Hygiène de l’écrivain

Je pastiche le titre d’un livre d’Amélie Nothomb pour aborder un sujet peu évoqué par les auteurs : l’hygiène de vie ! Dit comme ça, cela peut sembler bizarre. Après tout, un écrivain n’est pas un sportif.

En fait, l’écriture, comme n’importe quelle autre activité, peut devenir une addiction avec ce que cela comporte de danger. Un danger vraiment insidieux.

Péché originel

Il y a quelques années, comme bon nombre d’amis romanciers, j’avais un boulot alimentaire et j’éprouvais le plus grand mal à concilier écriture et travail. Quand je pouvais écrire une heure par jour, j’étais heureux ! C’était d’autant plus frustrant que je sentais que ce premier roman avait le potentiel pour être publié. Le gros problème, c’est que j’avançais à la vitesse d’un escargot asthmatique.

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Tous les auteurs le savent, il est difficile d’écrire quotidiennement. Parfois, j’étais coupé dans mon élan par la vraie vie, et il m’arrivait de passer des jours, des semaines, voir des mois sans écrire. Combien d’années allait-il encore me falloir à ce rythme ? Je ne m’en suis jamais caché, j’ai toujours été lucide sur le fait que j’étais un « Didier Deschamps de l’écriture ». Pour les plus jeunes d’entre vous, Deschamps était un footballeur pas très impressionnant physiquement. Il ne possédait pas la technique de Zinédine Zidane, il n’était pas vraiment cool (pour être franc, il était aussi charismatique qu’une huitre), mais il était endurant.

DIDIER DESCHAMPSFRANCE 13/06/1996 CG99G22C

Moi en train d’écrire

En dehors de mon imagination fertile, je ne suis pas spécialement doué et je ne dispose pas d’une plume extraordinaire, mais j’ai toujours compensé en essayant de travailler énormément, c’est là d’où vient ce que j’appelle « mon péché originel ». À l’époque, j’avais l’impression que la plupart de mes amis auteurs possédaient naturellement un meilleur style que le mien, et que je devais travailler deux fois plus que les autres si je voulais un jour, à mon tour, être publié. C’était un complexe profondément enraciné dont je n’avais pas conscience. Un péché originel, qui allait avoir des conséquences.

Après mûre réflexion avec Anne-Lorraine, qui m’encourageait depuis longues années à aller au bout de mon rêve, je décidais d’accomplir le grand saut. En juin 2011, je quittais donc l’Éducation Nationale non sans une certaine appréhension euphorie, et pour cause : j’allais enfin travailler tous les jours à la maison sur les Pirates de L’Escroc-Griffe, sans interruption, et donc progresser dans mon écriture… le rêve ! C’est là où les choses se sont sérieusement compliquées, sans même que je m’en rende compte. Inconsciemment, je culpabilisais de ne pas avoir un « vrai » métier. Avec cet objectif de publication, j’avais des choses à prouver à ma famille, à mes amis, aux proches qui (légitimement) s’inquiétaient pour ma santé mentale mon avenir… Si je devais concrétiser mon rêve, je devais redoubler d’efforts.

Au fil des semaines, puis des mois, je passais de plus en plus d’heures à écrire. Ça devenait aussi naturel que de respirer. Comme je le disais dans cet article, n’importe quel auteur sait que l’inspiration relève en grande partie du mythe : au bout de quelques semaines d’écriture non stop, les idées viennent facilement.

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En réalité ce sont surtout les corrections et autres réécritures qui constituent le cœur du problème. À l’époque, il m’arrivait de me mettre au boulot dès le réveil, ou même au milieu de la nuit, à 4h00 du matin, après un songe particulièrement inspirant. L’écriture a vite fait de devenir une obsession quand l’auteur a des failles, ce qui était mon cas. J’écrivais comme si ma vie en dépendait, mais je ne m’en rendais pas compte. Lentement mais sûrement, écrire devenait une souffrance.

