La Voie de la Colère

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Le général Dun-Cadal fut le plus grand héros de l’Empire, mais il n’est plus aujourd’hui qu’un ivrogne échoué au fond d’une taverne. Alors qu’il raconte à une historienne ses exploits, un assassin sans visage se met à frapper au cœur de la République.

Le roman d’Antoine Rouaud est un véritable événement dans la Fantasy francophone et pour cause : il s’agit du premier livre de ce genre à bénéficier d’une sortie mondiale ! « La Voie de la Colère » est-il ce grand roman dont tout le monde parle ?

L’histoire commence dans une taverne de Masalia au temps d’une république balbutiante : une historienne retrouve l’ancien général Dun-Cadal. Le vieux guerrier aurait caché l’épée de l’Empereur peu avant sa chute. Alors qu’un assassin rôde dans la cité, Dun-Cadal raconte ses aventures passées avec un orphelin du nom de Grenouille, un jeune garçon qui n’avait qu’une ambition : devenir le plus grand des chevaliers.

Il est toujours très risqué pour un auteur d’alterner entre deux histoires, une au présent et l’autre via des flashbacks, car il y a un risque que le lecteur préfère l’une des deux. Antoine Rouaud ne tombe pas dans ce piège car on est rapidement happé par les deux intrigues, intimement liées : comment l’Empire a-t-il sombré ? Qui est ce mystérieux assassin qui rôde ? Ces questions n’en finissent pas de hanter le lecteur, qui enchaîne les chapitres. Lors de la première partie, Dun-Cadal a clairement eu ma préférence, au détriment de l’impétueux Grenouille. J’attendais avec impatience le milieu du roman pour savoir comment l’intrigue allait évoluer, car généralement la dynamique s’essouffle. Et j’avoue avoir été bluffé :

ATTENTION, CE PASSAGE RÉVÈLE DES MOMENTS-CLEFS DU LIVRE

avec un culot monstre, l’auteur dévoile l’identité de l’assassin (!) et change de point de vue (dans les flashbacks) pour adopter celui de Grenouille. La prise de risque ne s’arrête pas là : Antoine Rouaud se permet de revenir sur les événements de la première partie sans se répéter. L’émotion est au rendez-vous, car on comprend mieux certaines zones d’ombre.

Au-delà de cette (poignante) histoire de vengeance (les adieux entre Laerte et Esyld sont déchirants), j’ai adoré la structure adoptée, qui rappelle dans une certaine mesure le film Rashōmon d’Akira Kurosawa : deux points de vue différents battent en brèche la notion même de vérité. L’Empereur était-il un despote ? Un révolté qui change d’identité au point de combattre ses propres alliés ne devient-il pas un traître à sa cause ? Le fait que le protagoniste principal s’appelle « Laerte » est tout sauf un hasard. On pense au « Laërte » d’Hamlet, personnage tragique obsédé par la vengeance, mais aussi à Lorenzaccio : le héros romantique qui joue un double jeu, la lâcheté hypocrite de certains « républicains », la question du pouvoir… Antoine Rouaud revisite avec brio Musset, la Renaissance italienne et le mysticisme de la Guerre des Étoiles pour nous livrer un drame épique dans lequel les questions morales prédominent.

FIN DES RÉVÉLATIONS

Si l’univers de cette œuvre demeure très classique (le seul point faible selon moi), il n’en demeure pas moins qu’à la fin de ma lecture, j’ai eu envie de relire immédiatement ce livre pour mieux apprécier l’intrigue. En ce qui me concerne, c’est un signe qui ne trompe pas, « la Voie de la Colère » est un grand (premier) roman. Il restera dans les mémoires, qu’on se le dise !

Published in: on novembre 6, 2013 at 7:45  Comments (9)  
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Thor : Le Monde des ténèbres

 

Le Thor tue.

Le Thor tue.

