup d’humour, les Wachowski se livrent à une relecture post-moderne de mythes ancestraux comme Cendrillon, le vampire… et même le loup-garou ! Il fallait s’y attendre, les réalisateurs de Cloud Atlas abordent également le thème de la réincarnation sous une perspective intéressante, celle de la génétique. Ce qui se révèle vite frustrant tant les Wachowski ne font qu’effleurer des problématiques passionnantes, notamment celle d’une moisson de l’Humanité façon Mass Effect. Là où Cloud Atlas posait de nombreuses questions métaphysiques, Jupiter Ascending se contente d’être un efficace film d’action calibré grand spectacle.

Jupiter Ascending reste un excellent blockbuster, aussi drôle qu’intelligent, mais moins visionnaire que Cloud Atlas. Cette comparaison inévitable ne doit pas pour autant nous faire bouder ce plaisir (coupable ?). À la différence de bien d’autres réalisateurs hollywoodiens, les Wachowski font preuve de générosité en livrant une œuvre sincère digne d’un pulp, une œuvre qui risque d’être (encore) incomprise. Jupiter Ascending a la naïveté romantique des fresques épiques de jadis, et c’est tant mieux !

D’autres avis : Lorhkan

Published in: on février 10, 2015 at 11:34  Comments (24)  

Souvenirs de Marnie

Collégienne mal dans sa peau, Anna est envoyée par sa mère adoptive à la campagne chez son oncle et sa tante afin de se ressourcer. En proie à des rêves étranges, elle découvre un manoir abandonné, habité par une mystérieuse adolescente : Marnie.

Pendant qu’on parle du départ du maître Miyazaki et de la fin d’un âge d’or de l’animation japonaise, le studio Ghibli ne cesse de nous livrer des perles. La dernière en date : les Souvenirs de Marnie, une histoire poignante qui flirte avec le surnaturel. Comme dans bien des films Ghibli, on retrouve une ambiance empreinte de mélancolie. Anna tente d’échapper à son mal-être et se retrouve à errer dans une campagne japonaise plus vraie que nature. En faisant l’expérience d’une amitié fusionnelle avec Marnie, Anna va peu à peu découvrir les secrets du manoir abandonné, secrets qui la transformeront à jamais. Le long-métrage oscille sans cesse entre le mélodrame et le fantastique, cette histoire de fantômes pourrait tout aussi bien être le récit d’une dépression nerveuse sévère. L’ambiguité fait tout le charme de ce film particulièrement touchant : on suit avec émerveillement les aventures oniriques de personnages émouvants. L’oncle et la tante de Marnie sont époustouflants de vérité, au point où j’ai oublié que j’étais devant un film d’animation. Si les Souvenirs de Marnie n’auront peut-être pas le succès du Vent se lève, pour ma part j’ai été bouleversé par cette histoire douce-amère sur laquelle plane l’ombre de Miyazaki. Le réalisateur Hiromasa Yonebayashi peut vraiment être fier de ce film lyrique au dessin somptueux : on redécouvre un Japon délicieusement champêtre, presque intemporel.

Après l’échec commercial du conte de la Princesse Kaguya au Japon, le destin du studio Ghibli dépendra largement de l’accueil réservé à Marnie dans le reste du monde, ce qui ne manque pas de me serrer le cœur tant j’adule ces films artisanaux, à l’opposé du cynisme hollywoodien. Je ne sais pas combien de temps Ghibli pourra nager à contre-courant, mais je vous recommande chaudement ce qui est peut-être son dernier diamant…

Published in: on janvier 30, 2015 at 11:05  Comments (15)  
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La Bataille des Cinq Armées

Ce n’est pas un secret : j’entretiens une relation compliquée avec Peter Jackson (qui jusqu’à présent le vit bien). Je fais partie des gens qui ont idolâtré le Seigneur des Anneaux à sa sortie et qui ne jurent que par les versions longues. J’ai aimé un voyage inattendu, hurlé de joie quand le cinéaste néo-zélandais a annoncé qu’il voulait réaliser une trilogie. À l’époque, j’avais cru, à tort, que Jackson allait adapter le conte de mon enfance en deux films et nous livrer un troisième opus totalement original servant de lien entre le Hobbit et le Seigneur des Anneaux. Du coup, l’année dernière j’ai conspué la désolation de Smaug dans cet article incendiaire qui a longtemps été le plus lu de mon blog. Pour résumer : j’avais détesté l’histoire d’amour entre une elfe et un nain, l’abus d’effets numériques, les multiples trahisons vis à vis de l’œuvre originale, la fin en queue de poisson… J’étais si déçu qu’il n’était même pas question de regarder les sacro-saintes versions longues de cette nouvelle trilogie.