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L’étrange marathon

Juste avant de soumettre mon roman aux maisons d’édition, il m’arrivait de passer huit heures par jour derrière l’écran de mon ordinateur, parfois plus. Je commençais à travailler le matin, je continuais l’après-midi et une  bonne partie du soir, ce qui limitait mes activités sportives. Ne pas me dépenser physiquement était catastrophique, car cela entraînait des insomnies, aggravées par le fait que mon cerveau surexcité était programmé pour être en permanence sollicité. Je savais pertinemment que je ne pouvais pas tenir ce rythme sur le long terme, mais que voulez-vous, j’étais accroc à cet étrange marathon, ce qui m’a valu de me retrouver dans le rouge à plusieurs reprises, complètement carbonisé…

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La première fois, c’était durant un été. J’étais au restaurant japonais avec ma femme, occupée à regarder la carte. À un moment donné elle lève les yeux et me demande si j’ai choisi, je lui dis que je ne sais pas. Je n’avais envie de rien. Inquiète, elle me demande si ça va, mais là encore, j’étais incapable de lui répondre. Je ne me sentais ni bien ni mal, j’étais comme neurasthénique. Je n’éprouvais plus d’émotions. Je me souviens de m’être couché à 19h00, et d’avoir dormi jusqu’au lendemain. Au réveil, j’étais dans le même état psychologique. L’après-midi, bien sûr, je n’ai pas écrit. J’ai encore pioncé comme un loir de 19h00 à midi et, heureusement, mon état s’est par la suite amélioré. Sans Anne-Lorraine pour tirer la sonnette d’alarme, je pense que ça aurait pu déboucher sur quelque chose de plus grave.

L’autre danger qui menace l’écrivain, c’est l’attente des soumissions éditoriales, j’en ai largement discuté avec vous dans cet article. Écrire à plein temps rend cette phase beaucoup plus difficile, surtout quand on n’a jamais été publié. Quand je guettais à 4h00 du matin les mails d’éditeurs, je me demandais parfois si je n’avais pas gâché plusieurs années de ma vie pour une trilogie qui ne verrait jamais le jour. J’avais bien conscience que je devais penser à autre chose, mais comment pouvais-je travailler sur les tomes 2 et 3 sans connaître le sort réservé au tome 1 ? Et quand j’arrivais enfin à bosser sur mes suites, je ne pouvais m’empêcher de songer au premier volet… Je n’arrivais pas à maîtriser ces pensées insomniaques.

L’écrivain de Schrödinger

Je n’étais pas en paix, même après la rencontre avec mon éditeur aux Imaginales, et son « oui » enthousiaste dans un mail de septembre 2013 : au moment de le recevoir, je ne lisais que les premières lignes du message, car j’avais  compris à tort qu’il s’agissait d’un refus. Je disais même à Anne-Lorraine « c’est mort pour Bragelonne ». Je ruminais dans mon coin, jusqu’au moment où elle lut à son tour le mail en grommelant « tu es con ou quoi ? Il veulent te publier dans une nouvelle collection ! ». Pourtant, plus les mois passaient, moins j’y croyais. Je n’avais pas confiance en moi. J’étais un chat de Schrödinger qui n’avait rien signé, à la fois publié et non publié, pas préparé à gérer l’incertitude. Entre le « oui » de Bragelonne par mail et la signature effective du contrat, il s’est passé pratiquement un an, une éternité pendant laquelle j’imaginais tous les scénarios possibles comme par exemple « ils ont changé d’avis mais ne savent pas comment me le dire », « ils attendent de voir si le tome 2 est à la hauteur » ou bien encore « ils veulent d’abord être sûrs que les corrections éditoriales se passent bien ». En parler en boucle était complètement irrationnel de ma part, et pénible pour mes proches, mais je n’arrivais pas à me contrôler. Ma souffrance devenait carrément physique. L’hiver, j’étais frileux et mon poids variait constamment, car même si j’essayais de faire attention à ma santé en marchant quotidiennement, mes efforts étaient insuffisants. Écœuré par la viande, je compensais en mangeant toujours plus de fromage, j’étais victime de violents maux de tête, mon cholestérol et ma tension artérielle n’étaient pas au top… Mon corps, ce traître que je croyais connaître, devenait un étranger et refusait de m’obéir. Quel sens devais-je donner à ma vie ? Je traversais une crise existentielle profonde. Durant mes nuits blanches, je me passionnais pour la mécanique quantique et la théorie des cordes car la science et ses implications métaphysiques me permettaient de comprendre l’univers, mais il manquait une pièce dans le puzzle de ma vie, depuis longtemps, peut-être même depuis toujours.

