Promo chez Bragelonne

Je profite de l’actualité de mon éditeur pour vous annoncer que jusqu’au 12 juillet, la version ebook des Pirates de l’Escroc-Griffe fait partie de l’opération  » 3 ebooks pour le prix de 2  » sur toutes les plateformes numériques habituelles.

 

 
 

Comme vous pouvez le constater, je suis en bonne compagnie ! De plus, samedi 11 juillet, c’est le saturday book fever :


 
 
 
 
 
 
 
 

Euh, non, en fait c’est plutôt cette image :

 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Pour un jour, la version numérique de mon roman sera à seulement… 99 centimes, l’occasion idéale pour tester le format ebook ! Et découvrir les Mers Turquoises.

Plus d’infos sur le blog de Bragelonne.

Published in: on juillet 6, 2015 at 4:56  Comments (4)  
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Seul sur Mars – le roman

Cette semaine, je chronique un roman Bragelonne. Bon, je vous voir venir, vous êtes en train de vous dire qu’il est publié chez mon éditeur et que du coup je ne peux pas être objectif, mais là il s’agit du fameux Seul sur Mars dont tout le monde parle, bientôt adapté au cinéma par Ridley Scott en personne !

Le pitch, entièrement résumé dans le titre, est tout bonnement génial : au cours d’une mission sur Mars, l’astronaute Mark Watney est laissé pour mort par son équipage qui retourne sur Terre. Privé de moyens de communication, ce Robinson Crusoé des temps modernes ne peut désormais compter que sur lui-même.

Mark Watney (interprété par Mat Damon), en très mauvaise posture

J’ai dévoré ce bouquin en un week-end, captivé par ce récit de survie réaliste. Bien que Andy Weir soit un écrivain de hard SF rigoureux, jamais il n’abuse des détails scientifiques. C’est la grande force du livre : susciter l’empathie du lecteur avec un personnage accessible, Mark Watney, un astronaute plein d’humour qui écrit un journal de bord pour ne pas devenir fou. Watney lutte quotidiennement dans un environnement plus qu’hostile : son seul refuge est un module doté de 31 jours d’autonomie. Sa vie ne tient qu’à un oxygénateur et un recycleur d’eau, sachant que la prochaine mission arrivera sur Mars dans… quatre ans.

La tension est telle qu’on ne s’ennuie jamais. À un moment donné, l’auteur a l’intelligence de changer de point de vue pour nous donner celui des scientifiques de la NASA, insufflant au récit une sacrée dose d’ironie dramatique, puisqu’on connait alors tous les enjeux. Le fait d’avoir une longueur d’avance sur Witney est d’autant plus stressant. Andy Weir aurait pu céder à la facilité en inventant des « méchants » au sein de la NASA ou de l’équipage qui a laissé Watney, mais le seul antagoniste, c’est la planète rouge et son climat extrême.

Jusqu’à la fin de l’intrigue, l’auteur ne cesse de surprendre son lectorat avec des péripéties angoissantes. Seul bémol, j’ai regretté que le protagoniste principal ne confie pas plus ses sentiments dans son journal de bord, notamment dans les moments de découragement. À mon sens, un peu de mélo n’aurait pas fait de mal, même si un astronaute est par définition un surhomme peu enclin à se plaindre. Dans le même ordre d’idée, je trouve le dénouement un peu rapide, un épilogue n’aurait pas été de trop. C’est à peu près tout ce que je peux reprocher à ce récit qui prend aux tripes. Pour tout vous dire, j’admire Andy Weir, surtout quand on sait comment il a été publié : à la base, Seul sur Mars était disponible gratuitement sur son site Web (!), jusqu’au jour où les lecteurs ont réclamé une version Kindle à 99 centimes (!!). Le roman a ensuite trouvé un éditeur, et le voilà maintenant adapté au cinéma par Ridley Scott (!!!). Au-delà de ce beau conte de fée, je retrouve dans Seul sur Mars ce qui m’avait plus dans Silo : l’envie irrépressible de poursuivre ma lecture dès les premières pages. Est-ce un hasard si Andy Weir et Hugh Howey sont passés par la case Amazon avant de connaitre l’édition traditionnelle ? Je ne sais pas si la concurrence féroce qui règne sur cette plateforme numérique favorise l’émergence de véritables page turners, mais je suis sûr d’une chose : pour moi, Seul sur Mars est désormais la référence des années 2010 en matière de hard SF.

