Un an déjà !

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Un an d’articles, tempus fugit !

Je suis vraiment heureux de fêter cet anniversaire avec vous, et d’avoir réussi à conserver une certaine régularité avec près d’un billet par semaine. 365 jours, c’est à la fois peu et beaucoup : 55 articles, environ 15.000 vues, un millier de commentaires, avec un pic mensuel de 1500 vues. Ces chiffres feront sourire les blogueurs les plus expérimentés, mais je les prends comme des encouragements.

Je ne vais pas reparler de la joie de découvrir la blogosphère SFFF (« Science-Fiction Fantasy Fantastique »), je l’ai déjà longuement évoquée dans l’article précédent. Cette année aura été très importante pour moi et ce site m’a permis de m’évader lors de mes longues soumissions éditoriales, dans les moments de doute. Ce qui devait être à la base un simple blog sur l’imaginaire est devenu un peu plus que ça, notamment quand je racontais mon quotidien d’auteur curieux, ou plutôt mon curieux quotidien d’auteur. Je suis content que mes articles, éclectiques, aient suscité des réactions (et, parfois, de l’inspiration dixit certaines personnes). Le billet le plus populaire est celui qui traite de mondes parallèles et je suis heureux d’avoir pu contribuer à faire connaître à mon humble niveau le passionnant documentaire du physicien Brian Greene. Détail amusant, je n’ai chroniqué qu’une dizaine de livres, mais les Outrepasseurs et la Voie de la Colère ont rencontré par la suite un énorme succès, mérité. Ce n’est pas le cas du film Cloud Atlas, à mon grand désespoir. Les articles que j’ai eu le plus de plaisir à écrire sont naturellement les « inclassables », notamment de la catégorie « Humeur », qui évoquent le Japonles biopunks, les tardigrades, les univers vivants, les pulps, les Daleks, les dystopies, la Jordanie, ou même la république des lettres… Je vous avoue qu’au début j’avais peur d’être pris pour un fou de vous lasser avec mes élucubrations et j’ai été ravi de constater que je n’étais pas le seul à m’intéresser à des sujets barrés variés… Vous êtes au moins aussi curieux que moi ! J’en profite pour remercier au passage mes habitués ou simples visiteurs : Sardequin, Citarienne, Raven, Earane, Dominique, Fred, Bénédicte Taffin, Misschaussette, PascalblevalFlora, CaroleRxQ, TimetravelerLorhkan, A.C. de HaenneLullabyGuillaume StellaireNicolas B. WulfNarielManiholaVertOlivier SarajaÉlisa, Dorisfac, Loran83Zakath Nath, Sia, Smartmartian, Dionysos, Isabelle Sauvage, XapurA l’ombre des nénupharsGromovarBrize, Faelys, Nicolas, Illiane, E-maginaire, Jae_LouLouisia, Alex Evans, BlackwolfJuneValMalkaVirginie ViviLuce BasseterreLuneLael Chezlaventurierdesreves, Endea, Saile, Elfine NoireJérôme Cigut, pardon pour celles et ceux que je n’ai pas cités. En écrivant ces lignes, je réalise soudain que je n’ai pas souvenir d’avoir été trollé une seule fois, je touche du bois…

Je termine ce billet en vous prévenant que je vous ai concocté des surprises pour le début d’année 2015, j’ai hâte de pouvoir vous en dire plus… En attendant, un immense merci pour votre fidélité aux Pirates de l’Escroc-Griffe !

Published in: on septembre 25, 2014 at 9:42  Comments (36)  
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Refonte du site, vie en construction

Comme vous l’avez peut-être remarqué, au fil des mois le blog s’est transformé en usine à gaz, il était de plus en plus long à charger. Cela devenait un problème pour héberger la totalité de la bande-originale des Pirates de l’Escroc-Griffe, qui sera en ligne début 2015. Dans mon esprit, le blog devait être facilement consultable depuis un smartphone ou une tablette (vive les sites codés en Ajax !), du coup j’ai procédé à quelques changements.

Bien qu’il me fallait un site plus léger, je n’avais pas envie que ma longue liste de liens soit reléguée au second plan, j’ai donc eu l’idée de créer une page « Voisins« . Je ne voulais pas d’un simple catalogue sans âme, mais au contraire une page conviviale. Je n’ai pas référencé tous les blogs que je connais, j’en suis sincèrement désolé, j’espère que certaines personnes ne m’en tiendront pas rigueur. En fait, pour être franc, cette démarche s’inscrit dans ma quête d’une autre temporalité, avec une blogosphère plus réduite, à échelle humaine. Un peu comme ce que j’ai vécu sur le forum d’écriture Cocyclics, une utopique bulle virtuelle qui m’a permis de nouer des amitiés bien réelles, et qui me manque. J’aimerais y être plus présent, mais depuis quelques mois j’ai des contraintes éditoriales. Ironie du sort, c’est Cocyclics qui m’a fait prendre conscience que l’écriture devait devenir mon activité principale, et voilà que je m’éloigne du forum à cause de… l’écriture. Depuis 2010, je lui consacre plusieurs heures par jour. Un pari fou, très risqué professionnellement, mais aussi une source infinie d’épanouissement au fil des ans. Depuis ce billet, j’ai pris conscience combien le temps était important pour qu’un projet de longue haleine mûrisse, qu’il soit artistique, scientifique, humanitaire ou même pédagogique1.