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J’avais soif de spiritualité, je l’avais déjà senti en visitant des temples bouddhistes au Japon. Paradoxalement, c’est à partir du moment où j’ai envisagé la possibilité de ne jamais être publié que mon état s’est amélioré. Lentement, je réalisais que ce que je croyais être une déprime était en réalité une dépression. Un beau jour, je tombais par hasard sur deux livres de Matthieu Ricard, le traducteur français du Dalaï-Lama, qui avait été chercheur en biologie avant de devenir moine. J’étais intrigué par le fait que de grands physiciens comme Albert Einstein, ainsi que des spécialistes de la mécanique quantique ou de la théorie des cordes, s’intéressaient au bouddhisme, une sagesse qui n’est ni de la philosophie, ni de la religion, mais une science contemplative. Moi qui vivait constamment dans le futur, je découvrais avec fascination des moines qui , eux, appréciaient l’instant présent. Par la méditation, ils tentaient de parvenir à une totale maîtrise de leurs corps avec ce graal : l’extinction des souffrances.

À cette époque, je voyageais régulièrement entre l’Alsace, la Lorraine et la Provence Alpes Côte d’Azur, et j’eu l’opportunité de fréquenter des centres bouddhistes de différentes traditions, de rencontrer d’authentiques moines tibétains réfugiés en France après les massacres de l’armée chinoise durant les années 50. Des exilés qui avaient infiniment plus de raisons que moi de se lamenter et qui pourtant demeuraient sereins, sans  stress post-traumatique, malgré les atrocités perpétrées par Pékin et la destruction de dizaines de milliers de temples.

Au contact de cette culture, je comprenais que mes humbles souffrances, physiques et mentales me permettaient de remettre ma vie à plat, de saisir combien je vivais dans la vacuité. Je réalisais que tant que je n’avais pas évolué sur ce plan là, être publié ne ferait que déplacer mes problèmes… parce que la vie elle-même est source d’insatisfaction.

À partir de l’été 2014, je commençais à méditer tous les jours, à davantage écouter mon corps, à essayer d’être plus détendu. Auparavant, quand j’écrivais trop, je soignais mes migraines à coups de nurofen, et je découvrais avec stupeur qu’en faisant le vide, la douleur s’en allait. Au fil des mois, moins j’éprouvais de stress, plus mes défenses immunitaires se renforçaient, je devenais moins frileux. Je changeais complètement mon échelle de priorité. Je passais de « je veux être publié » à « je veux être heureux ». Lorsque le contrat de Bragelonne est arrivé dans ma boite aux lettres, je n’étais plus tout à fait le même homme. J’avais compris qu’avant de vouloir devenir un écrivain, je devais avant tout accepter d’être humain. Accepter de lâcher prise. Accepter de m’aimer enfin.

Bien sûr, cela ne veut pas dire que j’ai vaincu toutes mes névroses : lorsque le tome 1 a été publié en mars, avec l’effervescence de la sortie il m’a été difficile de continuer à méditer quotidiennement. Je surveillais continuellement le classement Amazon, les critiques de la blogosphère, je dormais mal… Je commençais à oublier les leçons du passé. Là encore, il a fallu franchir un pallier. Au mois de septembre 2015, j’étais encore dans les corrections éditoriales du tome 3 lorsque je me suis mis à fréquenter tous les lundi un petit centre bouddhiste tibétain à Metz. Quelle ne fut pas ma surprise quand je réalisais que ce temple avait été fondé par le Vénérable Guéshé Losang Thupten, alias « Guéshé La », un vieux lama qui avait eu comme maître le Dalaï-Lama en personne, et deux de ses précepteurs ! J’habitais près de ce centre sans même le savoir. Auparavant j’avais eu l’opportunité de rencontrer des sages de premier plan comme Ringo Tulkou Rinpoché et Khandro Rinpoché, mais pour la première fois je sentais que le courant passait avec ce maître, quelque chose de particulier, une sorte de complicité. J’étais impressionné par la chaleur et la simplicité de ce vieil homme souriant, mais dans le même temps, j’avais le sentiment étrange qu’il m’attendait, que nous nous connaissions depuis très longtemps. Un soir, en écoutant un de ses enseignements, je ne pus m’empêcher de penser combien j’étais imparfait, j’avais l’impression d’avoir commis tout au long de ma vie toutes les erreurs possibles et imaginables. D’une manière ou d’une autre, Guéshé La sentit mon trouble car il se mit à me sourire et me dit, en me regardant droit dans les yeux, « il faut apprendre à se pardonner ».