PS : ne regardez surtout pas la bande-annonce du film, comme d’habitude le trailer révèle tout…

D’autres avis : Lorhkan, GromovarA.C. de Haenne,

Published in: on juillet 2, 2015 at 11:12  Comments (13)  
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Sense8

Un jeune policier qui lutte contre les gangs de Chicago, un chauffeur de minibus kényan passionné par Jean-Claude Van Damme, une femme d’affaire sud-coréenne étouffée par sa famille, une DJ islandaise paumée dans Londres, un acteur mexicain star de telenovelas qui cache un lourd secret, une jeune pharmacienne indienne contrainte de se marier, une hacktiviste transsexuelle sur le point de participer à la gaypride de San Francisco, un cambrioleur berlinois hanté par son passé…

Huit individus qui ne se connaissent pas. Huit individus unis par un lien.

Dardevil, Penny Dreadful… Je n’en finis plus d’être impressionné par les séries Netflix ! Et voilà que les Wachowski créent l’événement avec Sense8. « Evénement » car après Cloud Atlas et Jupiter Ascending, les auteurs de Matrix ont décidé de réaliser une série télévisée. Comme pas mal de geeks, j’étais à la fois enthousiaste et inquiet à l’idée de découvrir le résultat : Cloud Atlas est à mes yeux l’un des plus grands films SF de l’histoire du cinéma, mais les Wachowski ont subi de tels échecs commerciaux que leur carrière cinématographique est menacée. Changer de média donne-t-il plus de liberté ?

D’entrée, on ne peut s’empêcher de penser à Cloud Atlas et ses multiples intrigues à travers différentes époques. Dans Sense8, les protagonistes, séparés géographiquement, réalisent qu’ils sont liés émotionnellement… et même télépathiquement. Une idée sacrément culottée, pour ne pas dire casse-gueule, puisqu’elle impose huit histoires, huit points de vue tournés dans autant de pays ! Contre toute attente, cela fonctionne, en partie grâce à des « hommes de l’ombre » absolument essentiels : le réalisateur allemand Tom Tykwer, déjà aux manettes sur Cloud Atlas, James « V pour Vendetta » McTeiguele scénariste de Babylon V Joseph Michael Straczynski, ainsi que le directeur de la photographie de Cloud Atlas, John Toll, qui a travaillé sur Braveheart, le Dernier Samouraï, et Breaking Bad. C’est donc une équipe de rêve qui est aux commandes de  cette série, une bande de cinéastes talentueux qui ont choisi de faire confiance en l’intelligence du spectateur, ce qui explique pourquoi le premier épisode est aussi déstabilisant qu’exigeant : l’action est éclatée entre Nairobi, Séoul, San Francisco, Mumbai, Londres, Berlin, Mexico et Chicago !

Passé cette octuple introduction un brin complexe, on s’attache très vite à ces personnages que tout semble séparer, qui se heurtent aux valeurs traditionnelles, à l’intolérance, aux préjugés et à la corruption. Les sensitifs ne sont pas seulement des mutants, mais également des individus victimes de leurs orientations sexuelles, politiques, ethniques ou religieuses. Bien qu’on retrouve les thèmes de Cloud Atlas, des personnes ordinaires en quête d’identité luttant contre les conservatismes afin de ne pas être broyé par la société, d’une certaine manière Sense8 va beaucoup plus loin car on peut considérer que ces huit êtres ne forment qu’une seule entité. Ce qui est frappant, c’est que les Wachowski semblent avoir trouvé le média idéal pour véhiculer leurs idées progressistes, déjà présentes dans V pour Vendetta. Qu’ils soient policiers ou voyous, riches ou pauvres, ces personnages isolés vont apprendre à se faire confiance pour gagner en humanité. Pour les Wachowski, le super pouvoir ultime n’est pas de voler dans les airs ou de projeter des boules de feu, mais de faire preuve d’empathie, de sensibilité et de compassion. Un message optimiste qui change radicalement de la SF sombre de ces dernières années !