C’est pour cette raison que je suis moins présent sur Twitter et Facebook. Je ne snobe pas ces réseaux, je les trouve même géniaux. Ils me permettent de communiquer avec des personnes passionnantes que je n’aurais jamais pu rencontrer en vrai, sans parler du fait qu’il est pratique d’avoir des nouvelles de « proches éloignés » (ma famille et mes amis sont malheureusement éparpillés aux quatre coins du monde). Mais quand je ne suis pas sur Cocyclics, je privilégie désormais la blogosphère, car j’apprécie son rythme lent : comme on passe beaucoup de temps à rédiger des articles, et à les lire, la qualité des échanges et de la réflexion s’en ressent, sans parler du fait qu’on garde une trace des billets et des commentaires. Je souhaite éviter cette course au temps qu’on ne rattrape jamais, la déshumanisation qui nous guette, les trolls et la vacuité. À propos de vacuité, j’ai eu l’occasion de regarder la fameuse présentation de la montre Apple. J’adore travailler sur Mac, mais pourtant j’ai été frappé de constater combien cette iDéshumanisation 2.0 est insidieuse, notamment dans ce court extrait :

J’estime que je reçois déjà trop de notifications sur mon iPhone/iPad. Plus j’y réfléchis, plus je trouve ce projet d’Apple aussi vain que les lunettes de Google, tant ces deux multinationales tentent d’uniformiser notre rapport à l’Autre. Si un ami m’apprend le décès d’un de ses proches, quel émoticône sera suffisamment triste pour lui adresser toutes mes condoléances ? Faut-il lui envoyer un cœur ?

Je caricature, mais pas tant que ça. Je confesse qu’il m’arrive d’écrire des ♥ sur Facebook. Je suis geek le premier à utiliser des smileys, y compris dans les commentaires de ce blog, mais pour moi, en dehors d’une rencontre réelle, l’écrit, le vrai, demeurera toujours le moyen de communication le plus noble. Le blog est l’une des dernières armes de résistance qui reste pour échanger sur des sujets qui, j’ose l’espérer, ne sont pas superficiels… à condition « d’avoir le temps », pour reprendre la formule consacrée. Ah, ce temps…je suis désormais persuadé qu’il est une richesse qu’il nous faut préserver. Combien de fois nous sommes-nous plaints de ne pas avoir le temps de lire ou d’aller au musée ? La vie vaut-elle la peine d’être vécue si elle ne devient qu’un matérialisme utilitariste imposé par une pensée unique, pour ne pas dire inique ?

Le temps est une richesse qui appartient à tous, luttons pour ne pas en être dépossédé !

PS : si vous trouvez que je suis incendiaire en ce qui concerne l’Apple Watch, je vous invite à découvrir cet article de Slate particulièrement édifiant. On apprend que chez lui, Steve Jobs limitait les gadgets… comme la plupart des patrons de la Silicon Valley ! Tous ces riches technophiles ont conscience des problèmes qu’ils contribuent à créer, car ils envoient leurs enfants dans une école ultra-traditionnelle façon les Choristes pour les protéger des ordinateurs et du monde moderne… Un constat ironique, qu’il faut mettre en perspective avec la futur Apple Watch, surtout le modèle haut de gamme. Je ne connais pas encore le prix précis de la déclinaison or de cette montre, mais faut-il investir plus de 1000 dollars dans un appareil électronique doté d’une batterie à durée de vie limitée, ou bien dans une montre mécanique que l’on transmettra à ses enfants, et petits-enfants ? En ce qui me concerne, le choix est fait…

1. N’y voyez aucun cynisme de ma part, mais je constate que les médias parlent de la logistique d’une troisième guerre en Irak, mais beaucoup moins du budget qui sera investi là-bas pour construire des écoles et former des enseignants progressistes capables de faire reculer l’intégrisme sur le long terme. Tuer des terroristes est infiniment plus facile que d’éduquer des millions de personnes, car l’éducation nécessite… du temps.

Published in: on septembre 19, 2014 at 9:43  Comments (19)  
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Lettres de 1929, Juillet à Décembre, Howard Phillips Lovecraft

Je suis de retour ! Je n’étais pas en vacances, mais occupé à retravailler les deux premiers tomes des pirates de l’Escroc-Griffe.