Doucement, j’ai fini par accepter la leçon du vieux maître et j’ai commencé à vraiment lâcher prise, accepter le fait que je n’étais pas un surhomme, que mon tome 3 ne sortirait pas en février, et surtout que ce n’était pas bien grave, n’est-ce pas George ?

Aujourd’hui, après le bon accueil réservé à mon premier roman, l’écriture n’est plus une souffrance ou un marathon, mais un vrai métier qui me permet de voyager avec mes lecteurs dans d’autres univers. Je ne me mets plus la pression pour les livres à venir. Le matin, je consacre deux heures à troller Star Wars VII la méditation et la marche, deux activités qui ont fait baisser ma tension artérielle et mon poids. Le midi, j’ai même réussi à me calmer sur le fromage et grâce à un vrai régime végétarien sérieux, je n’ai plus de cholestérol. L’après-midi, j’écris, mais le soir, je déconnecte mon cerveau. Et plus important encore, j’ai arrêté de m’auto-flageler. J’apprends à recevoir des compliments sans leur donner trop d’importance, et de la même manière, je relativise les critiques, je ne les prends en compte que si elles sont pertinentes. Mon style est simple, ni pire ni meilleur que celui de nombreux écrivains, et c’est très bien comme ça. Finalement…

C’est cool d’être Didier Deschamps.

PS : Et vous amis auteurs, le fait d’écrire régulièrement change-t-il votre hygiène de vie ? Comment arrivez-vous à concilier écriture, travail et vie de famille ?

Published in: on janvier 5, 2016 at 8:33  Comments (51)  
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Bonnes fêtes de fin d’année !

heidifetes

Published in: on décembre 31, 2015 at 12:00  Comments (16)  

Star Wars VII : le Réveil de la Force (attention, nombreuses révélations)

Par souci d’honnêteté, je voudrais clarifier brièvement mon rapport à Star Wars. Fan absolu de la saga pendant les années 80, j’ai été moins enthousiasmé par les épisodes I, II et III. Je m’attendais à ce que George Lucas commence directement sa « nouvelle trilogie » avec un Anakin adulte, et donc des films plus sombres. Attention, je n’ai pas détesté la Menace Fantôme (j’adore Darth Maul, Ewan McGregor et Liam Neeson), je trouve même qu’entre 1999 et 2005 la prélogie a monté en puissance (si on oublie l’histoire d’amour champêtre de l’Attaque des Clones, franchement ridicule).

Des années plus tard, j’ai été surpris par le rachat de Disney, et consterné par la mise en chantier d’un nouveau Star Wars. Pourquoi réaliser un septième chapitre alors que Darth Vader est mort à la fin du Retour du Jedi ? Pour une grande histoire, il faut un grand méchant. Par la suite, je me suis montré peu emballé par le premier trailer avec le sabre laser couteau suisse et…

sabre

… refroidi par l’annonce de la suppression de l’univers étendu, univers dans lequel j’ai joué des parties de jeu de rôle mémorables.

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Et puis est venu LA bande-annonce, celle avec Solo et Chewbacca, qui vendait du rêve.

Du coup, j’ai décidé de me rendre au cinéma sans attente particulière, même si secrètement l’espoir de voir un bon Star Wars grandissait en moi. J.J. Abrams a-t-il réussi son pari ? Ma réponse va être compliquée.

Si on considère que le metteur en scène devait absolument revenir à la source de la trilogie et respecter la continuité des épisodes IV, V, VI, alors dans un premier temps on peut répondre que oui. Tout y est : une planète désertique, un droïd recherché par des stormtroopers, un adepte du Côté Obscur masqué, le Faucon Millenium, une étoile de la mort, les scènes de QG de l’Alliance Rebelle la Nouvelle République… Nombreux sont les éléments qui rappellent la Guerre des Etoiles : un nouvel espoir. Et inutile de dire que la moindre apparition d’Harrison Ford à l’écran donne le sourire. Mais après une première partie rondement menée, doucement s’installe l’impression qu’on est en train de visionner un remake de l’épisode IV, un peu comme si Abrams avait été écrasé par la responsabilité de donner une suite à la trilogie mythique de George Lucas. Ce qui était jugé comme une force se transforme en faiblesse tant Abrams, dans la seconde partie, peine à se détacher de ces monumentales références pour construire sa propre histoire. À vouloir être trop respectueux, Abrams ne prend aucun risque dans son récit fan service, véritable relecture de l’épisode IV : donc une planète désertique, un droïd recherché par des stormtroopers, un adepte du Côté Obscur masqué, le Faucon Millenium, une étoile de la mort… et un sacrifice héroïque comparable à celui d’Obi Wan Kenobi, mais tout bonnement incompréhensible : BON SANG, MAIS POURQUOI TUER SOLO ? Dans l’épisode IV, le vieux Kenobi mourrait pour mieux accompagner Luke dans son apprentissage de la Force (« si tu me terrasse, je deviendrais bien plus puissant que tu ne pourrais jamais l’imaginer »).