Comme Cloud Atlas, Sense8 est une oeuvre hybride, un blockuster doté d’un scénario humaniste émouvant très fouillé. Après l’injuste échec commercial de Cloud Atlas, les Wachowski semblent avoir réalisé que le format série télévisé est plus adapté à leur narration axée sur des réflexions philosophiques. Dans une séquence au musée, deux personnages discutent du message politique d’une toile du peintre mexicain Diego Rivera, ce qui serait plus difficile à faire passer dans un long métrage calibré pour durer deux heures… sans même parler des scènes érotiques particulièrement osées. Il y a une dimension intellectuelle dans Sense8, mais aussi émotionnelle, grâce à une bande-originale tour à tour rock (« What’s Up » des 4 Non Blondes) et classique avec notamment la séquence du concert durant laquelle les sensitifs revivent leurs naissances simultanément.

Le montage et la photographie, magnifiques, accentuent cette synchronicité et mettent en avant les personnages. Les Wachowski ont eu l’intelligence de faire appel à de jeunes acteurs charismatiques quasi-inconnus, bluffants de vérité, comme la comédienne transsexuelle Jamie Clayton dont l’histoire est largement inspirée de celle de Lana Wachowski. De la même façon, le personnage de Cepheus, passionné par Jean-Claude Van Damme, est émouvant tant il illustre avec merveille comment peut être vécu la mondialisation dans un quartier pauvre de Nairobi au Kenya.

Sense8 est une fable touchante, mais aussi une une réflexion subversive sur l’identité qui tourne autour d’une question existentielle : qu’est-ce qu’un être humain ? Les sensitifs constituent une humanité augmentée, une métaphore d’Internet dans ce que le réseau des réseaux a de plus noble : mettre en relation des être issus d’horizons différents pour échanger et permettre un enrichissement mutuel. D’un certain point de vue, ces huit sensitifs (« sensates » en anglais) forment un seul être accompli, le « sensei » (« maître » en japonais). Quand on sait que les Wachowski sont passionnés par le Japon et la réincarnation, cette terminologie est tout sauf un hasard.

Vivement la saison 2 !

Published in: on juin 29, 2015 at 9:49  Comments (30)  
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Histoire et imaginaires – Table ronde Nice Fictions 2015

À Nice-Fictions, j’ai eu le plaisir d’être invité à une conférence improvisée, animée par Léo Lallot avec Louise Roullier et Pierre Pevel. Il s’agissait de ma toute première table ronde, mais comme je n’ai pas dit trop de bêtises, et que mes camarades étaient passionnants, je la mets en ligne.

Les Imaginales étaient (encore) géniales

Après ma première participation aux Imaginales en tant qu’auteur invité, je suis sûr d’une chose : je resterai toujours un éternel fanboy avec des étoiles dans les yeux ! Je ne me suis jamais autant amusé à Epinal…

Cette folle semaine a commencé mardi, quand j’ai consulté par curiosité sur mon écran la liste des auteurs et découvert par hasard que j’étais le dernier invité ! 48h00 plus tard, me voici comme en 2014 dans la bulle des Imaginales, mais cette fois, derrière un stand.