Deux ans après avoir laissé Jane Foster (Nathalie Portman) sur Terre, Thor (Chris Hemsworth) combat dans les Neuf Mondes afin de protéger son peuple d’une ancienne race qui menace de répandre les Ténèbres.

Je vous le dis d’entrée : je ne suis pas un fan de Marvel. Je suis même très critique en la matière, car j’ai l’impression que les longs-métrages se suivent et se ressemblent. Je dois faire partie des dix personnes sur Terre qui n’ont pas particulièrement aimé le film d’auteur primé à Cannes The Avengers (vous pouvez lire un résumé hilarant d’un Odieux Connard ici) et au niveau de la trilogie Iron Man, je n’ai apprécié que le premier. Comme j’avais trouvé Thor très inégal (les passages fantasy sont superbes, ceux sur Terre sont, à mon sens, ridicules), c’est donc avec un plaisir masochiste que je suis allé au cinéma voir Thor : Le Monde des ténèbres, sans attente particulière. Comme j’ai bien fait !

Visiblement les « défauts » du premier opus ont été pris en compte : exit les longues scènes sur Terre, prétextes à un humour potache qui ne vole pas haut. Dans ce film, le réalisateur magnifie Asgard, un royaume divin qui fait passer le Fondcombe de Peter Jackson pour une cité HLM. Avec l’arrivée des Elfes Noirs, splendides, on assiste à de la vraie Science-Fantasy lors d’une bataille de toute beauté qui mélange allègrement magie et technologie façon Maîtres de l’Univers (oui je suis trentenaire, et alors ?). Les personnages ne sont pas en reste : moi qui ne supportais pas cette tête à claques de Loki, j’avoue avoir été bluffé par le jeu d’acteur de Tom Hiddleston, tout en finesse. L’émotion est beaucoup plus présente que dans le précédent volet, avec un Thor confronté à ses contradictions : être un héros des Neuf Mondes ou bien aimer une simple mortelle et chanter « si j’avais un marteau ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que notre guerrier ne sera guère ménagé par les événements dramatiques qui affectent Asgard… L’humour est aussi  au rendez-vous avec une scène dans le métro hilarante, et un invité Marvel prestigieux dont je tairai le nom…

Le long-métrage n’est pas exempt de défauts (comme dans The Avengers, il y a toujours ces coïncidences horripilantes capillotractées, dans l’univers Marvel, le hasard fait bien les choses, c’est formidable) mais au final j’ai passé un excellent moment en compagnie du plus (heavy) métalleux de tous les super-héros…
Que demande le peuple ?

Published in: on octobre 31, 2013 at 1:49  Comments (12)  
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Gravity

Gravity

Le docteur Ryan Stone (Sandra Bullock), experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute vétéran Matt Kowalsky (George Clooney) pour une banale sortie dans l’espace. Mais rien ne va se passer comme prévu…

J’ai toujours suivi avec attention la carrière d’Alfonso Cuaron, un cinéaste atypique qui a livré le meilleur Harry Potter de la saga (je parle du prisonnier d’Azkaban) mais surtout les Fils de l’homme. Avec ce réalisateur, le merveilleux n’est qu’un prétexte pour raconter une histoire avec des personnages forts. Inutile de dire que j’attendais avec impatience la sortie de Gravity, impatience qui est montée d’un cran suite aux propos de James Cameron :

J’ai été abasourdi, absolument terrassé par le film. Je pense que c’est la meilleure photo de l’espace jamais vue, le meilleur film sur l’espace jamais réalisé. J’avais très envie de voir Gravity depuis un bon moment. Ce qui est intéressant dans le film, c’est la dimension humaine.