Je profite de cette rentrée des blogs pour vous faire part d’un coup de cœur : après avoir entendu de nombreux retours positifs sur les audiobooks, j’ai décidé de sauter le pas en écoutant les Lettres de 1929, Juillet à Décembre, de Howard Philipps Lovecraft. Première bonne surprise : l’acteur a une voix qui colle bien à la personnalité du maître de Providence.

Dès les premières minutes, j’ai été frappé par le ton soutenu de ces lettres, pour ne pas dire ampoulé. HPL est un gentleman américain du XVIIIe siècle, perdu en plein XXe siècle, capable d’envoyer à son correspondant une lettre de 70 pages. D’une grande érudition, il s’intéresse à l’Histoire, la littérature, l’astronomie et… le mariage ! « C’est totalement une affaire de chance », écrit-il. « Institution moribonde », « traquenard », pour Lovecraft le mariage doit « se purger des superstitions primitives et de l’institution victorienne ». Une vision très critique, étonnement moderne, qui contraste avec l’image traditionnelle d’un HPL misanthrope. Il suppose que le futur sera « une combinaison de promiscuité sexuelle et de mariage », avec une faible natalité. Pour l’auteur, il y aura nécessairement dans le futur un déclin de la religion, une contraception efficace, des femmes indépendantes économiquement, ainsi que des rapports sexuels furtifs dans les voitures ! L’écrivain redoute qu’en Occident, la vie solitaire en appartement ne devienne la norme, avec une famille de moins en moins présente…

Mais qu’on ne s’y trompe pas, l’auteur a ce futur en horreur. En bon gentleman, il refuse le progrès technique. Passionné de poésie, il adule un monde sur le point de disparaître : pour apprécier la bonne littérature, « il faut promettre de renoncer au cinéma et aux magazines de second ordre ». Dans une lettre aussi touchante que nostalgique, on devine l’amour d’HPL pour les  jardins, collines et prairies d’une Nouvelle Angleterre rurale déjà menacée par la modernité. « Je ne connais aucun paysage sur Terre qui me plaise autant que celui-ci ». Le poète hante les cimetières, à la recherche des tombes de ses ancêtres, « loin du mécanisme et de la modernisation », écrit-il à son ami August Derleth. Il fuit New-York, une ville dépourvue de racines et de traditions, « qui n’est pas un lieu où peut vivre un homme blanc », mais il faut aller au-delà du racisme maladif de l’écrivain tant ce Lovecraft conservateur est également un génie visionnaire qui préfère la Nouvelle Angleterre « aux barbaries mécaniques inconnues qui nous attendent dans le futur ». HPL veut « combattre le futur », sa vacuité, car « les machines utiliseront les hommes ». Avec un talent prophétique, il imagine une société obsédée par l’efficacité. Il est persuadé que l’Amérique se dirige vers une dystopie : des dirigeants intelligents gouverneront une population préoccupée uniquement par les loisirs, contrainte de partager le travail avec les machines… Détail troublant, il redoute même l’effet de la standardisation sur la littérature. « L’uniformité et la quantité éclipsent tout le reste ».

Comment ne pas penser aux ravages de la mondialisation ? « Le mal est très précisément basé sur la croissance et il s’étendra probablement jusqu’à ce qu’il ait rabaissé notre culture à un niveau difficilement supportable pour un être civilisé (…) Le futur socio-politique des Etats-Unis est celui de la domination par des vastes intérêts économiques, dévoués à des idéaux de profits matériels, d’activités sans buts et de confort matériel ; les intérêts contrôlés par des leaders habiles, insensés et rarement bien élevés, recrutés dans le troupeau normalisé au moyen d’une compétition reposant sur l’intelligence brute et le savoir faire pratique. Une lutte pour la position et le pouvoir qui écarte la vérité et la beauté en tant qu’objectifs et leur substitue la force, l’immensité et l’efficacité mécanique. J’aurais horreur d’avoir des descendants qui vivent dans une telle barbarie, une barbarie si tragiquement différente de l’ancienne civilisation de la Nouvelle Angleterre et de la Virginie, à laquelle appartient de plein droit cette terre. Grâce à Dieu, je suis le dernier de ma famille ».

HPL est conscient que les valeurs de son époque ne sont pas « humanistes ». C’est ce Lovecraft qui me touche, l’auteur chaleureux qui félicite avec enthousiasme ses amis Clark Ashton Smith et August Derleth lorsqu’ils sont publiés. Un Lovecraft complexe, qui oppose démocratie et humanisme, un homme riche en contradictions…

Voici un extrait de la fameuse lettre visionnaire qui m’a donné froid dans le dos (la qualité n’est pas très bonne, désolé, c’est ma faute).