Passé ce moment d’incrédulité, de nombreux amis de mon forum d’écriture viennent me voir et j’ai enfin la chance de rencontrer en vrai Bérangère Rousseau, Nathalie Bagadey, Mad Manu, Tael, Anthony Boulanger, Lise Syven, Cécile Duquenne, Nadia Coste, Crazy, Flume, mais aussi Florentine, Dominique Lémuri, JP, Procrastinator, Célia Flaux, Pascale Languille, Jean Vigne, Jean-Claude Dunyach, Takisys, Elyna, Lilie, Illiane, Luani, Francis Ash, Guillaume Fourtaux, Aude et son compagnon, Arnaud Duval, Mistigri, Célia Deiana, Pandora, Isa S, Hermine, Vestrit, Arya, Aramis, Axelle C, Stef, A.S Bora, Maëlig Duval…

L’émotion est grande quand je réalise combien le temps a passé vite depuis les Imaginales 2014 : certains progressent sur des projets, d’autres ont été publiés, tandis que « mes » Paul Beorn et Cindy Van Wilder sont devenus des célébrités, quel bonheur !

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Jeudi soir, je suis invité à une soirée Bragelonne en compagnie de Stéphane Marsan, Mélanie Fazi, Alice Scarling, Brent Weeks, Christopher Priest, Manon Fargetton… Un moment extrêmement agréable, on parle jeux de rôle et livres dont vous êtes le héros, années 80 oblige. La soirée se poursuit tardivement avec Olivier Sanfilippo et Mathieu Rivero, nous discutons de la couverture magnifique d’Or et Nuit, mais aussi de Japon et d’Histoire.
Vendredi, le réveil est rude, mais les dédicaces se passent (trop) bien, au point où je me retrouve samedi matin au chômage technique, faute de bouquins !

Chômage technique !

Chômage technique !

Je ressens un mélange de satisfaction et de frustration, un sentiment très curieux, mais j’ai quand même la joie de retrouver mes amies blogueuses Sia et Flora

Libéré des dédicaces, il ne me reste plus qu’à déserter mon stand pour me rendre au pot organisé pour les 15 ans de Bragelonne. Stéphane prononce un discours émouvant et présente les auteurs vedettes ainsi que les nouveaux venus, dont votre serviteur.

L’occasion pour moi de bavarder avec le chaleureux Brent Weeks qui me raconte la vie dans le froid Montana.

Je cours voter à l’assemblée générale Cocyclics, avant de prendre un pot improvisé avec Procrastinator et JP. Le soir, avec mon amie Cindy Chaussette et ses sympathiques copines du Septième Duché, je suis invité dans un petit restaurant en comité restreint par l’auteure de l’Assassin Royal en personne !

Un immense privilège qui me permet de découvrir une femme aussi douce que généreuse. Tout ému, je discute avec elle d’écriture, jusqu’au moment improbable où elle me demande spontanément de lui dédicacer les Pirates de l’Escroc-Griffe… Rouge comme une tomate, je m’incline à la japonaise le front contre la table (oui, quand je suis troublé je deviens japonais) et j’obéis, la main tremblante.

Quand je me réveille le dimanche, je constate que la soirée avec Robin Hobb n’est pas un rêve, ouf ! Je suis sur les rotules, mais comblé par ces quatre journées incroyables. Le Château des millions d’années me fait sérieusement de l’œil, ce n’est pas raisonnable. Je le dis à Stéphane Przybylski qui n’a aucune pitié : lors de sa dédicace, alors que je lui annonce qu’il a provoqué ma ruine, il me conseille de contacter un organisme d’emprunt.

J’ai juste le temps d’échanger avec mes chères Doris Facciolo, Tigger Lily, Lhisbei et Endea (ce n’est que partie remise !) avant de m’en aller, des étoiles pleins les yeux…

Un immense merci à Leslie et Fannie de chez Bragelonne, au top, ainsi que Cindy Chaussette, Brome, Damien Gaudin, Anne-Lorraine, sans oublier bien sûr toute l’équipe des Imaginales !

Published in: on juin 1, 2015 at 9:57  Comments (35)  
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Je suis invité aux Imaginales !

Je viens d’apprendre la nouvelle ce matin : je suis officiellement invité aux Imaginales 2015 !