Dans l’épisode VII, ce suicide programmé ne présente pas d’intérêt, car Solo n’est pas un Jedi. Certes, le contrebandier désirait sauver son fils, mais cette mort constitue  un aveu de faiblesse de la part de scénaristes en quête d’émotion, conscients qu’une troisième attaque d’une deathstar n’est guère originale… Le réalisateur de Star Trek le sait pertinemment, et se trouve dans l’obligation de se livrer à de la surenchère : un Stormtrooper se bat avec l’équivalent d’un sabre laser… ce qui ôte pas mal de prestige et d’utilité à l’arme mythique des Jedi. Pire : n’importe quel débutant peut le manier sans difficultés comme le montre le duel final. De la même façon, fallait-il à nouveau faire exploser une étoile noire encore plus dévastatrice que les précédentes ? C’est d’autant plus étrange que l’Empire était moribond à la fin du Retour du Jedi. J.J. Abrams semble vouloir impressionner à tout prix le spectateur, au risque de tomber dans des incohérences : un apprenti Jedi a besoin d’un maître pour réellement dompter la Force, comme le prouve le lent apprentissage de Luke dans les épisodes IV et V. Ici, cette initiation se déroule en l’espace d’un film, sans l’aide d’un mentor, comme l’illustre ce fameux duel final franchement surréaliste.

 Le rythme est très rapide, au point où les protagonistes se retrouvent presque toujours facilement… alors que l’univers est vaste ! Toute cette surenchère est inutile car l’émotion est présente : revoir Han Solo, Chewbacca, la princesse Léïa ou l’amiral Akbar est un régal, et les jeunes acteurs sont vraiment bons, mention spéciale à Daisy Ridley, très naturelle, et John Boyega. Il est également agréable de découvrir que certains éléments de l’univers étendu sont réutilisés, notamment Ben Skywalker et son passage au Côté Obscur. Hélas, dans une bonne histoire il faut obligatoirement un antagoniste de haut niveau. Et là, ce que je craignais s’est réalisé : personne ne peut faire oublier un méchant de l’envergure de Darth Vader. Ironie du sort, je suis fan d’Adam Driver, assurément un grand comédien. Malheureusement, malgré tout son talent, il ne dispose pas d’un personnage suffisamment bien écrit pour imposer son charisme.

Reste un épilogue émouvant, qui donne le sentiment que Star Wars VII est un bon film… ni pire ni meilleur que les épisodes I, II et III. Je ne ressens pas de déception car à la fin de la Revanche des Sith, j’ai compris qu’il était parfaitement impossible de dépasser l’Empire Contre Attaque, un chef d’oeuvre de Cinéma. Capitaine Achab des temps modernes, George Lucas a été lynché pour son désir obsessionnel de s’éloigner des épisodes IV, V et VI au point de les mutiler, et il y a fort à parier que J.J. Abrams sera à son tour détesté pour avoir singé son maître.

Tout ça pour dire que ce n’est pas une raison pour bouder son plaisir… à condition d’accomplir le deuil nécessaire. Aujourd’hui j’ai passé un bon moment, mais rien ne remplacera jamais LA trilogie originelle. Lucas peut dormir sur ses deux oreilles…

 

EDIT : j’ai oublié de parler de bande-originale, ce qui n’est guère étonnant étant donné qu’elle ne m’a pas marqué… C’est très rare que je sois déçu par John Williams, qui s’est surtout contenté d’utiliser d’anciens thèmes, alors qu’il avait composé des partitions magnifiques pour la Menace Fantôme (« Duel of the fate ») et les épisodes II et III. À croire que ce septième opus ne l’a pas spécialement inspiré…

 

Published in: on décembre 16, 2015 at 4:35  Comments (41)  
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Je suis toujours là…

… Je préfère le préciser étant donné que je cela fait presque un mois que je n’ai pas rédigé d’articles sur ce blog, la faute à la vraie vie. Comme vous, j’ai été profondément marqué par les attentats, au point de ne pouvoir écrire pendant plusieurs jours d’affilée. Durant le deuil national, imaginer des histoires m’a paru totalement dérisoire, et en même temps terriblement important. Ironie du sort, dans ma trilogie il y a une réflexion particulière sur les rapports entre religion, spiritualité, et fanatisme.