Published in: on septembre 12, 2014 at 1:10  Comments (37)  

Les Gardiens de la Galaxie

Enfant, Peter Quill a été enlevé par des extra-terrestres pour devenir un aventurier de l’espace. Des années plus tard, il se retrouve traqué par des chasseurs de primes après avoir volé un mystérieux globe convoité par le sinistre Ronan, qui menace l’univers tout entier. Peter décide alors de conclure une alliance fragile avec des aliens disparates…

Je suis allé voir les Gardiens de la Galaxie sans connaître les fameux comics dont la blogosphère parle depuis des mois. Je m’attendais à découvrir un univers décalé façon H2G2, et je dois reconnaître que j’ai été comblé au-delà de mes espérances ! L’humour est en effet omniprésent dans ce space opera porté par des anti-héros extraordinaires : un humain beau-parleur nostalgique du walkman qui tente sans succès de se faire appeler « Starlord », un raton laveur aussi intelligent que bon tireur mais doté d’un sale caractère, un homme-arbre (interprété par Vin Diesel, oui vous avez bien lu), un alien guerrier incapable de comprendre le second degrés…

La bonne surprise, c’est qu’à la différence de nombreux blockbusters, le film n’oublie pas l’émotion. Les personnages sont empreints d’une certaine mélancolie, et du coup on s’attache vite à ces Misfits de l’espace qui évoluent dans un univers poétique, à l’image de cet incroyable astéroïde creusé dans le crâne « d’une ancienne créature céleste », conçue par le décorateur de Thor, le Monde des ténèbres. Cela faisait des années qu’on avait pas vu une SF si ambitieuse au cinéma, et c’est d’autant plus jouissif que les effets spéciaux sont bluffants avec notamment des combats spatiaux somptueux et des vaisseaux à la technologie originale. La 3D n’est pas en reste avec de magnifiques jeux de lumière qui ne sont pas sans rappeler les méduses phosphorescentes d’Avatar. Les Gardiens de la Galaxie n’est pas une révolution, mais plus une célébration du space opera dans ce qu’il a de plus grandiose, comme si des scénaristes échappés des années 80 disposaient enfin d’effets spéciaux modernes à la mesure de leur imagination, délirante. Ajoutez à ça une BO délicieusement rétro (on parle quand même des Jackson Five !) et vous obtenez LE space opera des années 2010, le Star Wars d’une nouvelle génération. J’ai vraiment hâte de lire les comics !

D’autres critiques : Dionysos,  Lhisbei, Vert, Lorhkan 

Published in: on août 15, 2014 at 9:44  Comments (31)  
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La nuit des Cœurs froids

Harald était un vampire psychique heureux jusqu’à ce qu’une pénurie énergétique frappe les cadavres dont il se nourrit, mettant sa santé en péril. Très vite, il constate que ces dépouilles ont des organes aberrants et le mystère s’épaissit encore lorsque ses homologues buveurs de sang tentent, sans raison apparente, de stopper ses recherches. Avec l’aide d’amis, Harald découvre qu’il n’est pas seul victime de phénomènes pour le moins étranges : au même moment, Glasgow subit une vague affolante de suicides et voit l’apparition d’humains mutants. Tous ces événements ont-ils seulement un lien entre eux ? Nicolas Flamel, devenu immortel grâce à la pierre philosophale, observe, conscient de leur gravité. Il décide alors de réunir une équipe pour enrayer cette menace qui se profile à l’horizon.
Mais les enjeux sont-ils aussi évidents qu’ils le croient ? Bien des surprises les attendent…

En matière d’imaginaire, il n’est pas si courant de découvrir un livre-univers : pour un Dune ou un Seigneurs des Anneaux, combien il y a-t-il d’œuvres stéréotypées ? C’est à la lumière de ce constat que je me suis plongé dans le premier roman d’Esther Brassac, la Nuit des Cœurs froids, lu en avant-première avant sa sortie en librairie et chroniqué avec plusieurs mois de retard, la honte. L’auteure a placé la barre très haut en livrant une œuvre extrêmement ambitieuse, un univers profondément baroque grâce à mélange de magie et de technologie servi dans un écrin steampunk. L’action se déroule dans un Glasgow exubérant envahi par la forêt, les elfes, et les loups-garous. Bref, un multivers bien barré que n’aurait pas renié Michael Moorcock ou un scénariste de Doctor Who ! Même si ces références britanniques sont un peu réductrices.

Esther Brassac ne cesse d’inventer des engins aussi improbables que les taxiflores ou les aérobulles, des véhicules qui font rêver. Vous l’avez deviné, j’ai été impressionné par la profondeur de l’univers. Le monde est développé jusque dans les dernières lignes, avec notamment des révélations sur les Karmonstraques, au point où le background du roman pourrait largement inspirer un jeu de rôle. La Nuit est typiquement l’histoire que l’on relit plusieurs fois pour comprendre les multiples intrigues, un livre-univers qui m’a mis, je dois l’avouer, le cerveau en ébullition tant les réflexions ésotériques et cosmologiques se multiplient au milieu du roman. Mais que les amateurs d’action se rassurent, le rythme s’accélère avec une dernière partie riche en suspens. On dit qu’il n’y a pas de bonne histoire sans méchants réussis, et je dois reconnaître que les Coeurs froids sont aussi effrayants que puissants, mention spéciale à la monstruosité hybride qui m’a vraiment mis mal à l’aise.