À 48h00 du coup d’envoi, je ne m’y attendais pas du tout, c’est un rêve qui se réalise…
Je suis d’autant plus ému qu’il s’agit d’un festival particulièrement important pour moi : comme vous le savez, le tournant de mon aventure éditoriale, c’est Épinal et ce fameux speed dating littéraire, il y a tout juste deux ans.

On m’a donc prévenu que je dédicacerai à la table du festival, j’aurai sur place une pile d’exemplaires prévus à cet effet…

Merci les Imaginales, et merci Bragelonne !

Les Feux de mortifice

Me voici de retour après un mois d’absence. Avant toute chose, je tenais à vous dire que je regrette infiniment de délaisser la blogosphère, vous ne pouvez pas savoir combien vos blogs me manquent ! Hélas, je n’ai pas pu faire autrement car ces dernières semaines ont été complètement folles. Je travaille d’arrache-pied, à raison de huit heures par jour en moyenne, sur les ultimes corrections éditoriales du tome 2 des Pirates de l’Escroc-Griffe. Pour l’instant, les critiques du tome 1 sont bonnes, comme le bouche à oreille : je reçois de temps en temps des messages de lecteurs qui ont eut un coup de cœur pour les personnages, inutile de vous dire que je suis très touché…

Pour me faire pardonner de ce long silence, je viens partager avec vous ces infos.

Le nouveau volet de cette trilogie s’intitulera les Feux de mortifice et sortira à la rentrée, comme les Terres Interdites, en papier et en numérique. Déjà en précommande sur Amazonla FNAC, liBooks Store et Google Play, les possesseurs de liseuses pourront le télécharger en exclusivité dès le 26 août. L’édition papier sera disponible le 9 septembre, à la commande chez votre libraire habituel (et bien évidemment sur commande à la FNAC, Cultura, Leclerc, Amazon etc). Il y aura, bien sûr, des séances de dédicace.

Je vous laisse découvrir la couverture. Elle est mystérieuse, je trouve qu’elle colle bien à l’atmosphère de cette histoire qui sera plus sombre que celle des Terres Interdites. L’action ne sera pas oubliée pour autant, je pense même que ce sera l’épisode le plus épique de l’épopée et aussi le plus dense : au fil des corrections éditoriales, le livre ne cesse de gagner en épaisseur ! Tout n’est pas encore terminé, mais pour l’instant je suis très satisfait, avec Marie nous sommes sur la même longueur d’onde, c’est agréable de travailler avec quelqu’un qui a cerné l’esprit de cette trilogie !

J’espère que cette suite vous plaira… Allez, je retourne au boulot !

Published in: on Mai 20, 2015 at 11:57  Comments (14)  
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Nice-Fictions, première édition, c’était bon

Nice-Fictions, c’est déjà fini. J’ai passé trois jours incroyables à plus d’un titre : il s’agissait de mon premier festival en tant qu’auteur invité et Nice-Fictions en était à sa… toute première édition. Inutile de dire que j’ai vécu une belle aventure humaine au moment de dédicacer à côté de Mélanie Fazi et d’autres écrivains que j’apprécie.


 
 

Ce fut l’occasion de rencontrer des lecteurs, de retrouver des amis perdus de vue, sans oublier la table ronde « Histoire et imaginaires », animée par Louise Roullier, Pierre Pevel et… votre serviteur. Pour l’anecdote, je n’ai su que quelques heures avant que j’allais y participer (les modérateurs Léo Lallot et Ugo Bellagamba, parfaitement à l’aise, m’ont impressionné), mais au final je pense que ça a été un moment sympa, notamment quand Pierre Pevel a raconté avec humour comment les Parisiens balançaient autrefois leurs excréments par les fenêtres ! La conférence sera bientôt disponible en ligne.

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Je n’ai malheureusement pas pu apprécier toutes les animations comme le rétro-gaming, le concert et l’arrivée de R2D2 (l’inconvénient de dédicacer), mais vous l’aurez compris, j’ai hâte d’y retourner. Qu’on se le dise, la Côte d’Azur a enfin un vrai festival de l’Imaginaire envahi de geeks, digne des Imaginales, yata !