Quand la bataille des cinq armées est sorti, je me suis juré de ne pas le voir, déversant mon fiel sur les articles de mes (patients) amis blogueurs.

Mon état d'esprit à la sortie de "la Désolation de Smaug"

Mon état d’esprit à la sortie de « la Désolation de Smaug »

Mardi soir, étant donné que j’avais visionné tous les films de mon cinéma, c’est la mort dans l’âme que je suis allé voir le dernier Peter Jackson, persuadé d’être à nouveau trahi et… hum… comment dire…

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis.

Est-ce que cela signifie que j’ai brutalement retourné ma veste ? Pour être franc, les défauts que je redoutais sont bien là : le numérique à outrance, les libertés avec le conte original, l’histoire d’amour, le trop plein d’action… mais, je dois le reconnaître, ces problèmes sont bien moindres que ce que j’imaginais. Vous l’avez deviné, j’ai aimé ce troisième volet des aventures de Bilbo. Peut-être par ce que j’ai fait le deuil de l’adaptation dont je rêvais ? Ou parce que je savais que c’était le dernier long-métrage consacré à la Terre du Milieu ? Toujours est-il que j’ai beaucoup apprécié l’interprétation pleine d’émotion de certains acteurs : Richard Armitage en roi fou, Martin Freeman dans la peau d’un Hobbit héroïque. J’aurais d’ailleurs souhaité plus de scènes les réunissant, car le film est un écho intéressant, quasi psychanalytique, du premier opus : un souverain qui reproduit les erreurs de son grand-père à travers la quête de cette montagne, véritable tombeau malédiction familiale. J’ai aimé l’idée, pour le coup pas très manichéenne, qu’après avoir triomphé Thorin risque de devenir à son tour un dragon assoiffé de richesses. Comment ne pas percevoir dans le destin de ce roi un funeste prélude au Seigneur des Anneaux ? Sans unité, les peuples de la Terre du Milieu sont au bord du gouffre. L’avidité, la tentation du pouvoir, autant de thématiques importantes dans l’œuvre de Tolkien et que Peter Jackson traite, une fois de plus, comme un drame shakespearien à la manière des Deux Tours et du Retour du Roi : il y a beaucoup de Theoden et de Denethor dans le personnage du souverain Thorin.

Thorin, le charismatique roi des nains

Bien sûr, ce ressenti ne peut faire oublier les nombreux défauts du long-métrage. La séquence fan service à Dol Guldur est, avec celle de Legolas en skate-board dans les Deux Tours, la scène la plus embarrassante des six films : Gandalf, Galadriel, Elrond et Saroumane combattent des Nazgûl ninjas numériques commandés par un Sauron qui manque cruellement d’envergure. Les incohérences sont légion : entre les trolls qui ne craignent plus la lumière du jour, la géographie de la Terre du Milieu pas toujours respectée, on a l’impression que Peter Jackson souhaite davantage mettre en scène une histoire épique bourrée d’action qu’un conte poétique. Mais passé ce constat, j’ai aussi eu le sentiment que les pièces d’un puzzle se mettaient en place, et pour cause : après le Seigneur des Anneaux, Tolkien lui-même a tenté, sans succès, de réécrire l’enfantin Bilbo le Hobbit pour assurer une meilleure cohérence avec sa trilogie. Le réalisateur néo-zélandais a décidé de procéder de même : s’éloigner du livre en essayant de ne pas trahir son esprit. Autant dire qu’il s’agit d’un grand écart impossible (Bilbo a été pensé comme un conte naïf), mais qui n’est pas dénué de légitimité quand on sait que Tolkien lui-même était gêné par certaines, osons le mot, incohérences inhérentes à son œuvre de jeunesse. Voilà pourquoi, avec le recul, j’ai réalisé que je ne pouvais qu’être déçu par l’un des trois films (pour info, je n’avais pas aimé la version courte des Deux Tours).

Si, pour moi, le Seigneur des Anneaux restera à jamais la trilogie phare de Peter Jackson, je suis forcé de reconnaître que la saga du Hobbit n’est pas dénuée de qualité. Mardi soir, le barbu de Wellington m’a offert un beau cadeau de Noël : un ultime voyage dans la Terre du Milieu. Merci Monsieur Jackson, j’ai hâte de découvrir vos versions longues !