Le plaisir d’écrire est revenu en partie grâce à des messages de lecteurs qui m’ont contacté pour me dire combien ils avaient aimé les Feux de mortifice, alors que je suis toujours en correction éditoriale sur mon tome 3. J’ai été touché par ces retours. Cela peut paraître immature, mais je fonctionne beaucoup à l’affectif. Mon carburant, c’est l’enthousiasme de mes lecteurs. En ce moment, je fais tout pour éviter que les événements ne contaminent le tome 3, notamment grâce à l’humour.

C’est plus difficile que ça en a l’air, car l’ambiance s’assombrit nettement au fil des tomes, mes anti-héros et l’univers gagnent en maturité. Par certains côtés, cette trilogie c’est un peu l’histoire de personnages qui deviennent adultes, une mise en abyme de ce que je vis actuellement en tant que futur papa.

Je songe de plus en plus à mon futur quatrième roman (historique), un livre beaucoup plus sombre se déroulant, cela ne s’invente pas, lors de persécutions religieuses. Ce qui est dingue, c’est que j’ai écrit les premières pages de ce projet en 2014, avant Charlie. Je pense sincèrement que ce bouquin va surprendre, dans le bon sens.

En attendant, je ne cesse de progresser sur le chantier du tome 3, j’ai d’ailleurs une bonne et une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Je commence par la mauvaise : étant donné que le récit gagne en épaisseur au fil des corrections, au point d’être plus volumineux que le tome 2, j’ai demandé un délais supplémentaire à Bragelonne. Sans surprise, ma maison d’édition a été au top (merci Claire, merci Marie). Le troisième volet ne  sortira pas en février, mais en juin. La bonne nouvelle, c’est que ce délais me permettra de peaufiner la fin de cette épopée.

Ceux qui ont lu la fin des Feux de mortifice s’en doutent, ce troisième opus des Pirates de L’Escroc-Griffe sera, de loin, le plus original. J’ai aussi essayé de prendre en compte la critique qui me parait la plus justifiée, à savoir l’action parfois incessante : si l’aventure restera présente dans cet épilogue, l’accent sera davantage mis sur l’exploration de l’univers. Tout, tout, tout, vous saurez tout sur les Chénis 🙂 Le tome 1 était plutôt comique, le tome 2 épique, mais je crois que le tome 3 sera mystique.

Je ne peux terminer ce billet sans vous remercier, lecteurs : merci pour votre enthousiasme, notamment lors des séances de dédicace ! Grâce à vous, les Pirates de L’Escroc-Griffe vivent une belle aventure humaine dont je n’osais rêver.

Du fond du coeur, merci.

Published in: on novembre 30, 2015 at 12:32  Comments (20)  
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Seul sur Mars – le film

Ca y est, je l’ai enfin vu ! Ceux qui me connaissent un peu le savent, je voue un véritable culte au roman d’Andy Weir. Aux Imaginales, Stéphane Marsan m’avait dit que le livre était tellement génial que Ridley Scott ne pouvait pas se planter. La question ne cessait de me hanter ces derniers mois : était-ce le Ridley Scott inspiré de Blade Runner, Alien et Gladiator qu’on allait retrouver aux commandes de cette adaptation, ou bien le cinéaste décevant de Prometheus et Cartel ? Qui pour interpréter le rôle de Mark Watney ?