Published in: on avril 21, 2015 at 5:14  Comments (8)  
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Sur la route

La FNAC de Cannes a vu les choses, euh, en grand. Heureusement que c’était temporaire, je ne vous raconte pas le malaise quand il faut aller acheter un câble USB un samedi après-midi et que vous voyez cette photo : pour le coup j’avais l’impression d’être le dirigeant d’un régime totalitaire ! Mais c’est émouvant de sentir un engouement dans la ville où on a grandi.


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Un petit bilan de cette première prise de contact avec de vrais lecteurs en chair et en os : c’était génial ! J’ai retrouvé de vieux amis avec qui j’avais joué, lorsque nous avions quinze ans, aux Huit Lances de Diamant. C’est le jeu de rôle qui a en partie inspiré les Pirates de l’Escroc-Griffe, comme je l’expliquais dans cet entretien au Républicain Lorrain.

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Naturellement, j’ai également rencontré de nouveaux lecteurs(lectrices) avec qui j’ai pu discuter longuement.

Agonisant, mais content (l’explication dans quelques lignes)

Après tant d’années de travail, c’est vraiment émouvant de pouvoir enfin échanger sur l’univers des Mers Turquoises, de savoir que mes personnages vivent désormais dans l’imaginaire de lecteurs…

Cindy, fan de Goowan et avocate de la cause kazarsse

Cindy, fan de Goowan et avocate de la cause kazarsse

 

Les équipes des FNAC de Cannes et Metz ont été aux petits soins avec moi (merci encore à elles !). Le livre a été très bien accueilli, on a déjà prévu d’autres rencontres de ce type. Pour la petite histoire, juste avant la première dédicace de Cannes mercredi, j’ai attrapé une grosse rhinopharingite, du coup je me suis retrouvé avec la voix rauque du capitaine Bretelle. Bizarrement, ça m’a donné pas mal de confiance en moi ! Et samedi à Metz, ma santé ne s’est pas arrangée puisque le soir après la dédicace mon oeil droit est devenu aussi rouge que celui d’un zombie, au point où j’ai envisagé de porter un bandeau pirate. Mon état de santé n’a visiblement pas découragé les personnes qui sont venues à mon stand.

Amis de trente ans ou nouveaux lecteurs, je vous adresse un immense merci pour ces deux formidables journées. En ce qui me concerne, je reprends bientôt la route pour rejoindre le Festival Nice-Fictions qui aura lieu dès vendredi (déjà)…

Je ne vous mentais pas, j’étais bien un zombie façon 28 jours plus tard, mes mouvements sont trop rapides pour l’appareil photo.

Trois raisons d’aimer la Fantasy

Pas évident au pays de Descartes de s’affirmer en tant que lecteur de Fantasy (et d’en écrire). Lorsqu’on reconnait être passionné par ce genre littéraire/cinématographique, on se heurte rapidement au snobisme dont est victime la SFFF* en général. Ce syndrome peut se résumer par ce dialogue-type que vous avez sûrement déjà vécu.

Snob lambda : – T’aime bien ces trucs, toi ?

Geek lambda : – Euh, tu sais que la Science-Fiction a accouché de chefs-d’oeuvre ?

(Regard perplexe du snob lambda) : – Comme quoi ?

Geek lambda : – Ben 2001 l’Odyssée de l’Espace par exemple. C’est un Kubrick, mais tu savais que c’était aussi un bouquin d’Arthur C. Clarke ?

Et là, forcément, le débat devient faussé car vous pouvez être sûr que lorsque vous allez citer Blade Runner, Rencontres du Troisième Type, Alien, l’Empire Contre-Attaque, Starship Troopersla Mouche, Donnie Darko, Solaris, Retour vers le FuturTerminator, V pour Vendetta, Dark City, E.T., The Thing, Cloud Atlas, Akira ou Robocop, le snob vous répondra froidement :

– Oui, mais là ce sont des chefs-d’oeuvre du Septième Art, ce n’est pas de la Science-Fiction, c’est du grand cinéma.