D’autres avis : Lorhkan, Traqueur Stellaire, Le Bibliocosme, Sardequin

Published in: on janvier 2, 2015 at 10:40  Comments (23)  
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Interstellar

Pourquoi les Minipouces en illustration ? Réponse dans l’article.

Un agriculteur est envoyé dans l’espace afin de sauver l’Humanité.

Parfois, la bande-annonce d’un long-métrage génère une telle attente qu’on guette avec impatience la sortie du film, surtout quand on sait qu’il est réalisé par Christopher Nolan, un cinéaste qui a marqué les années 2000. (Mémento, le Prestige, The Dark Night, Inception). Cette bande-annonce m’avait vraiment touché :

Est-ce à cause de cette attente que je suis si déçu ? J’aurais aimé livrer sur ce blog une critique dithyrambique, vous dire combien cette épopée spatiale m’a transporté, et je comprends qu’on puisse l’être. Les images, magnifiques, sont accompagnées par l’orgue hypnotique d’Hans Zimmer qui n’est pas sans rappeler la musique de Philip Glass sur Watchmen. À l’exception d’Anne Hataway, les acteurs sont bons.

C’est malheureusement à peu près tout ce que je peux dire de positif… La rencontre ne s’est pas faite et il m’a été impossible de rentrer dans le film, à mon grand regret. Pour tout vous dire, j’ai tellement été frustré de ne pas partager l’enthousiasme de mes proches que j’ai hésité plusieurs semaines avant de publier ce billet amer. Je n’avais plus été déçu à ce point depuis la Désolation de Smaug.

Après une longue introduction se déroulant sur Terre dans un futur proche, ce mélo se perd dans les invraisemblances, épinglées par l’Odieux Connard. Si l’ancien pilote d’essai est le sauveur de l’Humanité, pourquoi n’a-t-il pas été contacté plus tôt par la NASA ? On ne le saura jamais. Toujours est-il que sa mission, je le répète, préparée par la NASA ! n’a de spatiale que le nom : les scientifiques qui pleurent tous les quarts d’heure ne sont absolument pas préparés au voyage et prennent, tout au long du film, des décisions improvisées avec un robot, des vaisseaux et des dialogues qui n’ont rien de crédibles, surtout dans un projet de cette ampleur. Je ne parle même pas d’une mort particulièrement stupide qui aurait pu être évitée avec le robot tout-terrain, dans une séquence dramatique qui m’a fait éclater de rire…

eljhWOM

Bref, un festival d’incohérences qui ferait passer Prometheus pour un documentaire de la BBC.

Avec une technologie si surréaliste sophistiquée, pourquoi les frères Nolan n’ont-ils pas opté pour une époque plus lointaine dans le futur ? Tout au long du métrage règne un flottement, comme si les scénaristes n’avaient pas su choisir entre le ton réaliste de Contact et l’action space opera de Perdus dans l’espace (j’y reviendrai). Ce flottement high-tech low-tech est l’une des raisons qui m’a empêché d’embarquer dans cette odyssée aussi somptueuse que frustrante. Les (bonnes) idées partent dans tous les sens sans qu’elles ne soient véritablement exploitées.

Vous allez me dire que le réalisme n’est pas le sujet du film, mais ces incohérences parasitent l’émotion, on navigue en permanence entre le larmoyant et le glacial. Alors que la bande-annonce promettait une séquence poignante avec un héros bouleversé laissant ses enfants sur Terre, le passage est brutalement bâclé expédié : comment un père peut-il abandonner si rapidement une fillette aussi attachante, qui plus est en pleurs, pour une mission extrêmement dangereuse ?

Difficile d’y croire. Je trouve que Nolan se repose de plus en plus sur des ellipses au lieu de traiter en profondeur les scènes importantes. Il s’agissait d’un des défauts de The Dark Night Rises (comment Batman arrive-t-il à s’en sortir à la fin ? La solution est à peine suggérée dans le film), et c’est encore plus flagrant dans Interstellar. À la différence de l’immersif Gravity, le spectateur est souvent tenu à l’écart du point de vue du protagoniste principalQu’on adore ou qu’on déteste l’œuvre d’Alfonso Cuaron, il faut bien reconnaître au cinéaste mexicain un talent pour se focaliser sur une histoire simple en donnant l’illusion du réalisme. Dans Interstellar, l’émotion promise par la bande-annonce est noyée dans de soporifiques dialogues scientifico-philosophiques abordant des thèmes (l’écologie, les aliens, la paternité, l’amour, la mort…) déjà traitées, en mieux, dans  2001Contact, The Fountain, Solaris ou Tree of life. Jamais Interstellar n’arrive à se hisser à la cheville de ces classiques, à cause d’un scénario extrêmement brouillon bouffi de bons sentiments qui part dans tous les sens, au lieu de se concentrer sur l’un des thèmes en question. Un scénario brouillon ? Un comble quand on sait de quoi est capable l’auteur de Memento et du Prestige... Dans cette interview, Christopher Nolan donne une information intéressante :