C’est avec un mélange de crainte et d’impatience que j’ai découvert les premières images de Seul sur Mars. Dès les premières minutes, mon appréhension s’est envolée : la photographie est tout simplement splendide, grâce au magnifique travail de Dariusz Wolski (The Crow, Dark City). Bien sûr, on ne peut occulter quelques petites erreurs : oui, une tempête martienne devrait être dix fois plus puissante que sur Terre pour amener la même énergie, oui la pesanteur devrait être un tiers de celle de la Terre… mais on aurait tort de bouder son plaisir, tant Matt Damon est parfait : il n’est pas seulement un bon choix de casting, il porte littéralement le long-métrage sur ses épaules. Pour ceux qui avaient lu ma critique du bouquin, j’avais écrit à l’époque :

Seul bémol, j’ai regretté que le protagoniste principal ne confie pas plus ses sentiments dans son journal de bord, notamment dans les moments de découragement. À mon sens, un peu de mélo n’aurait pas fait de mal, même si un astronaute est par définition un surhomme peu enclin à se plaindre.

Eh bien Matt Damon EST ce supplément d’âme ! Sans tomber dans le larmoyant, il amène énormément de sensibilité à cette fabuleuse odyssée, tout en conservant l’humour de son personnage. Ridley Scott se permet même de rajouter un épilogue absent du livre qui est bienvenu (je trouve la fin du roman un peu abrupte). Bien sûr, qui dit adaptation dit coupures nécessaires : la sous-intrigue avec la tempête de sable est absente, et parfois l’histoire est un peu simplifiée. Mais ce que l’on perd en subtilité, on le gagne indéniablement en émotion avec notamment l’exploration des magnifiques paysages jordaniens, pardon, martiens, et la musique de Harry Gregson-Williams. Les passages contemplatifs sont mes préférés : comme l’explique Mark Watney, il est le premier être humain à gravir la moindre colline… Ce qui m’a également plu, c’est le fait que la base et le véhicule deviennent des lieux de vie dont il est difficile de se détacher, affectivement parlant.

Si la lecture du best-seller est incontournable, pour ne pas dire indispensable, on ne peut que se réjouir de la réussite de cette adaptation, qui amène beaucoup de fraicheur à la Science-Fiction. Après tant de dystopies sinistres, cela fait un bien fou de découvrir un film aussi positif, entre Mac GyverSeul au Monde et Apollo 13.

En espérant que ce succès relance la carrière de Ridley Scott pour de bon…

Published in: on octobre 24, 2015 at 8:53  Comments (17)  
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Retour sur les Rencontres Numériques Bragelonne

Désolé de ne vous livrer cet article qu’aujourd’hui, mais je suis sur les rotules ! Les Rencontres Numériques ont été, sans surprise, vraiment sympathiques (merci Bragelonne), et high-tech : grâce aux cartons de dédicace, il était possible de télécharger gratuitement le recueil officiel que vous pouvez encore trouver ici. J’ai enfin eu l’occasion de discuter en vrai avec des amis auteurs Bragelonne de chez Snark et Emma. Avec David Forrest et Mathias Moucha nous avons envisagé de conquérir le monde.

J’ai également eu l’opportunité d’échanger avec des lecteurs (j’en profite pour passer le bonjour à Florianne, Pierre-Alain et Jérôme « de Hong-Kong »), ainsi qu’avec Marie, ma correctrice de la première heure… Un grand moment d’émotion après tous ces mois à s’échanger des mails ! J’ai été interviewé (et menotté, je ne plaisante pas) par la Brigade du Livre en personne, inutile de vous dire que je tremble à l’idée de me retrouver dans leur prochaine vidéo. J’ai aussi fait la connaissance de l’équipe de Booken, dans le cadre d’un concours nous avons dédicacé des liseuses Cybooks, à gagner ici.

Samedi, je poursuis les dédicaces. De 11h00 à 19h00 je serai au Cultura de Mandelieu, l’occasion pour moi de retrouver ma famille et mes amis de Cannes, à qui je pense beaucoup ❤

Published in: on octobre 7, 2015 at 1:36  Comments (6)  
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Quelle aventure !

Mon nouvel ami Paul a gagné une vraie affiche dédicacée par Caza, je suis jaloux !

L’ami Paul a gagné une vraie affiche dédicacée par Caza lui-même !

Ce week-end, j’ai vu naître un festival en Auvergne. Tel un volcan en éruption, il a réveillé cette magnifique région que je ne connaissais pas, amenant une horde d’aficionados de l’Imaginaire…

Les trolls, ce n’est pas que sur Internet

1500 visiteurs en à peine deux jours ! L’ambiance des Aventuriales était extraordinaire, les Imaginales en Auvergne. Il y avait même des conférences !