Inutile de dire que face à une telle personne, oser parler de romans fantasy comme le Seigneur des Anneaux, Conan le Barbare ou Game of Thrones revient à avouer que vous êtes un attardé qui croit encore aux dragons. Alors au prochain ricanement, vous n’avez qu’à lui prouver que la Fantasy a autant de légitimité que la littérature blanche. Il vous faut juste trois arguments.

Argument numéro un : la Fantasy est une littérature aussi vieille que l’Humanité

Pour faire simple : l’un des textes les plus anciens de l’Histoire, l’Épopée de Gilgamesh, n’est ni plus ni moins que le récit d’un super-héros sumérien capable de vaincre un géant et un taureau céleste, qui va ensuite partir en quête d’Ut-napishtim, survivant du Déluge, afin d’obtenir la vie éternelle. Au Moyen-Orient, cette épopée a eu à l’époque autant de succès que le Seigneur des Anneaux. Je ne parle même pas des religions de l’Illiade et l’Odyssée, de la mythologie antique et de son bestiaire peuplé de cyclopes, de minotaures, de centaures et de chevaux ailés…

C’est à ce moment précis que le snob lambda vous rétorque :

«  Ça c’est de la mythologie, moi je te parle de grands écrivains. Cite-moi un seul romancier issu de ta chère « fantasy » qui ait marqué la littérature, en dehors de George R.R. Martin et J. R. R. Tolkien« 

Argument numéro deux : depuis longtemps, des écrivains prestigieux écrivent de la Fantasy

Je déteste ce terme de « prestigieux », mais malheureusement dans ce genre de discussion vous êtes parfois obligé de pousser votre adversaire interlocuteur dans les cordes. Commencez avec Lewis Caroll et Les Aventures d’Alice au pays des merveilles (1865), avant d’enchaîner avec L. Frank Baum et son Magicien d’Oz, J. M. Barrie (Peter Pan) et lord Dunsany, auteur de la Fille du roi des Elfes, qui a eu une influence sur, tiens donc ! la dark fantasy de Lovecraft. Poursuivez votre travail de sape avec Robert E. Howard, Terry Pratchett et Stephen « la Tour Sombre » King et enfin terminez avec Michael Moorcock, le punk de la Fantasy : franchement, vous avez déjà vu un héros shakespearien de la trempe d’Elric ? On parle quand même d’un nécromancien drogué qui tue involontairement sa cousine son amante à cause d’une épée buveuse d’âmes ! On pourrait d’ailleurs arriver au même constat avec Glen Cook et la Compagnie Noire, une histoire de mercenaires qui se vendent au plus offrant, sans parler des guerriers de David Gemmel. On est loin du manichéisme supposé propre au genre, non ?

« Bon d’accord il y a des romans fantasy écrits par des romanciers célèbres, J.K Rowling ou Robin Hobb, et même des univers sombres, mais rien ne vaut les grands auteurs classiques et leurs oeuvres réalistes.« 

Après avoir encaissé ce coup bas, pour gagner du temps trollez votre interlocuteur.

Argument numéro trois : le réalisme, ça ne veut rien dire

« Madame Bovary, Salammbo et Germinal ne sont pas plus réalistes que Bilbo le Hobbit, le Monde de Narnia et Harry Potter. »

Pendant que votre adversaire s’étrangle d’indignation, poursuivez tranquillement votre démonstration en assénant le coup de grâce : les trois œuvres citées plus haut sont des fictions. S’il est vrai que Flaubert a étudié l’archéologie avant d’écrire Salambo, ainsi que les effets de l’arsenic pour Madame Bovary, il n’en demeure pas moins qu’une oeuvre de fiction n’est rien d’autre qu’une fenêtre biaisée sur cette chose abstraite qu’on appelle le réel, avec tout ce que cela implique de subjectivité. Si plusieurs photographes peuvent prendre des clichés très variés d’un même paysage avec des appareils différents sans jamais pouvoir restituer toute la richesse perçue par un oeil humain, est-il raisonnable de classer une littérature supposée noble, en genres et sous-genres ? Les impressionnistes et les surréalistes ont depuis longtemps rendu caduque la conception d’un art classique indépassable. De la même façon, les auteurs de Fantasy accèdent à une vérité, l’auteur du Seigneur des Anneaux en est le plus bel exemple.