Mon frère a travaillé sur ce projet pendant plusieurs années ; il écrivait avec un physicien, Kip Thorne. Au coeur de son projet, il y avait cette idée d’un film SF où la science serait réaliste.

Il semble que Christopher Nolan ait sabordé tout le travail accompli en amont par son frère, surtout à la lecture de la première version du scénario, rendue publique sur le Net. C’est d’autant plus regrettable quand on possède des acteurs aussi talentueux que Michael Caine et Matthew McConaughey, qui s’était déjà illustré dans… Contact.

Ajoutez à cela un message niais (« l’Amour est ce qui permet aux hommes d’explorer d’autres mondes », les Amérindiens apprécieront…), une scientifique illuminée moins dégourdie que le personnage de Sandra Bullock dans Gravity, beaucoup de prétention (dans la dernière demi-heure Nolan se prend pour Stanley Kubrick, il l’avoue à moitié dans cette interview), de nombreuses séquences involontairement comiques qui ont fait sourire la salle (mention spéciale au Minipouce caché dans la bibliothèque 1.), un robot ridicule et vous obtenez, hélas, le plus beau ratage de 2014 . Pour moi, le pire film de Nolan. Reste une magnifique bande-annonce. Dommage…

1. pour les moins de trente ans, voici le générique des Minipouces, le dessin-animé culte des années 80.

D’autres critiques : Les Murmures d’A.C. de Haenne

Published in: on novembre 28, 2014 at 10:43  Comments (23)  
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Les Gardiens de la Galaxie

Enfant, Peter Quill a été enlevé par des extra-terrestres pour devenir un aventurier de l’espace. Des années plus tard, il se retrouve traqué par des chasseurs de primes après avoir volé un mystérieux globe convoité par le sinistre Ronan, qui menace l’univers tout entier. Peter décide alors de conclure une alliance fragile avec des aliens disparates…

Je suis allé voir les Gardiens de la Galaxie sans connaître les fameux comics dont la blogosphère parle depuis des mois. Je m’attendais à découvrir un univers décalé façon H2G2, et je dois reconnaître que j’ai été comblé au-delà de mes espérances ! L’humour est en effet omniprésent dans ce space opera porté par des anti-héros extraordinaires : un humain beau-parleur nostalgique du walkman qui tente sans succès de se faire appeler « Starlord », un raton laveur aussi intelligent que bon tireur mais doté d’un sale caractère, un homme-arbre (interprété par Vin Diesel, oui vous avez bien lu), un alien guerrier incapable de comprendre le second degrés…

La bonne surprise, c’est qu’à la différence de nombreux blockbusters, le film n’oublie pas l’émotion. Les personnages sont empreints d’une certaine mélancolie, et du coup on s’attache vite à ces Misfits de l’espace qui évoluent dans un univers poétique, à l’image de cet incroyable astéroïde creusé dans le crâne « d’une ancienne créature céleste », conçue par le décorateur de Thor, le Monde des ténèbres. Cela faisait des années qu’on avait pas vu une SF si ambitieuse au cinéma, et c’est d’autant plus jouissif que les effets spéciaux sont bluffants avec notamment des combats spatiaux somptueux et des vaisseaux à la technologie originale. La 3D n’est pas en reste avec de magnifiques jeux de lumière qui ne sont pas sans rappeler les méduses phosphorescentes d’Avatar. Les Gardiens de la Galaxie n’est pas une révolution, mais plus une célébration du space opera dans ce qu’il a de plus grandiose, comme si des scénaristes échappés des années 80 disposaient enfin d’effets spéciaux modernes à la mesure de leur imagination, délirante. Ajoutez à ça une BO délicieusement rétro (on parle quand même des Jackson Five !) et vous obtenez LE space opera des années 2010, le Star Wars d’une nouvelle génération. J’ai vraiment hâte de lire les comics !