J’ai apprécié cette galerie de personnages uniques : Harald, un vampire atypique, accompagné de son inséparable Mouscarpion. Sans parler de la géniale Pétunia, une goule (!) journaliste (!!) qui parle un argot désopilant. Chacune de ses répliques fait mouche, je n’ose imaginer la somme de travail réalisé par l’auteure. « Travail » est décidément le maître-mot…

Au final, Esther Brassac nous livre un premier roman débordant d’énergie comme je les aime. Bien que l’auteure aille très loin dans les extrapolations métaphysiques, au point où j’ai parfois eu du mal à suivre, son univers farfelu (dans ma bouche c’est un compliment) vaut le détour, sans parler de cette plume qui force le respect. J’ai hâte de découvrir son prochain livre.

PS : à signaler, une excellente nouvelle d’Esther Brassac qui se déroule dans le même univers que la Nuit des Cœurs froids. Elle est disponible dans l’anthologie des Éditions du Chat Noir intitulée Montres enchantées. Elle est belle, triste et poignante, je l’ai également beaucoup aimée.

Article réalisé dans le cadre du challenge SFFF au féminin.

Published in: on août 1, 2014 at 9:43  Comments (13)  
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Silicon Valley

 

Attention, HBO nous livre une nouvelle pépite !

Après la somptueuse saison 4 de Game of thrones, voici une comédie corrosive qui s’attaque avec brio au mythe de la Silicon Valley. Mais au lieu de nous proposer une énième success story sur ce pôle high-tech, Mike Judge (l’auteur de Beavis et Butt-Head) nous montre l’envers du décors à travers la (sur)vie d’une startup appelée Pied Piper : des programmeurs asociaux inventent une web application dotée d’un algorithme révolutionnaire permettant des taux de compression jamais atteints dans l’histoire de l’informatique.

Il n’en faut pas plus pour attirer la convoitise de multinationales telle que Hooli, caricature à peine voilée de Google. Tout irait pour le mieux si les membres de Pied Pipper n’étaient pas des développeurs déjantés plus vrais que nature : un drogué aux champignons hallucinogènes qui se prend pour le nouveau Steve Jobs, un sataniste canadien sans-papiers qui ne supporte pas le logo et le nom « Pied Pieper », un leader angoissé incapable d’expliquer son business plan à qui que ce soit…

Silicon Valley est-il un clone de The Big Bang Theory ?

Pas vraiment : les scénaristes, extrêmement documentés, s’attaquent à la culture geek dans toute sa vacuité : lors du fameux concours Tech Crunch qui récompense l’innovation technologique, tous les candidats parlent de rendre « le monde meilleur » en présentant des applications pour le moins… discutables. Les PDG qui s’affrontent à coups de millions de dollars pour racheter Pied Piper sont moins des technophiles que des milliardaires bouffis d’orgueil, prêts à tout pour humilier la concurrence. Dans cet univers virtuel, impossible de savoir quel camp choisir tant les discours pseudo-humanistes façon Apple se heurtent au cynisme ambiant : une entreprise peut être valorisée du jour au lendemain plusieurs centaines de millions de dollars, avant de sombrer comme Chatroulette ou My Space dans l’oubli. « C’est tellement 2009 ! » s’exclame un développeur de la série lorsqu’il découvre un site Internet ringard…

À travers une critique au vitriole du monde de l’informatique et de sa présupposée cool attitude, Mike Judge nous renvoie à l’absurdité de notre société, mais aussi à la gentrification de San Francisco que j’évoquais dans cet article. La jungle du numérique qu’est la Silicon Valley est tournée en dérision avec des scènes à pleurer de rire, à tel point que j’ai regardé deux fois cette série en l’espace de 48h00 ! Certes, il n’y a pour l’instant qu’une saison de 8 épisodes, mais Silicon Valley est promise à un grand avenir. En attendant la saison 2, voici le vrai-faux site conçu par HBO. Et s’il ne suffit pas à vous convaincre, voici un petit extrait d’une scène que j’ai appelée « la séquence qui tue », uploadée rien que pour vous ! (merci de ne pas me dénoncer à l’HADOPI).

PS : pour avoir tous les sous-titres, ne laissez pas le pointeur de la souris sur la fenêtre.