Après avoir découvert le film, on ne peut que donner raison à l’auteur d’Avatar : c’est bien simple, on n’a jamais vu de telles images. Dès les premières secondes, on découvre bouche bée une vision de l’espace et de la Terre ultra-réaliste, si poussée qu’on songe justement au dernier long-métrage de James Cameron. Mais la comparaison s’arrête là tant on rentre dans un univers radicalement différent : Curaon se veut le plus crédible possible, avec une obsession du détail qui frise le documentaire façon Apollo 13, au point où Buzz Aldrin lui-même s’est dit « très impressionné ». La NASA a participé au tournage et ça se sent : dans l’espace, le moindre boulon lancé à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres par heure devient un danger mortel, sans parler du risque de se perdre dans le vide. Rapidement l’angoisse s’installe, une angoisse qui durera jusqu’à la fin du film avec un climax hallucinant digne, dans l’intensité, d’Alien.

Seul petit bémol, l’histoire, aussi basique qu’un survival. Mais le long-métrage est servi par de tels acteurs (Sandra Bullock m’a épaté dans ce qui est tout simplement le meilleur rôle de sa carrière. Qui a dit « c’est facile » ? Pff… vous êtes mesquins) qu’on pardonne largement ce classicisme pour savourer ce jalon de la S.F. : jamais les sublimes effets spéciaux n’étouffent les personnages en totale adéquation avec leur environnement. Ainsi Matt Kowalsky est calme, presque détaché, comme peut l’être un astronaute dans une mission si hors-normes. La scientifique, à priori fragile, est tout l’inverse, ce qui amène un conflit passionnant que n’aurait pas renié Kubrick dans 2001 : raison contre émotion.

Au final, Alfonso Cuaron a placé la barre très haut en matière d’esthétique, Avatar a enfin trouvé son égal au niveau de la 3D. Et nous un ticket pour l’espace…

Published in: on octobre 23, 2013 at 3:02  Comments (11)  
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Silo version intégrale

 

Silo

J’ai enfin terminé de lire Silo. Est-ce que je suis aussi enthousiaste qu’à la fin de ma lecture de l’épisode 1 ?

ATTENTION, JE VAIS RÉVÉLER L’INTRIGUE DE SILO, CET ARTICLE EST DESTINÉ À CEUX QUI ONT LU LE ROMAN.

Après un premier épisode spectaculaire (Hower tue le protagoniste principal, il fallait quand même oser !),  on poursuit l’exploration du silo : les responsables s’en vont chercher un nouveau shérif et traversent les étages d’une société autarcique coupée du reste du monde, et gouvernée par le mystérieux DUT. Un épisode 2 assez long, mais avec deux personnages aussi crépusculaires que touchants (j’ai adoré cette vieille femme qui se livre à un bilan de sa vie : est-ce que son existence a eu un sens ?).  On visite un univers industriel fatigué, qui sent l’huile et la rouille.  Dans la troisième partie, on fait la connaissance de Juliette, le vrai protagoniste principal de l’histoire. Mécanicienne hors pair, elle est désormais le shérif, mais va se retrouver malgré elle prise dans un engrenage vertigineux : pourquoi les morts s’accumulent ? Quelle est la vérité à propos de l’extérieur ? Pourquoi le réseau informatisé est-il si coûteux à utiliser ? Cet épisode est captivant car Juliette est en danger. Du coup, la quatrième partie, bien qu’agréable à lire, manque de tension : le fait de découvrir un autre silo laissé à l’abandon ne m’a pas emballé plus que ça.  La révolution de l’épisode 5 est poignante, car les personnages, très attachants, meurent en pagaille,  mais la fin m’a laissé un léger goût d’inachevé : « tout ça pour ça ? » ai-je pensé. L’épilogue ne fait que confirmer ce qu’on présumait depuis un moment : une humanité répartie dans des silos.