D’autres critiques : Dionysos,  Lhisbei, Vert, Lorhkan 

Published in: on août 15, 2014 at 9:44  Comments (31)  
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… Et Disney devint féministe

 

J’ai vu il y a quelques jours Maléfique, le dernier long-métrage de Disney, et je suis ressorti de la salle impressionné. Quel film ! Une relecture postmoderne du conte de fée, extrêmement audacieuse : faire de l’archétypale sorcière l’héroïne du récit, confier aux femmes les rôles principaux sans pour autant tomber dans la caricature, éviter le manichéisme et les clichés, sans parler de la musique de Lana Del Rey… Il fallait un courage inouï pour produire un tel projet, et pourtant Walt Disney Pictures l’a fait.  Le célèbre studio s’est en fait modernisé  avec Alice au pays des merveilles de Tim Burton, un film assez convenu, mais doté d’un personnage fort. L’année dernière, Sam Raimi montrait plus d’audace pour Le Monde fantastique d’Oz, avec James Franco dans le rôle titre.

Dans ce long-métrage, Oz est un coureur de jupon invétéré, un bourreau des cœurs mythomane, un salaud qui transforme littéralement les femmes qu’il séduit en sorcières… et en devient la victime. Oz se lie d’amitié avec une poupée de porcelaine (belle métaphore !), et apprend à respecter les femmes. J’ai beaucoup aimé ce long-métrage drôle et intriguant, à plusieurs niveaux de lecture, qui en a précédé un autre, encore plus ambitieux : Dans l’ombre de Mary, La Promesse de Walt Disney (le titre original est bien meilleur : Saving Mr. Banks). Dans cette mise en abyme réaliste, le film raconte comment Walt Disney a invité à Hollywood l’écrivain Pamela Lyndon Travers pour adapter au cinéma son célèbre livre pour enfants, Mary Poppins. Problème : Travers est une vieille fille aigrie qui méprise ses dessins-animés !

Dans l’ombre de Mary évite l’écueil du projet familial orienté grand public, consensuel : la comédie glisse doucement vers le drame, avec un ton adulte pour le moins douloureux. Travers a donné vie à Mary Poppins parce que son enfance misérable n’avait rien d’un conte de fée. Entre rires et larmes, la scène « Laissons-le s’envoler » (« Let’s Go Fly A Kite ») fait déjà partie des plus belles scènes de l’histoire du Cinéma : l’espace d’une chanson, Travers abandonne son masque d’adulte pour retrouver son âme d’enfant…

Dans l’ombre de Mary est un film mélancolique qui refuse la facilité avec un personnage féminin odieux, à la fois fort et fragile, extrêmement moderne pour son époque.

Maléfique confirme l’impression que Disney s’intéresse de plus en plus aux zones d’ombre de ses héroïnes, en s’abstenant de les juger. Relecture sombre de la Belle au bois dormant, le protagoniste principal est une créature mi-ange mi-démon qui vit en symbiose avec un univers panthéiste éloigné de nos valeurs judéo-chrétiennes : lorsque le temps de la guerre a sonné, toutes les créatures de Maléfique deviennent, à regret, des ennemis farouches de l’Humanité. La Nature, féminine et sensuelle, affronte un roi obsédé par les armes en métal dans une lutte aux accents écologiques. La symbolique sexuelle, inhérente aux contes de fée, est ici particulièrement forte : passer la nuit avec un mortel et se retrouver au matin seule, les ailes brisées… On ne pouvait faire plus explicite !

En l’espace de quelques années on a assisté à un changement de paradigme : qu’elle est loin l’époque où Walt Disney interdisait aux femmes de dessiner ! Qu’elles soient des personnages imaginaires (Alice, Maléfique), ou historiques (Pamela Lyndon Travers), les femmes constituent désormais un vrai sujet de réflexion chez Disney. Plus qu’une évolution, il s’agit d’une révolution bienvenue dans un Hollywood obsédé par les remakes, reboots et autres séquelles de blockbusters testosteronés. Un triomphe de la créativité qui fera date : Walt Disney Pictures est la preuve qu’un grand studio peut donner le pouvoir à l’imagination dans ce qu’elle a de plus noble. Après un premier putsch manqué dans les années 80 avec le trou noir, le Dragon du lac de feu et Tron, les scénaristes anticonformistes sont à nouveau aux commandes chez Disney. Pourvu que ça dure* !

* Espérons que ça porte chance à Star Wars VII

 

Published in: on juin 6, 2014 at 9:50  Comments (23)  
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