Published in: on juillet 18, 2014 at 6:22  Comments (19)  
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Certains livres sont réservés aux riches

La dramaturgie d'Yves Lavandier, vendu il y a un mois

La dramaturgie d’Yves Lavandier, vendu il y a un mois

Vous trouvez le titre de cet article provocateur ? Et pourtant c’est désormais la triste réalité. Je ne parle pas de grimoires du XVe siècle recherchés par des bibliophiles fortunés, mais bien de bouquins récents. Dans cet article, je m’indignais avec naïveté qu’Amazon permette de vendre une petite fortune des ouvrages d’occasion et/ou épuisés. Pour info, la toute dernière édition de la dramaturgie d’Yves Lavandier est disponible sur le site de l’auteur ici, pour 36 euros. Un livre neuf, à comparer avec les 350 euros demandés sur Price Minister… En cherchant d’autres « vieux » titres, je me suis rendu compte que cette pratique est banale sur le Net, que ce soit sur Price Minister ou la Fnac, « agitateur culturel »…

Le même titre sur Google books il y a quelques semaines...

Le même titre sur Google books il y a quelques semaines…

De nombreux livres sont concernés par ce phénomène, et ne sont même pas disponibles en numérique. « Rien de neuf sous le soleil, c’est la loi du marché, la rareté a un prix » diront certains. Certes. Mais on parle quand même de culture, d’un bien qui devrait être accessible au plus grand nombre. Vous allez me répondre que je peux très bien obtenir des livres indisponibles à la bibliothèque et c’est précisément ce que je fais lorsque j’effectue des recherches pour mon futur roman. Je me rends à la bibliothèque à pied, j’emprunte pour un mois deux ouvrages, je photographie avec mon smartphone certains chapitres pour les relire plus tard. J’avoue que c’est un travail agréable : au fil de mes recherches, j’ai découvert des trésors. Mais jusqu’à quand cela sera-t-il possible ? En Angleterre, les bibliothèques ferment par centaines. Les habitués du blog A l’ombre des nénufars savent que la situation des libraires en France n’est pas plus réjouissante. Il faut dépenser beaucoup de temps et d’argent pour accéder à certains livres « rares », alors que nous vivons dans un pays riche qui a donné naissance à la philosophie des Lumières ! Notre société ne devient-elle pas de plus en plus dystopique ? Dans son plaidoyer, Neil Jomunsi défend une autre conception de la rareté, plus humaniste, que je partage sans réserve (l’article et les commentaires sont passionnants). Les artistes, les libraires et les bibliothécaires sont, elles aussi, des personnes rares, les précieuses cellules d’un écosystème fragile qu’il faut à tout prix préserver. S’il disparait, les multinationales comme Amazon auront le champ libre pour nous imposer leur logique commerciale, avec toutes les dérives que cela implique.

PS : Je ne saurais trop recommander aux amoureux du livre le site Abebooks. Pour 350 euros, vous pouvez obtenir non pas un livre récent comme sur Amazon ou Price Minister, mais le Phraseologia generalis, un bel ouvrage datant de 1681. On trouve même sur ce site d’autres livres du XVIIe siècle à moins de 100 euros. De vraies raretés…

Published in: on juillet 4, 2014 at 9:40  Comments (36)  
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Les cyberpunks avaient raison

Des activistes de The Counterforce vomissent sur un bus de Yahoo

Des activistes de The Counterforce vomissent sur un bus de Yahoo

 

 

 

 

 

 

 

 

Les « anti-high-tech » se répandent dans la Silicon Valley ! Non, ce n’est pas un scénario de science-fiction, mais le constat du Monde.fr dans cette série d’articles parus il y a un mois. Les activistes du mouvement Counterforce s’en prennent aux bus de Google ainsi que d’autres multinationales et dénoncent… la flambée de l’immobilier. La flambée de l’immobilier ? Mais quel rapport avec les multinationales ? Hé bien San Francisco, devenue la ville la plus chère des Etats-Unis, est victime d’une gentrification : les nouveaux arrivants, plus aisés, s’approprient un espace initialement occupé par des habitants ou usagers moins favorisés. À San Francisco, il existe même une loi permettant aux propriétaires d’expulser des personnes âgées installées depuis longtemps pour louer plus cher les appartements aux cadres de Facebook, Apple, Yahoo ainsi que d’autres compagnies. Les bus de Google, de plus en plus nombreux, sont équipés de matériel high-tech pour que leurs employés continuent de travailler, tandis que les bus publics sont victimes de bouchons interminables. Alors qu’une couteuse chasse aux contrevenants (9,5 millions de dollars par an pour un million de dollars de revenus) a provoqué la mort d’un resquilleur abattu par la police (!), Google échappe à une facture de plusieurs dizaines de millions de dollars.

 

Si je suis d’accord sur l’idée que Google créé des emplois et qu’on doit s’abstenir de toute vision manichéenne, il faut reconnaître que les écrivains cyberpunks étaient des visionnaires : dans les années 80, des romanciers comme William « Neuromancien » Gibson ont décrit un futur cauchemardesque dominé par les multinationales omnipotentes, Internet, et les désastres écologiques. Un monde aseptisé qui a horreur de la contestation.