Comme je le craignais, Hugh Howey, a mis la barre très haut avec un début extrêmement prenant que n’aurait pas renié les scénaristes de Lost. Et c’est justement là que le bât blesse : avec une intrigue si mystérieuse, l’auteur se livre à une fuite en avant puisqu’il est obligé de faire avancer son histoire tout en préservant le mystère, ce qui explique certaines longueurs et le fait que les parties se suivent et ne se ressemblent pas. Soyons clair, j’ai aimé ce livre, mais la fin est convenue, moins percutante que l’épisode 1, absolument génial. J’ai le sentiment que Juliette est bien chanceuse de survivre aux multiples épreuves qu’elle traverse, et que l’antagoniste est trop facilement vaincu. Au final je ne regrette pas d’avoir lu Silo, c’est un très bon bouquin, mais à la lumière des premières pages, j’ai l’impression qu’Hugh Howey est passé à deux doigts du chef d’œuvre…

D’autres avis : Doris

Published in: on octobre 17, 2013 at 12:05  Comments (10)  
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La bande-originale des Pirates de l’Escroc-Griffe

Goowan, par Céline Lacomblez

Goowan, par Céline Lacomblez

Depuis l’année 2010, les livres numériques enrichis sur iPad ont bouleversé la vision que je pouvais avoir d’un ebook. J’ai ainsi été ému par L’homme Volcan de Mathias Malzieu, angoissé par Kadath, le guide de la cité inconnue, ou bien encore émerveillé par le somptueux Herbier des Fées de Benjamin Lacombe et Sébastien Perez, dont un extrait gratuit est disponible sur iTunes.

De mon côté, j’ai toujours essayé d’imaginer le son de l’hydrodéon que porte Goowan, l’homme-iguane représenté juste au-dessus. La quête de ce son imaginaire, et par extension la musique du livre, est devenu une obsession (si vous aimez ce genre d’expérimentation je vous recommande chaudement le pantin sans visage aux Editions du Riez, une bande-dessinée accompagnée d’un CD qui n’est pas sans rappeler Radiohead, c’est absolument génial).

En 2012, j’ai composé sur mon Mac un premier morceau intitulé les sauvages du Maelström. Puis j’ai fait lire à Marc le roman. Il a été interpelé par l’hydrodéon et, anecdote amusante, s’est livré à une réflexion sur son fonctionnement, comme si l’instrument existait. Selon lui, les Kazarsses émettent un léger champ électrique naturel, imperceptible pour l’Homme. Ce champ permet l’électrolyse qui fait vibrer l’eau de l’hydrodéon (voir le dessin plus haut).

On s’est promis de reconstituer ce son, et plus largement, de créer une bande-originale un peu dans l’esprit de Dead Man de Jim Jarmush : pour ce western en noir et blanc complètement barré, Neil Young avait créé une BO démentielle, avec notamment certains dialogues du film. On a envie d’adopter une démarche similaire : de la musique atmosphérique, mais aussi des lectures du texte, de l’ambiance… Et peut-être ce fameux son que nous recherchons !

En attendant, je vous livre en avant-première les premiers rushs de Marc : ce que vous allez entendre n’est pas de l’hydrodéon, il s’agit juste d’un essai instrumental, mais je voulais partager avec vous ce voyage expérimental sur les Mers Turquoises. Ce morceau s’appelle la Voie, en hommage à la philosophie fataliste des hommes-iguanes Kazarsses. Pour Goowan, il faut « suivre la Voie « . Lorsqu’il parle de sa philosophie au jeune Caboche, j’imagine tout à fait cette musique accompagner ses paroles.

 

PS : il faudra encore pas mal de mois pour composer cette bande-originale, mais de temps en temps je vous donnerai des nouvelles ! Et puis cet article m’aura permis de vous présenter ma « famille artistique », Marc, François, Céline, autant d’artistes avec qui je partage le même imaginaire…

EDIT : les lecteurs les plus assidus l’auront compris, la bande-originale des Pirates de l’Escroc-Griffe constitue le mystérieux trésor dont je parlais dans un article plus récent ! Pour découvrir la totalité de la bande-originale, vous n’avez plus qu’à trouver le nom de la page cachée sur le blog, il suffit d’aller dans votre barre de navigation et de rajouter à l’adresse https://escroc-griffe.com/ le mot-clef adéquat et vous tomberez sur la BO en libre écoute.