Tolkien en 1916

Tolkien en 1916

Lorsque l’ancien combattant J. R. R. Tolkien écrit son épopée il est, comme Frodon, un soldat qui a été blessé au front. À l’instar de son personnage, il a survécu aux tranchés tandis que nombre de ses proches n’en sont jamais revenus (Boromir, Théoden/  l’ami d’enfance Rob Gilson, le poète Geoffrey Bache Smith). Pourquoi est-il encore en vie alors que ses frères d’armes, promis à de grandes carrières littéraires, sont morts ? Comment retrouver la banalité du quotidien après une telle épreuve ? La guerre a été une initiation cruelle qui poussera le romancier, comme n’importe quel survivant d’un grand drame collectif, à s’interroger sur le sens de l’existence.

Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort. Et les morts qui mériteraient la vie. Pouvez-vous la leur rendre, Frodon ? Alors, ne soyez pas trop prompt à dispenser la mort en jugement. Même les grands sages ne peuvent connaître toutes les fins.

Gandalf, la Communauté de l’Anneau

Dans le Seigneur des Anneaux, Frodon ne se remettra jamais vraiment de sa vieille blessure qui le fait souffrir, et la mélancolie qui le gagne l’incitera à quitter la Terre du Milieu pour voguer vers Valinor, l’île des Elfes. Une mort symbolique, libératrice, véritable catharsis pour Tolkien. Le Seigneur des Anneaux est moins une fresque guerrière que l’histoire d’une belle amitié telle qu’on pouvait la vivre dans l’enfer des tranchées. Dans l’une de ses lettres, l’écrivain compare les Marais des Morts et la Porte Noire du Mordor « au Nord de la France, après la bataille de la Somme », il a probablement été marqué par l’effroi des chevaux face aux chars d’assaut allemands, véritables monstres d’acier…

D’un certain point de vue, le Seigneur des Anneaux est d’un réalisme saisissant puisque cette trilogie porte les stigmates de la Grande Guerre. L’auteur traumatisé utilise ses personnages pour se livrer à des réflexions universelles : qu’est-ce que l’héroïsme ? Pourquoi un homme ordinaire arrive-t-il à accomplir des actes extraordinaires ? Comment agir avec courage quand le monde lui-même semble dénué d’espoir et que la mort parait inéluctable ? À travers les paroles de Gandalf, Tolkien amène une réponse humaniste à toutes ces questions :

Tout ce que nous avons à décider, c’est ce que nous devons faire du temps qui nous est imparti.

Dong !

La Fantasy n’a pas à être comparée à la littérature blanche parce que catégoriser des livres ou opposer des genres comme je le fais, c’est procéder à une ghettoïsation puérile dont personne ne sortira grandi. Il y a de bons et de mauvais romans de fantasy… comme dans n’importe quelle autre littérature. À l’heure où la mondialisation pousse les lecteurs à acheter massivement les mêmes best-sellers écrits par un nombre restreint d’auteurs à succès, la Fantasy, comme la Science-Fiction, est précieuse, car elle permet d’adopter un autre regard sur le monde. Savoir changer de point de vue n’est pas seulement une preuve d’intelligence, c’est aussi le meilleur moyen de s’évader pour échapper aux affres de la conformité. Imaginer, rêver, c’est se prémunir de tous les fanatismes, ainsi que du nihilisme matérialiste qui guette le monde moderne.

Vive la Fantasy ! Et comme dirait Aragorn…

* SFFF signifie « Science-Fiction Fantastique Fantasy »

Published in: on avril 10, 2015 at 7:28  Comments (46)  
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