À l’ère des réseaux sociaux, nous entrons doucement dans un moyen-âge technologique avec des entreprises qui ont plus de pouvoir que les états. C’est ce qu’on constate aujourd’hui avec le « GAFA » constitué par Google, Apple, Facebook et Amazon, des entités dotées de PIB supérieurs à ceux de nombreux pays.

Source : France Télévision

Source : France Télévision

 

Comme pour les problèmes écologiques, nous sommes tous plus ou moins responsables de cette (r)évolution qui modifie en profondeur notre société : les citoyens se transforment peu à peu en consommateurs, et même en adeptes religieux, il n’y a qu’à voir sur les sites web les disputes entre les fans d’iOs et ceux d’Android. Ces liens d’allégeance de followers et de fans, dignes d’un régime féodal, constituent autant de toiles d’araignées tissées par les multinationales : tandis que Google propose toujours plus de services gratuits, il faut désormais un compte Facebook pour se connecter à de nombreux sites. La gratuité de certains services n’est bien sûr qu’une illusion : « si c’est gratuit, c’est vous le produit » a-t-on coutume de dire sur le Net. Vous allez me dire que ces problèmes sont mineurs, mais ce qui se passe actuellement à San Francisco est un nuage qui annonce des tempêtes plus graves pour notre monde réel. Alors qu’Amazon veut peser de tout son poids pour supprimer la loi du prix unique sur les livres français, ce qui aurait des conséquences catastrophiques pour les éditeurs, Google investit massivement dans les voitures autonomes…. gratuites.

 

Dans un futur proche, les utilisateurs du service de géolocalisation Google Now pourront se rendre en Google cars dans des magasins sélectionnés. Les commerçants financeront le service en échange de la publicité. C’est loin d’être de la science-fiction puisque l’année dernière Google a investi 258 millions de dollars dans le leader mondial des VTC, Uber. Il s’agit d’un service permettant, à l’aide d’un smartphone, de réserver une voiture de tourisme avec chauffeur selon le véhicule le plus proche. Et les Google cars fonctionnent déjà au Névada, en Floride, en Californie et dans le Michigan.

Bien évidemment, comme tout un chacun, je suis fasciné par l’innovation technologique, et j’admire l’incroyable bilan écologique de San Francisco. Mais les entreprises commerciales prennent un poids déraisonnable sur notre vie quotidienne. Quand Amazon aura tué définitivement la concurrence grâce à ses livraisons par drone en moins d’une heure, qu’est-ce qui empêchera cette firme d’augmenter ses prix ? De manière générale, si tous(tes) les caissiers(ières) sont remplacé(e)s par des machines, qu’adviendra-t-il des gens sans qualification qui chercheront du travail ? Ou de la grand-mère isolée qui ne pourra plus bavarder avec la caissière (bon ok, la grand-mère qui bavarde avec les caissières, c’est moi) ?

On a beau se réjouir de la suppression des métiers pénibles, je ne peux m’empêcher de penser que les cauchemars des cyberpunks sont en train de se réaliser : dans ce moyen-âge technologique, les serfs que nous sommes obéissent aux multinationales, les véritables seigneurs de ce monde. Et dans ce futur, la contestation est inconcevable.

Vous trouvez que j’exagère ? Cette dystopie se déroule en ce moment même sur nos écrans avec la Coupe du monde : la toute-puissante Fifa a exigé que le Brésil adopte une législation, la Lei Geral da Copa. Grâce à cette loi, la Fifa peut vendre des billets plein tarif sans prendre en compte les étudiants et les retraités. Dans un rayon de 2 kilomètres autour des stades, il est interdit de vendre des produits autres que ceux des partenaires officiels. La vente d’alcool, normalement interdite dans les stades pour réduire la violence, est autorisée pour Budweiser, bière officielle du Mundial. Encore plus ahurissant, en vertu de cette même loi, les citoyens qui portent atteinte à l’image de la Fifa ou des sponsors lors des nombreuses manifestations sont condamnés par des tribunaux d’exception ! Grâce à la magie de la technologie, la Fifa a même censuré l’enfant indien à la banderole du match d’ouverture.

La Fifa impose d’une main de fer sa loi aux états mais, curieusement, lorsque des esclaves népalais exploités par le Qatar meurent en masse sur le chantier de la coupe du monde 2022, cette fédération n’intervient pas… Il y a 30 ans, la génération cyberpunk a tiré la sonnette d’alarme sur les dérives des multinationales. Alors que notre société ne cesse de se déshumaniser, ne serait-il pas grand temps de se recentrer sur l’essentiel ?