Bonne chance !

Published in: on octobre 11, 2013 at 11:03  Comments (25)  
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Silo (épisode 1)

Silo

 

Dans un futur postapocalyptique indéterminé, quelques milliers de survivants ont établi une société dans un silo souterrain de 144 étages. Les règles de vie sont strictes. Pour avoir le droit de faire un enfant, les couples doivent s’inscrire à une loterie. Mais les tickets de naissance des uns ne sont redistribués qu’en fonction de la mort des autres.
Les citoyens qui enfreignent la loi sont envoyés en dehors du silo pour y trouver la mort au contact d’un air toxique. Ces condamnés doivent, avant de mourir, nettoyer à l’aide d’un chiffon de laine les capteurs qui retransmettent des images de mauvaise qualité du monde extérieur sur un grand écran, à l’intérieur du silo.
Ces images rappellent aux survivants que ce monde est assassin.
Mais certains commencent à penser que les dirigeants de cette société enfouie mentent sur ce qui se passe réellement dehors et doutent des raisons qui ont conduit ce monde à la ruine.

J’ai été intrigué par la belle histoire autour de ce roman : son auteur s’est auto-publié aux Etats-Unis et a vendu « Silo » à 500.000 exemplaires en version numérique, ce qui a conduit Ridley Scott a racheter les droits pour une adaptation à Hollywood ! Alors, phénomène de mode ou coup de génie ? J’ai commencé par télécharger le premier épisode sur mon Kindle touch, que j’ai lu en… une heure. L’intrigue, mystérieuse à souhait, tient ses promesses : qu’est-ce qu’il y a dehors ? C’est la question qu’on ne cesse de se poser au fil de la lecture, très noire. Au delà de cette énigme, je trouve que Hugh Howey fait preuve d’un culot incroyable en ce qui concerne le traitement des personnages (surtout à la fin du premier épisode…). Le style, fluide, va a l’essentiel. Ma seule critique vise un point sur le fond : j’ai du mal à croire qu’au fil des ans tous les condamnés aient accepté de nettoyer ces capteurs, mais l’auteur le justifie dans le texte en mettant en avant la mentalité très routinière des habitants du Silo, une psychologie extrêmement fataliste qui m’a fait penser au Japon. Au final, Hugh Howey place la barre très haut. Trop haut ? Comme toujours avec ce genre d’histoire, j’ai peur que le dénouement soit décevant, mais il m’est impossible de ne pas lire la suite… Quoi qu’il arrive, cet auteur a gagné son pari : « Silo » n’a pas fini de faire parler de lui !

« Silo », Hugh Howey, Editions Actes Sud, format numérique et papier (par épisode ou en intégral), 2.99 euros.

Published in: on octobre 4, 2013 at 1:14  Comments (15)  
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Au service des insectes

auservicedesinsectes

La peste a ravagé les cités-murailles. Jadis protégées derrière leur dôme, survolées de glorieux aéronefs, elles ne sont désormais plus que ruines où errent les survivants. Les Insectes ont envahi les territoires laissés vacants par les hommes. Leurs ruches s’élèvent fièrement à la conquête du ciel. Bess est l’une des femmes recrutées pour prendre soin de leurs larves, ce qui lui assure un minimum de confort. Mais en ces temps de dévastation, que peut encore attendre de l’avenir une humaine qui a tout perdu ?