J’ai rencontré des artistes incroyables tels que Caza, retrouvé des amis de longue date, contemplé le puy de Dôme, dévoré la fameuse truffade et même découvert des aliens venus d’une galaxie très lointaine…

Homme des sables ou pillard tusken ? Vous avez trois heures.

Sans oublier la cathédrale noire de Clermont-Ferrand tout droit échappée d’un film de Tim Burton, et le restaurant médiéval dont j’ai oublié le nom, argh.

La célèbre pierre noire volcanique de la cathédrale de Clermont-Ferrand

Entre Batman et The Crow...

Entre Batman et The Crow…

Nous, les auteurs, avons été accueillis comme des rois. Un immense merci aux organisateurs qui ont remué ciel et terre pour que ce festival existe, à Jean-Pierre Fontana, Luce Basseterre, Dominique Lémuri, Lilian Ronchaud, JP et Procrastinator pour leur extrême dévouement, ainsi qu’à la librairie du Cadran Solaire. Je suis toujours aussi heureux d’échanger avec mes lecteurs, et de discuter avec des auteurs passionnants : Krystal Camprubi, Jeanne-A Debats, Dee L. Anibale, Nathalie Bagadey, Romain Billot, Marie-Ange Colombier, Nadia Coste, Célia Flaux, JC Gapdy, Mathieu Guibé, Corinne Guitteaud, Martine Hermant, Brunz Martin, Rosa Montero, Nicolas Pages, Valérie Simon, Marianne Stern, Sébastien Tissandier…

Merci également à Axelle, David, Paul et leur chat de m’avoir si bien reçu. Il faut croire qu’ils m’ont porté chance puisque tout le stock de tomes 1 a été vendu.

Vivement l’année prochaine !

P.S. : c’est mon centième article, yeah !

Published in: on septembre 29, 2015 at 5:25  Comments (15)  

« P*****, deux ans ! »…

Eh oui, deux années se sont écoulées depuis la création de ce blog. Grâce à vous, le site ne cesse de grandir avec pas moins de 35.000 vues, 20.000 visiteurs, et une affluence record en août (2600 vues… étrange pour un mois d’août !). Quand je relis mon bilan de l’année dernière, j’ai l’impression que 2015 file à la vitesse de la lumière. J’aurais aimé être plus présent sur la blogosphère, mais cette année a été mouvementée. J’ai eu la chance d’avoir deux romans publiés, et de vivre de belles rencontres avec mes lecteurs pendant les dédicaces. J’ai aussi échangé avec des écrivains passionnants aux Imaginales et à Nice Fictions. 2015 aura également été l’année de Seul sur Mars, un roman qui m’a fait vibrer, ainsi que de l’excellent Ex Machina.

Bref, 2015 aura été épique ! L’année prochaine, après la sortie de mon tome 3, je vais souffler un peu, bloguer plus et lire davantage.

Lecteurs, blogueurs et anonymes, merci du fond du coeur pour votre soutien, et à bientôt pour de prochaines aventures !

Published in: on septembre 25, 2015 at 6:56  Comments (15)  
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Premier voyage en Terre du Milieu

Non, je ne pars pas en Nouvelle-Zélande, mais à Ménétrol, en Auvergne, pour la première édition des Aventuriales qui se déroulera samedi et dimanche. Et vendredi, je suis en dédicace à la librairie du Cadran Solaire, à partir de 18h00.

En dehors de l’aspect salon, j’ai hâte de déguster des plats délicieux découvrir le Puy-de-Dôme. En fait je réalise que j’ai beaucoup voyagé, mais que je ne connais pas si bien que ça mon propre pays, c’est un peu la honte, non ? Il va falloir que je corrige le tir dans les années à venir. Bon, je m’égare… À bientôt j’espère !

Published in: on septembre 23, 2015 at 7:35  Comments (4)  
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Choquée


Heidi a visiblement été éprouvée par les Feux de mortifice, un livre plus sombre que le tome 1. L’occasion pour moi de vous annoncer enfin la sortie papier ! Comme les Terres Interdites, le roman peut être commandé dans n’importe quelle librairie, ainsi que sur les boutiques en ligne. J’espère que la suite des aventures de l’Escroc-Griffe vous plaira. Autre bonne nouvelle, je vais être un peu plus mobile que pour la sortie du tome 1, le calendrier des dédicaces sera bientôt mis à jour. A bientôt dans un salon… ou une librairie !

Published in: on septembre 9, 2015 at 9:51  Comments (12)  
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