Published in: on juin 20, 2014 at 9:40  Comments (36)  

… Et Disney devint féministe

 

J’ai vu il y a quelques jours Maléfique, le dernier long-métrage de Disney, et je suis ressorti de la salle impressionné. Quel film ! Une relecture postmoderne du conte de fée, extrêmement audacieuse : faire de l’archétypale sorcière l’héroïne du récit, confier aux femmes les rôles principaux sans pour autant tomber dans la caricature, éviter le manichéisme et les clichés, sans parler de la musique de Lana Del Rey… Il fallait un courage inouï pour produire un tel projet, et pourtant Walt Disney Pictures l’a fait.  Le célèbre studio s’est en fait modernisé  avec Alice au pays des merveilles de Tim Burton, un film assez convenu, mais doté d’un personnage fort. L’année dernière, Sam Raimi montrait plus d’audace pour Le Monde fantastique d’Oz, avec James Franco dans le rôle titre.

Dans ce long-métrage, Oz est un coureur de jupon invétéré, un bourreau des cœurs mythomane, un salaud qui transforme littéralement les femmes qu’il séduit en sorcières… et en devient la victime. Oz se lie d’amitié avec une poupée de porcelaine (belle métaphore !), et apprend à respecter les femmes. J’ai beaucoup aimé ce long-métrage drôle et intriguant, à plusieurs niveaux de lecture, qui en a précédé un autre, encore plus ambitieux : Dans l’ombre de Mary, La Promesse de Walt Disney (le titre original est bien meilleur : Saving Mr. Banks). Dans cette mise en abyme réaliste, le film raconte comment Walt Disney a invité à Hollywood l’écrivain Pamela Lyndon Travers pour adapter au cinéma son célèbre livre pour enfants, Mary Poppins. Problème : Travers est une vieille fille aigrie qui méprise ses dessins-animés !

Dans l’ombre de Mary évite l’écueil du projet familial orienté grand public, consensuel : la comédie glisse doucement vers le drame, avec un ton adulte pour le moins douloureux. Travers a donné vie à Mary Poppins parce que son enfance misérable n’avait rien d’un conte de fée. Entre rires et larmes, la scène « Laissons-le s’envoler » (« Let’s Go Fly A Kite ») fait déjà partie des plus belles scènes de l’histoire du Cinéma : l’espace d’une chanson, Travers abandonne son masque d’adulte pour retrouver son âme d’enfant…

Dans l’ombre de Mary est un film mélancolique qui refuse la facilité avec un personnage féminin odieux, à la fois fort et fragile, extrêmement moderne pour son époque.

Maléfique confirme l’impression que Disney s’intéresse de plus en plus aux zones d’ombre de ses héroïnes, en s’abstenant de les juger. Relecture sombre de la Belle au bois dormant, le protagoniste principal est une créature mi-ange mi-démon qui vit en symbiose avec un univers panthéiste éloigné de nos valeurs judéo-chrétiennes : lorsque le temps de la guerre a sonné, toutes les créatures de Maléfique deviennent, à regret, des ennemis farouches de l’Humanité. La Nature, féminine et sensuelle, affronte un roi obsédé par les armes en métal dans une lutte aux accents écologiques. La symbolique sexuelle, inhérente aux contes de fée, est ici particulièrement forte : passer la nuit avec un mortel et se retrouver au matin seule, les ailes brisées… On ne pouvait faire plus explicite !

En l’espace de quelques années on a assisté à un changement de paradigme : qu’elle est loin l’époque où Walt Disney interdisait aux femmes de dessiner ! Qu’elles soient des personnages imaginaires (Alice, Maléfique), ou historiques (Pamela Lyndon Travers), les femmes constituent désormais un vrai sujet de réflexion chez Disney. Plus qu’une évolution, il s’agit d’une révolution bienvenue dans un Hollywood obsédé par les remakes, reboots et autres séquelles de blockbusters testosteronés. Un triomphe de la créativité qui fera date : Walt Disney Pictures est la preuve qu’un grand studio peut donner le pouvoir à l’imagination dans ce qu’elle a de plus noble. Après un premier putsch manqué dans les années 80 avec le trou noir, le Dragon du lac de feu et Tron, les scénaristes anticonformistes sont à nouveau aux commandes chez Disney. Pourvu que ça dure* !

* Espérons que ça porte chance à Star Wars VII

 

Published in: on juin 6, 2014 at 9:50  Comments (23)  
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Au revoir les Imaginales…

 

 

Les Imaginales 2014, c’est déjà fini, mais je ne suis pas prêt d’oublier…

La bonne humeur communicative de Joe Abercrombie

 

 

Les cours d’étrusque de JeanPhilippe Jaworski

 

 

La féérie qui régnait au bord de la Moselle

 

 

 

 

 

 

Les yeux de Cindy Van Wilder au moment de recevoir son prix Imaginale Jeunesse pour les Outrepasseurs, roman que j’avais eu le plaisir de chroniquer ici.

 

 

Son discours

 

 

Mes autres amis écrivains qui deviennent au fil des ans des amis tout court, n’est-ce pas Jean Vigne ?

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Le plaisir de rencontrer mes voisins blogueurs comme Doris, sur le stand d’Elenya éditions

 

 

Sans oublier la gentillesse de Joe Abercrombie…