« Au service des insectes », un cauchemar qui devient réalité dans cette belle nouvelle dystopique de Cindy Van Wilder, l’auteur des « Outrepasseurs ». On se se laisse vite happé par cette ambiance de fin de monde avec ces créatures monstrueuses qui font écho, d’une certaine manière, aux Arachnides géants de Robert A. Heinlein dans « Étoiles, garde-à-vous ! » (et « Starship Troopers »). Mais dans « Au service des Insectes », il n’est plus question de guerre : les humains ne sont plus que des esclaves au service de la Ruche. Ironie du sort, l’Humanité se retrouve victime d’une mondialisation à l’envers qui n’est pas dénuée de saveur… Même si je regrette que la fin soit assez énigmatique, j’ai vraiment aimé l’ambiance de cette nouvelle, ainsi que son émotion, notamment à travers un flashback (ah, ces Mygales, c’est quand même chouette la biodiversité !), si angoissant qu’il donnerait des sueurs froides à n’importe quel militant Greenpeace. Je n’en dis pas plus…

« Au service des insectes », Cindy Van Wilder, Editions Voy’el, format numérique, 99 centimes.

Published in: on octobre 1, 2013 at 11:55  Comments (11)  
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… Et le site devint un blog

Après plusieurs années de sevrage, j’ai décidé de me relancer dans l’aventure des blogs !

– un blog ?! s’exclame la foule en délire (oui, la foule est en délire, j’ai le droit d’écrire ce que je veux après tout).

En fait, depuis longtemps, j’ai envie de chroniquer les romans, films, ou séries SF/Fantasy/Fantastique qui me tiennent à cœur. Certes, il y a Facebook, mais je ne voulais pas imposer à certains amis qui ne lisent pas, n’aiment pas l’Imaginaire, ou n’apprécient guère les longs articles mes élucubration réflexions. Vous trouverez ici :

– des billets enthousiastes (quand j’aime quelque chose, je perds souvent tout sens critique, c’est vraiment un défaut chez moi, mais je me soigne)
– de la mauvaise foi (surtout avec Twilight et les nouveaux Star Trek)
– des critiques de romans essentiellement francophones, à cause de ma « PAL », comprenez « pile à lire », plus haute que l’Empire State Building. Chaque fois que je regarde cet empilement d’ouvrages, la honte me submerge et j’ai envie de me donner des coups de fouet tel un moine de l’Opus Dei, alors qu’en plus j’ai détesté le Da Vinci Code, c’est dire mon degré de perversité.
– Des nouvelles de mes soumissions éditoriales ainsi que de mes projets en cours.

Vous ne trouverez pas :

– un rythme de parution régulier (si je commence à me fixer des deadlines, ça va me décourager, je préfère ne pas me mettre la pression)

Tenir un blog me permettra également de patienter avant la publication des Pirates de l’Escroc-Griffe, la trilogie que j’ai écrite et qui a reçu l’estampille Cocyclics il y a quelques mois (mon interview est ici). En attendant sa parution, vous retrouverez sur la colonne de droite différents aspects de l’univers des romans, ainsi que les belles illustrations de Céline Lacomblez. Avant le prochain article, un cadeau bonus : Céline nous livre un Goowan dans une version colorée, que j’aime beaucoup. À bientôt !

Goowan

Published in: on septembre 25, 2013 at 12:58  Comments (14)  
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Bienvenue à l’Université de Saviola

Chers étudiants,

la brochure que vous tenez entre les mains est destinée à celles et ceux qui souhaitent poursuivre leurs études au sein de notre université. Sur votre droite, vous pouvez observer une liste d’Unités d’Enseignement, renvoyant à des résumés de cours ou des présentations de programmes. Bien évidemment, vous pouvez vous inscrire à plusieurs U.E., mais il va de soit que le travail à fournir sera d’autant plus important !

Je ne saurais rappeler l’importance des recherches personnelles. Soyez curieux ! Apprenez une langue morte telle que le Chéni ! N’hésitez pas à participer aux réunions du Groupe d’Etude et d’Entraide Kinesis ! Je vous encourage également à vous intéresser à la Mécanique, car trop de jeunes ignorent encore les principes de la machine à vapeur.

En vous souhaitant de mener de brillantes études,

Edwyn Van Stoorwan, Professeur en Chéniologie.

PS : prononcez « Kéniologie ».

Published in: on juillet 21, 2010 at 9:01  Comments (4)